Faire parler l’Histoire : la palmeraie d’Akka, Salima Naji architecte

par Salima Naji – Architecture du Maroc N° 75 – Mars, avril, mai 2017

Dans le même numéro d’Architecture du Maroc, un autre article de mon amie Salima Naji qui concerne le projet réalisé à Akka, pour le minaret et oratoire du site dit « Agadir Amghar » Kasbah Sidi Abdellah Ben Mbark dans la palmeraie d’Akka.

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Maison de la Maternité, architecte Salima Naji

par Salima Naji – Architecture du Maroc n° 75 – Mars, avril, mai 2017

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Projet de construction bio-climatique contemporaine initié pour la commune rurale de Tissint, province de Tata

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Crocoparc : les derniers-nés

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Ils sont arrivés !

Les oeufs ont commencé à éclore il y a quelques jours pour donner naissance à de mignons petits crocos :

Vous pourrez les voir à la nursery de Crocoparc.

Cactus Aït Baâmrane : «La figue de barbarie n’est pas assez valorisée»

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com – 03/08/2017

  • L’industrialisation pour optimiser l’abondance de la matière
  • Accompagnement pour prolonger la durée de vie du fruit durant le stockage et la commercialisation
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Ali Berrada est expert en Réseaux d’entreprises et Cluster de l’Onudi. Pour lui, il est impératif de tout mettre en place pour mieux valoriser le cactus, un produit à fort potentiel (Ph. L’Economiste)

– L’Economiste: Que représente le cactus d’Ait Baâmrane pour la Région Guelmime Oued-Noun?
– Ali Berrada:
 C’est un potentiel économique énorme et la culture du figuier de barbarie occupe une place importante dans la vie de la population. La culture de ce fruit étant parfaitement incorporée à l’agriculture locale, elle constitue pour les foyers une véritable source de revenus. La qualité gustative de la figue d’Ait Baâmrane et sa tardivité par rapport à la production d’autres régions marocaines, l’ont rendue très populaire et fortement appréciée.
D’ailleurs, le prix de vente des figues de barbarie d’Aït Baâmrane est souvent supérieur  à celui d’autres régions. Ce qui démontre que le consommateur lui reconnaît des caractéristiques particulières pour lesquelles il est disposé à payer un prix plus élevé. L’abondance de la matière première dans la région peut ouvrir le champ pour une industrialisation à travers la valorisation des fruits de figues de barbarie en plusieurs produits.

– Est-ce le cas aujourd’hui?
– Oui, toutefois la valorisation reste assez faible, il faut le reconnaître. Sachant qu’il y a de plus en plus d’engouement pour cette plante dont toutes les parties peuvent être utilisées à des fins médicinales, diététiques et cosmétiques. Notamment, pour la fabrication de la poudre de raquettes très demandée par les diabétiques et les gens souffrant d’un taux de cholestérol élevé. De fleurs séchées utilisées comme tisane pour traiter les maux des reins et prévenir le cancer de prostate. D’huile de graines des figues de barbarie, utilisée comme anti-âge en cosmétique, de filets de raquettes en saumure ou en vinaigre, ou encore de fleurs séchées utilisées en cosmétique comme base des crèmes et élixir nutritif de la peau. La mise en place de structures dédiées à la valorisation et au développement de la gamme de produits est nécessaire à la fois pour optimiser tous les avantages que représente la figue de barbarie d’Ait Baâmrane et garder un maximum de valeur ajoutée dans la région. Il faut aussi mettre en place les conditions nécessaires pour favoriser la commercialisation particulièrement du fruit frais aussi bien au niveau national qu’international, et atténuer ainsi la prédominance des commerçants intermédiaires qui acheminent le fruit vers les marchés de gros des fruits et légumes des principales villes du Royaume. Et c’est l’objectif escompté par le PAMPAT.

