« DAYF WA KADIYA » : Les fonctions et les mécanismes de fonctionnement de l’ONSSA


 challenge.ma – 13/02/2016

Ahmed Bentouhami, Directeur général de l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA).

Ahmed Bentouhami, Directeur général de l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA).

Des incidents liés à la sécurité sanitaire des produits alimentaires sont courants. Allant de l’hygiène dans les commerces de proximité jusqu’à la qualité des différents produits alimentaires, d’origine végétale, agricole ou animale, il est courant de surprendre quelques conversations concernant des ratages, voire des fraudes à l’encontre de la sécurité sanitaire. Un organisme de contrôle est chargé depuis 2010 de chapeauter le contrôle sur l’ensemble des circuits par lesquels passent ces produits. L’invité de « Dayf wa Kadiya » d’hier vendredi 12 janvier sur MFM était Ahmed Bentouhami, Directeur général de l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA). Entretien.

MFM : Quel gage de sécurité sanitaire pour nos produits alimentaires ?

Ahmed Bentouhami : Nos produits alimentaires disposent au minimum des conditions de base requises de sécurité sanitaire. En dehors des produits commercialisés ici au Maroc, les produits marocains sont exportés vers l’étranger, notamment vers les Etats-Unis, le Japon, la Russie…Pour la plupart, ce sont des produits d’origine agricole, des légumes, des fruits, des céréales, et des produits issus de l’agroalimentaire ainsi qu’une faible part de produits d’origine animale. C’est pour dire que si nos produits alimentaires ne disposaient pas des conditions de sécurité sanitaire requises, ces pays n’en voudraient pas. Notre charte de qualité et de sécurité sanitaire est reconnue à l’échelle internationale.

MFM : On entend parler de problèmes liés à l’hygiène. On a des témoignages de nos concitoyens, qui parlent de problèmes vécus liés à la sécurité sanitaire des produits alimentaires.

Ahmed Bentouhami : Les problèmes de qualité et de sécurité sanitaire ne sont pas des problèmes inhérents à notre pays seulement. Même en Europe, de tels problèmes se présentent. Cela arrive partout dans le monde.

MFM : Mais nous, on ne veut pas de ce genre de problèmes.

Ahmed Bentouhami : C’est vrai que la science peut aujourd’hui tout sonder. Mais l’Homme se trompe. Parfois, il y a d’autres raisons. Et certains trichent.

L’ONSSA a été créée en 2010, dans la cadre du Plan Maroc Vert une vision stratégique de développement de notre secteur agricole. Plusieurs bureaux ont été créés et l’organigramme du ministère de l’Agriculture et de la Pêche a été repensé, que ce soit au niveau de l’administration, ou au niveau régional. Des directions régionales ont été créées. Et au niveau de l’administration, on a diminué le nombre de directions pour créer des bureaux et des agences sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, comme l’Office National pour la Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA), l’Agence pour le Développement Agricole (ADA), chargée des projets , mais aussi l’Agence Nationale pour le Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA), la Direction de Développement de l’Espace Rural et des Zones de Montagne… etc.

L’ONSSA a pour but de regrouper l’ensemble des entités chargées du contrôle. Objectif : rassembler les différentes capacités et possibilités pour lui permettre de disposer de moyens suffisants en termes de gestion. Une stratégie a été élaborée, tout ce qui concerne le développement, c’est le ministère qui s’en charge. Et tout ce qui concerne le contrôle et la sécurité sanitaire, c’est l’ONSSA. L’Office est arrivé pour améliorer les services de contrôle, pour redonner confiance aux citoyens en tout ce qui concerne la sécurité sanitaire des produits alimentaires. Et aussi, c’est le seul interlocuteur des pays étrangers, il est l’autorité compétente en matière de sécurité sanitaire, c’est nous qui négocions avec les pays en termes de sécurité sanitaire dans le cadre des partenariats et des échanges.

MFM : Quels sont les mécanismes que vous utilisez pour travailler ? Quelle est votre zone d’intervention ?

