Archives de novembre 27th, 2016

L’arbre sacré des régions du Sud : Les gardiennes de l’arganier

par Leila Ouchagour – aujourdhui.ma – 27/11/2016

L’Union des coopératives des femmes d’argane s’est distinguée à la COP22 en remportant le prix de l’adaptation climatique qui lui a été remis par la ministre de l’environnement, lundi dernier. Le projet en partenariat avec la Fondation Mohammed VI consiste à protéger l’arganier en utilisant un four qui fonctionne à l’énergie solaire.xarganier-cooperatives-des-femmes-d-argane-jpg-pagespeed-ic-cnqqotlkdk_modified

A quelques mètres de Bab Ighli, les coopératives exposaient leur savoir-faire. Parmi celles-ci, l’Union des coopératives des femmes d’argane «Tissaliwine», nommée Union des coopératives au Maroc (UCFA). Elle est issue du projet de conservation et développement de l’arganeraie PCDA, réalisé dans le cadre de la coopération technique Maroc-Allemagne dans les régions du Sud-ouest marocain. Au niveau social, l’Union a pour tâche de fournir la sécurité sociale à ces femmes, à lutter contre l’analphabétisme, et à les aider à réaliser des projets en faveur de l’environnement. L’Union s’est d’ailleurs distinguée à la COP22 en remportant le prix de l’adaptation climatique qui lui a été remis par la ministre de l’environnement, lundi dernier. Le projet en partenariat avec la Fondation Mohammed VI consiste à protéger l’arganier en utilisant un four qui fonctionne à l’énergie solaire.

arganeSelon Jamila Idbourouss, présidente de l’UCFA, «nous sommes une Union de coopératives composée de 22 entités, 1.200 femmes dans toutes les provinces du Souss-Massa, des coopératives de Chtouka Ait Baha, Tiznit, Taroudant, Sidi Ifni et Essaouira, au total 6 provinces. Notre principal objectif est de produire et commercialiser l’huile d’argane, faire sa promotion et mettre en avant les compétences des femmes de notre région, ainsi que le potentiel de production de ces coopératives». La présidente de l’Union précise que «la commercialisation de ces produits se fait au niveau du marché interne et externe».Pour ce qui est de l’export, elle confie que l’Union «exporte vers plusieurs pays comme le Japon, l’Angleterre qui reste notre principal marché, puis il y a la France, les Etats-Unis et le Canada». Ces coopératives axent leur production sur l’argane cosmétique, mais également sur les produits agricoles comme le couscous, le miel, «amlou», les câpres, et le henné. «Toutes les associations de l’Union ont pour principal produit l’argane et en seconde position le produit qui caractérise la zone en question», selon la présidente de l’Union. Et d’ajouter : «Ces produits se caractérisent par le fait qu’ils sont de grande qualité, naturels et biologiques».

L’écosystème de l’aganeraie

Outre l’aide d’institutions marocaines, les fondatrices de ces coopératives femmes ont pu bénéficier de l’accompagnement d’organisations internationales qui les ont aidées à démarrer leurs projets. Les formations reçues sont entre autres dans la gestion, le management, et le marketing, ainsi que la formation dispensée pour connaître toutes les étapes de fabrication du produit.

La présidente de l’Union souligne que «l’idée essentielle de la coopérative c’est de créer des emplois au fin fond de nos campagnes et être le moteur pour une productivité valorisante». Pour ces femmes, cet emploi améliore à la fois leur qualité de vie et dynamise l’économie de la région. «Cet écosystème a un rôle essentiel surtout dans la région du Souss où les montagnes constituent un défi quotidien et où l’arganier est l’unique source de revenu d’un bon nombre de femmes, bien souvent en l’absence d’un mari ou lorsque le mari ne travaille pas». L’arganier est menacé de disparaître si la population locale continue l’exode vers les villes, aux dires des coopératives travaillant dans le secteur. Ce patrimoine immatériel d’une valeur inestimable est entre les petites mains des femmes du Souss.

Guy Marrache : «Les TO ne veulent pas prendre de risques financiers en chartérisant»

par Majda Saber – aujourdhui.ma – 27/11/2016

Entretien avec Guy Marrache, président du Conseil régional du tourisme d’Agadir Souss-Massa

PDG du Groupe Holidays Services et Tikida Hotels Agadir et président du Conseil régional du tourisme d’Agadir Souss-Massa, Guy Marrache occupe sa fonction à la tête du 1er opérateur en voyages et en transport touristique au Maroc associé au groupe allemand TUI depuis 1990. Il nous livre, dans ce tour d’horizon, les handicaps liés à la promotion de la destination et les stratégies adoptées.

