Archives de août 30th, 2018

PATRIMOINE : BOUJLOUD, UN RITE EN MAL DE VALORISATION

par Yassine SABER – leseco.ma – 28/08/2018

Le culte du bélier anime, durant la période de l’Aïd el Kébir, les quartiers du Souss où des personnes se déguisent avec les peaux de moutons et de chèvres alors que les visages sont teints en noir. Des pratiques similaires à celle de Boujloud existent aussi dans d’autres régions européennes.

Il n’y a pas de fête du mouton sans le rite de «Boujloud» (l’homme à la peau) dans les localités du Souss. Traditionnellement lié à l’Aïd el Kébir, le culte du bélier anime durant cette période les quartiers de cette région où des personnes se déguisent avec les peaux de moutons et de chèvres et des pattes collées aux mains, leurs visages teints en noir, allusion faite au ciel nuageux et l’abondance de pluie. Cette tradition célébrée l’après-midi de l’Aïd est couramment accompagnée d’autres pratiques carnavalesques sous forme de déguisements burlesques. Toutefois, c’est le personnage de Boujloud qui incarne davantage l’aspect historique de ce rite préislamique qui est toujours précédé par la collecte des peaux pour la préparation des combinaisons humanoïdes alors que les fêtes sont généralement organisées sur les grandes places des localités de la région baptisées «Assayss».

Appelé selon les différentes régions du Maroc : «Bilmawen», «Boulbtayn», «Bouhidour», «Herma» ou encore «Bashikh» et bien d’autres appelations, ce rite a été préservé dans la région du Souss, le Haut-Atlas et l’Anti-Atlas. Et selon plusieurs historiens, ce culte païen est un rite antique qui n’est pas la propriété d’un peuple ou d’une région précise puisque les Grecs et les romains avaient déjà dans leurs mythologies des Dieux pastoraux tels que Pan et Lupercus, qui sont des divinités de la fertilité, protecteurs des bergers, des troupeaux et de la nature. Le constat est le même pour les Amazighs qui disposaient de divinités semblables comme Ammon et Yakouch. Et en dehors du Maroc, des pratiques similaires existent aussi aux îles Canaries où la tradition des Carneros de Tigaday fête cette pratique durant le mois de février à El Hierro, l’une des principales îles de l’archipel canarien où la culture amazighe est encore enracinée grâce aux Guanches. De surcroît, dans l’île de Sardaigne, particulièrement la commune de Mamoiada se déroule annuellement la tradition des Mamuthones et Issohadores revêtus de peaux de moutons et masques sur les visages alors que d’autres traditions sont commémorées aussi en Allemagne et en Autriche à travers les parades de Krampus vêtus de fourrures de moutons et de chèvres.

Par ailleurs, le rite de Boujloud est confronté actuellement à plusieurs difficultés, notamment sa valorisation à travers son classement au patrimoine culturel mais aussi à sa sauvegarde quant à ses différentes déformations (modification des combinaisons, utilisation de chambres à air et de tuyaux à la place des pattes et disparition de la teinte noire appelé Ikoulyan en amazigh) en plus de l’encadrement de cette pratique qui enregistre à l’instar d’autres activités festives des  dépassements tels que les agressions, l’usage de drogues et le harcèlement. Il va sans dire que pendant les années 2007, 2008 et 2009, le CRT d’Agadir Souss-Massa organisait sur le boulevard du 20 août «le Carnaval d’Agadir» le 27 septembre pour commémorer la journée mondiale du tourisme avec la participation des associations issues des quartiers populaires qui organisent ce rite. «Tous les hôtels jouaient le jeu et ont participé chacun avec leurs chars décorés», se rappelle Asmaa Oubou, directrice du CRT d’Agadir.

