Archives de septembre 4th, 2015

Communales : les tracts électoraux inondent les villes marocaines

1001infos.net – 04/09/2015

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Les flyers et tracts ont envahi jeudi soir les rues et principales artères du royaume. Des images qui ont choqué les internautes sur les réseaux sociaux.A la veille des élections, plusieurs villes du Maroc ont été « inondées » à cause d’un nombre impressionnant de tracts et flyers « balancés » en masse par les partis politiques. Jeudi soir, dans le quartier Maarif de Casablanca, des voitures ont jeté des flyers tout au long du boulevard Roudani. Une scène parmi tant d’autres qui a aussitôt été critiqué par les citoyens sur les réseaux sociaux. » La campagne électorale bat son plein à Agadir… en espérant que le parti de la rose, du pigeon ou du tracteur et autres aient prévu dans leurs campagnes de nettoyer tout ça…ce serait un bon début… triste campagne..  » commente un internaute sur Facebook. « Dépité par l’état de la chaussée sur Fal Ould Oumeir inondée de tracts et flyers en tous genres en cette veille de vote », déclare une autre personne. Par ailleurs, la photo d’un poubelleur à l’oeuvre a été publiée:  » tu n’as pas eu un Wissam comme Saad Lamjarred ou Dounia Batma, mais nous t’offrons un Wissam en cette veille d’élections pour te démontrer tout notre profond respect », peut-on lire sur les réseaux sociaux.Notons que d’autres photos ont circulé en toute fin de soirée, montrant des membres des partis politiques donner l’exemple, en ramassant « leurs » tracts.

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Chanteurs gnaoua et DJs électro : le Festival d’Île-de-France vibre au rythme du Maroc

telerama.fr – Louis Victor – 04/09/2015

L'ensemble Dakka Roudania en mai dernier

L’ensemble Dakka Roudania en mai dernier

Dans les jardins de Villarceaux, musiques gnaouies, star du chaâbi et… rappeurs. La musique marocaine est l’invitée du Festival d’Ile-de-France.

Absence d’écriture, règne de l’oralité et prédominance du rythme sur l’harmonie. Ainsi définit-on prosaïquement l’ensemble des musiques du Maroc. Qu’il soutienne une improvisation poétique, une chanson villageoise légère, une danse de l’Atlas ou une transe gnaouie, le rythme offre à la musique marocaine un pouvoir de séduction incontestable et immédiat : impossible de rester insensible aux polyrythmies (afro-)maghrébines, parfois infiniment complexes et pourtant irrémédiablement dansantes.

Après New York en 2012, l’Afrique du Sud en 2013 et la Colombie en 2014, l’ambitieux Festival d’Ile-de-France s’intéresse au royaume chérifien, proposant une épopée musicale de Gibraltar au désert du Sahara, d’hier à aujourd’hui. « On ne voulait pas se concentrer uniquement sur les répertoires traditionnels, explique Olivier Delsalle, directeur artistique du festival. L’idée était d’offrir une image représentative de la scène actuelle. » Tout au long d’un après-midi dominical de concerts, au coeur du domaine de Villarceaux, le public pourra naviguer entre rap, électro, chaâbi, musiques gnaouie, amazigh (berbère) ou arabo-andalouse. Dès l’ouverture des portes, l’accueil sera assuré par Dakka Roudania, ensemble passionnant, interprète d’un style rare dont les racines sont implantées à Taroudant, ville d’artisans tanneurs : la dakka (« frappe »), exemple probant de la supériorité du rythme sur la mélodie.

La dakka des tanneurs

Taroudant, 17 mai 2015. Au coeur de la médina, dans la cour intérieure d’un riad verdoyant, treize musiciens accordent les peaux de chèvres de leurs petites percussions, taarija, au-dessus d’un feu de braise. Ils s’apprêtent à donner un concert dans un élégant apparat traditionnel. Le leader de Dakka Roudania, Smaïn, armé de son bendir (un large tambour qui se tient d’une main) emmène ses douze chanteurs et percussionnistes au coeur de compositions bâties sur de vastes crescendos et de longues accélérations enivrantes. De quoi se laisser aller à la transe. Sur chaque morceau, Smaïn chante une phrase et la troupe lui répond. Un procédé qui se retrouve dans de nombreuses musiques ethniques et dans le blues : le call and response. Jeu de questions-réponses, ici construit sur des poèmes arabes.

