SOUSS-MASSA : LA RECONVERSION DES MONO-ARTISANS EN PME TOUJOURS TRÈS FAIBLE

par Yassine SABER – leseco.ma – 11/09/2017

Le point d’exportation au niveau de la Direction régionale de l’artisanat d’Agadir, a enregistré, au titre de l’année 2016, près de 5,8 MDH. La faible transmission des mono-artisans vers les PME artisanales limite les exportations.

Le secteur de l’artisanat au niveau de la région Souss-Massa compte près de 24.000 artisans. Mais seule une vingtaine d’entre eux réussissent le passage de l’atelier vers l’entreprise artisanale alors que la majorité du tissu productif est structuré en mono-artisans qui représentent la majorité. Selon le secrétariat d’État chargé de l’artisanat qui organise, durant cette semaine, en partenariat avec le Conseil régional Souss-Massa, le salon régional de l’économie sociale et solidaire à Agadir (en marge de la 2e édition du Sommet Climate Chance), les PME artisanales sont essentiellement actives dans les filières du zellige traditionnel, des tapis, du bois, de la poterie et du cuir, mais ce qui justifie davantage la transmission des mono-artisans vers les PME artisanales est l’amélioration de l’export.

Aujourd’hui, la plupart des mono-artisans pratiquent leurs activités dans des ateliers individuels à domicile dans des quartiers urbains ou bien au sein des complexes artisanaux avec une appartenance associative. Ils œuvrent principalement dans les filières des tapis (38,37%), de la céramique (8,37%), du bois (8,54%), du cuir (8,49%) ainsi que de la bijouterie. Bien que ce tissu associatif couvre toutes les provinces de la région, il reste selon la Direction régionale d’artisanat d’Agadir, relativement faible malgré le nombre important d’artisans au niveau de ce territoire. En effet, une bonne partie de ces associations est inactive, son rôle est plutôt représentatif que productif. S’agissant de l’export, les produits acheminés vers l’étranger ne reflètent pas encore le poids que représente ce secteur dans l’économie de la région. Le point d’exportation au niveau de la Direction régionale de l’artisanat d’Agadir, a enregistré au titre de l’année 2016, près de 5,8 MDH. Ce qui peut être expliqué par le manque d’entreprises artisanales productrices en masse au niveau de la région, étant donné que la reconversion des mono-artisans en PME reste toujours très faible.

Mise à niveau lancée
Partant de ce constat, l’ensemble des actions menées dans le cadre du Plan de développement régional de l’artisanat ont été essentiellement orientées vers l’amont de la filière, notamment l’accès à la matière première, la structuration et l’accompagnement du tissu artisanal en plus de la formation et la modernisation des techniques et infrastructures de production, et du chantier de labellisation. Actuellement, deux circuits d’acheminement régissent les exportations vers l’étranger. Il s’agit du point de débarquement d’Agadir qui demeure la principale voie des artisans vers l’étranger tandis que d’autres préfèrent acheminer leurs produits vers Marrakech, Fès, Safi…ce qui génère un impact négatif sur le chiffre réalisé en termes d’exportations de la région.

Concernant la distribution des produits artisanaux, elle passe par deux principaux acteurs de commercialisation. Il s’agit des bazaristes qui sont estimés, selon la Direction régionale d’artisanat d’Agadir à environ 1.100 bazaristes dont plus de 70% d’entre eux sont installés à Agadir et à Tiznit (vente de la joaillerie en argent) alors que les grossistes représentent le second circuit. Ce type d’acteurs joue principalement le rôle d’intermédiaire entre les artisans (producteurs) et les bazaristes. La région compte approximativement 30 grossistes dont environ 10 à Agadir, tandis que le reste est réparti entre Inezgane, Taroudant et Tiznit. Par ailleurs, la mise à niveau de l’ensemble artisanal d’Agadir a été lancée. «Le marché a été déjà adjugé alors que l’ordre de service sera donné prochainement à l’entreprise pour la réalisation des travaux», souligne Baba Korchi, directeur régional de l’artisanat.

Agadir abrite le Sommet mondial Climate Chance

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com – 11/09/2017

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  • Ouverture ce lundi 11 septembre, 3000 participants attendus

Déforestation, érosion, inondations, submersion marine… Différentes menaces pèsent sur la planète avec un seul dénominateur commun, le réchauffement climatique et ses conséquences dramatiques en sont malheureusement une preuve. L’ouragan qui vient de dévaster l’île de Saint-Martin et qui menace la Floride devrait finir par convaincre ceux qui soutiennent que le changement climatique était un canular dont Donald Trump.

