Agadir : la bataille des panneaux de signalisation en Amazigh prend fin

par Jassim Ahdani – fr.hespress.com – 07/08/2019

Agadir: la bataille des panneaux de signalisation en Amazigh prend fin

Après plusieurs demandes pressantes du tissu associatif local, les rues d’Agadir se sont enfin dotés de panneaux de signalisation routière incluant la langue amazighe. Nombre de controverses ont accompagné cette mise en place, dans le souci de rendre effective l’officialité de cette langue dans une ville majoritairement amazighophone.

Début juillet, le Conseil communal d’Agadir a été accusé d’avoir exclu la langue amazighe, ce qu’il a rejeté, affirmant que les panneaux de signalisation routière tout récemment installés dans les rues de la ville en arabe et en français « avaient une portée limitée » : 40 en tout.

Le Conseil, dirigé par une majorité PJD avait expliqué que l’affaire « est devenue insupportable car l’amazighe constitutionnellement protégée et bénéficie d’un consensus national », tout en ne manquant pas de promettre l’inclusion du caractère Tifinagh « sur 300 panneaux dans un futur proche ».

Négligence rectifiée 

Journaliste, écrivain et acteur associatif, Abdellah Bouchtart souligne que « ce qui a été réalisé n’est pas un gain, mais une restauration ». Il appelle par la même occasion toutes les communes de toutes les régions du Royaume à respecter cette langue officielle.

L’interlocuteur de Hespress rappelle qu’après le buzz créé par des acteurs associatifs sur les réseaux sociaux, le Conseil municipal dirigé par le PJD a « corrigé son erreur » et « c’est une bonne chose « .

Toutefois, le Conseil soupçonnait « une tentative de chevauchement sur cette affaire, bien qu’elle soit réglée » et évoquait en réponse « une réparation pour l’erreur d’un responsable politique élu ».

Abdellah Bouchtart considère que le PJD, dirigeant la ville d’Agadir à la majorité absolue, a commis une erreur.

« Les acteurs du mouvement Amazigh ont à leur tour exercé des pressions en fonction de ce qui était pacifiquement possible, car la dernière chose à laquelle pense le responsable politique est la question du pluralisme culturel et linguistique et le respect de la Constitution », développe-t-il.

Une poussée qui fait des émules

Le forcing associatif a donné ses fruits. Dans d’autres localités proches de la capitale du Souss, A Inezgane, Ait Melloul ou à Taroudant et Tiznit, des voix se sont élevées pour que les conseils élus se conforment aux dispositions constitutionnelles.

Les exemples phares cités par le journaliste et acteur associatif sont ceux de la capitale Rabat et de la plus grande métropole du pays, Casablanca. Dans les deux villes, le processus de marquage de panneaux en Tamazight était totalement absent.

« Les militants du Mouvement culturel amazigh soumettaient les responsables politiques locaux à une sorte d’examen pour qu’ils gèrent le pluralisme linguistique et culturel et respectent la Constitution», conclut-il.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.