Port de Casablanca : Drôle d’horaire continu


A. G. – leconomiste.com – 17/12/2015

Le régulateur institue une organisation en trois shifts
Le contrôle et la Douane pas concernés
D’énormes pertes résultent du flottement entre les shifts
Principale plateforme portuaire du royaume, le port de Casablanca traite 70% du trafic domestique. Même le fret destiné à certaines régions disposant de ports y est traité. Mais face aux flux toujours importants, il n’est pas suffisamment équipé en matériel de contrôle et de pesage (Ph. Jarfi)

Principale plateforme portuaire du royaume, le port de Casablanca traite 70% du trafic domestique. Même le fret destiné à certaines régions disposant de ports y est traité. Mais face aux flux toujours importants, il n’est pas suffisamment équipé en matériel de contrôle et de pesage (Ph. Jarfi)

Le port de Casablanca fonctionnera en mode non-stop dès le premier janvier 2016. Mais cette nouvelle organisation en 3×8 ne concerne que le déchargement du fret et la manutention des marchandises. Les autres intervenants (Douane et services de contrôle) ne sont pas tenus d’observer la décision de l’Agence nationale des ports (ANP) instituant un 3e shift. De fait, «ce dernier a toujours existé», rappelle l’Association des transitaires agréés en douane au Maroc. Et le problème de congestion du port est ailleurs. Il tient à l’insuffisance de scanners, de bascules et d’organisation de l’exploitation de l’outil portuaire de manière générale.
D’ailleurs, «c’est le retard pris à l’export de produits périssables, qui a décidé l’ANP à prendre la mesure», fait remarquer un professionnel. Et pour cause! Marsa Maroc qui intervient à l’import/export ne dispose que d’un scanner. Par contre, Somaport, en détient également un mobile mais ne s’occupe que de l’import.
Autre handicap de taille, le matériel de pesage. Marsa Maroc qui enregistre les flux les plus importants ne dispose que d’une bascule. Ce qui amène souvent la Douane à délivrer des bons de sortie sous réserve de pesage. De plus entre le 1er shift qui se termine vers 14 heures et le second qui démarre à 15 heures, il y a une heure de vacance. Sans oublier que le port chôme durant le week-end, alors que par le passé, le travail était assuré samedi, notamment par une permanence dédiée à l’export. De même l’horaire continu impacte le rendement que les professionnels estiment à quelque 30%. Faute de structures de restauration sur place, cette organisation entraîne également une perte de temps et rallonge le délai de séjour des navires et des marchandises.
Il n’empêche que l’ANP estime que «le mode d’exploitation des  ports va changer radicalement l’année prochaine». Et les mesures prises ont fait l’objet d’une large concertation avec les différents intervenants portuaires. (Sic)
De fait, l’obligation de la continuité des opérations de manutention au port de Casablanca concerne «les trafics qui ne font pas l’objet de sortie directe et  les navires dont le déchargement exige moins d’un shift», précise le communiqué de l’ANP. L’objectif est d’assurer la célérité des opérations, la hausse des rendements journaliers et partant la réduction du délai de séjour des navires. «Ce qui se traduirait par des gains substantiels en termes de réduction des coûts d’escale et d’optimisation des surestaries», anticipe l’Agence.
Pour s’assurer de l’efficacité, des mesures d’accompagnement sont également prévues et mises en place. Il s’agit, en premier lieu de l’institution d’une commission chargée de contrôler le respect des horaires de travail. La mise en place d’une commission mixte (présidée par l’ANP) et dont le rôle est de planifier certains trafics traités par campagne, comme les céréales. Enfin, l’amélioration du mode de fonctionnement des ponts bascule. Sans préciser si, du nouveau matériel sera introduit, le communiqué de l’ANP évoque également les autres insuffisances liées aux scanners et aux zones de contrôle affectées à la Douane.
En attendant, l’entrée en vigueur de l’adoption du travail en continu, et face à l’afflux des navires attendus vers la fin de l’année, l’ANP a décidé de décréter l’obligation de travailler les dimanches des 20 et 27 décembre dans les autres ports du commerce. Il s’agit de Nador, de Jorf Lasfar, de Safi et d’Agadir. La même  mesure a déjà été appliquée à Casablanca le dimanche 13 décembre. C’était pour rattraper le retard à l’export des agrumes et primeurs.

Le poids des surestaries

Le problème des surestaries, notamment celui lié aux conteneurs pèse lourdement sur le compte courant. Le coût par conteneur représente, selon les professionnels le double, voire le triple du prix de la boîte neuve. Récemment, le ministère du Transport et de l’équipement avait réceptionné une étude sur la question. Rien n’a filtré sur le coût des surestaries en devise. Par contre, la communication a été fort généreuse sur les causes et les pistes d’amélioration.  Ces surestaries sont la conséquence des retards enregistrés dans l’exécution des opérations d’import et d’export, des attentes en rade des navires et des retards  dans la restitution des conteneurs par les réceptionnaires. Quant aux axes d’amélioration, ils se situent au niveau du système de programmation des navires et leur traitement, de la capacité de stockage des chargeurs et du contrôle.

Catégories :Actualités

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