Énergie et eau : Abengoa, partenaire de l’ONEE dans de gros projets au Maroc, menacé de faillite


par Moncef Ben Hayoun – lematin.ma – 29/11/2015

Abengoa vient même de renouveler son contrat avec l’ONEE pour d'exploitation et la maintenance de la centrale solaire-gaz de 472 MW Aïn Beni Mathar pour 63 millions d’euros. Ph. AFP

Abengoa vient même de renouveler son contrat avec l’ONEE pour d’exploitation et la maintenance de la centrale solaire-gaz de 472 MW Aïn Beni Mathar pour 63 millions d’euros. Ph. AFP

Abengoa est au bord de la faillite. Le groupe espagnol, spécialisé dans la gestion de l’eau et l’énergie, a quatre mois pour refinancer sa dette d’environ 8,9 milliards d’euros auprès de ses créanciers. À défaut, il déposera le bilan. Abengoa cherche depuis juillet à attirer de nouveaux investisseurs pour une augmentation de capital de 650 millions d’euros afin de réduire son endettement. Toutes ses tentatives ont jusqu’ici échoué, faute notamment d’accord avec les banques partenaires. Il vient de se placer sous l’article 5 bis de la «Ley Concursal», la loi espagnole qui accorde, aux entreprises menacées de faillite, un délai de quatre mois pour tenter de s’entendre avec leurs créanciers afin d’éviter une banqueroute.

Le directeur général du groupe, Santiago Seage, a démissionné vendredi dernier, deux jours après l’annonce du lancement d’une procédure de faillite. Selon des observateurs, il est pour l’heure impossible de connaître le sort des sites industriels gérés ou en cours de développement par Abengoa. Au Maroc, le groupe espagnol est présent depuis 1977 et possède des bureaux à Rabat et Casablanca. Il est engagé dans plusieurs gros projets dans ses deux spécialités : l’eau et l’énergie. «Abengoa fait effectivement face à de sérieuses difficultés financières. Mais, pour le moment, il n’y a aucun impact sur les activités et projets développés au Maroc. Nous restons confiants. Notre groupe continue de négocier avec ses créanciers afin de trouver un accord permettant d’assurer la continuation de son activité. Nous avons même des promesses de l’État espagnol pour trouver une solution», a déclaré au «Matin éco», un responsable d’Abengoa. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) confirme.

«Tous les projets d’Abengoa avec l’ONEE avancent normalement. Nous suivons de près ce qui se passe chez notre partenaire espagnol. L’ONEE a pris toutes ses précautions ; ses contrats avec Abengoa prévoient des dispositions lui permettant de se couvrir. Notre direction planchera sur l’examen de ces contrats pour évaluer l’impact et prendre les décisions qu’il faut au moment venu», nous confie une source autorisée de l’ONEE.
L’Office est le principal partenaire d’Abengoa au Maroc. Début novembre, le groupe espagnol avait même renouvelé avec l’ONEE son contrat d’exploitation et de maintenance de la centrale solaire-gaz de 472 MW Aïn Beni Mathar (4,6 milliards de DH d’investissement initial) qu’il exploite depuis sa mise en service commerciale en 2010. La valeur du nouveau contrat s’élève à 63 millions d’euros, soit plus de 670 millions de DH.
Abengoa développe aussi actuellement l’usine de dessalement d’eau de mer de la région du Grand Agadir et qui doit être mise en service entre fin 2016 et début 2017. Rappelons qu’en mai 2014, l’ONEE avait signé un contrat de BOT (Build, Operate and Transfer) avec le consortium composé d’Abengoa et d’Inframaroc, filiale du groupe CDG, – retenu à l’issue d’un processus d’appel d’offres international – pour la conception, le financement, la construction et l’exploitation de l’usine qui devra couvrir les besoins en eau potable de la région d’Agadir jusqu’à l’horizon 2030. L’investissement dépasse le milliard de DH.
Selon les responsables d’Abengoa, 82 millions d’euros (environ 870 millions de DH) de financement a été arrangé par un consortium de banques locales marocaines, dont le chef de file figure parmi les Big Three de la place.

Et ce n’est pas tout. Abengoa avait en novembre 2014 remporté un contrat ONEE d’environ 23 millions d’euros (environ 245 millions de DH) pour la réalisation d’un projet de transport d’électricité portant sur des lignes 400 kV sur 210 km, entre Matmata, Bourdim et Jerada. Le projet doit être opérationnel en 2016 et permettra de répondre en partie aux besoins en électricité du pays, de manière jugée efficace et durable, et d’améliorer aussi l’interconnexion avec l’Algérie. Il est cofinancé notamment par l’Agence française de développement, l’Union européenne et de la banque allemande KfW. Abengoa avait été, en outre, short-listée (et finalement non retenue) par l’Agence marocaine de l’énergie solaire pour le développement des centrales Noor II et III de Ouarzazate.

Catégories :Actualités

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