Les énergies alternatives pour baisser la pression sur les forêts

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com – 22/03/2017

  • Haro sur la gestion des forêts dans l’adversité
  • Il faut baisser la pression sur les ressources naturelles en proposant des énergies alternatives

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Pour Abdeladim Lhafi, haut-commissaire aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification (HCEFLCD), les financements sont tributaires de compétences qui pourront proposer des projets bancables obéissant aux normes du fonds vert pour le climat (Ph. L’Economiste)

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– L’Economiste: Quelle est la politique du Maroc pour les forêts et espaces verts?
– Abdeladim Lhafi: 
Nous sommes le 2e pays après la Turquie au niveau du bassin méditerranéen en termes de biodiversité avec un taux d’endémisme global de 20%. Elle est extrêmement riche mais en même temps fragile et surtout insuffisamment protégée. Il est vrai que sur les 15 dernières années, le Maroc a pu inverser la tendance de dégradation des forêts, comme le souligne le rapport de la FAO. Nous sommes passés de -1% de couvert forestier entre 1990 et 2000 à +2% entre 2000 et 2010 grâce au programme régulier de reboisement. Il faut augmenter la cadence. Toutes les études montrent que la zone méditerranéenne sera affectée par le dérèglement des saisons, par des précipitations avec des modifications négatives… Tout cela nécessite d’avoir de véritables plans d’adaptation.

– Comment évaluez-vous les opportunités de financement et de solidarité nord-sud?
– Si nous avons de bons projets bien argumentés de façon technique et scientifique, le financement ne posera pas problème. La preuve: le défi majeur des pays du sud, c’est d’avoir les capacités humaines et institutionnelles pour mettre en place des projets bancables. C’est pour cela que le Maroc est porteur de l’Initiative de formations de capacités que nous avons présentée à New York en septembre dernier. La porte d’entrée des financements est donc la formation de compétences qui pourront proposer des projets bancables obéissant aux normes du fonds vert pour le climat. La mission du centre 4C est de soutenir ce genre de projets.
– Le Maroc s’est engagé dans l’économie verte. Quels effets sur la ressource?
– L’enjeu aujourd’hui est de réussir à créer une croissance verte avec des éléments durables. Il faut rappeler que l’énergie d’origine ligneuse représente 40% de l’approvisionnement global actuel en énergie renouvelable au niveau mondial et 18% du bilan énergétique national. La demande sur le bois d’énergie au Maroc est de 17 millions équivalent tonne pétrole, or la forêt en produit 3 millions. Pour ne pas décapitaliser, il faut trouver des alternatives dont le reboisement pour que la forêt produise davantage mais cela reste limité. Il y a les énergies alternatives. Par exemple, nous avons distribué cette année dans le Moyen Atlas des fours améliorés qui se placent à l’intérieur des maisons rurales. Ils servent en même temps à la cuisson et au chauffage et permettent d’économiser 75% d’énergie (25 kilos de bois au lieu de 100 kilos). Les établissements publics doivent aussi se chauffer différemment pour aller vers cette économie verte avec des systèmes de production qui ne dégradent pas les ressources naturelles.
Propos recueillis par Fatiha NAKHLI

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Auteur : Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.

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