Archives de juin 7th, 2019

Accord de pêche : Le Maroc a pris tout son temps avant son adoption par le Conseil des ministres

yabiladi.com – 07/06/2019

Contrairement à 2014, le Maroc a pris son temps avant que le conseil des ministres, présidé mardi par le roi Mohammed VI, n’adopte l’accord de pêche avec l’Union européenne.

Luis Planas, ministre de la Pêche espagnol / DR

Après quatre longs mois d’attente, le Conseil des ministres du mardi 4 juin a finalement approuvé l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne intégrant les eaux du Sahara. Un texte adopté le 12 février lors de la plénière du Parlement européen par 415 voix en faveur, 189 contre et 49 abstentions.

Néanmoins les armateurs de l’UE, notamment espagnols, devront encore s’armer de patience avant de pouvoir retourner officiellement dans les eaux du royaume. Le Parlement marocain doit en effet examiner l’accord entre les deux parties. L’issue favorable du vote des parlementaires -en principe dans les semaines à venir – est certaine.

Du côté de l’Espagne, principale bénéficiaire de l’opération avec 92 chalutiers sur un total de 128, l’heure est plutôt à l’optimisme. Le secrétaire général de la Confédération espagnole de pêche, Javier Garat, espère dans une déclaration à l’agence EFE que la flotte de son pays pourra retourner dans les eaux atlantiques du Maroc «vers la fin juin».

Contrairement à 2014, le Maroc a pris tout son temps

Le responsable a révélé qu’une fois le feu vert du Parlement marocain donné, une commission mixte entre les parties signataires verra le jour en vue «d’examiner les questions techniques» et les résoudre avant l’arrivée des bateaux européens.

Force est de constater que le royaume a pris tout son temps avant que le conseil des ministres présidé ce mardi par le roi Mohammed VI n’approuve l’accord de pêche. Ainsi, Rabat n’a pas cédé aux requêtes émanant de Madrid pour une accélération de la procédure d’adoption.

Pour mémoire et en marge de la 5e édition du Salon Halieutis, organisée fin février à Agadir, le ministre espagnol de l’Agriculture et de la pêche, Luis Planas, avait demandé à son homologue marocain Aziz Akhannouch d’«accélérer les procédures de ratification [du texte] par le Parlement marocain».

Le 10 février 2014, le Parlement marocain avait ratifié à l’unanimité l’accord de pêche exactement deux mois après le vote favorable des eurodéputés.

Cette année, le Maroc prend son temps comme une réponse aux nombreux obstacles auxquels a fait face l’adoption du projet au sein du Parlement européen. C’est en tout cas ce qu’évoque à demi-mot le secrétaire général de la Confédération espagnole de pêche, Javier Garat : l’examen de l’accord était «spécial (…) et a accusé un retard inhabituel». En cause des «affaires ayant créé de la controverse entre les eurodéputés, comme l’intégration des eaux du Sahara occidental et parce que sa phase finale a coïncidé avec le mois de Ramadan», rapporte EFE.

Pour rappel, le Polisario a déposé, fin avril, devant la Cour de Justice de l’Union Européenne un recours en annulation de l’accord de pêche entre le Maroc et l’UE, intégrant les eaux du Sahara.

La France largement épinglée par le rapport de WWF sur la pollution plastique en Méditerranée

mobile.francetvinfo.fr – 07/06/2019

Déchet plastique présent dans la mer Méditerrannée.

Pour l’organisation non gouvernementale, la France est l’un des plus importants pollueurs de la Méditerranée, avec plus de 11 000 tonnes de plastique qui finissent dans la mer chaque année. 

« Stoppons le torrent de plastique ! » C’est le titre directif du rapport de WWF à l’attention des décideurs français et européens pour sauver la Méditerranée, publié vendredi 7 juin, à la veille de la journée mondiale de l’océan. L’ONG, chiffres édifiants à l’appui (600 000 tonnes de plastique rejetées dans la mer Méditerranée chaque année), épingle la mauvaise gestion des déchets en plastique de vingt-deux pays, et notamment de la France. Selon WWF, les politiques publiques françaises actuelles proposent des mesures trop limitées pour réduire la production et l’utilisation des plastiques.

Pour l’ONG, qui émet des recommandations pour renforcer la lutte contre cette pollution plastique, il faut aller plus loin dans la responsabilité de l’industrie et améliorer significativement les taux de recyclage. Voici cinq chiffres clés, concernant la France, à retenir de ce rapport alarmant.

