Une belle et émouvante cérémonie du 11 novembre à Agadir

C’est au carré militaire du cimetière de Yachech que s’est déroulée la traditionnelle cérémonie du 11 novembre.

On pouvait noter, comme toutes ces dernières années la présence des anciens combattants :

Avec la canne, le père de notre ami Malik Boulbaroud, 94 ans

 

La chorale du Lycée Français international d’Agadir

et Madame Gabrielle Henriet qui recevra au cours de cette cérémonie la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur :

Arrivée des autorités locales avec Monsieur le Wali, accueilli par M. Dominique Doudet, Consul Général de France :

La levée des couleurs :

Puis le discours de Monsieur le Consul Général :

 

Discours de M. Doudet :

Monsieur le Wali de la région Souss Massa,

Monsieur le Président du Conseil régional, Mesdames et Messieurs les élus,

Madame et Messieurs les anciens combattants et leurs représentants,

Messieurs les Officiers supérieurs et représentants des institutions militaires et sécuritaires,

Madame la Consule Générale d’Espagne, Mesdames et Messieurs les membres du Corps consulaire,

Madame et Monsieur les Conseillers consulaires élus de la communauté française,

Madame la Directrice de l’Institut française,

Monsieur le Proviseur, chers élèves et enseignants du Lycée français international d’Agadir,

Mesdames et Messieurs,

Le 11 novembre 1919, un an après la fin des affrontements meurtriers de la Grande guerre, la France célébrait le premier anniversaire de la paix retrouvée.

Depuis, toutes les générations sont fidèles à cet anniversaire. En ce jour, devant les monuments aux morts, sur les places des villes et des villages, elles se rassemblent et se recueillent.

Durant ce conflit qui aura impliqué plus de soldats, provoqué plus de victimes et causé plus de destructions que toute autre guerre antérieure, 10 millions de personnes trouvèrent la mort.

Aux côtés des 48 millions de soldats des puissances alliées, aux côtés des 8 millions de Français appelés sous les drapeaux, ce sont aussi 430.000 combattants venus d’Asie et d’Afrique qui connurent l’enfer des tranchées, la violence des corps-à-corps, l’horreur des bombardements, des gaz et des mitrailleuses.

Parmi eux, 40.000 tirailleurs et spahis marocains, reconnus pour leur bravoure et leur loyauté, jouèrent un rôle capital sur le front français et celui d’orient.

Le soulagement qui suivit la Der des der ne fut toutefois qu’un sursis, car il était hélas plus facile de faire la guerre que la paix, selon la formule funeste de Georges Clémenceau. Une autre génération sera sacrifiée, vingt ans plus tard.

Les soldats marocains seront également présents aux côtés de la France libre durant la seconde guerre mondiale. A la suite de l’appel du Sultan Sidi Mohamed Ben Youssef, lu dans toutes les mosquées du pays, plus de 85.000 soldats marocains combattront contre le nazisme et pour la liberté, en Corse, en Italie, en Provence, en Allemagne, en Autriche. Ils participeront à la libération de la France, et s’engageront ensuite en Indochine aux côtés de leurs frères d’armes français.

Lors des commémorations du 75ème anniversaire de la Libération, en août dernier, le Président de la République a rappelé la part d’Afrique que la France a en elle, la part de sang versé, affirmant : « Nous devons en être fiers et ne jamais l’oublier : les noms, les visages, les vies de ces héros d’Afrique doivent faire partie de nos vies de citoyens libres parce que sans eux nous ne le serions pas. » Pour leur rendre hommage, le Président a lancé un appel aux maires de France pour qu’ils fassent vivre, par le nom de nos rues et de nos places, la mémoire de ces hommes qui ont fait l’honneur et la grandeur de la France.

A toutes les nations qui sont venues au secours de notre pays, à tous les combattants marocains qui ont donné leur sang pour la France, et à tous leurs frères d’armes français et étrangers tombés au champ d’honneur, la France doit une éternelle reconnaissance.

Je veux aussi honorer tous leurs compagnons de guerre survivants, dont certains –Français et Marocains réunis- nous font le privilège d’être parmi nous, et sachez Messieurs les anciens combattants que je mesure au plus haut point la valeur de votre présence.

Je n’oublie pas non plus les civils qui risquèrent leurs vies pour la Libération de notre pays, notamment au sein de la Résistance, comme le fit Mme Gabrielle Henriet, à qui nous remettrons tout à l’heure la Légion d’honneur.