En 2016, une étude scientifique australienne avait conclu à la disparition de cinq îles des Salomon, un Archipel du Pacifique…  La lutte contre le changement climatique ne relève pas du seul ressort des gouvernements, d’où une multiplication des initiatives. Le Sommet mondial Climate Chance qui se tient à Agadir à partir d’aujourd’hui jusqu’au 13 septembre, en est une.

Ce rendez-vous annuel des acteurs non-étatiques engagés sur le climat se tient moins d’un an après la COP22 et à la veille de la COP23 prévue en novembre prochain à Bonn. Ce sommet est ainsi l’occasion de dresser un bilan de l’avancement des initiatives entreprises.

En fait, la dynamique Climate Chance repose sur le dialogue multi-acteurs et la valorisation des actions concrètes, avec des enjeux prioritaires. Comme le financement de l’action, la convergence des agendas Climat et Développement, l’approche territoriale… Ce sommet s’organise autour de différents formats: des plénières autour de grands sujets, des focus sur des initiatives mobilisatrices, des forums et ateliers autour de l’accélération de l’action climat.

3000 participants sont attendus au Climate Chance à Agadir dont de nombreux experts. L’idée est de démontrer que la mobilisation des acteurs non étatiques engagés dans la lutte contre les changements climatiques est indépendante des aléas politiques et des agendas des gouvernements.

La deuxième édition du Sommet mondial Climate Chance, axée sur le progrès de l’action, est organisée par l’Association éponyme en partenariat avec le Conseil régional Souss Massa. Cet événement labellisé COP22 et COP23 se tient dans la continuité du Sommet mondial climat et territoires (Lyon 2015) et de la 1re édition du Sommet Climate Chance (Nantes 2016).

Ce sera l’occasion d’échanges de bonnes pratiques et de construction d’une action collective autour de la mise en œuvre de l’Accord de Paris et de la participation des acteurs non étatiques à la réévaluation des contributions nationales.

 La CGEM en première ligne

I4CE (Institute for climate economic) participe à trois side-events.  Une plénière thématique «Comment aligner les flux de financements pour une action climatique locale ?» ; un atelier «Pourquoi et comment engager les Etats à appuyer l’action climat des collectivités locales?» et un forum Financement sur «l’Etat des lieux de la finance climat territoriale».
Au niveau de Souss Massa, 3 initiatives régionales seront présentées :
le projet «Zéro décharge» ; le dessalement d’eau de mer par énergie solaire  et la valorisation des boues de STEP (station de transfert d’énergie par pompage).
La CGEM interviendra lors du Focus 4C prévu ce lundi en sa qualité de membre fondateur de ce centre pour y présenter sa contribution.

Deuxième édition du «Sommet Climate Chance» 5.000 militants associatifs soulignent l’urgence d’une action commune contre le dérèglement climatique

par Samir Benmalek – lematin.ma – 11/09/2017

Sommet-Climate-Chance.jpgLe «Sommet Climate Chance» est la plus grande réunion jamais organisée sur le climat par la société civile.

Jusqu’au 13 septembre se poursuit à Agadir la deuxième édition du «Sommet Climate Chance» dédié aux structures non étatiques impliquées dans la lutte contre le réchauffement climatique. Avec ses 5.000 participants issus de tous les continents, ce sommet est «la plus grande réunion jamais organisée sur le climat par la société civile», estime le sénateur français Roman Dantec également président de l’association à l’origine, avec le Conseil de la région de Souss-Massa, de cette initiative.

«La plantation, depuis le lancement du Plan Maroc vert en 2008, de 12 millions d’arbres fruitiers, la sécurisation des ressources hydriques et les projets réalisés dans le cadre de l’agriculture solidaire dans les zones vulnérables, ont permis la séquestration de 177 millions d’équivalent tonnes de CO2», a fait savoir Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, à l’ouverture de la deuxième édition du «Sommet Climate Chance» qui se poursuit à Agadir jusqu’au 13 septembre. Ce résultat, affirme le ministre, n’a pu être obtenu que grâce à l’implication des populations locales. À l’ouverture de ce conclave, placé sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, et qui réunit ONG, élus, collectivités locales et secteur privé ainsi que des ministres et des organisations internationales, l’accent a été mis sur l’état d’avancement des négociations climatiques avec les grands acteurs de l’Accord de Paris et de la COP 22, notamment suite à l’annonce du retrait des États-Unis.

