La riposte s’organise contre les ravageurs de tomates

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com – 23/02/2017

  • Les dégâts causés par ce papillon peuvent engendrer la perte de culture de 50 à 100%
  • La lutte chimique est insuffisante
  • Les agriculteurs sensibilisés à des solutions plus efficaces sur le terrain

tomates_ravageurs_067.jpgLes dégâts causés par le papillon ravageur peuvent engendrer la perte de culture de 50 à 100%! La riposte contre cet insecte doit être multiforme et la mobilisation de tous les acteurs concernés est impérative. Les méthodes employées permettront de mettre en place un développement durable de la tomate grâce aussi à l’utilisation de nouveaux biopesticides et l’optimisation des apports environnementaux, hydriques et chimiques (Ph koppert.fr)

Les agriculteurs du Souss sortent l’artillerie lourde pour protéger leurs plantations de tomates. En effet, Tuta absoluta, petit papillon marron-gris ravageur de tomates, est de retour. Aussi l’Association marocaine des producteurs et producteurs exportateurs (Apefel) a-t-elle réuni ses membres à l’Institut agronomique et horticole (IAV) Hassan II à Ait Melloul pour organiser la riposte au risque de voir les plantations totalement décimées.
Les dégâts se manifestent sous différents aspects, des mines dans les feuilles et tiges, des fruits verts endommagés… Ils peuvent même être indirects sur les fruits (entrée de pathogènes conduisant à la pourriture des fruits) et provoquer des restrictions au niveau de la commercialisation.

Pour améliorer la défense de la plante, «le secret du contrôle de Tuta absoluta, du moins sur les cultures protégées, c’est d’utiliser les différents moyens de contrôle et de lutte disponibles simultanément», explique Noureddine Hatim, chef de service de la protection des végétaux d’Agadir. «Cette approche doit être collectivement assimilée et appliquée par l’ensemble des producteurs», a-t-il ajouté. Le recours aux seuls produits chimiques reste insuffisant, car l’insecte présente des risques certains de développer des résistances. Ce qui rend la lutte beaucoup plus complexe et les dégâts certainement plus importants.

Quid des moyens de contrôle et de lutte? L’utilisation de phéromones pour la détection des mâles est la première étape dans ce combat. Et combiner les produits chimiques avec les autres méthodes disponibles. Les spécialistes conseillent ainsi d’utiliser des filets anti-insectes et de prêter attention à l’étanchéité des portes car les papillons peuvent aussi entrer dans les serres en se déplaçant sur le sol.

papillon_tomates_067.jpg

Il est aussi question de renforcer l’hygiène car les papillons peuvent également être transportés par les plantes, les camions, les fruits, les caisses, est-il indiqué. Aussi l’introduction de la caisserie dans les serres doit-elle être effectuée après lavage tout en surveillant les mouvement entres les fermes et les stations. «Parmi les mesures à prendre, l’utilisation du piégeage de masse dès la capture des premiers papillons», avance R. Elaini, cadre à Omnium agricole du Souss Agadir. «Il est nécessaire de piéger au moins 50% des mâles pour avoir un effet sur la population», a-t-il ajouté.

Le terrain doit aussi être préparé avant la plantation pour le contrôle des chrysalides dans le sol, la solarisation étant très indiquée dans ce sens. Il est également conseillé d’adopter un vide sanitaire d’environ 6 semaines entre l’arrachage d’une culture infestée et une nouvelle plantation. En plus du renforcement des mesures d’exclusion et de contrôle au niveau des stations de conditionnement. En cas de découverte d’organes infestés par les larves (folioles, fruits et tiges), la destruction manuelle est conseillée. Il faut de même détruire les débris végétaux résultant de l’effeuillage et ébourgeonnage à la fin de la campagne. La vigilance doit toutefois rester de mise car il est fréquent que les deux premières générations de Tuta ne soient pas détectées.

Aspects réglementaires…

Les exportations de tomates marocaines sont soumises à des règles strictes. Dans le cas de l’export vers le Canada, une batterie de mesures doit être respectée. Entre autres, les tomates doivent être cultivées dans des Installations pourvues de mesures d’exclusion contre les organismes nuisibles (IMEON), qui sont enregistrées auprès de l’Organisation nationale de la protection des végétaux (ONPV) du pays d’origine. Les IMEON doivent être munies de portes doubles à auto-fermeture, et toutes les ouvertures qui s’y trouvent doivent être couvertes d’un filet insect-proof, et munies de pièges à une densité minimale de deux pièges par hectare ou équivalent. Avec un minimum de deux pièges par installation pour la détection et la surveillance. De plus, tous les pièges doivent être installés au moins deux mois avant la récolte, gardés en place tout au long de la période de croissance, relevés et entretenus chaque semaine. Les tomates doivent aussi être emballées dans un délai de 24 heures suivant la récolte…. Et la liste n’est pas exhaustive.  L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) peut par ailleurs réaliser des visites périodiques des sites afin de surveiller le programme. À défaut de se conformer à ces exigences, les envois pourront se voir refuser l’entrée au Canada. Chaque envoi de tomates doit être accompagné d’un certificat phytosanitaire d’inspection émis par l’ONPV du pays d’origine et comportant la déclaration additionnelle suivante: «Le contenu a été produit conformément à une approche systémique et a été inspecté et déclaré exempt de Tuta absoluta».

D’autres mesures conseillées…

L’utilisation de plants indemnes

Les traitements chimiques raisonnés

Le monitoring et le suivi des niveaux d’attaque

L’élimination du feuillage sénescent et les adventices à l’extérieur des serres

Le contrôle biologique

La proscription du transport des fruits infestés

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

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