Archives de mai 22nd, 2018

LA RUÉE VERS LE GRAND SUD : LE MAROC EN 4 MINES D’OR

Par Leïla Driss – le360.ma – 21/05/2018

La ruée vers l'or

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Le Maroc regorge de ressources naturelles, de précieux minerais, et dans certaines régions du sud, de gisements d’or. La ruée vers l’or, ce n’est pas qu’une histoire mythique américaine. Au Maroc aussi, on chasse le précieux métal doré.

1. La mine d’Akka
Mine Akka

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A 280 km au sud-ouest d’Agadir, se trouve la mine d’Akka, exploitée par Akka Gold Mining (Managem) qui y a lancé depuis 2007 l’exploitation et le traitement de l’or et du cuivre. Managem assure également un rôle social dans la région en veillant à développer les actions de promotion de la scolarisation, de protection de l’environnement et œuvre pour le désenclavement de la région et l’accès aux soins.
2. La mine de Tiouit
Mine de Tiouit

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Cette mine d’or, fermée depuis 1964, a été réactivée suite au déversement de résidus miniers dans la nappe phréatique dans la région de Tiouit, en 2015.

Située à quelques 45 kilomètres de la ville de Ouarzazate, près de Tinghir, cette mine a été exploitée de 1932 à 1961 par l’ONA, alors dirigé par Jean Epinât. De 1961 à 1962, le relais de la gestion du site va passer à la Compagnie minière d’Agadir qui en assurait la gestion avant que celle-ci ne soit tout bonnement oubliée pendant 48 ans. Elle est ensuite réactivée en 2012 par Co.Company SA qui y produit des lingots d’or à haute teneur, des lingots d’argent ainsi que des lingots d’argent aurifère. Si la minéralisation aurifère dans le projet a été découverte en 1946, les opérations d’exploitation ont démarré quant à elles en 1950.

3. La mine de Tichla
Mine de Tichla

Mine de Tichla © Copyright : DR

La province de Oued Eddahab ou Rio de Oro pour les hispanophones porte bien son nom. C’est précisément dans la région de Tichla, dans la province d’Aousserd, qu’en 2017 ont été découverts des gisements d’or par les populations locales. Contactée par le360, à cette occasion, une source précisait alors, que lorsque la nouvelle s’est répandue, de nombreux Marocains se sont empressés d’acquérir une machine de prospection qui valait entre 20.000 et 30.000 dirhams, à cette époque, pour partir à la conquête de l’or. Ceux qui réussissaient à en trouver le vendaient ensuite à Dakhla, à des prix compris entre 350 et 400 dirhams le gramme. Cette même source indiquait aussi au 360 que les chasseurs d’or «attendent généralement l’automne ou l’hiver, parce qu’il fait plus frais. L’or monte à la surface et devient ainsi plus facile à extraire, contrairement à l’été, où le métal se dissimule dans les profondeurs du sol.» Mauvaise nouvelle pour les nouveaux venus, l’extraction d’or à Tichla a, depuis, été interdite par les autorités

4. La mine de Boumadine
Mine de Boumadine

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Située dans la province d’Errachidia, la mine de Boumadine et son exploitation sont entre les mains de la filiale marocaine du groupe canadien Maya Gold & Silver. Ce gisement qui s’étend sur près de 32 km² est, selon des études réalisées sur des prélèvements, riche en or (entre 1,85g et 2,71g par tonne), en argent (entre 133 g et 180 g par tonne) et en soufre (entre 16% et 25,6%).

Le combat de l’architecte marocaine Salima Naji pour la pierre contre le ciment

portaildumaroc.com – 17/05/2018

Salima Najiune architecte marocaine spécialiste des constructions respectueuses de l’environnement, favorise dans ses constructions des techniques ancestrales, plutôt que les matériaux et conceptions uniformes qui ne tiennent pas compte des particularités liées aux lieux d’implantation des bâtiments.

Un « mal-développement »

Dans le centre des archives de Tiznit (sud marocain), conçu par Salima Naji une fraîcheur inattendue saisit le visiteur. Inutile de chercher les climatiseurs: ici, l’air circule grâce aux techniques ancestrales, alors que cette région connaît un climat aride et des températures extrêmes. « La première évidence, c’est de faire ce qui est adapté à un climat », explique cette architecte-anthropologue qui mise tout sur les matériaux locaux et les savoir-faire traditionnels.

