« Agadir Land », le plus grand projet touristique du Souss en stand by

par Eric Lefebvre – lesiteinfo.com – 11/01/2017

agadir

 Les travaux du plus grand projet touristique et de loisirs de la ville balnéaire d’Agadir, devaient débuter au mois de décembre 2016. Mais, depuis le 17 novembre dernier, l’investisseur et ses associés butent sur la signature d’un document autorisant le lancement définitif de cet important projet.
 La raison ? A court d’explications, le promoteur a commencé à frapper à toutes les portes, y compris de la Wali Zineb El Adaoui et Salah El Malki, le président de la commune urbaine. Ces deux responsables, très favorables au projet, se sont également étonnés du blocage et ont essayé d’en savoir plus. Après moult contacts et investigations, il s’est avéré que c’est le laboratoire public d’essais et d’études (LPEE) qui est à l’origine de l’arrêt du chantier.

En effet, l’organisme étatique exige d’approfondir les études géologiques et sismiques de la région sur laquelle sera construit le complexe, d’autant plus que les 39 hectares du projet sont traversés par deux fissures sismiques. Ce qui constitue un risque potentiel en cas de secousse tellurique. Et à défaut d’autorisation accordée par cet organisme, aucun projet immobilier ou autre ne peut voir le jour dans la capitale du Souss.

Par conséquent, le promoteur sera invité à revoir sa copie et à présenter des caractéristiques techniques conformes aux normes antisismiques en vigueur dans la région. Ce qui retardera le lancement des travaux de quelques mois en cas d’accord final.

Ce projet est prévu pour offrir à la population locale et aux visiteurs un espace de loisirs unique, comprenant un aqua-park, un delphinarium, des terrains de sport, un complexe cinématographique, des aires de jeux pour enfants, un mini parc zoologique, un jardin d’essais botaniques, un service de téléfériques pour contempler le panorama de la ville, une patinoire, un hippodrome, un Karting, un camping 5 étoiles et des courts de tennis.

En somme un « Agadir Land » digne des grandes métropoles internationales, pour peu que les conditions sismiques ne le condamnent pas à l’abandon.

Remarques :

1 – Il était pourtant indiqué dans un article de Mohamed Rial paru dans thrmagazine.info le 04/05/2016 :

« L’étude a été faite de manière à minimiser au maximum le nombre de pylônes pour une  meilleure  intégration du téléphérique d’Agadir dans son  environnement, ainsi  que toutes les études  pour la résistance aux différentes contraintes  liées  à  la stabilité  des  ouvrages et aux normes antisismiques spécifiques à la région ».

Les normes antisismiques et les interdictions de construire dans certaines zones ont-elles bien été respectées ?

2 – Dans l’édition du 08/01/2017 de thrmagazineinfo, Mohamed Rial s’indigne contre l’arrêt du chantier :

« Agadir Land  est vraiment le projet d’animation et de loisirs du siècle non seulement à Agadir mais également dans toute la Région du Grand Sud marocain. Le projet Agadir Land constitue également une première, à l’échelon national. En effet  il s’agit d’un projet bien particulier et différent des autres, du genre. Jugez-en vous même : Aquaparc, Delphinarium, jeux d’échecs géants, parcs de jeux (tout âge), Cinéma 7 D, salles de jeux électroniques, Labyrinthe végétal,  un karting suspendu, camping caravaning, corniche sur colline …
 
 Récemment le projet, dans sa première phase de préparation des terrains et des accès, a été victime d’une manœuvre de déformation média, au sujet d’un soit disant arrêt du projet suite  à une décision du bureau d’étude LPEE. Or il n’en est rien, absolument rien. D’abord parce que ce bureau d’étude n’a pas la compétence ni d’octroyer des autorisations pour la réalisation des grands projets ; et encore moins d’arrêter, de bloquer ou annuler ces projets.
 
«Aucun rapport tangible n’a été émis par le Laboratoire Public d’Essais et d’Etudes (LPEE), au sujet du projet de parc d’attractions et de loisirs Agadir Land», nous confirme El Bachir Cherkaoui, directeur du Centre technique régional sud. « IL s’agit tout simplement  d’un avis technique, à caractère consultatif, qui a été avancé à l’égard de l’emplacement du projet suite à la demande de la CGP (Commission  des Grands Projets). »
 
 Le Média local incriminé n’ayant pas vérifié l’information à la source, selon la déontologie, a semé une zizanie indescriptible, malheureusement reprise, par d’autres médias électroniques de la place, dans un système de copier collé, des plus horribles et ahurissants.
 
  La sismicité de la zone où se trouve le projet a été soulevée lors d’une réunion, à la Wilaya, sur le Schéma directeur du Grand Agadir (SDAU). Or d’autres projets d’habitats notamment à Illigh, et Hay Mohammadi sont construits sur la faille de Tildi. Agadir est géré, dans le domaine des constructions par des normes techniques antisismiques précises. Faisant partie de la zone 4, forte sismicité avec Lhoceima, ces normes ont été revues en 2011 à travers la réglementation RPS 2000, version 2011 (voir la totalité de cette réglementation en fin d’article) .
 