1 – Plus de 66 kg de déchets en plastique par personne

La France est le plus gros producteur de déchets en plastique dans la région méditérranéenne*. En 2016, 5,7 millions de tonnes de produits en plastique ont été produits, soit environ 1,4% de la production mondiale.

Cette production a généré 4,5 millions de tonnes de déchets, le reste étant encore en cours d’utilisation. Ce qui équivaut à 66,6 kilogrammes de déchets en plastique annuels par personne en France. Plus de la moitié de ces déchets, 2,5 millions de tonnes, provient de l’industrie de l’emballage.

2 – Seulement 22% des plastiques recyclés

Les déchets en plastique produits ne sont pas tous recyclés, loin de là. Seuls 22% le sont, soit un million de tonnes. Sur les 76% (3,4 millions de tonnes) récoltés et non recyclés, 1,8 million de tonnes sont incinérés et 1,6 million de tonnes enfouis. Concernant le million de tonnes recyclé, 0,4 million est exporté pour recyclage, le reste étant recyclé sur place.

Bien que la France soit la plus grande économie méditerranéenne, le taux de recyclage de déchets en plastique est inférieur à celui de l’Espagne, de la Slovénie, de l’Italie ou encore d’Israël. WWF explique ce taux par une mauvaise gestion des déchets dans leur traitement, mais aussi dans leur collecte.

Tous les départements de la côte méditerranéenne présentent des taux de collecte de déchets ménagers inférieurs à la moyenne nationale, qui était de 36,5% en 2013. La Corse du Sud (15%) et le Var (22%) présentent notamment des taux de collecte particulièrement faibles. Le taux de mise en décharge, non recyclé, est notablement élevé dans certaines zones, comme à Marseille (40%) et en Corse (75%) et de nombreuses décharges à ciel ouvert sont présentes sur ces territoires, du fait de la saturation des décharges existantes.

3 – 80 000 tonnes de plastiques dans la nature, plus de 11 000 dans la Méditerranée

Sur les 4,5 millions de tonnes de déchets produits, 0,1 million de tonnes n’est pas collecté. Ces 2% de déchets non traités ont entraîné la fuite de 80 000 tonnes de plastique dans la nature, soit 1,3 kilogramme par habitant.

Chaque année, 11 200 tonnes de plastiques déversées accidentellement dans la nature finissent dans la Méditerranée, dont 21% reviennent sur les côtes françaises dans l’année. Des zones de concentration atteignent jusqu’à 20 grammes de plastique au mètre cube, dans les lieux densement peuplés et urbanisés du golfe de Marseille, du delta du Rhône et de la ville de Nice.

Les premiers pollueurs, ce sont les activités côtières. Elles représentent 79% des rejets de plastiques dans la nature, dus notamment à une mauvaise gestion des déchets et de l’impact des activités touristiques et de loisirs. Les débris à la surface de l’eau couvrent environ 1 000 kilomètres carrés dans la baie de Marseille, 578 kilomètres carrés pour la baie de Nice et 112 kilomètres carrés le long des côtes corses.

4 – 3e plus gros émetteur de CO2

L’impact environnemental de la production et de la consommation de plastique en France est supérieur à la moyenne des autres pays méditerranéens. La France est le troisième plus gros émetteur de CO2 avec 35,4 millions de tonnes issus de la production, du recyclage et de l’incinération des plastiques en Méditerranée.

5 – Un coût de 73 millions d’euros par an

La pollution plastique encrasse les moteurs des bateaux et les filets de pêche. Les moyens de transports sont vulnérables aux collusions avec les plastiques qui endommagent également les installations portuaires et obstruent les voies navigables. Elle entraîne des coûts d’entretien et de nettoyage supplémentaires et une perte de gain pour la pêche.

Sur les secteurs du tourisme, du commerce maritime et de la pêche, son impact est respectivement estimé à 40 millions d’euros, 21 millions d’euros et 12 millions d’euros. Au total, le coût est évalué à 73 millions d’euros par an pour la France, selon le rapport.

WWF souligne que, globalement, l’impact et les coûts de la pollution plastique marine ne sont pas supportés par les pollueurs mais par les communautés côtières, les municipalités locales et les industries directement touchées.

*Dans cette étude, la région méditérranéenne comprend 22 pays : Albanie, Algérie, Bosnie-Herzégovine, Chypre, Croatie, Egypte, Espagne, France, Gibraltar, Grèce, Israël, Italie, Liban, Libye, Malte, Maroc, Monaco, Monténégro, Slovénie, Syrie, Tunisie, Turquie.

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