Deux ans après l’entrée en vigueur du ‘’ Zero Mika ‘’, quel bilan ?

2M.ma – 01/07/2018

Deux ans après l’entrée en vigueur du ‘’ Zero Mika ‘’, quel bilan ?

A l’occasion de la « Journée Mondiale Sans Sacs Plastiques » célébré le 3 juillet de chaque année  et du second anniversaire de l’entrée en vigueur de la loi 77-15 interdisant les sacs en plastiques au Maroc, l’association Zero Zbel vient de publier les résultats d’une enquête sur l’usage des sacs en plastiques au Maroc.

Les résultats de l’enquête montrent clairement que les sacs plastiques sont encore couramment utilisés sur les marchés, et que la loi 77-15 n’a visiblement eu qu’un effet limité : 60% des commerçants interrogés déclarent que plus de 80% de leurs clients exigent des sacs en plastique, et 65% des clients déclarent utiliser entre 5 et 15 sacs en plastique à chaque fois qu’ils font leurs courses.

De plus, 41% des personnes interrogées considèrent que la consommation des sacs en plastique est restée la même depuis l’entrée en vigueur de la loi, et 8% considèrent qu’elle a augmenté. Pourtant, les marocains interrogées ont très majoritairement conscience de l’existence de la loi et de l’impact des sacs plastiques : plus de 90% des personnes interrogées savent que la loi 77-15 existe, et 59% considèrent que les sacs en plastique ont un impact fort sur l’environnement et la santé.

Concernant  la question « Pourquoi les sacs en plastique sont-ils encore consommés? », 68% des clients interrogés citent le fait qu’ils soient distribués gratuitement comme raison principale. Dans le même sens, on constate que l’usage des alternatives aux sacs en plastique est très limité. 66% des commerçants interrogés déclarent avoir « peu régulièrement » ou « jamais » de clients qui utilisent des alternatives aux sacs en plastique. D’après les personnes interrogées, les 3 principaux freins à l’usage des alternatives sont leur prix trop élevé, la difficulté pour les consommateurs à changer leurs habitudes, et le fait que les alternatives disponibles ne sont pas assez pratiques. Les produits humides (poisson, viande, volaille, olives, citrons confits, huile…) sont les principaux produits pour lesquels il manquerait des alternatives pratiques.

Lors de cette enquête, l’association Zero Zbel a posé la question  aux  consommateurs marocains concernant  « comment a évolué le prix des sacs en plastique depuis l’entrée en vigueur de la loi 77-15 ? ».

88% des commerçants déclarent que le prix des sacs en plastique a augmenté. Vu que les sacs sont encore distribués gratuitement aux clients, ce sont donc les commerçants qui doivent prendre en charge le coût additionnel lié à cette augmentation. Les commerçants sentent également qu’ils sont entre le marteau et l’enclume, car tant que des sacs plastiques illégaux seront facilement disponibles leurs clients continueront d’en exiger, et d’un autre côté ils risquent d’être pénalisés par les autorités.

Pour une meilleure application de la loi 77-15, l’association Zero Zbel préconise d’agir prioritairement en amont de la chaine de valeur : il est nécessaire de renforcer les contrôles et les sanctions auprès des producteurs illégaux et des grossistes de sacs en plastique. Pour une meilleure gouvernance de l’application de la loi 77-15, il est aussi nécessaire de procéder annuellement à une évaluation d’impact de cette loi au niveau national, et de publier un rapport officiel transparent portant sur les efforts réalisés, les difficultés rencontrées et les résultats obtenus.

Il est essentiel de travailler au développement, à la promotion et à la mise sur le marché d’alternatives écologiques adaptées et à un prix accessible. Il est nécessaire de :

  • Développer des alternatives réutilisables et réellement respectueuses de l’environnement, qui ne soient pas en matière plastique (contrairement aux sacs non-tissés actuellement sur le marché).
  • Développer des contenants adaptés à l’achat des produits humides vendus au kilo et en vrac (viande, volaille, poisson, olives, citrons confits, huile…) De plus, il est indispensable de communiquer, éduquer et sensibiliser largement sur l’usage des alternatives aux sacs plastiques, en insistant notamment sur l’existence d’alternatives peu couteuses (notamment en réutilisant ou recyclant certains objets souvent disponibles à la maison). Les petits commerçants sont une cible essentielle à toucher, afin de les encourager à refuser de distribuer des sacs en plastique et à jouer un rôle de prescripteurs envers leurs clients pour l’utilisation d’alternatives réutilisables.

Soulignons que ce sondage a été réalisé dans 8 marchés de  trois  villes  à savoir Casablanca, Agadir et Tétouan.

 

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