Archives de avril 18th, 2016

Criquets pèlerins. Comment procède le Maroc pour lutter contre l’invasion

par Mehdi Jahouari – media24.com – 15/04/2016

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Face au risque d’une invasion de criquets pèlerins, le Maroc est-il préparé à lutter contre ce fléau aux effets ravageurs sur le patrimoine végétal et la production agricole?

La question est brûlante. Elle fait suite à la récente communication de la FAO, qui a appelé le royaume à faire preuve de vigilance face à un risque d’invasion, en l’occurrence dans les provinces de sud et dans la vallée de Drâa. En plus de ses effets néfastes sur l’agriculture et le patrimoine végétal, le risque d’invasion de criquets pèlerins surgit cette année dans le contexte d’une campagne agricole moyenne.

Pour permettre aux gouvernements de minimiser les dégâts d’une invasion dans les pays concernés, l’instance onusienne chargée de l’alimentation et l’agriculture recommande une surveillance étroite des zones à haut risque pour empêcher ces insectes de former de grands essaims dangereux.

La prospection, un moyen essentiel de lutte préventive

La lutte préventive contre le fléau acridien se base essentiellement sur une technique de prospection. Elle consiste à localiser et délimiter les zones de présence des pullulations de criquets pèlerins, ou celles susceptibles de constituer des sites favorables d’alimentation et de reproduction lors des phases de résurgence et d’invasion.

La stratégie nationale en la matière est constituée par un tracé de trois lignes de défense:

-Une ligne constituant le premier front au plus proche des frontières.
-Une seconde ligne en avant des zones de culture.
-Une troisième ligne proche des zones de culture.

Qu’en est-t’il des techniques et des moyens de traitement en cas d’invasion?

Interpellé par notre rédaction, Abdelaziz Arifi, responsable au sein du Poste central de lutte anti-acridiennedéclare que « au titre de cet excercice, nous travaillons depuis le 15 décembre 2015. On a traité presque 11.500 ha à Tichla, Aoussred et Gueltet Zemmour dans la région de Dakhla. »

Et de poursuivre: « au niveau de la vallée de Drâa, la situation est également sous contrôle, d’autant plus que la végétation que pourrait cibler le criquet est quasi-inexistante, à cause de la sécheresse. Le bulletin de la FAO concerne de prime abord le Yémen et ses voisins et j’estime qu’il force un peu le trait, pour faciliter la collecte de dons auprès de la communauté internationale ».

Notons que le Poste central de coordination, qui est le cœur de la lutte anti-acridienne au Maroc, implique une composante militaire (FA.R et Gendarme royale) et trois départements civils: la Direction de la météorologie nationale, le ministère de la Santé et le ministère de l’Agriculture.

Cinq grandes invasions au 20e siècle

Rappelons qu’au Maroc, ce phénomène n’est pas nouveau, il rappelle de très mauvais souvenirs aux  Marocains qui l’ont vécu à maintes reprises. D’après le site officiel de la coordination de lutte anti-acridienne, le royaume a connu cinq grandes invasions pendant le siècle précédent. Il s’agit de plusieurs périodes qui ont duré de 2 à 7 ans, à savoir: 1914 – 1919 ; 1927 – 1934 ; 1941 – 1948 ; 1954 – 1961 ; 1987 – 1989.

Ces invasions sont intercalées par des périodes de faible activité acridienne, dont la plus longue a été de 26 ans, entre 1961 et 1987.

« La dernière période d’invasion 1987-1989 a été l’une des plus importantes. Elle a nécessité la mobilisation de moyens humains, matériels et financiers considérables (1 milliard de DH) pour traiter près de 5 millions d’hectares, précise la plate-forme.

Voie de contournement de Taghazout : les travaux avancés à hauteur de 70%

par Yassine SABER – leseco.ma – 14/04/2016

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Les travaux hors site de la voie de contournement à la nouvelle station balnéaire de Taghazout sont avancés à hauteur de 70%. L’achèvement des travaux de cette voie étalée sur 8,2 km est prévu avant la prochaine période estivale.

Les travaux de la voie de contournement de la nouvelle station de Taghazout, lancés en juin 2015 par la Direction régionale de l’équipement, des transports et de la logistique de Souss-Massa, ont atteint un taux avancé à hauteur de 70%. Ces travaux qui consistent en la réalisation de cette route en doubles voies devraient être livrés le mois de juin prochain. Autrement dit, avant la période estivale où cet axe routier accuse quotidiennement des kilomètres d’embouteillages à des heures de pointe, puisque les automobilistes empruntent cette artère pour se rendre aux plages situées au nord d’Agadir sur la Route nationale n°1, reliant Agadir à Essaouira.

