Pêche maritime: L’Haliopole dégaine ses recettes low énergie

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com – 16/02/2017

Un guide pour réduire les coûts de fonctionnement lancé durant Halieutis
Consommation de carburant, poids, éclairage, hélices,… les points sensibles
Echosondeurs, écho-intégrateurs, débitmètres… des appareils pour éviter le gaspillage

Comment le secteur halieutique peut-il faire face aux défis climatiques, économiser ses ressources énergétiques et, surtout, contribuer à la sauvegarde de l’environnement en évitant la propagation des gaz à effet de serre? Un chapelet de questions stratégiques pour l’avenir du secteur et auxquelles le pôle de compétitivité Agadir Haliopole cluster (AHP) tente de remédier avec précision. L’organisme vient de recevoir les résultats de l’étude commanditée sur les économies d’énergie à bord des bateaux de pêche. Cela a permis de mettre en place un manuel de bonnes pratiques de gestion énergétique sur les bateaux de pêche qui sera largement diffusé aux professionnels durant le salon Halieutis qui se poursuit jusqu’au 19 février.

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Lors de la construction de bateaux, un travail de conception doit être fait de manière à ce que la coque soit aérodynamique (donc moins résistante) pour consommer moins d’énergie. Les pales d’hélices, quant à elles, doivent être adaptées à la taille des bateaux. A défaut, vérifier la taille des hélices, l’encrassement de la coque et le débit de carburant peut être extrêmement salutaire Source: AHP

Dans le détail, ce guide examine les niches d’économie de carburant dans les navires de pêche actifs dans la région du Souss-Massa, notamment ceux dotés de moteurs diesel. Les moyens qui y sont proposés pour réduire les coûts énergétiques ne demandent pas de lourds investissements comme l’acquisition d’un nouveau navire ou le remplacement d’équipements coûteux. Outre l’aide à l’identification des gisements d’économie d’énergie, le manuel met plutôt en exergue les considérations à prendre en compte en cas d’éventuels changements dans le navire ou de ses structures. Le redressement de la situation énergétique du navire dépendra essentiellement de ses caractéristiques, des mesures déjà mises en œuvre, du montant d’investissement et de l’étendue et pertinence du suivi assuré (données, historique et enregistrement).

«Ce guide contribuera à l’amélioration de l’efficacité énergétique du navire en mettant l’accent sur deux aspects essentiels: la connaissance du processus de consommation du carburant dans les navires et l’identification des moyens agissant sur la réduction de la consommation en carburant», explique Mohamed Bouayad, président d’AHP, SG de l’association Halieutis et coordinateur du cycle de conférences. Dans la pratique, il s’agit tout d’abord d’alléger le bateau et de le débarrasser de tout ce qui est superflu afin d’économiser 5 à 10% d’énergie.

Ce qui est énorme. En effet, plus un navire est lourd, plus il y a d’efforts pour faire tourner l’hélice. «Lorsqu’un bateau est à l’arrêt, il est inutile de faire tourner un moteur à 450 ou 500 chevaux pour l’éclairer alors qu’on peut utiliser une plaque solaire dans le même dessein, voilà le genre de nos recommandations», ajoute Bouayad. Il est aussi question de procéder au carénage de la coque et de l’hélice en cale sèche de manière régulière. Soit au moins une fois par an. La navigation avec une coque encrassée étant similaire à un déplacement en actionnant le frein à main. Ce qui implique une augmentation de la consommation.

D’après les statistiques, sur 10 sorties en mer, 7 sont infructueuses étant donné que les bateaux se déplacent de manière aléatoire à la recherche du poisson et peuvent rentrer bredouilles. Aujourd’hui, il est possible d’éviter ce gaspillage en ayant recours aux échosondeurs, appareils permettant de détecter des bancs de poissons de manière électronique. La technologie va plus loin puisque, grâce aux écho-intégrateurs, des sondes permettent d’identifier l’espèce de poisson et le tonnage également. Par souci de bonnes pratiques de manipulation à bord d’un bateau, les usagers devraient de même utiliser un débitmètre, petit appareil permettant de calculer le débit et la quantité du carburant utilisé afin de mieux gérer l’énergie, nous indique-t-on.

Certains débitmètres sont d’ailleurs équipés de moyens de technologie embarquée qui donnent toute l’information via un GSM ou un PC connectés. Lors de la construction de bateaux, un travail de conception doit être fait de manière à ce que la coque soit aérodynamique (donc moins résistante) pour consommer moins d’énergie. Les pales d’hélices, quant à elles, doivent être adaptées à la taille des bateaux. L’optimisation concerne également les moteurs, hybrides, qui fonctionnent en partie à l’électricité et en partie à l’énergie fossile. Une façon de polluer moins.

Relation carburant & changement climatique

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LA combustion des carburants dans les moteurs thermiques se traduit par l’émission de différents gaz à effet de serre: CO2 et N2O. La hausse des températures affecte la vie marine et entraîne l’élévation du niveau des mers. Les pêcheurs qui vivent le long des côtes seront les premiers affectés, dixit le Guide de bonnes pratiques.

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

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