Il faut également rendre hommage à la Fondation Hassan II pour les œuvres sociales des anciens militaires et anciens combattants marocains, qui en lien étroit avec l’administration française représentée au Maroc par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, contribue quotidiennement à la reconnaissance des droits des anciens combattants marocains, de leurs veuves et de leurs ayants-droits.

Mesdames, Messieurs,

La commémoration du 11 novembre a désormais vocation à réunir tous les anciens belligérants dans l’évocation d’une mémoire commune, autour de ce qui nous est le plus cher : la paix et la liberté, qui nous le savons, encore aujourd’hui, doivent être plus que jamais défendues.

Aujourd’hui, nos troupes sont engagées en Afrique et au Proche-Orient et des soldats continuent de tomber sous le drapeau français, pour la défense de notre pays, mais aussi pour la défense de pays et de peuples qui partagent nos valeurs, contre la barbarie, contre le terrorisme.

En inaugurant cet après-midi le 10ème haut lieu de la mémoire nationale, un monument aux « morts pour la France en opérations extérieures », le Président de la République inscrira dans la pierre comme dans les mémoires la reconnaissance pleine et entière de tout un peuple pour ses combattants. Ayons une pensée particulière pour ceux qui sont morts pour la France en cette année 2019 :

– le médecin principal Marc Laycuras, du 14ème centre médical des armées, mort pour la France au Mali le 2 avril 2019 ;

– les premiers maitres Alain Bertoncello et Cédric de Pierrepont, du commando Hubert, morts pour la France au Burkina-Faso le 10 mai 2019 ;

– le brigadier Erwan Potier, du 501ème régiment de chars de combat, mort pour la France le 21 mai 2019 des suites de ses blessures reçues au Liban ;

– le brigadier-chef Ronan Pointeau, du 1er régiment de Spahis, mort pour la France au Mali le 2 novembre 2019, c’était il y a moins de dix jours.

Au-delà de cet hommage à ceux qui nous ont défendu hier et à ceux qui nous défendent aujourd’hui, il nous faut aussi transmettre l’héritage de leur sacrifice à la jeunesse qui est avec nous ce matin.

Chers élèves du Lycée français international d’Agadir, à votre tour vous devrez vous souvenir et porter en vous ce devoir de mémoire, pour continuer de bâtir et de préserver une société pacifiée où la barbarie ne doit plus avoir sa place, une société tournant le dos à l’obscurantisme et à l’extrémisme, une société construite autour des idéaux de paix, de liberté, de démocratie. Et nous savons que dans ce combat, la France et le Royaume du Maroc demeurent des alliés indéfectibles.

Je vous cède la parole pour la lecture des deux textes que vous avez choisis pour illustrer votre devoir de mémoire : le discours que le Général de Gaulle prononça le 25 août 1944 à la libération de Paris ; et la lettre du Sultan de l’Empire chérifien, lue le 3 septembre 1939 dans toutes les mosquées du Royaume.

Voici les deux élèves qui ont lu, pour le premier, le discours du Général de Gaulle à la Libération de Paris

Discours de l’Hôtel de Ville de Paris, 25 août 1944

Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l’émotion qui nous étreint tous, hommes et
femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de
ses mains.
Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui
dépassent chacune de nos pauvres vies.
Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même,
libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours
de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la
France éternelle.
Eh bien ! puisque l’ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à
Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par
l’immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.
Je dis d’abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s’agit
de devoirs de guerre. L’ennemi chancelle mais il n’est pas encore battu. Il reste sur notre sol.
Il ne suffira même pas que nous l’ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés,
chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s’est passé.
Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. C’est pour cela que
l’avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C’est pour cela que la grande
armée française d’Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône.
C’est pour cela que nos braves et chères forces de l’intérieur vont s’armer d’armes modernes.
C’est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous
battre jusqu’au dernier jour, jusqu’au jour de la victoire totale et complète. Ce devoir de
guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu’il
exige l’unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre
Histoire, nous n’avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu’à la fin, dignes
de la France. Vive la France !

