Dans les zones oasiennes et de l’arganier, un travail soutenu de conservation et de valorisation

Omar ACHY – mapexpress.ma – 17/01/2017

Depuis sa création en 2010, l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et l’arganier (ANDZOA) entreprend un travail soutenu de conservation et de valorisation. Dans ces deux écosystèmes qui couvrent presque 40 pc du territoire national, l’amélioration des indicateurs de développement va de pair avec la lutte contre l’impact du changement climatique.

Photo M. Terrier
Photo M. Terrier

Pour le directeur général de l’ANDZOA, Brahim Hafidi, le bilan de la feuille de route établie à l’horizon 2020 avec pour finalité le développement durable, est aujourd’hui en avance par rapport aux objectifs fixés lors de sa mise en œuvre en 2012.

“Nous avons entrepris une grande réhabilitation de la palmeraie et un début de réhabilitation de l’arganeraie», a-t-il indiqué dans un entretien à la MAP.

L’une des clés de ce succès consiste, selon lui, en la pleine adhésion des différents acteurs locaux, l’appui du gouvernement grâce notamment au plan Maroc vert, et l’apport précieux des bailleurs de fonds.

Au vu de la dégradation de ces écosystèmes à cause de la désertification, et du déficit que connait la région en matière d’indicateurs socio-économiques qui poussent à l’exode, le développement humain a été au cœur de la vision de l’Agence, explique M. Hafidi.

Dès le départ, une convention a été conclue avec les 14 provinces qui couvrent les zones oasiennes et de l’arganier. Des financements conséquents ont été mobilisés par l’Etat pour pallier aux causes de la précarité et aux facteurs d’enclavement.

En matière d’indicateurs de développement humain, l’objectif était d’atteindre la moyenne nationale, chose déjà réalisée, a assuré le DG de l’ANDZOA, avec des améliorations notables en matière notamment d’accès à la scolarisation, à l’eau portable, aux routes rurales.

A fin 2015, «on a atteint presque 90 pc de nos objectifs sauf pour les indicateurs de santé qui accusent encore un retard », a-t-il précisé.

Pour ce qui est de la valorisation de ces écosystèmes au profit de la population locale, l’Agence accompagne les deux principales filières: le palmier-dattier et l’arganier, ainsi que deux autres, plus petites, à savoir le safran et le rosier à Kelaat Maghouna.

Un contrat-programme a été conclu entre l’Etat et les agriculteurs organisés dans des interprofessions pour chaque filière, rappelle M. Hafidi.

Ainsi, 1,8 million de plantations de nouveaux palmiers ont été déjà effectuées sur les 3 millions programmées à l’horizon 2020, a-t-il précisé permettant d’envisager d’atteindre l’objectif fixé dès l’an prochain.

S’agissant de l’arganier, le travail  de réhabilitations est en marche, a ajouté M. Hafidi qui cite notamment un programme de plantation de 10.000 Ha de vergers d’arganiers chez des particuliers. Financé par le Fonds vert pour le climat à hauteur de 40 millions de dollars, ce projet vise à renforcer la résilience des communautés rurales et la réserve de la biosphère de l’arganeraie.

Pour cet ingénier agronome, longtemps directeur du complexe horticole et vétérinaire (IAV) d’Agadir, ce travail de valorisation passe aussi par la mise en place d’un centre national de l’arganier. Il verra bientôt le jour sur une superficie de 5 hectares, au sein de l’IAV, avec pour mission la promotion de la recherche scientifique sur cette espèce unique au Maroc.

«Il sera, à la fois, un centre d’interprétation de l’arganier du fait que nous sommes dans une réserve de la biosphère et d’appui aux coopératives et aux différents autres acteurs impliqués », a-t-il dit.

S’agissant du safran, le DG de l’ANZOA parle d’une «grande dynamique» de la filière, sachant que l’objectif était de passer de 600 Ha en 2009 à 1300 HA dans le cadre du contrat-programme, objectif aujourd’hui dépassé.

«Tous les agricultures sont organisés en coopératives avec une labellisation propre», a-t-il dit ajoutant que le meilleur indicateur dans ce sens est le prix qui est passé de 8 Dh le gramme avant le démarrage du contrat programme à 35 Dh le gramme aujourd’hui.

M. Hafidi, qui est également président du Conseil régional du Souss-Massa, a fait état en outre de la croissance importante de la production et l’exportation de l’huile d’argan.

Sur les 4000 tonnes d’huiles produites, 1000 tonnes sont aujourd’hui destinées à l’export, ce qui constitue, selon lui, une importante performance, sachant que le prix est passé de 30 dh avant la labellisation à 250 dh en moyenne pour l’huile exportée en vrac.

Autre motif de fierté pour le directeur général de l’ANDZOA consiste en l’adhésion importante de bailleurs de fonds étrangers et d’agence de l’ONU dans les projets de préservation et de valorisation des écosystèmes oasiens et arganier.

Il rappelle à cet effet la présentation par le Maroc, dans le cadre de la COP 22 organisée à Marrakech, de «l’Initiative Oasis Durables» en vue de mobiliser des financements pour la préservation et le développement des zones oasiennes, sur la base de l’expérience marocaine.

Parmi les nombreuses autres opérations appuyées par des fonds internationaux dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, le DG de l’ANDZOA, cite celui portant sur l’ensemble des zones oasiennes avec un accent particulier sur les plus pauvres. Il s’agit d’actions portant, a-t-il expliqué, sur la mobilisation de l’eau, la réalisation de barrages souterrains, et la réhabilitation des khettaras et saguia, outre la création de revenus pour les populations locales, la promotion de la participation des femmes et des jeunes et le renforcement des capacités des décideurs au niveau des collectivités locales.

Un accord de principe pour un financement allemand de l’ordre de 10 millions d’euro a été également obtenu pour la réhabilitation du lac Iriqui à Tata et dont une partie est à Zagora. Desséché, ce lac nécessite une réhabilitation afin de promouvoir une activité touristique et mettre en valeur son rôle écologique.

Dans le cadre de la promotion de la filière des dattes, la réalisation d’unités de stockage a été nécessaire. A cet effet, un financement belge de 13,5 millions d’euro a été mobilisé pour ce projet qui est dans sa première année de mise en œuvre.

Il faut dire que la production de dattes l’an passé a atteint 127.000 tonnes contre une moyenne 90.000 tonnes auparavant, un record qui a été obtenu en dépit d’une année sèche.

L’objectif est d’arriver à produire 160.000 tonnes. Pour cela, l’ANDZA est en phase de plantation de 3 millions de plants, avec notamment 20 Ha de palmiers dattiers dans des fermes modernes, une activité déjà commencée à Boudnib.

Selon le DG de l’ANDZOA, ces projets d’envergure et bien d’autres, portant notamment sur la mobilisation de l’eau dans une région souffrant de déficit hydrique, commencent à apporter patiemment leurs fruits : conserver ces richesses naturelles du Maroc, et améliorer les conditions des populations qui y vivent.

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

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