Une action est lancée par le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville pour la promotion de l’agriculture urbaine. Un projet pilote va concerner, au début, les villes d’Agadir et de Beni Mellal. Cela paraît, à première vue, étonnant et contradictoire. Or le ministère considère qu’en matière de durabilité des territoires, «cette action est une nouvelle manière de concevoir et d’intervenir dans l’espace à travers la promotion de l’agriculture urbaine qui représente aujourd’hui un enjeu de planification urbaine et se trouve valorisée dans ses dimensions économique, environnementale et sociopolitique». Cette action fait aussi partie de la mise en place d’un programme national de l’urbanisme durable visant la préparation du devenir des territoires à l’horizon 2040.

Ainsi, le ministère de l’Aménagement du territoire lance une étude relative à «la promotion de l’agriculture urbaine pour un développement urbain durable», sur les cas d’Agadir et de Beni Mellal, en vue de soutenir durablement les territoires et participer à la création de liens fonctionnels positifs entre zones urbaines, périurbaines et rurales. Et ce, en adoptant des mesures incitatives en faveur de la croissance économique et en renforçant la résilience des villes face au changement climatique.

Cette étude a plusieurs objectifs. Il s’agit notamment de faire de l’agriculture urbaine un levier de développement économique, sanitaire et social et contribuer au rayonnement économique de la ville au niveau régional et national. Ce qui devrait permettre de créer les conditions d’un développement économique local dynamique, équilibré, solidaire, ouvert à tous et équitable, favorisant la création d’activités et d’emplois locaux dans le domaine agricole. L’étude vise aussi à agir pour maîtriser l’étalement urbain et rééquilibrer le lien entre la ville et sa périphérie rurale. Cela va permettre également de mettre en valeur la ressource foncière comme une ressource précieuse qu’il convient d’utiliser le plus efficacement possible. Le département de Nabil Benabdallah entend, à travers cette initiative, favoriser la préservation des terres agricoles et des richesses naturelles et réduire les empreintes environnementales dues à l’urbanisation en préservant et valorisant la biodiversité, les sols, les milieux naturels et en restaurant et valorisant la nature en ville.

Ce concept de l’agriculture urbaine devra aussi permettre de vivre la ville autrement à travers la création d’un cadre de vie viable favorisant les solidarités et la mixité en adoptant de nouvelles manières de concevoir l’espace urbain. Selon les attentes de cette étude, cela va rehausser la qualité paysagère et rendre possible l’existence de paysages destinés à la consommation urbaine permettant d’améliorer le bien-être du citadin. Cela va participer également à faire émerger une esthétique urbaine plus sensible et plus humaine de l’environnement à travers notamment le design végétal. D’un autre côté, cela va contribuer à développer l’utilisation des technologies modernes, notamment pour recycler les eaux pluviales, assurer une production contrôlée et une gestion qualitative et économe des ressources en eau et éviter les rejets des eaux polluées dans les nappes.

En ce qui concerne le choix des sites pilotes, il est justifié selon le département de l’Aménagement du territoire par la particularité des deux régions. Agadir constitue la capitale régionale de Souss-Massa, qui a connu un développement économique exponentiel durant les quinze dernières années et, parallèlement, une importante croissance démographique et une urbanisation avec de grands changements dans l’occupation du sol. Cependant, la pérennité des activités agricoles est aujourd’hui menacée, en raison de la baisse continue du niveau de la ressource hydrique, ce qui soulève la problématique de leur mode de gestion et de développement.

En ce qui concerne Beni Mellal, elle jouit d’une place importante au sein de l’armature nationale, ce qui joue en sa faveur en matière d’attraction de la population et des activités. Cependant, l’agriculture, en tant que principale activité de la région, subit une pression importante qui se traduit par une expansion urbaine s’opérant au détriment d’un riche espace vivrier de plusieurs centaines d’hectares. C’est pour toutes ces raisons que ces deux territoires pilotes ont été choisi pour la promotion et le développement de l’agriculture urbaine.