«Il faut installer un rituel quotidien de lecture»

par Rabiâ MAAROUFI – leconomiste.com – 08/03/2017

Enseignante-chercheur en linguistique et communication interculturelle à la Faculté des lettres et des sciences humaines (FLSH), Université Ibn Zohr (UIZ) d’Agadir (Ph. R.M.)

Des causeries littéraires et un club de lecture pour susciter l’envie de lire

S’investir pour produire des esprits cultivant «l’intelligence du cœur»

Les jeunes ne lisent pas. Pas autant qu’ils devraient en tout cas. C’est un constat. A l’université comme à l’école, la lecture n’est pratiquée que comme fonctionnelle pour les études, et nullement comme un plaisir et une source inépuisable de culture et d’épanouissement personnel. Quel dommage! d’autant plus que c’est la seule voie pour réussir, pour s’épanouir, pour se préserver et pour se projeter vers un avenir meilleur. La culture et la lecture étant les outils pour produire des esprits souples, adaptables, créatifs, généreux et humanistes, cultivant «cette intelligence du cœur».

En tant qu’enseignante, j’estime que mon rôle de passeur de connaissances est de remédier à ce manque d’engouement pour la lecture en trouvant les moyens adéquats pour susciter le goût et le plaisir de lire. Certes, le défi n’est pas facile mais il ne faut pas hésiter à le relever. Et ce d’autant plus que l’impact sur l’épanouissement et le parcours de ces jeunes s’en ressentira positivement. «Les livres lus devraient figurer sur nos CV car ils disent l’essentiel de nous-mêmes», a dit une universitaire libanaise. J’adhère complètement et ne cesse de répéter cette phrase à mes étudiants. J’ai donc décidé d’agir. Et pour rompre ce cercle vicieux de non lecture et cultiver chez les étudiants l’envie et le «rituel» quotidien de lire, je suis en train de mettre en place un club de lecture propre au département de langue et de littérature française. Ainsi, chaque mois, un thème de lecture avec une liste de livres à lire sera proposé aux étudiants adhérents.

Les livres lus devraient figurer sur nos CV car ils disent l’essentiel de nous-mêmes (Ph. Fotolia)

En guise de prix d’entrée au Club, les membres auront à donner un livre. L’idée étant de constituer une bibliothèque avec ces ouvrages en impliquant tout le monde. Outre la diffusion de la culture et de la lecture auprès des jeunes à travers l’échange de livres, le club de lecture organisera également des rencontres avec des écrivains du Maroc et d’ailleurs. Par ailleurs et dans le cadre des activités de l’Association des femmes-chercheures du sud dont je suis vice-présidente, nous organisons un événement culturel appelé «Causeries littéraires» (Ahadiths adabiyya).

L’optique étant de favoriser les rencontres et le partage autour des livres avec nos étudiants. D’un autre côté, l’événement culturel appelé «Passerelles» (les Assises du roman marocain) que je co-organise tous les deux ans dans le cadre de l’équipe de recherche LCI (Littérature, Culture et Identité), dont je fais partie, s’inscrit également dans cette volonté de faire connaître aux étudiants les romanciers marocains d’expression française, arabe et amazighe. Mon parcours, mon choix professionnel, mon domaine de recherche (la communication interculturelle) ont été guidés par mon grand intérêt pour la culture, le savoir, la lecture. Une passion que je me suis engagée à transmettre et partager avec mes étudiants.

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

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