Risques d’inondations, Mobilisation générale dans les provinces


par NAIMA CHERII – leseco.ma – 25/10/2015

Un plan de prévention des risques d’inondations a été approuvé, en concertation avec les différents partenaires concernés par la gestion des dégâts causés par les eaux.
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Un an après les inondations catastrophiques ayant dévasté plusieurs régions notamment dans le sud du royaume, les populations de ces régions déclarées «zones sinistrées» ont toujours à l’esprit les pluies torrentielles ayant coûté la vie à 36 personnes et occasionné d’importants dégâts matériels. Il y a quelques jours, les populations ont eu de grosses frayeurs. Une première alerte météo, pour cette année, venait en effet de tomber. «Cinq provinces marocaines ont été déclarées, lundi 19 octobre, en état d’alerte en raison du mauvais temps et des intempéries», déclarait le responsable à la Direction de la météorologie nationale, Houceine Abed. Les régions en question, notamment Agadir, Inezgane, Taroudant, Essaouira, Chtouka-Aït Baha et Safi ont connu de fortes précipitations accompagnées de violents orages. À Lakliaa, une localité située à Inezgane dans la région Souss-Massa, les intempéries ont causé un début de paralysie et rendu la circulation difficile, selon les témoignages d’acteurs associatifs. Ces derniers craignent les risques d’inondations qui touchent régulièrement cette localité traversée par Oued Ouargha. «Les populations redoutent un nouvel épisode météorologique. Elles demandent un plan d’action pour lutter contre les catastrophes naturelles, comme les inondations qui ont frappé la région, l’année dernière», lancent ces associatifs. S’interrogeant sur les mesures préventives mises en place pour prévenir les inondations, ceux-ci ont déploré le manque de préparatifs pour la gestion des crues catastrophiques ayant touché, il y a une année, les provinces du Sud. «Il faut une nouvelle politique de gestion anticipée des crues. Le traumatisme reste encore intact chez les populations. On aurait pu épargner des vies, si on avait mis en place des dispositifs de secours et d’alerte rapide», soulignent ces acteurs associatifs.

Où en sont les préparatifs ?
Aujourd’hui, des leçons ont-elles été tirées des erreurs commises dans la gestion des inondations? Des responsables au ministère de l’Équipement, du transport et de la logistique se veulent rassurants. Les inondations étant devenues «répétitives» dans certaines provinces, un plan de prévention des risques «dans certaines provinces, a été approuvé, en concertation avec les différents partenaires concernés par la gestion des inondations», affirme-t-on auprès du ministère. «Des mesures ont été présentées dans le cadre des comités de veille et une meilleure coordination est assurée pour intervenir efficacement dans les communes à risque d’inondation», lance ce responsable. Au ministère, on annonce qu’une stratégie est mise en place pour l’accompagnement de la saison hivernale. Les préparatifs ont été entamés en juin dernier par la tenue d’une réunion de coordination et de cadrage portant sur la préparation de la saison hivernale, indique-t-on. Selon la même source, les préparatifs pour contrer les intempéries incluent plusieurs dispositions, dont l’entretien et la réparation des engins et matériels d’intervention ainsi que l’acquisition de nouveaux matériels pour le renforcement et le renouvellement du parc existant. Il s’agit aussi, selon le ministère, d’organiser les brigades d’intervention et de définir un programme de positionnement du matériel, notamment au niveau des points névralgiques du réseau routier. Au-delà de la stratégie du gouvernement pour l’accompagnement de la saison hivernale, le gouvernement espère que «la coordination devienne la norme» pour cette stratégie. Tous les services concernés par la question doivent ainsi participer activement aux travaux de la cellule de veille et de coordination, laquelle siège au sein du département de l’Intérieur, indique-t-on au ministère de l’Équipement. Les services de ce département soulignent que l’un des volets de ce plan d’action est la communication. «Cette cellule de veille est appelée à communiquer sur la situation des perturbations de la circulation sur le réseau routier et à suivre la gestion de la crise, notamment au niveau des communes exposées aux risques d’inondations», précisent les mêmes sources. Un poste de commandement et de suivi a ainsi été mis en place au siège de la Direction des routes, en vue de collecter des informations sur l’état de la circulation routière pendant la période hivernale. Cela permet l’intervention des équipes compétentes du ministère pour le rétablissement immédiat ou à court terme de la circulation, et d’apporter des solutions de réparation des dégâts causés par les inondations.