Le projet, qui a mobilisé un montant global de l’ordre de 182 MDH en partenariat avec la société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), est constitué de cinq giratoires et deux ouvrages d’art sur 8,2 km. S’agissant du pont dédoublé de la localité de Tamraght qui s’est effondré en 2014 à cause des crues, les travaux sont toujours en cours de réalisation sur 51 m de longueur et 9,5 m de largeur pour livrer ce pont dans le délai imparti.

En attendant l’ouverture de cet ouvrage d’art, qui a mobilisé 9 MDH, une seule voie est actuellement fonctionnelle sur la Route nationale n°1. Par ailleurs, le lancement de projet a accusé du retard en raison du non-aboutissement du premier marché adjugé, suite à la défaillance de l’entreprise, mais aussi le retard du déblocage de la quote-part de la SMIT.

Alors que la gestion et l’exploitation ainsi que l’entretien ultérieur de la voie de contournement seront assurés par la Direction régionale de l’équipement et des transports (DRET), la réception définitive des travaux, quant à elle, sera considérée en termes de propriété des ouvrages en tant que Route nationale n°1 et fera, par conséquent, partie du domaine public routier comme le stipule la convention de partenariat relative aux travaux de réalisation de cette voie.

ATTENTION : L’ETAT DE DROIT SABOTÉ PAR «LA JUSTICE SAUVAGE»

Par Tahar Ben Jelloun – le360.ma – 18/04/2016

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Il y a, perceptible dans l’air, une violence d’un genre nouveau. Le Maroc a été le pays de la douceur et de la modération. Il est en train de devenir le pays du fanatisme et du moralisme hypocrite (…) On commence par faire un simulacre de procès et on finit par lyncher et exécuter des innocents.

Ces derniers temps a surgi au Maroc un phénomène nouveau et très inquiétant : une «justice sauvage» se voulant populaire. Des individus s’improvisent «juges» et organisent des réunions, désignent un «coupable» et se mettent à le juger comme s’ils étaient dans un tribunal. En général, c’est fait au nom de la morale, mais quelle morale? Celle de voyous qui se considèrent au-dessus des autres et décident à la manière des califes auto proclamés de rétablir le bien et chasser le mal. Un programme fou qui sabote la construction de l’Etat de droit.

Cela a commencé dans certaines universités, puis la chose a dégénéré lorsque des commandos violent l’espace privé et se mettent à lyncher des hommes qui seraient coupables d’ «actes contre nature», c’est-à-dire homosexuels. Cela s’est passé en septembre 2011 dans la ville d’El Ksar Kébir et récemment à Béni Mellal.

Dernièrement ils ont envahi à Salé la maison d’une femme exerçant le métier de voyante et l’ont battue copieusement. On a dit que certains avaient suggéré de la brûler comme l’Europe faisait au Moyen-Age avec des femmes qu’elle considérait comme des sorcières.

L’été 2015, des jeunes, armés de sabres et de couteaux, ont envahi des plages à Tanger cherchant les femmes qui se baignaient en maillot au lieu de porter une burka.
A Agadir d’autres dangereux moralisateurs ont voulu interdire le port du bikini y compris pour les touristes étrangères. Une façon assez efficace de faire fuir les touristes qui aiment notre pays. On se souvient aussi de l’affaire des jeunes filles d’Inezgane qui ont failli être lynchées parce qu’elles portaient des robes non acceptées par une certaine morale.

Des professeurs de faculté à Fès et à Meknès ont alerté les autorités car certains étudiants se sont battus avec d’autres qui ne sont pas de leur bord avec des armes blanches. A Fès, il y eut un mort. Mais les sabres et poignards ont remplacé, dans les cartables, les cahiers et les livres.

Le ministère de l’intérieur ainsi que les autorités locales ont minimisé ces incidents et ont fermé les yeux sur ce dépassement de la loi. On sait que des hommes harcèlent dans la rue des femmes qui ne se couvrent pas entièrement. Ils s’érigent en moralisateurs intransigeants alors qu’ils sont des hypocrites, souvent des refoulés sexuels, des hommes qui ont une peur bleue de la femme, du corps de la femme, du désir de la femme.

Une nièce m’a raconté combien elle a subi de remontrances de la part d’occupants d’un taxi collectif. Elle portait une jolie robe et certains l’ont accusée de vouloir les provoquer.
Une autre jeune femme m’a raconté qu’elle doit se battre tout le temps contre les insinuations de ses collègues au travail, ou dans la rue, parce qu’elle est belle et qu’elle refuse de se voiler, parce qu’elle aime son mari et que celui-ci ne veut pas qu’elle s’enlaidisse en se déguisant avec un voile.

