AGADIR LAND : L’AVIS TECHNIQUE DU LPEE FAIT POLÉMIQUE

par Yassine Saber – lesceco.ma – 04/01/2016

Suite aux informations relayées par rapport à l’annulation du projet Agadir Land, le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE) affirme qu’il n’a émis aucun rapport, mais un avis technique sur la question de la sismicité à propos de l’emplacement du projet, suite à la demande de la Commission des grands projets (CGP).

 «Aucun rapport tangible n’a été émis par le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE), au sujet du projet de parc d’attractions et de loisirs Agadir Land». C’est la confirmation faite par El Bachir Cherkaoui, directeur du Centre technique régional sud, relevant du LPEE à propos de l’information relayée au sujet de «l’annulation» du projet Agadir Land, qui est en cours d’instruction, au chef-lieu du Souss, par la Commission des grands projets (CGP). Dans le détail, c’est un avis technique, à caractère consultatif, qui a été avancé à l’égard de l’emplacement du projet suite à la demande de la CGP, présidée par la wilaya de la Région Souss-Massa. «Notre avis a concerné la sismicité de la zone où le projet est situé. Et il a été formulé au cours d’une réunion et en fonction d’une étude déjà réalisée après le tremblement de terre de 1961 à Agadir, mais aussi à la base d’autres études réalisées à proximité de ladite zone», ajoute El Bachir Cherkaoui. Toutefois, c’est une étude approfondie, avec des investigations géophysiques du site en question, qui devrait répondre à cette polémique afin que le projet soit adapté ou révisé en fonction des zones sismiques où le projet est situé.

Du côté du promoteur du projet, «le règlement parasismique est assujetti au zonage en relation avec les règles de construction qui doivent être respectées. Mais notre projet mobilise à peine 1,5 et 5% de constructions au niveau du camping caravaning et le parc d’attractions», explique Abdelaziz Ouays, directeur général, fondateur du projet Agadir Land. En attendant l’étude à propos du risque sismique, les travaux routiers et ceux de viabilisation de terrain se poursuivent toujours, comme l’a constaté Les ÉCO, après l’acquisition des autorisations préalables.

Actuellement, le montant engagé, suite au lancement des travaux de viabilisation et autres, oscille entre 10 et 15% du montant d’investissement, qui est de l’ordre de 330 MDH, soit 25 à 30 MDH. Partant de ce constat, le promoteur du projet n’a reçu aucune demande officielle de suspension des travaux après la réception des autorisations requises. «Pour le moment, nous sommes en train de rectifier les remarques techniques émises par la CGP, alors que la version finale avec les modifications seraient déposées le 9 janvier 2017», ajoute Abdelaziz Ouays, également promoteur du projet.

S’agissant du téléphérique, c’est le groupe français du transport par câble «Pomagalski», adjudicataire du marché, qui se charge de la réalisation des études des pylônes et les deux gares (départ/arrivée) avec des cabines débrayées de câble tracteur. De plus, le foncier composé d’une parcelle communale et domaniale a été déjà assaini, puisque le foncier étalé sur 15 hectares est actuellement loué au promoteur durant 40 ans. Par ailleurs, c’est la suspension des travaux qui doit être justifiée officiellement, puisque le promoteur s’est déjà engagé dans le cadre de plusieurs contrats et conventions pour respecter ses engagements d’investissement.

À cela s’ajoute la mobilisation d’un financement bancaire accordé avec l’appui des autorités locales, suite à la déposition du projet qui attend également la validation de son étude d’impact sur l’environnement.

Note personnelle :

J’ajoute à cet article deux cartes  : la première, concerne l’implantation du projet Agadir Land, la seconde est la « Carte de répartition des zones d’Agadir par danger décroissant » établie par Robert Ambroggi (Docteur ès sciences. – Ingénieur hydrogéologue. – Fonctionaire des Nations Unies. – Membre de l’Académie royale du Maroc.) parue dans son ouvrage « Le séisme d’Agadir, 29 février 1960 à 23h 41, dans son cadre géologique ».

Le projet Agadir Land
Implantation du projet Agadir land
Implantation du projet Agadir land
Carte R. Ambroggi établie en mars 1960, au lendemain du séisme 
etude_ambroggi-048

.On peut constater par l’examen de ces cartes que l’ensemble du projet se trouve dans la « zone A déconseillée pour la reconstruction » qui est classée « extrêmement dangereuse » dans un autre document de R. Ambroggi.

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

6 réflexions sur « AGADIR LAND : L’AVIS TECHNIQUE DU LPEE FAIT POLÉMIQUE »

  1. Bonjour.
    La question semble être administrative concernant le côté technique et principalement sysmique. Une zone sysmique n’interdit pas de construire absolument, sous réserve d’apporter les techniques et les technologies adéquates maintenant. Sinon de nombreux pays ne pourraient pas ou plus construire. Tout le monde sait bien cela puisque lors du tremblement en 1960 les constructions étudiées ont trés bien résistées. Tout le monde sait aussi que depuis cette catastrophe, de nombreuses constructions réalisées sans plus de sérieux ne tiendraient pas longtemps si un second séisme trés important se produisait de nouveau dans la ville d’Agadir. Les professionnels de l construction sérieuse le savent tous ainsi que les autorités… Bref ce débat actuel sur le projet AgadirLand reste fondamentalement le même qu’avant, le sérieux et la transparence dans le montage des projets ou des études et du contrôle. Sous réserve d’autres facteurs parfois…
    Cordialement. Ph Delesalle

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  2. Tout cela est exact, sauf que c’est dans la même zone à risques que la Marina d’Agadir, Illigh, Hay Mohammedi. Alors faut-il évacuer tout ce monde ou prendre des dispositions pour veiller à des constructions aux normes parasismiques ? Ici le directeur du LPEE dit avoir donner un simple avis, ailleurs d’autres prétendent que LPEE est habilité à bloquer un projet. Ce sera une première au Maroc..

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  3. Bonjour,
    Je me suis toujours interrogée quand au choix de l emplacement de la construction de la marina ainsi que des autres constructions, avenue des FAR etc… Ces projets ont été réalisés en pleine zone dangereuse et ça n’a posé aucun soucis…
    Il est même apparemment impossible de souscrire un contrat d’assurance incluant les risques sismiques. C est incroyable.

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    1. La souscription d’une assurance décennale est possible même dans ces zones sous réserve d’engager une procédure de CONTROLE des le démarrage et à tous les stades. Il faut vérifier que le bureau de CONTROLE est
      agréé par la compagnie. Ce n’est pas le cas de nombreux bureaux à Agadir.

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