Toutefois, ce carnaval qui nécessitait plus d’1 MDH a été suspendu faute de moyens et l’implication d’autres acteurs. Aujourd’hui, les associations, à elle seules, ne peuvent pas assurer la continuité de ce rite puisque sa sauvegarde doit être mieux valorisée par des institutions publiques avec l’aide de la société civile. «Le rite de Boujloud offre toutes les caractéristiques d’un produit d’animation touristique, néanmoins il faut structurer cette pratique et assister les associations qui contribuent à la sauvegarde de ce culte», ajoute Asmaa Oubou. Pour rappel, le Carnaval Bilmawn Bodmawn a été initié il y a quelques années, mais cette initiative sous forme de grand défilé a été suspendue depuis deux années faute de moyens financiers et d’entente entre les différentes parties prenantes.

Développement durable L’ambassade de France au Maroc primée

lematin.ma – 30/08/2018

L’ambassade a obtenu le «Prix du jury» pour les jardins durables réalisés par l’ambassade de France à Rabat ainsi que les consulats généraux de France à Casablanca et à Agadir. Ph. DR

L’ambassade a obtenu le «Prix du jury» pour les jardins durables réalisés par l’ambassade de France à Rabat ainsi que les consulats généraux de France à Casablanca et à Agadir. Ph. DR

A l’occasion de la 26e conférence des ambassadeurs et des ambassadrices, l’ambassade de France au Maroc a reçu le «prix du jury» du concours «Ambassade verte».

L’ambassade de France au Maroc a reçu le «Prix du jury» du concours «Ambassade verte», un concours visant à récompenser les ambassades les plus engagées dans la défense de l’environnement. La représentation diplomatique a été récompensée pour les jardins durables réalisés par l’ambassade de France à Rabat ainsi que les consulats généraux de France à Casablanca et à Agadir.

Lancé en 2015 dans la perspective de la COP21, le projet «Ambassade verte» se présente comme une démarche globale et progressive de réduction de l’empreinte environnementale des représentations diplomatiques françaises à l’étranger, et l’ambassade de France à Rabat a été une des premières à adopter un plan dans ce sens.

En effet, trois ans après le lancement de ce plan, l’ambassade a enregistré des résultats tangibles : suppression de la chaudière au fuel, baisse de la consommation d’électricité de 17% en 2017, ainsi que le recyclage de dix tonnes de papier par an et de tous les déchets électroniques.

«Ces mesures, en cohérence avec les efforts déployés par le Maroc, ont permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 26%», se réjouit l’ambassade.

«Ambassade verte» est un concours organisé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de France dans le but de «susciter une émulation sur les projets «Ambassade verte» dans le réseau diplomatique et consulaire français, valoriser ceux déjà réalisés, promouvoir les échanges de bonnes pratiques et apporter un soutien au développement de nouvelles initiatives. Le concours a aussi pour buts de faire du réseau diplomatique une vitrine des savoir-faire français, améliorer la gestion, les performances des postes et réaliser des économies et atteindre la neutralité carbone en 2020», précise le Quai d’Orsay.

En d’autres termes, le réseau diplomatique et consulaire du ministère ambitionne, à travers le projet «Ambassade verte», de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, maitriser les consommations d’énergie et d’eau, promouvoir les énergies renouvelables, favoriser des achats plus durables, encourager la mobilité durable, protéger la biodiversité et l’environnement, réduire et trier les déchets et enfin sensibiliser en interne et en externe au développement durable.

GESTION DÉLÉGUÉE : ALSA ENCHAÎNE LES ANOMALIES À AGADIR

par Yassine Saber – leseco.ma – 30/08/2018

Depuis la mise en service de son parc de démarrage, en septembre 2010, plusieurs anomalies ont été enregistrées par les magistrats de la Cour des comptes par rapport à la cession de service public.

Huit ans après le démarrage de l’activité de Alsa City au Grand Agadir, la Cour des comptes de la région Souss-Massa s’est penchée sur la gestion déléguée du transport commun confiée à l’entreprise espagnole qui a réalisé un bénéfice net de l’ordre de 16,5 MDH au titre de l’exercice 2015 avec un chiffre d’affaires égal à 177,7 MDH grâce au transport de 180.000 clients chaque jour. Et depuis la mise en service de son parc de démarrage, en septembre 2010, plusieurs anomalies ont été enregistrées par les magistrats de la Cour des comptes par rapport à la cession de service public. Parmi elles, le non respect de l’engagement de la société espagnole quant à la réalisation des arrêts de bus.

