Le théâtre aujourd’hui. Écriture et art de la performance (Agadir, Maroc)


fabula.org – 22/11/2016

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Appels à contribution

Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ibn Zohr, Agadir

FESTIVAL INTERNATIONAL DU THEATRE UNIVERSITAIRE D’AGADIR  22èmeEDITION  ( 30,31 Mars et 1er  avril 2017 )

 

APPEL A COMMUNICATIONS POUR LE COLLOQUE DU FITUA 2017

« Le théâtre aujourd’hui : Écriture et art de la performance »

« Le théâtre est l’un des lieux où s’est réfugié aujourd’hui le savoir du corps que nous avions oublié. Toute intelligence y vient comme d’en bas : du corps profond de l’acteur.

(…) Au sommet de son art (il) est une marionnette : joué par autre chose – ou par quelqu’un d’autre que lui… » [1]

Valère Novarina

 

L’édition du colloque du FITUA pour l’année 2017 pose, dans un premier temps, la question de la place et de la composition des textes de théâtre, ou, plus précisément, des textes portés à la scène, à une époque, la nôtre, où il n’est plus seulement question d’un théâtre comme un art « à deux temps »[2] et où les « matériaux[3] » textuels scéniques ne sont plus seulement des textes dramatiques au sens traditionnel du terme[4].

Si mettre en scène un texte écrit au préalable est une pratique toujours à l’œuvre, d’autres modes de création ont émergé au cours du XXe siècle et se multiplient aujourd’hui : écriture collective, « écriture de plateau », écriture rhapsodique[5], mise en chantiers, laboratoires d’improvisation, etc., autant de pratiques qui procèdent de l’expérimentation ou de l’essai.

Ce colloque pose, dans un second temps, la question de l’analyse de ces pratiques contemporaines. En effet, la profusion de ces expériences a entrainé des déplacements des analyses et des concepts opérants pour caractériser et examiner ces objets hybrides. Ainsi, « lire le théâtre » n’est plus une opération de détection des signes, mais une opération complexe devant prendre en compte différents facteurs :

– le texte en lui-même, mais également son processus de création, souvent, en work in progress. Ce qui pose la question de la place du metteur en scène lorsque celui-ci signe des textes construits par tous mais assemblés par lui seul, on peut penser ici à la constellation des écrivains de plateau comme Romeo Castellucci, Pippo Delbono, Joël Pommerat ou encore Rodrigo Garcia. En effet, dans leurs spectacles : « le texte provient de la scène et non du livre. Il ne s’agit pas forcément d’improvisations, bien au contraire : les mots s’inscrivent dans une construction essentiellement mûrie dans l’espace et le temps du plateau »[6].

– le rapport entre le texte et les autres médias présents sur la scène (vidéo, images, son, nouvelles technologies, etc.) ;

– son inscription concrète et physique sur la scène : si le texte reste majoritairement énoncé par des actrices et des acteurs, de la scène ou du hors-scène (chez Pippo Delbono par exemple), il est aussi souvent projeté (on peut penser ici à Purgatoriode Romeo Castellucci en 2008) ou diffusé dans des spectacles sans acteurs (Heiner Goebbels lorsqu’il crée Stifters Dinge en  2013), ou bien quasiment, voire totalement absent du plateau de théâtre (Castellucci avec son très récent Sacre du Printemps).

Cette pluralité des formes d’écriture ne constitue-elle pas la marque de la postmodernité ? Elle crée, en effet, de nouvelles propositions de théâtre. Et, au-delà, la question même du terme « écriture » se pose.

Il faut néanmoins rappeler que ce glissement de sens du terme « écriture théâtrale » est déjà perceptible dans les années soixante-dix, avec l’émergence du théâtre-spectacle notamment chez Robert Wilson. On peut comme Laurent Gaudé se demander « est-ce que finalement Robert Wilson n’incarne pas le visage du théâtre d’art aujourd’hui ? »[7] Le théâtre-spectacle consiste à ne plus séparer l’écriture théâtrale de l’écriture scénique[8]. Dans cette perspective, l’intérêt pour le texte de théâtre s’est vu, pour certains, contesté par le culte des images et le théâtre sans texte. En outre, il semble que devant ce raz-de marée de nouveaux modèles, du « spectacle-spectaculaire», s’est opéré une scission entre théâtre à voir et théâtre à entendre ou « théâtre  des oreilles » selon l’expression de Valère Novarina.