– Qu’est-ce que l’Indication géographique protégée peut apporter à la filière?
– L’objectif principal pour une appellation de la figue de barbarie d’Aït Baâmrane est la protection juridique des deux écotypes Aissa et Moussa. Et pour les atouts de leurs fruits qui les distinguent des autres variétés, contre toute sorte d’exploitation négative et la perte de la qualité et la notoriété des figues de barbarie d’Aît Baâmrane sur le marché. Le but est également de promouvoir l’esprit collectif entre les acteurs de la filière cactus, de diminuer l’exode rural en créant de l’emploi localement, de promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement… Et d’assurer une distribution équitable de la valeur ajoutée sur tous les acteurs de la filière.

– Quid des mesures d’accompagnement de l’Onudi à la filière?
– En concertation avec l’ADA, nous avons mis en place un programme d’accompagnement, selon une approche chaîne de valeur, dont l’objectif est d’améliorer la production et la qualité du fruit. Mais aussi pour prolonger leur durée de vie durant le stockage et la commercialisation, ainsi que la conformité aux exigences des marchés national et international. Parmi les initiatives réalisées ou en cours, on peut citer la formation des agriculteurs à travers notamment une nouvelle technique (la scozzolatura) mais aussi la réalisation d’un guide et des mini-films de bonnes pratiques de la conduite de la culture de cactus en français, en arabe et en amazigh. Le programme les accompagne également pour l’obtention des autorisations et certifications telles que l’ONSSA, l’IGP, le Global Gap pour l’unité de conditionnement…

Cactus : la production en hors-saison est aussi possible

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com – 03/08/2017

Fructification décalée du cactus grâce à deux techniques
Scozzolatura et la double Scozzolatura

Oui, il est possible de faire fructifier le cactus en hors saison! Pour cela, deux techniques peuvent être pratiquées, nous explique Ali Berrada. La première consiste à induire par une source d’azote une seconde floraison durant l’automne pour avoir des fruits mûrs au printemps.

Et la seconde consiste par contre à décaler la période de floraison en supprimant les bourgeons émis au printemps pour avoir une maturité des fruits en automne. Cette technique pratiquée à grande échelle en Italie est appelée «Scozzolatura». Elle peut même être pratiquée deux fois successivement (double «Scozzolatura»).

Il faut rappeler qu’habituellement la floraison et la fructification du cactus produit une seule fois, en une seule vague, par an. La floraison a lieu au printemps et la maturité des fruits durant l’été. Le flux de bourgeons (floraux et jeunes cladodes) est étalé sur une période de plusieurs semaines voire plusieurs mois généralement de mars à juin. Le plant peut ainsi porter en même temps des bourgeons floraux, des fleurs, de jeunes cladodes et parfois même des fruits mûrs.

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La maturité des fruits se produit durant les mois de juillet et d’août. De ce fait, les prix des figues de barbarie subissent de très fortes fluctuations et chutent même considérablement lors du pic de la production. Zoom sur les deux techniques visant à pallier ce problème :

■ La technique «Scozzolatura»
En éliminant, entre mi-mai et mi-juin, selon les années, tous les bourgeons floraux et les jeunes cladodes émis au printemps, une seconde vague de floraison réapparaît 30 à 40 jours après leur ablation. En pratiquant la technique «Scozzolatura», les fruits obtenus en hors saison (de septembre à décembre), sont particulièrement plus gros et savoureux, renferment moins de grains et plus de chair. Ils sont de meilleure qualité que les fruits produits en été à partir de la deuxième décade du mois d’août. Dans les conditions du Sud-ouest marocain, les fruits obtenus en hors saison par la Scozzolatura, en mûrissant en octobre à fin novembre, auraient une valeur commerciale largement supérieure aux fruits de saison. Cette extraordinaire particularité est désormais utilisée en Italie pour la production de fruits de cactus en hors saison à grande échelle. Ainsi, dans une perspective de production de fruits en hors saison, la maîtrise de cette technique serait d’une grande utilité. A noter que le stade plein floraison est le moment propice pour pratiquer la technique «Scozzolatura» avec succès.

■ «Double» Scozzolatura
En pratiquant une seconde suppression de jeunes bourgeons (fleurs et cladodes) réapparus après l’ablation de la 1re vague printanière, on réussit à obtenir une 3e vague tard dans la saison (fin août). Les fruits obtenus dans ce cas ne commencent leur maturité qu’au printemps suivant (mars). Le nombre de fleurs réapparues par cladode fertile après la seconde ablation est réduit de moitié et leur durée de développement est plus longue: 160 à 190 jours contre 100 à 120 jours pour les fruits de la 1re Scozzolatura.

