Après la suspension d’un gynécologue à Tiznit, le syndicat riposte


huffpostmaghreb.com – 24/09/2019

Concept of global medicine and healthcare. Doctor holds digital tablet. Diagnostics and modern

C’est le deuxième médecin de l’hôpital provincial de Tiznit qui fait parler de lui en un an d’intervalle. Après le chirurgien pédiatrique Mehdi Chafî, appelé “médecin des pauvres”, qui dénonçait “des harcèlements de sa hiérarchie” et les conditions dans lesquelles il exerçait son métier, c’est un gynécologue, Farid Kassidi, qui soulève le débat autour du burn out et de la mauvaise gestion du système des gardes et astreintes des médecins du secteur public.

Ce spécialiste a été suspendu depuis des semaines sans solde sur décision du ministre de la Santé après avoir fait l’objet d’un rapport de sa hiérarchie l’accusant d’avoir failli à sa mission en refusant notamment d’assister des patientes pendant ses gardes. “Alors pourquoi le ministère de la Santé n’a pas ouvert d’enquête sérieuse pour appliquer le principe de la reddition des comptes?” s’interroge le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) dans un communiqué publié ce mardi.

Dénonçant la décision de suspension dont ce gynécologue, également délégué provincial du SIMSP, a fait l’objet, le syndicat estime que ce dernier a plutôt été victime d’“un règlement de compte”, d’“abus de pouvoir” et “de mauvaise gestion de la part du premier responsable de la santé dans cette province, comme cela a été le cas pour le chirurgien pédiatrique”.

Dr. Kassidi a été relevé de ses fonctions provisoirement en attendant de passer au conseil de discipline devant lequel il devra s’expliquer. En attendant, le syndicat exprime sa solidarité avec le médecin et tient à préciser que le système de garde et d’astreinte est “mal géré dans les hôpitaux”. “On l’a accusé de n’avoir pas pris en charge quatre cas dont deux qualifiés d’urgence alors qu’il venait d’opérer une césarienne pendant sa garde la nuit et une autre le matin”, déclare au HuffPost Maroc le secrétaire général du SIMSP, Dr Abdellah El Mountadar Alaoui, estimant que “la surcharge de travail des médecins n’est pas sans risque ni pour ces derniers ni pour les patients”.

“Il y a, en principe, une loi, mais en raison du manque d’effectif ainsi que de traitement de faveur envers certains, souvent un seul médecin est amené à enchaîner des gardes et des astreintes et à faire ce qui ne relève pas non plus de ses attributions… Mais avec le temps, on s’use, et dès qu’un problème se pose, on cherche un bouc émissaire!” s’indigne le syndicaliste. La décision de suspendre ce médecin ne peut être légitimée, aux yeux du SIMSP, précisant qu’elle ne sera pas sans conséquence pour les citoyens. Et pour cause, au niveau de Tiznit, il n’y a aucun autre médecin gynécologue qui pourrait le remplacer et assurer les permanences. “Une situation qui prive les patientes de leur droit d’accès aux services de santé publique et les contraint à aller jusqu’à Agadir pour se faire soigner”, affirme la même source.

Alors pour exprimer sa colère, le SIMSP, à travers ses représentants régionaux, annonce que ses médecins comptent observer, dès ce jeudi, un sit-in devant l’hôpital en question. “Ce médecin n’est pas le premier à faire l’objet d’une suspension, d’autres aussi l’ont été. C’est une vague face à laquelle nous ne resterons pas les bras croisés”.

Catégories :Actualités

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