Archives de septembre 6th, 2015

Elections: Agadir tourne le dos à ses anciennes amours

le360.ma – 06/09/2015

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A l’instar de ce qu’il a réalisé dans d’autres centres urbains, le PJD a raflé la mise dans la capitale du Souss, jusque là bastion de l’USFP.

On croyait Agadir et ses environs définitivement et irrémédiablement acquis à l’USFP. Une sorte de bastion fortifié dont aucun parti rival n’aurait pu le déloger. Il n’en est rien. La guerre fratricide que les ténors ittihadis se sont livrés depuis leur dernier congrès national y a laissé d’inguérissables estafilades.

L’homme fort sur lequel ils fondaient tous leurs espoirs gadiris, Tarik Kabbage, a non seulement claqué la porte de son ancienne formation politique, mais il en aussi créée une nouvelle. Une volte-face dont le débarquement en force du premier secrétaire du parti de la rose, Driss Lachguar, à Agadir et le traitement particulier qu’il a réservé à la région actuellement dénommée Souss-Massa durant la campagne électorale n’ont pu ni gommer les aspérités de la lutte intestine qui a fait l’effet d’une purge sur le parti, ni minorer ses effets.

De fait, pour comprendre les bérézina d’Agadir Idda Outanane, Chtouka-Ait Baha et Inezgane Ait- Melloul, il faut se remémorer ce qui est advenu de la FDT lors des dernières élections des Chambres professionnelles.

Bicéphale, vidé de sa consistance et expulsé de la cour des grands, ce bras syndical de l’USFP n’est plus que l’ombre de lui-même. Tout comme le secrétariat régional d’Agadir qui, en bonne machine électorale, arrivait, bon an mal an, à fédérer les forces des militants et sympathisants dans l’objectif d’appeler le maximum de citoyens à voter et, surtout, à donner leur voix à l’USFP.

La preuve : lors des élections communales de 2009, le taux de participation enregistré dans la préfecture d’Agadir-Idda Outanane était au pic, et Tariq Kabbage avait facilement rempilé haut la main pour un deuxième mandat.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. Les résultats des dernières élections communales et régionales en attestent allégrement. Le PJD y a, en effet, raflé 33 des 65 sièges en lice suivi du PAM et des SAP avec 10 sièges chacun, le RNI et l’USFP, se contentant de fermer la marche avec 6 sièges par formation.

Idem pour Chtouka-Aït Baha où le PAM s’est adjugé la part du lion avec 141 sièges sur les 448 à pourvoir.

Pour sa part, le parti de l’Istiqlal (PI) y a obtenu 132 sièges suivi du Parti de la justice et du développement (PJD) avec 74 sièges, du Rassemblement national des indépendants (RNI) avec 35 sièges, de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) avec 30 sièges) et de l’Union constitutionnelle (UC) avec 18 sièges ; l’USFP et le PPS fermant la marche avec respectivement 10 et 8 sièges.

Concernant la représentation de Chtouka-Aït Baha au sein du Conseil de la région Souss Massa qui compte 8 sièges, le PI, le PAM et le PJD en ont remporté chacun 2, alors que le RNI et la FDG ont obtenu un siège chacun.

La préfecture d’Inezgane-Aït Melloul s’est, elle aussi, détournée de ses anciennes amours pour s’offrir au PJD en lui accordant 116 des sièges mis en lice. Une sorte de raz-de-marée qui a permis à ce dernier, et selon les résultats provisoires annoncés samedi par le ministre de l’Intérieur, de dominer les grands centres urbains en obtenant la majorité absolue ou la première place tant à Agadir que dans d’autres villes clés comme Rabat, Casablanca, Fès et Tanger.

Benkirane obligé de se séparer de Tarik Kabbage à Agadir

Par Nizar Bennamate – telquel.ma – 06/09/2015

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Abdelilah Benkirane a appelé ses adversaires à « démissionner » et a annoncé avec regret la « séparation » avec Tarik Kabbage.

C’est un Abdelilah Benkirane décontracté et souriant qui a animé la conférence d’annonce des résultats samedi en fin de journée. Même s’il n’est classé que troisième au niveau national, après le PAM et l’Istiqlal, le PJD a raflé la grande partie des voix et amélioré par trois fois et demi son score par rapport au dernier scrutin communal de 2009.  Benkirane a utilisé un ton victorieux lors de cette première conférence post-élection.

D’emblée, il explique que les trois secrétaires généraux des partis de l’opposition doivent démissionner après leur défaite électorale. Concernant les alliances,  Abdelilah Benkirane a confirmé une nouvelle fois que son parti respectera le pacte avec la coalition gouvernementale. Il a tout de même laissé la porte ouverte à des alliances avec l’opposition, quand le PJD n’aura pas d’autres choix.

La conséquence directe de cette logique est que le maire sortant de la ville d’Agadir, Tarik Kabbaj,  avec lequel le PJD s’était allié ne va pas rempiler. «Nous avons très bien travaillé avec monsieur Kabbaj, et nous l’aimons beaucoup, mais nous avons une coalition que nous devons préserver aussi», explique Abdelilah Benkirane.

Le patron du PJD a tenu aussi à montrer sa fermeté dans ce choix d’alliances prioritaire. Ainsi, la section du PJD a Safi qui avait annoncé samedi matin une coalition avec l’istiqlal, a été désavoué par le patron de la lampe. «La coalition de Safi n’engage le parti en rien.  Et ça ne va pas passer si je ne donne pas mon approbation.  Nous devons d’abord essayer de former une majorité avec nos alliés au gouvernement».

Mais si Abdelilah Benkirane veut préserver les liens avec ses alliés au gouvernement en reproduisant cette logique au niveau local, il n’exclut pas que dans des cas où cette configuration ne marche pas, ils pourront s’allier avec l’opposition. «Nous sommes très proches de l’Istiqlal et nous avons des relations très cordiales, c’est Chabat le problème», a-t-il justifié, comme pour préparer le terrain.

Le PJD est arrivée 3e dans ces échéances électorales. Il est passé de 1 513 conseillers municipaux en 2009 à 5 021 lors de ce scrutin en réalisant un bon d’environ 232%. En terme de voix, il est arrivée premier en totalisant 1.5 millions de voix.

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