Selon le contrôle effectué par la Cour des comptes, le délégataire avait conclu un accord commercial avec une autre société pour l’installation et l’exploitation des équipements aménagés (arrêts bus). Toutefois, face à l’avis défavorable du délégant (autorité), la société espagnole a émis une demande à travers laquelle elle a renoncé à l’exploitation de surfaces consacrées à la publicité en échange de son exemption de l’équipement des points d’arrêts. Par conséquent, cette demande a été validée à l’unanimité par la commission de suivi du 15 mars 2015 alors que la commune urbaine d’Agadir a été sollicitée pour la conclusion d’un contrat d’exploitation des équipements précités avec la société FC.com. Et compte tenu de cette exemption, les autres communes du Grand Agadir ont été obligées d’installer à leur tour des arrêts de bus à leurs charges alors que la ville d’Agadir est actuellement la seule commune qui a réussi à signer un accord avec la société FC.com. Ledit accord a permis l’installation de 89 points d’arrêt à Agadir tandis que le nombre fixé auparavant dans le cadre du plan de circulation était de l’ordre de 108 arrêts de bus au niveau de la commune d’Agadir. De l’avis de la Cour des comptes, la décision de la commission de suivi d’exempter la société Alsa de l’installation des arrêts de bus constitue une modification du contrat de gestion déléguée en ce qui concerne les engagements d’investissement.

De ce fait, le rapport a exigé la conclusion d’un avenant conformément à l’article 13.3 du contrat de la gestion déléguée. De surcroît, le rapport a démontré que la société espagnole n’avait pas respecté son programme d’investissement afférent aux panneaux de signalisation comme prévu par le cahier des charges. Selon le programme d’investissement mentionné dans le contrat de la gestion déléguée, Alsa City devrait mobiliser plus de 3,3 MDH pour l’installation des équipements, à hauteur de 80% durant la première année de service alors que le reste a été étalé sur deux années. Sur ce dernier point, la Cour des comptes a remarqué que l’investissement effectué durant cinq années n’a pas frôlé 1,2 MDH, soit seulement 35,68% du programme d’investissement.

A cet égard, et avant l’exemption de la société espagnole, elle n’a installé qu’un seul arrêt de bus alors que l’investissement accompli durant les trois années mentionnées légalement dans le contrat ne représente que 21,74% dudit programme. L’autre observation relevée par les magistrats de la Cour des comptes est l’amplification du montant d’investissement relatif au mobilier urbain relatif au réseau. En effet, le délégataire (Alsa City) a intégré des équipements non classés dans le cadre du mobilier urbain, notamment l’addition en 2012 de 912.865,94 DH relative à la sécurité de l’atelier de la mécanique en plus d’autres montants (59.513 DH et 504.648 DH) afférents à l’installation du système d’approvisionnement de carburant «Telemat» et la mise en service de la vidéo surveillance.

Par ailleurs, le rapport de la Cour des comptes a révélé aussi le non respect des normes techniques devant être disponibles dans le parc des bus qui circule dans le grand Agadir et l’absence de documents qui justifient durant la période 2012-2014 des travaux d’aménagement à hauteur de 16 MDH. Il s’agit de la réalisation de l’atelier de la mécanique, des bureaux administratifs et l’aménagement de la place d’Inzegane. D’autres anomalies ont été également enregistrées concernant le Centre de Formation technologique dédié aux professionnels de transport (CFIPT) et avec la société IVAM chargée de la réparation et l’entretien des bus dans le cadre du contrat entre les deux sociétés en plus du non paiement des redevances annuelles (1,5 MDH) en contrepartie de la gestion déléguée pour la période 2010-2015.

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