 Dire que la zone où se trouve le projet Agadir Land est sismique n’est vraiment pas une trouvaille qui mérite une médaille en or. C’est du n’importe quoi car tout monde : ingénieurs, techniciens, responsables et élus, savent bien, et depuis des années, que tout Agadir est classé dans une zone sismique. Au moment du dépôt du dossier d’investissement concernant Agadir Land, les services compétents, devraient demander à temps au promoteur de faire appuyer son dossier par une étude géophysique spécifique de la zone.
 
 En tout cas à tout malheur, quelque chose est bon. Le soit disant scandale soulevé maladroitement par certains médias locaux, a bien servi au promoteur et a ses collaborateurs qui ont donné en une semaine un maximum d’information en guise de mise au point, bien bétonnée et irréfutable. Beaucoup de bruit pour une occupation du sol, avec un Cos de 0,08.  Conscient de l’importance de ce volet et pour clore le dossier définitivement, le promoteur est entrain de lancer une étude spécialisée par des experts internationaux, en parallèle des explications par les ingénieurs et techniciens locaux, fournis à qui de droit.
 
 « Notre projet mobilise à peine 1,5 et 3% de constructions au niveau du camping caravaning et du parc d’attractions », explique Abdelaziz Houays, directeur général, fondateur du projet Agadir Land.  Signalons que le promoteur du projet n’a reçu aucune demande officielle de suspension des travaux après la réception des autorisations requises. Projet avec un  montant d’investissement, qui est de l’ordre de 330 MDH. Pour l’heure, le promoteur et ses services techniques sont en train de travailler sur les remarques techniques émises par la CGP ( Commission des Grands Projets).  La version finale avec les modifications seraient déposées mi janvier en cours».
 
  S’agissant du téléphérique, c’est le groupe français du transport par câble «Pomagalski», adjudicataire du marché, qui se charge de la réalisation des études des pylônes et les deux gares (départ/arrivée) avec des cabines débrayées de câble tracteur. Le foncier sur lequel est réalisé le projet est composé d’une parcelle communale et domaniale a été déjà assaini, puisque le foncier étalé sur 15 hectares est actuellement loué au promoteur durant 40 ans.  Il est à savoir que toute éventuelle suspension des travaux, doit être justifiée officiellement, puisque le promoteur s’est déjà engagé dans le cadre de plusieurs contrats et conventions pour respecter ses engagements d’investissement.
 
 Rappelons que le téléphérique  sera d’une longueur de 1404 mètres sur une altitude de 210 mètres. Une  autre première dans la capitale du tourisme balnéaire national. Tout le projet s’inscrit dans le cadre du Tourisme Responsable et Durable avec respect de l’Environnement, en matière de traitement des eaux, énergie solaires, ramassages des ordures etc… Une initiative bien particulière illustre cet esprit avec la plantation de 25 000 arbres et 50 000 arbustes. Un projet magistralement conçu constituant un grand tournant en matière d’animation et loisirs à Agadir.
 
Agadir Land viendra donc combler un grand vide handicap de la destination, décrié et soulevé par tous depuis des années. Avec Agadir Land, c’est la solution adéquate qui va faire, à la fois, le bonheur des locaux, des visiteurs nationaux et des touristes étrangers. L’animation et les loisirs font partie du produit d’une destination aidant à la fois à sa commercialisation et à son image de marque. La réalisation d’un croco parc avait lancé cet élan. Elle sera suivie par un Safari Parc qui comprendra un zoo avec des espèces animalières et différents oiseaux… Ce n’est qu’un bon début car il reste encore énormément de projets à faire,  dont un aquarium géant…
 
 Très bonne continuation et bonne réussite à ce méga projet structurant dans le domaine du développement du tourisme, dans le secteur de l’animation et loisirs grand public, avec la création de centaines des emplois ; n’en déplaise, à ceux qui cherchent à nuire à l’apport formidable d’un tel projet, à tout point de vue. Ceci d’ailleurs explique le grand intérêt accordé par la population locale à ce projet, qui d’ailleurs, s’est senti bien déstabilisée et déroutée par des informations infondées et erronées, à cause de Médias qui cherchent du sensationnel, à tout prix.
 
 Avec ce projet en cours, on est en droit  de dire désormais à Agadir, enfin la destination prend le bon chemin en matière de réalisation des projets structurants son tourisme, à l’image d’Agadir Land, après une longue léthargie, notamment ces dix dernières années qui l’avait recalé au rang des derniers de la classe, en matière de tourisme, particulièrement par rapport à Marrakech, grande fierté du tourisme national. «  Vaut mieux tard que Jamais… » « 

Une inexactitude est à relever dans ce dernier article : 
le Laboratoire Public d’Essais et d’Etudes (LPEE) a bien la compétence d’octroyer des autorisations pour la réalisation des grands projets et aussi, d’arrêter, de bloquer ou annuler ces projets et c’est bien lui qui est à l’origine de l’arrêt du chantier : cet organisme d’état exige pour ce projet d’approfondir les études géologiques et sismiques de la région sur laquelle sera construit le complexe, d’autant plus que les 39 hectares du projet sont traversés par deux fissures sismiques. Ce qui constitue un risque potentiel en cas de secousse tellurique. Et à défaut d’autorisation accordée par cet organisme, aucun projet immobilier ou autre ne peut voir le jour dans la capitale du Souss.

