Non-diversification des marchés, ressources hydriques limitées et faible productivité : Des obstacles pour les exportateurs de fruits et légumes

par A. Channaje – lopinion.ma – 06/12/2016

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Il est nécessaire d’inscrire la diversification des marchés dans toute stratégie à l’international des entreprises pour ne plus rester à la merci d’un seul et unique marché.
C’est ce qu’ont souligné les exportateurs de fruits et légumes de la région du Souss- Massa, lors de leur rencontre récemment à Agadir autour de la thématique : « Diversification des marchés à l’export » avec l’ASMEX (Association Marocaine des Exportateurs) et BMCE BANK OF AFRICA. Les professionnels admettent, quand même, que les opportunités existent, mais il faut savoir seulement comment les saisir. Pour eux, les marchés d’Afrique et du Moyen Orient constituent la destination future des opérateurs du secteur des fruits et légumes, secteur problématique de la région, compte tenu des risques et difficultés auxquels il est confronté. Ces problématiques doivent être prises en considération pour mieux sécuriser les opérations d’exportation sur ces marchés, affirme-t-on.
Sur ce point, Mantrach, président de la Commission Logistique et Formation de l’ASMEX ,et Adil Abbouchi, Directeur Régional de la SNTL, ont brossé les possibilités logistiques existantes sur les marchés précités et les insuffisances notamment en matière de lignes maritimes directes et adéquates pour un tel secteur qui nécessitent une logistique parfois spécifique vu le caractère périssable des produits.
Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’ASMEX, a rappelé, à juste titre, que l’absence d’un pavillon national pèse

lourdement sur la trésorerie des entreprises exportatrices. Il a appelé de mettre en place un système de garantie par l’Etat pour permettre aux opérateurs privés d’investir dans l’achat de bateaux.
Force est de souligner que le secteur de fruit et légumes rencontre en général, à part celles suscitées, d’autres difficultés : ressources hydriques limitées compte tenu d’irrégularité et de faiblesse des précipitations ; productivité au-dessous des potentialités (la moyenne du rendement de la tomate sous serre est de 130 t/h contre 200 à 250t/h dans quelques exploitations), faiblesse du contrôle des charges en particuliers ceux des intrants, faiblesse des organisations professionnelles…
Aussi, selon les professionnels, la situation actuelle des marchés de gros ne permet pas une meilleure valorisation des produits à cause de l’inadéquation de leurs infrastructures ;
Côte Assurance et risque de change, les cadres de l’ASMEX et de BMCE BANK OF AFRICA ont présenté les outils mis à la disposition des opérateurs pour les accompagner dans leurs démarches d’exportation en minimisant les risques. Lors de cette rencontre, il y avait également la présentation de succes-stories de la région dont notamment la coopérative Zaouia qui a développé des canaux d’exportation sur des marchés autrefois jugés difficiles d’accès. Conscient des difficultés rencontrées sur le marché russe en raison des fluctuations du rouble, BMCE BANK OF AFRICA proposera prochainement une solution qui permettra aux opérateurs économiques de garantir leurs opérations sur cet important marché.
S’agissant des marchés africains, les opérations d’exportation actuelles se font en majorité par voie terrestre à destination de la Mauritanie et du Sénégal. Les clients s’approvisionnent directement et règlent en dirhams.
Aussi, l’absence de cadres juridiques préférentiels entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne n’encourage pas les exportateurs à opérer sur cette zone.
Un travail de fond devrait être mené pour mieux réglementer les opérations d’exportation vers l’Afrique subsaharienne qui regorge d’opportunités énormes.
Consciente des enjeux et des opportunités des marchés africains, la Commission « Afrique » de l’ASMEX se penchera sur la proposition d’actions qui viseront essentiellement l’exploration et l’exploitation des niches existantes pour asseoir des flux réguliers d’exportation sur ces marchés.
Malgré ses difficultés, le secteur des fruits et légumes joue un rôle important au niveau économique, social et financier. Selon l’Association des Producteurs et Producteurs Exportateurs des Fruits et Légumes (APEFEL), ce secteur crée environ 23,40 millions de journées de de travail au niveau des exploitations agricoles ; participe aussi bien à l’équilibre de la balance de paiement à travers la devise générée par les exportations, qu’à l’approvisionnement du marché local par les différents produits agricoles…
Force est de rappeler que le secteur bénéficie d’un contrat-programme 2009-2020 relatif au développement des chaines de primeurs entre le gouvernement et les associations professionnelles concernées entre 2009 et 2020. Objectifs: augmentation de la superficie de 50 000 Hectares ; de la production de 1.8 à 3.5 Millions de Tonnes ; et des exportations de 0.75 à 1.7 Millions de Tonnes. Le but ultime est le développement de la production autour des projets intégrés (agrégation) (cultures sous-serre, économie d’eau ; mobilisation d’autres ressources hydriques (dessalement de l’eau de mer) et valorisation de la Production), le développent des marchés au niveau national et international, et l’amélioration des conditions de la filière via création des interprofessions, encadrement des producteurs, formation, recherche et développement, et création d’un système d’assurance.

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

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