Festival Anmoggar N’Jazz Agadir : 3ème soirée

.Troisième et dernière soirée de ce beau Festival de Jazz à Agadir qui a été une belle réussite due à Franck Patillot et à toute l’équipe de l’Institut Français d’Agadir.

Après que nous ait été diffusé un enregistrement où Franck Patillot expliquait sa démarche pour la création du Festival Anmoggar N’Jazz,
Dominique Doudet, Consul Général de France a tenu à remercier Franck Patillot pour le travail considérable qu’il a accompli pour la mise en place de ce magnifique Festival :

Il a remercié également tous ceux qui ont oeuvré à la réussite de ce Festival, et bien sûr en particulier tout le personnel de l’Institut Français d’Agadir.

Remerciements également à Yann Martin, directeur artistique du festival Jazz à L’Étage.

Le programme de ce soir prévoit trois parties :
Bocle Brothers Quartet :

Le choix des instruments est essentiel dans la démarche artistique de Gildas Boclé en ce qu’il raconte aussi des histoires ayant jalonné son parcours de musicien. On sait que c’est la contrebasse de Patrice Caratini aux côtés de Maxime Le Forestier qui lui a donné un beau jour l’envie d’apprendre cet instrument, dont il affectionne particulièrement le jeu à l’archet. Chez lui, la contrebasse est chanteuse avant tout. Idem pour le vibraphone, dévolu à son frère Jean-Baptiste : souvenirs d’une belle rencontre avec Gary Burton et de Or Else, un disque paru en 2006. Ce même Burton qui avait enregistré en 1969 un album intitulé Country Roads And Other Places, dont le titre était évoqué en filigrane par le contrebassiste breton en 2014 sur Country Roads. Et puis, il y a la cornemuse irlandaise, ou uileann pipes, au cœur du Keltic Project que les frangins font vivre depuis une vingtaine d’années et qui leur a même valu en l’an 2000 un invité de luxe sur leur deuxième album, Pas An Dour, en la personne du regretté Michael Brecker. Celui-ci fut séduit par l’intégration dans leur musique de cet instrument pas tout à fait comme les autres, au sujet duquel Gildas Boclé écrit : « La première fois que j’ai entendu des uilleann pipes, ce fut comme un coup de foudre, une sonorité à la fois douce et primaire, j’ai tout de suite voulu l’intégrer à notre groupe ». Les frères Boclé ont trouvé en la personne de Loïc Bléjean le musicien à même de satisfaire leurs envies irlandaises : ce musicien, breton comme eux, a démarré l’apprentissage de l’instrument à la fin des années 80 et s’est perfectionné à l’occasion de nombreux séjours en Irlande pour devenir un musicien actif et éclectique de la scène celtique. Ajoutons la batterie de Simon Bernier, qu’on a pu croiser voici quelque temps du côté de l’Amañ Octet et l’équipage sera complet.

en seconde partie, Equal Crossing :

Le quartet du violoniste construit une suite en trois mouvements fort écrite, articulée autour de rendez-vous musicaux efficaces et polymorphes qu’élaborent les recherches sur les timbres autant que sur la répétition et les disruptions. L’ensemble de la suite flue, reflue, diflue, mafflue, melliflue dans une palette d’ensemble souvent hardcore et aux reflets  »classique-contemporain » assumés ; prouvant au passage que les deux couleurs ne sont en aucun cas antinomiques (« Doubt & Fear »).

Dès lors, le quartet de Régis Huby parvient à s’inscrire dans une musique d’un certain âge mais dont il incarne une vitalité actuelle et pénétrante ; dans un propos aussi personnel que divers et riche qui évite aussi bien les chromos propres à trop de musique de genre, que l’éparpillement façon puzzle. Le bruitisme et le groove emberlificotés, ça ne fait pas trop, ça ne fait pas surjoué. « Are we from… ? » Mieux que ça, Régis Huby parvient à offrir une musique à la polysémie troublante et séduisante, qui dans sa sophistication parvient à porter l’auditeur loin dans la jouissance à la façon de ce long ostinato crescendo de la guitare, comme une antienne post-tout. « The Crossing of Appearances ». Il s’arrête, il est là encore, en négatif, il repart.


Et la troisième partie qui viendra clore ce Festival :
Samira Brahmia :

Rien ne la prédestinait vraiment à une carrière artistique. Sitôt son bac en poche, elle entame l’Ecole Polytechnique (« Mais vite fait, hein, précise-t-elle en souriant. J’ai très vite constaté que ce n’était pas pour moi.. ») puis se rabat rapidement sur des études de Sciences Eco. Tout en suivant son cursus universitaire, elle mène la vie étudiante d’Alger et commence jouer de la guitare et à écrire des mélodies. Voilà qui lui convient nettement mieux que les statistiques ou les relations entre marchés financiers et défiscalisation. Elle troque rapidement la macro contre le micro, et devient choriste au sein d’« Index », LE groupe de rock du moment.
En mars 2003, Samira est invitée à participer au deuxième festival « Femmes d’Algérie », dont elle sera la découverte-phare. Depuis Samira travaille sur son premier album, peaufinant un style personnel profondément métissé, tout en prêtant son talent à d’autres aventures comme la compagnie équestre Salam Toto, dans un spectacle où Samira Brahmia assure les parties musicales en direct, tandis que les chevaux dansent, envoûtés par cette voix pure et profonde.

 

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