PDG du Groupe Holidays Services et Tikida Hotels Agadir et président du Conseil régional du tourisme d’Agadir Souss-Massa, Guy Marrache occupe sa fonction à la tête du 1er opérateur en voyages et en transport touristique au Maroc associé au groupe allemand TUI depuis 1990. Il nous livre, dans ce tour d’horizon, les handicaps liés à la promotion de la destination et les stratégies adoptées.

ALM : L’aérien revient toujours comme le handicap numéro un qui freine la commercialisation de la destination sur plusieurs marchés émetteurs. Est-ce que le CRT a aujourd’hui une stratégie pour faire face à cela ?

Guy Marrache : Effectivement, permettez-moi de rappeler et d’insister sur le postulat de base selon lequel le transport aérien constitue la condition sine qua non pour le développement des flux touristiques à destination des différentes régions touristiques. Afin de faire face à cette situation, le Conseil régional du tourisme d’Agadir Souss-Massa a mis en œuvre une stratégie qui consiste en la création d’une base aérienne à Agadir, susceptible de répondre aux besoins des différents marchés et d’assurer de nouvelles fréquences. L’objectif est la mise en place d’une capacité de sièges additionnels sur chaque destination au départ des marchés prioritaires comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, la Pologne et la Scandinavie. Cela constitue l’unique alternative permettant de satisfaire la demande existante et de développer la demande potentielle. Cette base aérienne permettra par ailleurs de développer les fréquences domestiques entre Agadir et Casablanca, hub de la RAM.

Quid du volet négociations ?

Des négociations sont actuellement en cours avec les compagnies aériennes qui vont assurer ces routes et finaliser ce plan. Compte tenu des turbulences que traverse le secteur touristique à l’échelle internationale, les TO ne veulent pas prendre de risques financiers en «chartérisant».

D’autre part, le comportement du consommateur change avec Internet, le low cost et la dynamique packaging. Il est donc impératif d’assurer des dessertes aériennes point à point si nous voulons maintenir notre part du marché à défaut de l’augmenter. Nous sommes convaincus de la réussite de notre stratégie parce que nous sommes capables de mobiliser l’ensemble de nos partenaires TO qui assureront le remplissage et la consolidation de ces charters à des prix compétitifs. Nous ne programmerons aucun vol si un minimum de 70% de la capacité de l’avion n’est pas garanti. Enfin, un plan d’accompagnement et un budget de communication sont prévus pour assurer la réussite de ces programmations.

Au cours du WTM vous avez eu des réunions avec des TO dans l’objectif de renforcer ce même volet aérien vers le marché britannique et scandinave. Avez-vous eu des promesses de concrétisation?

Comme signalé auparavant, nos TO partenaires souhaitent la concrétisation et la réussite de notre stratégie commune. Il est certain que nous devons traiter au cas par cas, marché par marché.

C’est une expérience unique et nous prendrons en considération toute condition pour assurer son succès et sa pérennité.

Les professionnels de la ville avaient fait la promesse de revoir le prix de leur package pour le marché russe mais avec une demande de programmation pendant la période d’hiver. Une demande de vol direct a été également émise. Concrètement où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous avons eu à l’occasion du Forum économique maroco-russe, qui s’est tenu à Agadir le 15 septembre, d’exprimer notre volonté de contribuer à la programmation d’Agadir et à sa commercialisation en hiver sur le marché russe. Monsieur Abderrafie Zouiten, directeur général de l’ONMT, a concrétisé cet objectif commun en apportant un soutien financier aux TO qui ont accepté le maintien d’un charter pour l’hiver. Par ailleurs, permettez-moi de vous faire part des efforts entrepris par les professionnels d’Agadir depuis les démarches auprès des TO en décembre 2015 à Moscou. Ils ont non seulement accordé 20 USD de réduction, mais également des prix défiant toute concurrence afin de les soutenir et d’assurer le succès de cette programmation durant la saison d’été. Les résultats ont été exceptionnels. D’ailleurs, dans le cadre des voyages de familiarisation et de promotion nous recevons et prenons en charge le séjour d’un groupe de 160 agents de voyages le 27 novembre. C’est une étape importante. Cette opération est une occasion pour le CRT de présenter les potentialités touristiques régionales aux TO et aux agents de voyages et journalistes invités et de favoriser la rencontre entre les professionnels des deux pays. Les professionnels d’Agadir ont, quant à eux, accordé des tarifs préférentiels et contribué à assurer les meilleures conditions de réussite de cette programmation d’hiver. Je saisis cette opportunité pour remercier Si Zouiten pour sa réactivité et souligner notre excellente concertation et collaboration. Par ailleurs nous souhaitons que la RAM fasse un effort en programmant un vol direct Moscou-Agadir sans escale à Casablanca.