Ne pensez pas à la lecture de ces articles que je sois contre de tels projets, bien au contraire !
Je pense que personne ne cherche à nuire à ce beau projet m
ais il ne faut pas que des risques soient pris quand on a des données très claires sur la sismicité de cet endroit précis !
Il y a peut-être d’autres endroits où ce projet peut être réalisé ???
Deux documents (très) techniques qui peuvent intéresser les spécialistes : (cliquez sur les titres)

1- La réglementation parasismique au Maroc RPS 2000 version 2011

2- La norme Agadir 1960

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

9 réflexions sur « « Agadir Land », le plus grand projet touristique du Souss en stand by »

  1. J’ignore qui est cet « anonyme » non crédible qui prétend que LPEE peut tout bloquer. Il n’a qu’a produire un texte ou retirer ces prétentions monstrueuses .
    C’est avec ça que vous semez le désordre et la zizanie.

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  2. Je suis outré par tous ces cafouillages d’amateurs. En tant que professionnel rodé aux arcanes de notre subtile administration, j’affirme que le Labo LPEE ne dispose d’aucune délégation de pouvoirs pour arrêter un projet. Il ne dispose même pas d’un sismologue. Maintenant, si on vient de se rendre compte de ce que beaucoup connaissent de longue date, la logique aurait été d’évacuer les habitants autour des 2 failles : La Marina d’Agadir, Illigh, Hay Mohammedi, la montagne etc… Ce dossier doit être traité exclusivement par la Commission des Grands Projets dont les membres sont seuls habilités à émettre des réserves motivées. La raison sismique ne peut constituer une réserve technique fondée. Par contre, les autorités doivent veiller et contrôler que toutes les normes antisismiques sont respectés. Ce n’est qu’aprés décision de la CGP puis signature du permis de construire par le Président de la commune que le promoteur devra engager les professionnels chargés des études technique et géologique pour être au normes, et cela ne s’est jamais fait avant..
    Tout le monde semble oublier qu’en 1960, ce n’est pas le séisme de 5,7 sur l’échelle de Richter qui a causé autant de dégâts et de victimes (15000 morts) mais la mauvaise qualité des constructions (sans normes). Quelques rares bâtiments en sont la preuve vivante à la Kasbah (Ecole), Ihchach (dispensaire), Talborjt ou à côté du départ du téléphérique l’immeuble de La Paternelle réhabilité récemment.
    D’autres preuves de bonnes constructions ont été rapidement passés au bulldozer dés le lendemain du séisme (La maison que mon père avait fait bâtir à Ihchach, la Mosquée de l’ancien Talborjt, La Kasbah.
    Moralité, on ne bloque pas un projet de cet envergure pour un oui ou un non sans être dans son bon droit. Et après, on s’étonne que les investissements ne se fassent pas et que le tourisme est en chute libre.
    Un mouchoir de poche comme les Canaries avec des plages artificielles reçoit 15 Millions de touristes par an ??? Et au Maroc, avec un potentiel probablement 1000 fois meilleur, ou en sommes-nous ? Hé les gars et les décideurs, réveillez-vous ..
    Sa Majesté Mohamed VI a bien dicté une ligne de conduite pour qu’il n’y ait plus de blocages .

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    1. La mosquée de Talborjt n’est pas un bon exemple de bonne construction : voici son état au lendemain du séisme :

      Il ne reste rien ni de Yahchech, ni de Talborjt ni de la Kasbah. Les seuls bâtiments conservés se trouvent dans l’ancienne « Ville Nouvelle » et au « Quartier Industriel »

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      1. Elle n’a que son minaret qui a été détruit comme le montre la photo. Le reste des vestiges a été rasé par les bulldozers sur ordre d’un ministre quelques jours après début mars 1960.

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  3. Non, le LPEE n’a aucun pouvoir pour arrêter un projet de quelque nature que ce soit. La commission des grands projet lui a tout simplement demandé un avis purement technique sur la faisabilité du projet, ce qu’il a fait; et cette commission n’est nullement obligée de respecter l’avis donné. Les seules Administrations qui ont ce pouvoir sont : La commune, la Wilaya, et l’Agence Urbaine. A mon point de vue, les promoteurs devraient consulter un bureau d’études *japonais* habitué à concevoir des méthodes très performantes et pointues en matière de techniques de construction en milieu très sismique.

    Cordialement

    Le 12 janvier 2017 à 10:32, Le Blog d’Agadir par Michel Terrier,

    Aimé par 1 personne

    1. Tout à fait d’accord. Pour limiter tous les risques , une étude des japonais ou des californiens serait plus appropriée. À ma connaissance ce n’est pas la CGP qui a fait appel à LPEE, mais un de ces membres . Il a eu un avis consultatif sans que LPEE ne fasse appel à un sismologue. Alors que vaut cet avis ?

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