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Le musée du village d’Amtoudi près de Tiznit dans le sud marocain © Le musée du village d’Amtoudi près de Tiznit dans le sud marocain

Pour le centre des archives, cette professionnelle engagée a opté pour l’adobe, des briques de terre crue, plutôt que le ciment, des ouvertures en hauteur qui permettent la circulation d’air, des croisillons pour protéger la façade ou encore une galerie bioclimatique qui apporte la fraîcheur de sa végétation et de ses fontaines.

« Je regarde d’abord ce qui se fait sur place, plutôt que de transposer des choses d’ailleurs », dit cette architecte diplômée en anthropologie qui a déjà restauré plusieurs bâtiments historiques. Avec, toujours, cette double priorité: défendre les traditions et l’environnement.

Elle ne comprend pas pourquoi « à un moment, les gens ont arrêté de construire avec des matériaux locaux ». Pourquoi « cette idée du développement, qui est un mal-développement mais qui aux yeux des gens est le développement, fait que l’on tourne le dos à cet héritage ».

Portrait de l’architecte marocaine Salima Naji
Pourquoi utiliser le béton ?

Pisé, pierre, chaux, bois de palmier… cet héritage, Salima Naji refuse de l’abandonner. Fille d’un Marocain et d’une Française, cette femme de 47 ans a étudié à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris et à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales.

Elle a commencé par utiliser ces matériaux traditionnels pour des particuliers. Puis elle dit avoir pris conscience que « c’est très bien de construire pour les riches mais (que) le paysage est en train de s’effriter ».

Dans la région de l’anti-Atlas, l’architecte a donc restauré des ksours (villages fortifiés), d’anciennes mosquées et des greniers collectifs, ces bâtiments fortifiés construits pour stocker les récoltes. Parmi la quinzaine de greniers qu’elle a déjà restaurés, figurent ceux d’Amtoudi, récemment filmés dans « Le Maroc vu du Ciel » par Yann Arthus Bertrand.

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Le musée du village d’Amtoudi près de Tiznit, dans le sud marocain

Salima Naji réussit aussi à gagner des marchés publics. A Tiznit, ville à une centaine de kilomètres au sud d’Agadir où elle vit dans une petite maison traditionnelle, elle a conçu le nouveau musée, le centre d’archives et « la maison de pays », un espace pour vendre des produits du terroir et organiser des spectacles. Tous construits selon des techniques traditionnelles.

Il a bien fallu se résoudre à utiliser du béton puisque le code de l’urbanisme marocain l’impose dans toutes les structures accueillant du public. Mais a minima : « je ne comprends pas qu’on accorde du crédit à ce matériaux qui n’a pas de valeur, ni historique, ni climatique, ni esthétique et qui est cher ! C’est froid l’hiver, chaud l’été, c’est sec, ça accuse encore le taux de sécheresse d’un bâtiment ! ».

L’éco-construction et le respect des traditions par Salima Naji

Changer sans oublier le passé

Ce qui est essentiel, insiste l’architecte, « c’est qu’au Maroc, les traditions sont vivantes, en perte de vitesse certes mais pas mortes comme ailleurs ». Pour les greniers d’Amtoudi, elle a pu travailler avec les artisans locaux. Mais le défi, c’est de convaincre les plus jeunes d’apprendre ses techniques.

« Créer des filières, cela donnerait du travail », estime l’architecte. Selon elle, développer la recherche permettrait d’améliorer ou d’adapter les matériaux et techniques vernaculaires.

L’architecte-anthropologue se fait aussi avocate: « J’ai tout un travail à faire d’accompagnement, de réapprentissage, pour redonner confiance » à ceux qui doutent des matériaux locaux et des techniques ancestrales.

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Le musée du village d’Amtoudi près de Tiznit, dans le sud marocain © Fred Prab / AFP

On lui a prédit qu’avec la pluie, les constructions ne tiendraient pas. En réalité, bien construites et bien entretenues, les structures durent plus longtemps que celles en ciment, explique la spécialiste en citant l’exemple des remparts millénaires de Rabat, sa ville natale.

L’an dernier, Salima Naji avait profité de la COP22 organisée à Marrakech pour plaider pour « une autre architecture ». Son combat: « diffuser des alternatives à un mode de vie tout-ciment ».

Pour elle, les choses bougent lentement : « J’ai vu des gens qui ont envie de changement dans ce pays, qui ont envie de quelque chose de beau, d’intelligent, quelque chose qui se tourne vers l’avenir mais n’oublie pas le passé« .

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