La destination a connu le déclin de plusieurs marchés jadis classiques tels que le marché allemand. Y a-t-il aujourd’hui un plan pour se repositionner ?

Concernant le marché allemand nous prévoyons pour cet hiver, grâce à un contrat de partenariat entre l’ONMT et un TO allemand, une progression de plus de 30% du volume des touristes germaniques avec la mise en place de six charters supplémentaires. Le volume global des touristes à l’échelle internationale augmente d’année en année ; c’est sa répartition géographique qui change de manière perpétuelle. Rien n’est acquis ! Personne ne peut prétendre à maintenir une progression constante. Il y a un cycle de produits ; les motivations de la clientèle évoluent et la séduisante petite ville d’Agadir a aussi changé de physionomie. L’objectif du CRT que je préside est de fédérer les professionnels du tourisme autour d’un projet, de dresser un diagnostic qui mobilise et auquel adhère le maximum d’opérateurs pour ne pas dire l’unanimité. Nous sommes en concertation permanente avec les autorités locales, les élus territoriaux et régionaux, l’Administration du tourisme, ministère et Office, RAM et ONDA… CGEM, CCIS pour la mise en œuvre d’une stratégie permettant le repositionnement régional. Succinctement la stratégie mise en œuvre par le CRT consiste en l’intégration des provinces et préfectures afin d’enrichir le produit balnéaire par les potentialités touristiques culturelles et naturelles régionales.

Quelles sont les actions engagées dans ce sens ?

Un certain nombre d’actions est en cours. Nous notons un travail de repositionnement du produit régional (balnéaire, culturel, activités sportives et nautiques, golf, surf, wellness, trekkin, découvertes et aventures…). Une opération de branding est en cours de réalisation par l’ONMT afin d’harmoniser le message, être en phase avec l’image nationale. Ceci étant, nous travaillons également sur l’identification des sites, circuits, structures d’hébergement… en collaboration avec le Réseau de développement du tourisme durable. Nous avons réalisé, entre autres, un film promotionnel régional de 8 mn en quatre langues, une brochure consacrée à la région en plusieurs langues en plus de l’intensification des voyages de presse.

L’animation de la destination constitue un point faible dans la ville d’Agadir malgré les quelques événements organisés et qui restent sans grand attrait pour les touristes. Y a-t-il une réflexion pour revoir le plan d’animation de la ville avec des événements bien étudiés et ciblés ?

Agadir est connue à l’échelle internationale pour deux événements majeurs : Timitar et le Concert pour la Tolérance. D’autres manifestations sont organisées telles que le Rallye, le Marathon, le Festival du film amazigh, et la liste est longue. Agadir est en cours de construction, nous allons avoir le Palais de Congrès avec des centres commerciaux… Chaque année de nouvelles activités sont créées comme le parc des crocodiles et autres. Par ailleurs, nous prévoyons de capitaliser sur les richesses et potentialités naturelles et immatérielles régionales en organisant des compétitions internationales et en invitant des champions et leaders d’opinion dans le domaine du surf, du golf, de la gastronomie, du cinéma, de la musique et de la littérature.

La détérioration des espaces de la ville et de ses artères touche directement l’image d’Agadir. Comment le CRT peut-il jouer un rôle de proposition et de pression aussi pour remédier à cette donne ?

Au sein du CRT nous avons un certain nombre de commissions comme celle du produit, qui a fait un travail gigantesque ; un rapport détaillé complété par un reportage photographique a été remis aux instances concernées. Par ailleurs des réunions ont été tenues au sein de la wilaya et en présence des membres du conseil municipal et des sorties sur le terrain ont été organisées. Nous sommes satisfaits car nous constatons que les choses sont prises au sérieux et que des améliorations sont d’ores et déjà visibles. Les actions prioritaires pour assurer la sécurité et la propreté de la ville et son environnement ont globalement été réalisées. Néanmoins, la mise à niveau de la ville est une priorité pour nous et pour chaque citoyen d’Agadir.

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