La participation de la société civile dans la gestion de l’ensemble des aspects liés au climat est l’essence même de ce Sommet : «au-delà des accords internationaux, ce sont les actions menées au quotidien par les citoyens qui permettront de réduire les émissions de gaz à effet de serre», a également indiqué le sénateur français Roman Dantec également président de l’association à l’origine, avec le Conseil de la région de Souss-Massa, de cette initiative. Ce ne sont pas moins de 5.000 militants associatifs qui, réunis à Agadir, font de cette édition «la plus importante rencontre sur le climat de la société jamais réalisée», selon Roman Dantec. La secrétaire exécutive de la Convention Cadre des Nations unies sur le changement climatique, Patricia Espinosa, en a trouvé motif à satisfaction : «Bravo le Maroc», a-t-elle dit tout en insistant que «nous n’avons pas le luxe du temps. Chaque semaine dans chaque pays se déroulent des catastrophes naturelles» dont les impacts sont de plus en plus destructifs. Les cyclones qui ont frappé les îles des Caraïbes et la Floride aux États-Unis étaient sur toutes les lèvres lors de ce Sommet qui se tient à mi-chemin entre la COP 22 de Marrakech et la COP 23 qui sera présidée par les îles Fidji en terre allemande.

Pour souligner l’urgence d’une action commune dans la lutte contre le changement climatique, Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable, a choisi une formule choc : «c’est une tentative de suicide collective». Aziz Rabbah a également évoqué «les changements structuraux que connait le Maroc où chaque région dispose de son propre plan de développement» et a également rappelé les partenariats qu’entretient son département ministériel avec le monde de l’entreprise à travers la Confédération générale des entreprises au Maroc et avec l’Alliance marocaine pour le climat. Ce Sommet est l’occasion pour les réseaux d’acteurs non étatiques et le secteur privé de s’exprimer et d’apporter des solutions concrètes à travers des forums et des ateliers sur des sujets clés tels que l’économie circulaire, la transition énergétique et l’emploi, l’entrepreneuriat écologique et social, l’innovation et la gestion des ressources naturelles ou encore l’adaptation et le financement climat.

La plénière d’ouverture a permis de faire le point sur le progrès de l’action des acteurs du climat et de montrer le chemin parcouru depuis l’édition 2016 de «Climate Chance» tenue à Nantes en France.
Au total, cinq séances plénières et plusieurs évènements parallèles ponctueront les trois jours de ce sommet qui fera aussi un état des lieux de la mobilisation des acteurs non étatiques, du progrès de l’action, des difficultés rencontrées ainsi que des axes d’actions existants et des solutions envisageables pour lutter contre le réchauffement planétaire.
À l’image de la COP 22, une place particulière sera donnée aux attentes et aux contraintes spécifiques à l’Afrique.

Le Maroc est de nouveau au centre de l’échiquier climatique mondial

Après la COP 22 à Marrakech, le Maroc est de nouveau au centre de l’échiquier climatique mondial. Agadir accueille une grande messe des acteurs non étatiques engagés contre le dérèglement du climat. Ce deuxième Sommet dit «Climate Chance» se veut une plateforme de rencontres et de mobilisation pour une action collective autour de la mise en œuvre de l’Accord de Paris et de la participation des acteurs non étatiques à la réévaluation des Contributions nationales (NDC). Plus que jamais, en effet, le chemin à parcourir pour contenir le réchauffement planétaire semble tout aussi long que semé d’entraves. Pour les réseaux d’acteurs de la société civile, les collectivités locales et le secteur privé, le conclave d’Agadir sert justement d’occasion propice pour faire entendre à nouveau leurs voix et mettre en évidence leurs engagements, tout en favorisant un nouvel élan de mobilisation des États en faveur de solutions concrètes aux enjeux de l’heure. Ces questions pressantes seront au cœur des débats lors des différents forums et ateliers, telles la transition écologique et l’emploi, l’eau, les océans, l’agriculture, la forêt et la biodiversité, l’innovation et la gestion des ressources naturelles ou encore l’adaptation et le financement du climat. De l’avis des organisateurs, en l’occurrence le Conseil régional Souss-Massa et l’Association Climate Chance, cet évènement d’envergure internationale «s’annonce d’ores et déjà comme un succès»