Réseau électrique : Les provinces du Sud se préparent à la transition énergétique

par Moncef Ben Hayoun – lematin.ma – 07/12/2016

Réseau-électrique.jpg La quasi-totalité des moyens de production installés actuellement ou projetés dans la région est constituée de parcs éoliens à base de machines asynchrones doublement alimentées.
 L’ONEE-Branche Électricité s’apprête à lancer une étude de développement du réseau électrique sur la longue artère Agadir-Laâyoune-Boujdour-Dakhla. L’objectif, notamment, est de préparer ce réseau aux grands projets d’énergie renouvelables qui risquent de présenter des contraintes pour le fonctionnement des infrastructures existantes.

Le secteur électrique des provinces du Sud est promis à une grande mue. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) envisage, en effet, d’initier une étude de développement du réseau électrique très haute tension (THT) sur l’artère Agadir-Laâyoune-Boujdour-Dakhla. L’objectif, notamment, est de préparer ces régions à la transition énergétique basée sur davantage de production électrique à base d’énergies renouvelables, qui suppose d’augmenter la puissance transmissible du réseau au sud du Royaume, à moyen et long termes, dans les meilleures conditions.
À cet effet, l’ONEE-Branche Électricité vient de lancer un appel d’offres pour le recrutement d’un expert chargé de mener cette étude. L’ouverture publique des plis aura lieu le 1er février 2017. Selon l’ONEE, le réseau électrique du sud du Maroc (entre Agadir et Dakhla, objet de l’étude) est caractérisé par des lignes de transport THT relativement longues, avec l’absence des moyens de production conventionnels (Groupes Synchrones) qui permettent d’assurer la stabilité du réseau.

La quasi-totalité des moyens de production installés actuellement ou projetés dans la région est constituée de parcs éoliens à base de machines asynchrones doublement alimentées. Actuellement, le réseau 400 kilovolts (kV) et le réseau 225 kV arrivent jusqu’à la région de Laâyoune avec une ligne 225 kV exploitée en 60 kV qui alimente la ville de Boujdour sur une longueur de 200 km. La ville de Dakhla, située à 350 km de Boujdour, est, elle, desservie à travers un système d’énergie électrique décentralisé à partir de la centrale thermique de Dakhla et un réseau de distribution 22kv et 220/380 volts.

En outre, des projets de parcs éoliens de puissances relativement importantes sont programmés entre Laâyoune, Boujdour et Dakhla notamment dans la région Boujdour où deux sites sont en cours de développement : l’un de 400 mégawatts (MW) à Boujdour même, l’autre de 200 MW à Aftissat (à 60 km au sud de Boujdour). Ainsi, le raccordement de la ville de Dakhla au réseau national est prévu moyennant la réalisation d’une ligne double terne à structure 400 kV exploité en 225 kV d’environ 300 km de longueur à partir du poste d’évacuation du futur parc éolien Aftissat. «Sur le plan électrique et compte tenu de la longueur importante de l’artère Agadir-Laâyoune-Boujdour-Dakhla, le réseau électrique de transport programmé pour le raccordement de la ville de Dakhla et les parcs éoliens prévus entre Laâyoune, Boujdour et Dakhla risque de présenter des contraintes de stabilité de tension, de surtensions transitoires et de phénomène de résonance», souligne le top management de l’ONEE. De même, les études électriques préliminaires de fonctionnement du réseau Sud ont fait ressortir que ce réseau est limité en termes de puissance maximale transmissible, ce qui entrave les objectifs ambitieux de développement des moyens de production à base d’énergies renouvelables dan la région Sud.

L’étude en projet a ainsi pour objectif d’arrêter le schéma optimal de développement à moyen terme (2020) et à long terme (2030) du réseau de transport entre Agadir, Laâyoune et Dakhla qui permet l’alimentation en énergie électrique de la région Sud et l’évacuation de tous les moyens de production existants et futurs dans les meilleures conditions. L’expert retenu devra notamment déterminer «la variante optimale technico-économique» permettant d’augmenter la puissance transmissible du réseau au Sud au stade cible 2030, dont, entre autres, la réalisation de nouvelles lignes haute tension à courant alternatif ou à courant continu entre Agadir, Laâyoune et Dakhla.

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

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