Ahmed Bentouhami : Le but ultime de l’ONSSA est d’assurer la sécurité sanitaire de l’ensemble des produits alimentaires, qu’ils soient d’origine agricole, animale, ou de ceux utilisés dans le secteur agricole, à savoir les engrais, mais aussi les médicaments vétérinaires, et de la protection de la santé des animaux. L’Office intervient dans toute la chaîne du début jusqu’à la commercialisation. Et cela à l’export, comme à l’import et au Maroc.

L’Office a des moyens à sa disposition, notamment des bureaux dans toutes les provinces. De Guergarat à Figuig et Oujda, nous avons 143 agences. Cependant les compétences humaines et les moyens financiers sont souvent parmi les points qu’on discute lors des Conseils d’Administration. Le gouvernement est sensibilisé à ce sujet. Et chaque année, on nous octroie des moyens supplémentaires. Dans tous les aéroports et les ports, on a des directions ou des représentations, un de nos représentants veille à chaque fois au contrôle de ce qui sort, ou de ce qui rentre.

MFM : Par exemple, si je veux ramener une plante de l’étranger. Est-ce qu’il y a une quelconque forme de contrôle ?

Ahmed Bentouhami : Evidemment. Au niveau de l’ONSSA, il y a un certain nombre de procédures. D’ailleurs sur le site web de l’Office, nous trouvons l’ensemble des procédures en vigueur pour chaque catégorie de produit, si besoin d’agrément ou pas notamment. Pour certaines plantes, il y a des risques, il faut un agrément préliminaire avant l’arrivée sur le territoire. Parce que si les plantes sont amenées au port sans licence, elles sont rejetées d’office, et sans discussion.

MFM : Comment travaille le représentant de l’ONSSA quand il arrive à l’aéroport ou au port ? Est ce qu’il prend des échantillons qu’il emmène au laboratoire pour analyses ?

Ahmed Bentouhami : On a 10 laboratoires, à commencer par ceux de Laâyoune, Agadir, Marrakech… Leur rôle essentiel est d’effectuer des analyses pour rechercher les maladies, détecter la présence de bactéries. Mais ce n’est pas toujours nécessaire. Nous nous basons aussi sur la provenance du produit, son pays d’origine. A-t-il des papiers conformes ou pas ? En ce qui concerne les plantes, il existe des organisations internationales, comme celles avec qui nous traitons, basées en France ou dans l’Union Européenne en général, qui déterminent les mécanismes de fonctionnement des entités de contrôle pour chaque produit.

MFM : Nous avons Mustapha Semlali, sur la page Facebook de la Radio MFM qui dit : « Des comités de surveillance ont révélé plusieurs failles chez les petits commerçants ». Il dit aussi qu’à Zagora, un enfant qui a consommé une boisson laitière, a été empoisonné et en est même mort. Comment changer les mentalités pour que la sécurité sanitaire des produits alimentaires soit assurée ?

Ahmed Bentouhami : Après le lancement de l’ONSSA, une nouvelle loi a été élaborée. Elle est relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires. Le producteur qui met en vente un produit alimentaire a une responsabilité directe. S’il arrive un problème, il a une responsabilité juridique. L’ONSSA donne des agréments. Toutes les unités productrices de produits alimentaires vont être agrémentées vers fin 2016. 5000 ou 6000 unités vont être agrémentées. Chaque produit alimentaire qui circule sur le marché possède une étiquette. Cette étiquette comprend toutes les informations, avec précision des composants essentiels. Va s’ajouter à cela le numéro d’autorisation de l’ONSSA. Une circulaire a été d’ailleurs émise en ce sens.

En finalité, tous les produits alimentaires en circulation vont disposer d’un code ONSSA, ainsi que d’une date de péremption et d’une date d’utilisation. Les premières précautions que doit prendre le consommateur, c’est de vérifier si le produit comporte l’étiquette, s’il comporte la date de péremption. Mais aussi qu’il évite d’acheter des produits qui sont exposés sans étiquette, à moins qu’il y ait une relation de confiance. On peut dire effectivement que plusieurs produits ne sont pas encore étiquetés comme dans les supermarchés européens où cela est nécessaire. Pour arriver à ce stade-là, ça nécessite du temps.

Aucune mention du problème soulevé dans l’article précédent le 11/02/2016

Catégories :Actualités

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