In fine, l’ensemble de ces expériences contemporaines confirme la fin du divorce entre le texte et la scène, dont Bernard Dort avait déjà l’intuition en 1995 dans Le spectateur en dialogue.

Dans cette perspective, il s’agit de réunir des chercheur-es qui examinent et s’interrogent sur la place du texte dans ces productions spectaculaires les plus diverses, selon différents axes :

  • Les pratiques contemporaines de l’écriture textuelle pour la scène
  • Que devient l’écriture dramatique aujourd’hui ?
  • La place du texte théâtral face à des spectacles « performance ».
  • La place de l’auteur, de l’acteur et du metteur en scène dans le théâtre contemporain.
  • L’écriture dramatique et l’état d’esprit performatif
  • La lecture et l’édition des textes

Comité scientifique

Khalid Amine (Université Abdel Malek Essaadi, Tétouan, Maroc)

Marjorie Bertin (Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle, France)

Omar Fertat (Université Bordeaux Montaigne, France)

Pierre Katuszewski (Université Bordeaux Montaigne, France)

Zohra Makach (Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc)

Azzedine Bounit ((Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc)

Abdelmajid Ridouane (Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc)

 

Dates importantes:

·      Soumission des abstracts 20 décembre 2016.

·      La notification d’acceptation / rejet 1 janvier 2017.

·      L’envoi du papier (date limite 10 février 2017). (Le travail doit avoir une méthodologie solide qui reflète les caractéristiques de la recherche scientifique.)

·      La colloque aura lieu les 30, 31, mars et le 1 avril 2017.

·      Les résumés et les articles doivent être envoyés à l’e-mail suivant :

zohramakach15@gmail.com

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Notes

[1] Valère Novarina, Lumières du corps, Paris, P.O.L, p. 16-18.

[2]Henri Gouhier, Le Théâtre et les arts à deux temps, Paris, Flammarion, 1992.

[3]Pour Catherine Naugrette et Jean-Pierre Sarrazac (in Lexique du drame moderne et contemporain) l’émergence de la notion de matériau vient de la mimésis et de la remise en question des dramaturgies traditionnelles. Dans le discours sur l’écriture dramatique, elle vient de la formulation d’un théâtre postmoderne qui postule une déconstruction du drame. Pour Patrice Pavis, c’est l’ensemble des signes (peinture, musique, lumière, etc.). Chez Brecht cela se rapporte à ce « concret des choses (objet, corps ou paroles), qui est chargé ou peut se charger d’un contenu sémantique : qui raconte une histoire ». « Plus que les objets scéniques concrets, la notion de matériau désigne aujourd’hui le texte lui-même ou les textes qui entrent dans la composition d’un spectacle ».

[4] Cf. l’ouvrage récent de Joseph Danan, Entre théâtre et performance : la question du texte, Arles, Actes Sud-Papiers, 2013.

[5] Raphaëlle Jolivet Pignon, La Représentation rhapsodique, Montpellier, L’Entretemps, 2015.

[6]Bruno Tackels, Les Castellucci, Ecrivains de plateau I, Besançon, Les Solitaires Intempestifs, 2005, p. 14.

[7] Laurent Gaudé, « Robert Wilson et le théâtre d’art : un étranger ou un héritier », in Les Cités du théâtre d’art : de Stanislavski à Strehler, ouvrage collectif sous la direction de Georges Banu, Paris, Editions Théâtrales, Académie expérimentale des Théâtres, 2000.

[8]Michel Corvin,« « Ôtez toute chose que j’y voie ». Vue cavalière sur l’écriture théâtrale contemporaine, in Floeck Wilfried (Eds.), Zeitgenössisches Theater in DeutschlandundFrankreich (Théâtre contemporain en Allemagne et en France), Tübingen, Francke, 1989, p. 4.

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Catégories :Actualités

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