L'ensemble de musique berbère Inouraz aura pour invité, entre autres, Ali Chouad (ici à droite)

L’ensemble de musique berbère Inouraz aura pour invité, entre autres, Ali Chouad (ici à droite)

« Le profane et le sacré se retrouvent au centre de textes qui passent de louanges du Prophète à des thèmes tels que l’amour, la nature, l’histoire et la satire. C’est une musique de plus en plus fragile face à l’obscurantisme actuel », explique Brahim El Mazned, directeur du festival de Rabat, Visa for music, qui a pour but de mettre en avant la richesse des scènes d’Afrique et du Moyen-Orient. Le vendredi après-midi [jour saint, NDLR], les artisans du cuir se retrouvent dans des riads, cuisinent, boivent du thé et jouent la dakka, qui demeure un lien social important à Taroudant. D’autant que la pratique ne se professionnalise pas. »

La musique et les femmes

Autre point louable de la programmation à Villarceaux : la présence de femmes, dont la jeune chanteuse Zineb Afilal. Accompagnée par l’orchestre (masculin) de Tétouan, elle s’impose entre luths et violons et brille au coeur du répertoire andalou-marocain, l’équivalent de notre musique classique européenne. Précisons qu’au Maroc les femmes occupent un statut à part : sauf rares exceptions, on leur interdit de toucher aux instruments à cordes et à vent. Restent alors le chant, la danse et les percussions. Mais « celle qui chante en public demeure, pour beaucoup, une femme aux moeurs légères », rappelle le musicologue Ahmed Aydoun.

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Fatima Tachtoukt, jeune Berbère rencontrée à Agadir, accompagne depuis quelque temps le groupe amazigh Inouraz. Elle vient d’une famille d’artistes où les épouses ne sont pas autorisées à chanter en public. « J’ai dû m’imposer et dire à mon père : j’ai d’ores et déjà signé un contrat, si je ne finis pas mon album, je vais en prison », confie-t-elle lors d’une répétition. Fatima est une raysât. L’équivalent féminin des rwayês, ces chanteurs « savants », poètes et improvisateurs, qui ont longtemps joué le rôle de chroniqueurs du quotidien ou d’historiens dans les villages de la région du Souss, au sud du pays. Entourée des maîtres Ali Faiq et Ali Chouhad, Fatima, en tant que femme, modernise l’image de cette pratique mais reste porteuse d’une tradition malmenée par Internet et par la disparition des fabricants de loutars et de rababs, instruments exclusivement utilisés par les rwâyes, mais grands absents des conservatoires.

Gnaoua et traditions

Lorsqu’il est question de tradition marocaine, difficile de ne pas évoquer la plus mystique des musiques, celles des Gnaoua, descendants d’esclaves d’Afrique subsaharienne, dont la culture infiniment riche remonte au XVIe siècle ? Exportée pour le meilleur et pour le pire sur tous les continents depuis quelques décennies, la musique gnaouie possède son propre festival à Essaouira, où les maâlems, maîtres chanteurs et joueurs de guembri, sont invités à ouvrir leur art aux autres répertoires, dont le jazz : une fusion qui a déjà fait ses preuves. Donc, tout naturellement accompagné du batteur Karim Ziad, l’éminent Hamid El Kasri viendra envoûter la foule francilienne avec ses incantations pentatoniques, comme il a su le faire jusqu’à 4 heures du matin sur une plage d’Essaouira le 16 mai dernier. En cette soirée printanière, un autre Gnaoui avait bénéficié des faveurs du public féminin : le jeune et dynamique Mehdi Nassouli, qui semble déterminé à décloisonner les genres avec un répertoire festif. Un exercice délicat. Car à l’image de toute autre scène émergente dans l’industrie musicale, le Maroc affronte un dilemme : comment faire cohabiter tradition et modernité ? Doit-on muséifier les styles au profit d’une dite authenticité ou les laisser suivre le cours de la globalisation ? Face à ces questions, une seule réponse : au coeur d’une tradition orale, la transmission, l’éducation et l’enregistrement des répertoires restent prioritaires. Vient ensuite l’émancipation. Un schéma viable que retranscrit la programmation du Festival d’Ile-de-France.

 

 

Vernissage de l’exposition « Paysages Marocains, Richesse et Diversité » du photographe Younes Fizazi

Les animations redémarrent au Sofitel avec, le 7 septembre à 19 H 30 au Sofitel Thalassa Sea & Spa, le vernissage de l’exposition « Paysages Marocains, Richesse et Diversité » du photographe Younes FizaziINVITATION-EXPO FIZAZI

Un tout petit aperçu de ses collections :Image01

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