Cactus Aït Baâmrane Le nouveau pétrole de Sidi Ifni

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com – 03/08/2017

  • Performance, accompagnement, distribution, export… Un programme sur-mesure de l’Onudi
  • Label Vie, Asswak Assalam…. La grande distribution intéressée par le potentiel de la région
  • Une unité de conditionnement pour l’heure qui traite 10.000 T/an soit 2 camions de 20 tonnes par jour
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Les figues de barbarie sont cultivées dans les vergers ou parcelles situés dans l’aire géographique définie sur la carte et ayant fait l’objet d’une procédure d’identification parcellaire

Savoureuses, onctueuses, délicieuses ! Autant d’attributs pour parler de la figue de barbarie d’Ait Baâmrane qui remporte décidément tous les suffrages. En effet, ce fruit est très apprécié par les consommateurs, à tel point que les revendeurs à travers le pays font passer leur marchandise, quelle que soit son origine, pour Karmous Ait Baâmrane.

Et l’argument marche! Autrement appelé Cactus (Opuntia ficus-indica), le fruit provient de la Province de Sidi Ifni relevant de la région Guelmime Oued Noun. La région présente l’avantage d’être restée préservée des attaques de la cochenille à carmin ou autre infection virale. Le fruit est ainsi parfaitement adapté à la consommation humaine.

A lui seul, il couvre d’ailleurs une superficie de 45.000 ha concentrée essentiellement dans les deux communes territoriales de Sbouya et Mesti (avec plus que 90% de la superficie) et concerne environ 2.800 producteurs qui, avec leurs familles, représentent près de 13.500 personnes.

Les deux tiers des peuplements de cactus sont représentés par la variété précoce Aissa (à partir du mois de juillet). La variété tardive Moussa qui s’étale jusqu’au mois de janvier, vient en seconde position avec 30%. Tandis qu’Achefri, une variété à épines, n’est cultivée qu’en bordures des vergers à des fins de protection. Aissa et Moussa, les deux variétés commercialisées, représentent une production de 360.000 tonnes par an, étalées sur sept mois, de juillet à janvier, dans les conditions climatiques normales.

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A lui seul, le cactus couvre une superficie de 45.000 ha concentrée essentiellement dans les deux communes territoriales de Sbouya et Mesti (avec plus que 90% de la superficie) et concerne environ 2.800 producteurs qui, avec leurs familles, représentent près de 13.500 personnes (Ph. F.N)

Etant donné le potentiel que représente ce fruit, la stratégie de promotion des produits de terroir du Plan Maroc vert (PMV) du ministère de tutelle s’est concentrée dans son pilier II «Agriculture solidaire», sur le développement de cette filière avec la création de coopératives et de Groupements d’Intérêt économique (GIE) de coopératives, organisations agricoles, formations et positionnement en termes de marchés.

L’accompagnement des unités vers une transformation agro-industrielle fait aussi partie du programme. C’est dans ce contexte que l’unité de conditionnement des fruits frais de figues de barbarie d’Ait Baâmrane, au niveau de la ville de Sidi Ifni, a été mise en place pour une enveloppe budgétaire de plus de 21 millions DH (13,5 millions DH pour la construction et plus de 7,6 millions DH pour l’équipement). La nouveauté aujourd’hui, et après plus d’un an d’inactivité, est que cette unité de conditionnement a été confiée à un opérateur privé et a repris du service. Ce nouveau gérant y conditionne son produit labellisé IGP «Cactus Ait Baâmrane» qui a la reconnaissance ONSSA relative à la sécurité sanitaire.

Pour les femmes de la région, c’est aussi l’occasion d’être intégrées dans le marché du travail durant la période d’activité de l’unité, et qui s’étale sur plusieurs mois. «Maintenant que l’unité est opérationnelle, le défi est de trouver les marchés pour commercialiser le produit», souligne Esserghini Laraisse, coordonnateur national du projet d’Accès aux marchés des produits agroalimentaires et de terroir (PAMPAT).

