«LA JICA EST DÉTERMINÉE À TRAVAILLER AVEC LE MAROC EN AFRIQUE»

par Oumar Baldé – leseco.ma – 14/03/2017

Tojima Hitoshi, représentant résident de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) au Maroc

Le représentant résident de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) au Maroc fait le point sur la coopération entre son pays et le royaume. Pour Tojima Hitoshi, le Maroc est un acteur clé dans la concrétisation de la coopération triangulaire. Interview.

Les Inspirations ÉCO : Pourquoi la JICA a-t-elle opté pour la formation d’agents africains au Maroc ?
Tojima Hitoshi : La JICA est déterminée à travailler avec le Maroc pour développer la coopération triangulaire Japon-Maroc-Afrique (coopération Sud-Sud). Le Maroc peut être considéré comme l’un des pays les plus stables politiquement du monde arabe et dispose d’une position géographique stratégique, en étant à la fois sur le continent africain et proche de l’Europe. Le Maroc est le deuxième investisseur africain en Afrique. Avec la haute vision du roi Mohammed VI, le royaume a le grand potentiel de réduire le fossé entre l’Afrique, l’Europe et les autres régions du monde, dont le Japon. Aussi, le Maroc et l’Afrique ont des liens culturels et spirituels solides. Le royaume est également l’un des pays les plus actifs qui a une expérience inclusive dans le domaine de la coopération triangulaire avec le continent africain, la coopération Sud-Sud est d’ailleurs consacrée dans le préambule de la Constitution du Maroc. La coopération Sud-Sud est aussi l’une des recommandations de la TICAD (Tokyo International Conference on Africa’s Developement) qui se tient triennalement au Japon ou en Afrique.

Quels sont les secteurs privilégiés par l’agence ?
Sous sa vision de «développement inclusif et dynamique», la JICA a quatre axes prioritaires de développement : répondre aux questions prioritaires de portée mondiale ; réduire la pauvreté grâce à une croissance équitable ; améliorer la gouvernance et enfin assurer la sécurité humaine. Les secteurs prioritaires de la JICA au Maroc sont variés : d’abord, il y a l’agriculture et la pêche. Ensuite le développement des infrastructures telles que les routes, l’accès à l’eau potable et l’assainissement, particulièrement en milieu rural, constituent également des priorités. De même, la JICA est engagée dans la lutte contre les changements climatiques et la promotion des énergies renouvelables suivant les recommandations de la COP22. Enfin, nous œuvrons à la promotion d’une coopération sud-sud axée sur les besoins et adaptée à la diversité des pays de l’Asie et de l’Afrique.

Quelles sont les prochaines étapes des programmes de formation ?
Dans le domaine de la pêche maritime, nous avons initié en 2015, en collaboration avec le département de la Pêche maritime, un projet triennal de développement des capacités des ressources humaines africaines. Une troisième phase du projet débutera en septembre 2017. Les formations seront organisées par l’Institut supérieur des pêches maritimes (ISPM) d’Agadir, l’Institut de technologie des pêches maritimes (ITPM) de Larache et le Centre spécialisé de valorisation et de technologie des produits de la mer à Agadir. En outre, la JICA et le ministère marocain de l’Équipement, du transport et de la logistique discutent actuellement d’un projet de coopération tripartite dans le domaine des ports, des autoroutes et de l’entretien de l’infrastructure routière. Des formations dans les trois sous-secteurs au profit de plusieurs pays africains devraient se tenir en 2018.

Quel bilan faites-vous des premiers programmes de formation déjà menés ?  
Pour évaluer l’impact de la formation, constater ses retombées et identifier les besoins en la matière, la JICA effectue des missions d’expertise dans certains pays africains participants. Les résultats des évaluations sont très positifs. La majorité des participants étaient en mesure d’appliquer les acquis et de transférer les connaissances et le savoir-faire.

À part le Maroc, quels autres pays africains assurent ce rôle avec la JICA ?  
La JICA soutient la coopération sud-sud, car elle estime qu’il est fondamental que les pays en développement approfondissent leurs liens en contribuant à leur développement mutuel. Le Programme de partenariat (PP) est un cadre global établi entre le gouvernement japonais et le gouvernement d’un pays pivot afin de soutenir conjointement les efforts de développement des pays et régions en développement. À ce jour, le Japon a conclu des accords PP de coopération tripartite avec 3 pays africains : l’Égypte, la Tunisie et le Kenya (jusqu’en 2015).

Globalement, comment se porte la coopération entre votre institution  et le Maroc ?
Les liens entre le Maroc et le Japon sont avant tout amicaux et basés sur la confiance mutuelle. Beaucoup de points communs relient nos deux pays et nos deux peuples depuis des décennies. Sur le plan économique, le Japon et le Maroc sont fort complémentaires et sont de bons partenaires l’un pour l’autre. La JICA a appuyé le Maroc dans ses projets de développement dans le domaine des infrastructures (autoroutes, électrification, chemins de fer, etc.), de la pêche, de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de l’économie solidaire et du développement local et environnemental. À travers la JICA, le Japon, qui traverse un contexte difficile nécessitant un focus sur les besoins de son économie nationale, continue quand même à soutenir et contribuer à la dynamique socio-économique de son pays partenaire et ami qu’est le Maroc.

 

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

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