Il y a, perceptible dans l’air, une violence d’un genre nouveau. Le Maroc a été le pays de la douceur et de la modération. Il est en train de devenir le pays du fanatisme et du moralisme hypocrite. Il faut que le Marocain devienne un citoyen, c’est-à-dire un individu respectant la liberté de son voisin. Il n’y a aucune raison pour qu’un groupe de frustrés se lève pour faire la loi et juger les autres. On n’est pas dans l’Ouest américain du XIXe siècle où quelques bandits s’emparaient d’une ville et y exerçaient leur propre conception de la justice.

C’est ainsi que des guerres civiles se mettent en place et font le malheur d’une société.  Ces énergumènes qui se croient autorisés de gérer selon leur vision du monde la vie des autres font à une échelle encore faible ce que fait Daech dans son prétendu «Etat islamique».

Attention, ces gens sont en train de saper la base de l’Etat de droit qui s’installe lentement au Maroc. Si on les laisse faire, c’en est fini de la sécurité minimale des citoyens, ce sera la fin du droit et de la loi. Le ministère de l’intérieur et les autres secteurs de la sécurité devraient prendre ces actions avec beaucoup de sérieux et agir vite et avec fermeté. On commence par faire un simulacre de procès et on finit par lyncher et exécuter des innocents.

Ce qui se passe est très grave. Peut-être que j’exagère, mais je préfère exagérer plutôt que de me taire ou de minimiser la gravité de pratiques en totale contradiction avec l’esprit des lois et l’application du droit par ceux dont c’est la fonction.

La fête de la distillation de la rose à Tiout

Hier, avait lieu à Tiout la fête de la distillation des rosesDistillation roses1Cette fête créée par Sophia Nadim avait pour but de faire découvrir la technique, la cérémonie et le rituel qui s’attache à la distillation de la rose, principalement dans la région de Kelat M’Gouna

Sophia a présenté la première édition de cette fête de la distillation des roses à Tiout, qui est appelée à devenir une rencontre annuelle.IMG_7358IMG_7361Beaucoup de monde était venu et, la capacité d’accueil étant atteinte, les dernières demandes n’ont pas pu être satisfaitesIMG_7342 IMG_7355 IMG_7356 IMG_7357Les détails techniques et de la cérémonie, avec son rituel nous ont été expliqués en arabe, mais aussi et heureusement, en français !IMG_7394

L’animation était assurée tout au long de la fête :
chants, ahwach, danse…IMG_7336 IMG_7352 IMG_7374 IMG_7381 IMG_7384 IMG_7403 IMG_7415 IMG_7418IMG_7391IMG_7393IMG_7404IMG_7408IMG_7411IMG_7412IMG_7414IMG_7427IMG_7429IMG_7430IMG_7431IMG_7433IMG_7435IMG_7436IMG_7437IMG_7455IMG_7456Sophia et sa soeur AsmaIMG_7397 IMG_7421

Tout ça pendant le petit déjeuner où on trouvait tout ce qu’on pouvait désirer : pain au tafarnout, brioche, huile d’olive, huile d’argane, amlou, confitures…et le thé à la menthe !IMG_7364

La cérémonie du henné :IMG_7340 IMG_7396

On est ensuite passé à la distillation, le thème de la journée, avec la présentation des fleurs : roses de Kelaat M’Gouna et fleurs d’orangersIMG_7343 IMG_7344 IMG_7345 IMG_7353 Quel parfum !IMG_7354Le matériel qui sert à la distillation : en gros, c’est un couscoussier avec un condenseur IMG_7367Dans le bac inférieur, de l’eau et dans le tamis, il faut placer les fleursIMG_7365IMG_7362Le condenseur vient au dessus il faut régulièrement y remplacer l’eau par de l’eau fraîcheIMG_7363Et c’est tout : il faut ensuite recueillir le précieux liquide :IMG_7369et en remplir les flacons en attente :IMG_7401IMG_7476La demande était importante, mais j’ai réussi à en acheter un flacon de chaque :IMG_7481Le repas nous attendait ensuite : un excellent tajine à la viande et aux pruneaux, un délicieux barkoukech amlou et, comme dessert, un savoureux gâteau à la rose confectionné par la pâtisserie « Le Sésame » !

A la fin du repas, une ambiance extraordinaire régnait dans la salle à manger IMG_7467 IMG_7474Laila Khouimi et Asma, la soeur de Sophia :IMG_7451La maman de Sophia :IMG_7447IMG_7465IMG_7462IMG_7448Vraiment, c’était pour tous ceux qui étaient là une journée extraordinaire de découverte, de gastronomie marocaine, d’ambiance festive et il faut absolument que ce soit renouvelé dans le futur. Bravo Sophia !

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