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L’unité de conditionnement des fruits frais de figues de barbarie d’Ait Baâmrane, au niveau de la ville de Sidi Ifni, a été mise en place pour une enveloppe budgétaire de plus de 21 millions DH. Dont 13,5 millions DH pour la construction et plus de 7,6 millions DH pour l’équipement (Ph. F.N)

En partenariat avec le ministère de l’Agriculture et l’Agence de Développement agricole (ADA), un projet financé par le Secrétariat d’Etat à l’Economie (SECO) du gouvernement Suisse et exécuté par l’Organisation des Nations unies pour le Développement industriel (Onudi). «D’où cette initiative d’inviter des acteurs de la distribution moderne à venir découvrir le potentiel de la région et de l’unité et de discuter avec les responsables les modalités pour mettre en place un partenariat commercial», a-t-il ajouté. En effet, le programme PAMPAT vise à améliorer la performance, l’accès aux marchés (national et export) et les conditions socio-économiques des opérateurs de la filière.

Et la visite organisée vendredi dernier a permis de mettre l’unité en relation avec les clients. Il s’agit en l’occurrence de Label Vie, Aswak Assalam et du site marchand Digital Logistics. Il ressort de ce premier contact que de beaux partenariats commerciaux s’offrent en perspective.

Pour rappel, la visite a aussi permis de découvrir une société spécialisée dans la valorisation du cactus d’Ait Baâmrane. Dénommée «Comptoir bio», cette unité est spécialisée dans la fabrication de l’huile de graines de figue de barbarie, la poudre de nopal, les filets de raquettes de cactus, des tisanes, du shampoing, savon artisanal, des crèmes pour le visage, de l’huile essentielle…Ces produits sont commercialisés au niveau du Maroc mais aussi à l’étranger notamment en France, Angleterre, Corée du Sud…

Une première unité du genre

L’unité de conditionnement de Sidi Ifni est la première du genre au Maroc, nous indique-t-on. Installée sur une superficie de plus de 2.400m2, elle a une capacité de conditionnement de 10.000 tonnes par an de fruits de bonne qualité, soit deux camions de 20 tonnes par jour. Au niveau des équipements, cette unité de conditionnement est dotée de chaînes de lavage, de triage (polisseuse, laveuse, transporteur des écarts), de calibrage (calibreuse électronique), d’emballage et de 4 chambres froides.

En plus du matériel de conditionnement, l’unité est équipée en matériel technique: à savoir, balances électroniques, pèse palettes, transpalettes manuelles et électriques, chariots élévateurs électriques et à gasoil et auto-laveuse. «L’unité a été conçue de manière à répondre aux normes de production, et pour des mesures de sécurité, elle est dotée d’un système anti-incendie, d’un groupe électrogène, de lave-mains…», explique Hassan Frane, directeur provincial de l’Agriculture de Sidi Ifni.

Des atouts à la pelle…

Le cactus opuntia présente plusieurs avantages: écologique, socio-économique, alimentaire, cosmétique ou encore thérapeutique. En effet, au Maroc, c’est une espèce utilisée comme plante fourragère pour l’amélioration des parcours, pour la préservation des sols contre l’érosion, la lutte contre la désertification et la conservation de la biodiversité. Elle contribue également à la régénération des espèces végétales spontanées et à la constitution d’un microclimat favorable au développement d’une faune et une flore très diversifiées. Sur le plan économique, le cactus permet une rentabilité satisfaisante grâce aux ventes de fruits et aux potentialités de transformation offertes: extraction d’huile, confiture, jus, tisanes de fleurs, savon, vinaigre… Sur le plan nutritionnel, la figue de barbarie est l’un des aliments le plus complet et le plus riche en différents nutriments (sels minéraux, vitamines…). En effet les fruits peuvent être consommés à l’état frais, congelés, confits ou séchés ou encore transformés en jus, sirop, farine, confiture ou en huile alimentaire de graine. «Le Cactus (figues et raquettes) revêt aussi des vertus thérapeutiques et cosmétiques diverses, notamment sous forme de crèmes, de shampoings et d’assouplissants de cheveux», précise Ali Berrada, expert en Réseaux d’entreprises et Cluster.