Réutilisation des eaux usées : Un plan en cours de finalisation

Par Mohamed CHAOUI – leconomiste.com – 23/03/2017

  • Il cible un potentiel de 325 millions de mètres cubes
  • Le coût de réalisation s’élève à 8 milliards de DH
  • Secteurs concernés, agriculture, golfs et espaces verts

Sur les 325 millions de mètres cubes d’eaux réutilisées, 90% seront canalisées dans l’agriculture et l’arrosage des espaces verts et les golfs. Sur les bassins hydrauliques, c’est le Souss Massa Draâ qui totalise le plus gros volume d’eau réutilisable à l’horizon 2030, avec 88 millions de mètres cubes.

Charafat Afailal a profité de la journée mondiale de l’eau pour annoncer le Plan national de réutilisation des eaux usées. La ministre a lancé l’invitation à tous les départements concernés pour y apporter leurs contributions.  Ce projet, en cours de finalisation, définit le cadre organisationnel et institutionnel ainsi que le montage financier pour sa mise en œuvre. Le coût de réalisation est estimé à 8 milliards de DH. Le montage financier prévoit la contribution de l’Etat, des établissements publics, des collectivités territoriales ainsi que des usagers. L’objectif ciblé par ce plan porte sur la réutilisation d’un volume de 325 millions de mètres cubes à l’horizon 2030.

Pour encourager à la réutilisation des eaux usées comme alternative aux eaux conventionnelles, le ministère a signé plusieurs conventions pour l’arrosage des golfs et des espaces verts à Rabat, Bouznika, Tétouan, M’Diq, Fnideq, Martil et Tanger. Une autre convention pour l’irrigation de la ceinture verte de la ville de Zagora a été également paraphée. Le montage prévoit l’octroi d’aides financières en faveur des projets de réutilisation des eaux usées. Des accords ont été signés pour l’arrosage mais aussi pour l’irrigation en agriculture dans la région d’Oujda et de Tiznit.

Selon les études menées par le ministère en charge de l’Eau, sur les 325 millions de mètres cubes, 149 millions iront à l’irrigation, soit 46% du total. 139 millions mètres cubes serviront à l’arrosage des espaces verts et des golfs, soit 43% de l’ensemble du volume. A cela s’ajoutent 20 millions de mètres cubes (6%) pour la recharge de la nappe et 17 millions (5%) pour l’industrie. Il est incontestable  que les objectifs du plan visent l’éradication de l’utilisation non contrôlée à l’état brut des eaux usées, la préservation des ressources hydriques et la réutilisation de manière directe ou indirecte de la totalité du potentiel utilisable d’ici 2030.

Cependant, la réutilisation reste confrontée à des contraintes d’abord techniques relatives à l’écart entre le niveau d’épuration exigé, à l’inadéquation entre l’assainissement et la réutilisation sans parler de la faible maîtrise des rejets industriels dont la qualité n’est pas garantie. Quant aux contraintes institutionnelles, elles concernent la multiplicité des intervenants et l’insuffisance de la coordination. Les contraintes financières sont liées aux coûts élevés de l’épuration, du transfert et de la distribution des eaux usées.
Le ministre a rappelé que les ressources en eau douce au Maroc sont faibles avec un potentiel hydrique estimé à 22 milliards de mètres cubes par an, soit l’équivalent de seulement 650 mètres cubes par an par habitant, à la limite du stress hydrique de 500 mètres cubes par habitant et par an.

Selon Charafat Afailal, le Maroc fait face à une demande croissante en eau, à la limitation des ressources naturelles et à leur raréfaction sous l’effet du changement climatique. Le potentiel considérable des eaux usées brutes peut constituer une autre alternative  pour des usages variés, comme l’irrigation et les activités industrielles. Pour la ministre, l’objectif ambitieux de réutiliser 325 millions de mètres cubes à l’horizon 2030 ne peut se réaliser  que par un changement du modèle actuel. Il s’agit de passer à l’approche du «traitement et réutilisation» au lieu de celle du «traitement et rejet».

Potentiel de 550 millions de mètres cubes

Pour la ministre Charafat Afailal, le potentiel actuel d’eaux usées épurées par an est de près de 550 millions de mètres cubes par an d’eau usée, dont 45% sont épurées. Mais seulement 20% du volume de ces eaux épurées par an, soit 47,5 millions, sont réutilisées via 24 projets réalisés. Elle a également parlé d’un potentiel d’eau usée brute à l’horizon 2030 de 740 millions de mètres cubes avec un taux d’épuration de plus de 90%.

 

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

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