Sur le plan provincial…
Sur le plan local, précise-t-on, des comités provinciaux de vigilance ont entamé leur travail, depuis près d’un mois. Des équipes d’intervention seraient déjà mises sur pied particulièrement au niveau des provinces à risque, annoncent des sources autorisées à la préfecture d’Inezgane, une des zones à grand risque dans la région Souss-Massa. Il y a trois semaines, la cellule de veille provinciale d’Inezgane -tout comme celles des autres provinces- a tenu une rencontre dans l’objectif d’arrêter définitivement son plan d’action et les différentes mesures censées permettre aux populations de rester informées sur l’évolution de la situation pendant la saison des intempéries, qui est d’actualité. «Lors de cette rencontre, nous avons demandé aux départements partenaires de nous communiquer les mesures et projets prévus pour cette année à même de prévenir les inondations», indique Abdelaziz Solbi, chef de service d’équipement à la préfecture d’Inezgane, zone exposée au risque d’inondation par Oued Souss. La mise en place d’une digue de protection et de dispositifs censés empêcher l’eau de remonter par les réseaux d’assainissement, sont, entre autres, les points cités dans cette feuille de route, explique le responsable. D’autres mesures et projets ont été proposés, mais ceux-ci doivent être élaborés et accélérés pour prévenir efficacement les crues dans les régions à risque, tout comme la réalisation de barrages. Dans les régions déclarées l’année dernière, «zones sinistrées», les crues n’ont pas pu être maîtrisées en raison de l’absence d’ouvrage de protection permettant de contenir la montée des eaux. «Pour la localité d’Ouled Dahou à Chtouka-Aït Baha par exemple, l’une des solutions explorées pour contrer les crues définitivement dans cette zone à risque est la construction d’un barrage au niveau de Chtouka-Aït Baha. Cet ouvrage permettra de protéger les populations d’Ouled Dahou contre les crues de Oued Ouargha», estiment des associatifs locaux, ajoutant que des critiques persistent concernant l’«infrastructure défaillante».

Casablanca se prépare
Dans la capitale économique, on veut aussi aussi pouvoir gérer efficacement la situation des crues, car le risque d’inondation serait aussi présent. La ville est en effet traversée par plusieurs oueds, notamment celui de Bouskoura. L’aboutissement du projet du super collecteur Ouest de Bouskoura, actuellement en cours de réalisation, devrait résoudre le problème des crues causées par ce oued. Il n’en demeure pas moins que le danger serait toujours là, selon des experts au Laboratoire public d’études et d’essais (LPEE). Mercredi 7 octobre, le nouveau maire, Abdelaziz El Omari, a réuni ses adjoints, les présidents des arrondissements, le DG de Lydec, Jean-Pascal Darriet, et les responsables des principales directions de l’entreprise. À l’ordre du jour: faire le point sur les moyens déployés pour prévenir les inondations. Lors de cette rencontre, la société délégataire a présenté les différents dispositifs mis en place pour mieux prévenir les crues. «Pour entretenir les ouvrages et renforcer la capacité de transfert du système de collecte des eaux usées et pluviales, Lydec veille, tout au long de l’année, au bon fonctionnement de plus de 5.000 km de réseau d’assainissement liquide et mène plusieurs opérations préventives», soulignent les reponsables de Lydec. Ces opérations portent, entre autres, sur le curage hydraulique de collecteurs tertiaires, le curage manuel et mécanique de collecteurs principaux et sur des ouvrages de réception des eaux pluviales ainsi que la réhabilitation et le renouvellement du réseau d’assainissement. Dans le même cadre, Lydec affirme que des enquêtes de terrain doivent être menées pour localiser les ouvrages nécessitant des interventions urgentes. Parmi les dispositifs préventifs figure également un programme de curage préventif des réseaux, lequel est mis en place en vue d’augmenter la capacité des collecteurs d’assainissement et de prévenir les débordements, indique Lydec. Notons que les inondations survenues l’année dernière dans certaines villes du royaume sont encore dans les mémoires. Les pluies torrentielles qui se sont abattues sur les provinces du sud notamment ont impacté «sérieusement les infrastructures et plusieurs logements» dans ces régions. Plusieurs centres d’habitations et de nombreuses communes, notamment celles se trouvant sur les côtes et à proximité des oueds, ont été isolées pendant plusieurs jours à cause des inondations. Plusieurs routes provinciales étaient restées fermées à la circulation dans ces provinces sinistrées. Cela a été suffisant pour pousser le gouvernement à inscrire la lutte contre les crues parmi ses priorités.


Zones à risque
Quelque 400 zones à «risque» seraient identifiés dans le cadre d’un «plan national de protection contre les inondations». Parmi ces points figurent une cinquantaine de zones «prioritaires». Le montant des investissements à mettre sur la table par le gouvernement pour régler cette question des inondations notamment dans les provinces à grand risque d’inondation est estimé à 6 milliards de dirhams. En 2008, une cartographie des risques d’inondation encourus dans certaines régions du royaume avait été publiée par le ministère de l’Eau et de l’environnement dans le cadre de la mise en place du Plan national de protection contre les inondations.

Catégories :Actualités

1 commentaire

  1. Bonjour,, si la Municipalité d’Agadir prenait la peine de nettoyer les grilles d’évacuation d’eau ( qui servent de poubelles , les rues d’Agadir seraient un peu moins inondées .

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