Ressources hydriques agricoles Il faut assurer la résilience

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com – 15/07/2016

  • Akhannouch fait le point à la veille de la COP22
  • Le programme intégré de modernisation du secteur irrigué avance bien
  • 3 fois plus de production avec 2 fois moins d’eau, grâce au plan Maroc Vert

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La valorisation de l’eau d’irrigation pour une meilleure adaptation aux changements climatiques est l’objet de la conférence présidée jeudi dernier à Agadir par Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime. Cette rencontre rentre dans le cadre de l’initiative «Adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques» (Triple A) lancée par le Maroc à la veille de la COP22 et organisée conjointement par le ministère de tutelle avec le ministère délégué chargé de l’Eau et en partenariat avec la FAO pour présenter les progrès et les acquis du PMV en matière d’amélioration de la valorisation de l’eau d’irrigation.
«Depuis la mise en œuvre du plan Maroc Vert, les actions menées dans ce domaine sont encourageantes et montrent la pertinence de l’option de la maîtrise et de la rationalisation de l’eau comme levier essentiel et déterminant pour l’amélioration de la productivité et l’adaptation aux changements climatiques», a déclaré Aziz Akhannouch lors de la rencontre. En effet, les avancées, depuis le lancement des programmes d’irrigation en 2008, sont probantes sur le plan de la généralisation des techniques d’irrigation localisée, de l’extension de l’irrigation à de nouvelles terres et de la promotion du partenariat public-privé avec toutes les retombées en matière d’augmentation de la productivité agricole et des revenus agricole ainsi que de conservation des ressources en eau.
La valorisation de l’eau agricole se présente comme levier essentiel promu par le plan Maroc Vert pour l’adaptation aux changements climatiques. L’optique étant de mettre en évidence l’expérience du Maroc en matière de valorisation de l’eau agricole impulsée par le programme de modernisation de l’irrigation. Sachant qu’un tel programme n’est pas exempt de défis. Notamment en matière d’accompagnement des agriculteurs et de mobilisation des acteurs. Il faut rappeler qu’en vue d’atténuer les impacts du déficit hydrique et d’améliorer la résilience de l’agriculture irriguée aux changements climatiques, le Maroc a déployé des efforts considérables. Le programme intégré de modernisation du secteur irrigué recentre le secteur irrigué sur les nouvelles technologies et des modes de gestion économe en eau qui permettent d’améliorer l’efficience d’irrigation et d’augmenter la productivité de l’eau. Ce qui donne à l’agriculture irriguée un nouvel essor. Il faut rappeler que ce programme porte sur trois composantes principales. A savoir la modernisation intégrale d’une superficie irriguée de près de 550.000 ha, à travers la reconversion à l’irrigation localisée, l’extension de l’irrigation efficiente à de nouvelles terres sur 160.000 ha, et la promotion et la mise en œuvre du partenariat public-privé (PPP) pour la conception, le cofinancement et la gestion des projets d’irrigation. Dans un contexte marqué par des ressources en eau de plus en plus limitées et une augmentation accrue de la demande, ce programme cible l’optimisation de la productivité de l’eau dans le secteur agricole. Aussi bien en termes de production des cultures et de valeur ajoutée qu’en termes d’augmentation des revenus, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie de la population rurale. A travers une approche collaborative d’accompagnement et de mobilisation des acteurs du développement agricole, l’idée est de réaliser des marges importantes de progrès en matière d’économie d’eau et d’amélioration de la valorisation agricole de l’eau. Le pays se trouvant de la sorte doté d’un important levier d’adaptation de son agriculture irriguée aux changements climatiques.
La conférence sur la valorisation de l’eau d’irrigation pour une meilleure adaptation aux changements climatiques est organisée par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime et le ministère délégué chargé de l’Eau. Et ce, en partenariat avec  l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La rencontre s’est distinguée par la présence massive des représentants des structures centrales et régionales des départements de l’Agriculture et de l’Eau et les établissements sous tutelle, des Chambres d’agriculture, des agriculteurs et de leurs associations professionnelles, institutions de recherche, autorités régionales… et élus.

Passeport bleu…

Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, Charafat Afilal, ministre déléguée chargée de l’eau (qui n’a pas pu assister à la rencontre) et Brahim Hafidi, président du Conseil régional Souss-Massa ont reçu le Passeport bleu pour  leur implication en matière de protection, conservation et  gestion de l’eau.  Cette reconnaissance officielle est décernée par le Réseau international des organismes de bassin (RIOB). Elle valorise l’action citoyenne individuelle et/ou collective au profit de la ressource hydrique.

Avancées

Les objectifs réalisés dans le cadre du programme intégré de modernisation du secteur irrigué  sont déjà considérables. Les retombées se faisant sentir aussi bien au niveau de l’économie et de la valorisation de l’eau qu’au niveau des revenus des agriculteurs, nous indique-t-on au sein du ministère de tutelle. D’ailleurs, les superficies équipées en irrigation localisée par le secteur privé ont plus que triplé. En effet, elles sont passées de 160.000 ha à près de 500.000, et la modernisation intégrale des réseaux collectifs d’irrigation est achevée sur près de 65.000 ha. Alors qu’une superficie additionnelle de 55.000 ha est en chantier de modernisation. Les économies d’eau réalisées à l’échelle de l’ensemble des superficies dotées d’irrigation localisée sont, quant à elles, estimées à 800 millions de mètres cubes d’eau. De même, les premiers projets de modernisation collective dans les périmètres irrigués ont enregistré des résultats encourageants en matière de valorisation d’eau. Les agriculteurs ont pu ainsi diversifier leurs systèmes de production et réaliser jusqu’à 3 fois plus de production avec 2 fois moins d’eau. Les revenus ont par conséquent augmenté de manière substantielle pour tous les agriculteurs, atteignant jusqu’à 300% pour bon nombre d’entre eux.

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