Et, pour le second, l’Appel du Sultan Mohamed V, du 3 septembre 1939, lu dans toutes les mosquées du Royaume par laquelle il a décidé l’entrée du Maroc en guerre aux côtés des Alliés, pour soutenir la France, après la déclaration de guerre à l’Allemagne nazie :

Après avoir noté que « le douloureux souvenir que la dernière guerre a laissé à tous n’est pas effacé de vos mémoires », Mohamed V  poursuit : »la victoire a couronné les étendards de la France et de ses alliés, parmi lesquels le Maroc figure fièrement »
« La France prend aujourd’hui les armes pour défendre son sol, son honneur, sa dignité, son avenir et le nôtre. Nous devons être nous-mêmes fidèles aux principes de l’honneur de notre race, de notre histoire et de notre religion. A partir de ce jour et jusqu’à ce que l’étendard de la France et de ses alliés soit couronné de gloire, nous lui devons concours sans réserve, sans lui marchander aucune de ses ressources et sans reculer devant aucun sacrifice. Nous étions liés à elle dans le temps de la tranquillité et de l’opulence. Il est juste que nous soyons à ses côtés dans l’épreuve qu’elle traverse et d’où elle sortira, nous en sommes convaincus, glorieuse et grandie. »

C’était ensuite le dépôt des gerbes par les Conseillers Consulaires élus de la communauté française :

et par Madame Gabrielle Henriet, aidée par sa petite-fille :

puis par Monsieur Dominique Doudet :

La Marseillaise et l’hymne chérifien ont retenti :

Monsieur le Consul Général a ensuite repris la parole pour honorer Madame Gabrielle Henriet :

« Je m’adresse à vous de nouveau, chers élèves, pour vous remercier, ainsi que vos enseignants, de votre mobilisation en ce 11 novembre, et pour vous dédier ces quelques mots de Maurice Druon, que je tiens à citer chaque année parce qu’ils résument le sens de notre présence aujourd’hui :

« Jeunesse n’oublie pas tout à fait »

« N’oublie pas qu’ils avaient ton âge, ceux qui tombèrent pour que tu naisses libre et n’oublie pas que la liberté ne mourra jamais tant qu’il y aura des hommes et des femmes capables de mourir pour elle. »

Justement, l’une de ces femmes capables de mourir pour votre liberté est aujourd’hui parmi nous, pour se voir remettre la plus haute distinction honorifique française, la Légion d’honneur.

Chère Gabrielle Henriet, puis-je vous demander de venir à mes côtés.

Mme Gabrielle Henriet, née Naud, vous avez contribué à la Libération de la France, en vous impliquant dans la Résistance, au péril de votre vie.

En 1943, alors que vous avez à peine 18 ans, vous êtes recrutée par deux officiers polytechniciens : Maurice Bourgès-Maunoury, qui deviendra plus tard président du conseil ; et le Lt-Colonel André Rondenay, dit Jarry, qui vient d’être parachuté en France quelques jours auparavant, et qui sera fait compagnon de la libération à titre posthume. André Rondenay fut arrêté, torturé et assassiné par la Gestapo en 1944.

Sous votre nom de code Gaby, vous devenez agent de liaison et de transmission entre Paris et le maquis, au sein d’un réseau, le Plan Tortue, constitué pour appuyer les Alliés dans le futur débarquement en Normandie. Une mission durant laquelle vous faites preuve d’un sang-froid salué par le Général Juin.

Il faut vous imaginer dans les rues de Paris, transportant des armes ou des explosifs sous le nez des soldats allemands, à destination des résistants du maquis du Morvan ; il faut vous imaginer transmettant en urgence au maquis des informations sur une concentration de soldats allemands à leur proximité, leur permettant d’anticiper l’attaque ennemie et de ne pas être tués ; il faut vous imaginer aussi, vous rendant au domicile d’un responsable de votre réseau qui venait d’être arrêté, pour récupérer des documents très sensibles, quelques minutes seulement avant l’arrivée sur les lieux de la Gestapo.

Votre engagement au sein des Forces françaises combattantes de l’Intérieur, où vous portiez le grade de sous-lieutenant, a été reconnu par des distinctions de grande valeur : la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance française.

Installée depuis quinze ans à Mirleft, vous restez très attachée à la transmission de la mémoire, et vous avez bien voulu en début d’année partager votre expérience et vos souvenirs intacts sur la période de l’Occupation, avec les élèves de première du Lycée français d’Agadir, qui sont aujourd’hui parmi nous ; et je sais à quel point ils ont été marqués par cette rencontre, parce que vous êtes un exemple remarquable pour notre jeunesse.

Je suis très heureux aujourd’hui de pouvoir vous dire solennellement et avec une grande émotion que la France n’a pas oublié ce que vous avez fait pour elle, et que nous n’oublions pas que nous vous devons notre liberté. Voilà pourquoi le Président de la République vous a nommée dans l’Ordre de la légion d’Honneur, au grade de Chevalier, au titre de la promotion du 14 juillet 2019, 75 ans après la libération de la France.

Afin de procéder à la remise de cette distinction, je vais inviter M. Christian Gérigny à nous rejoindre.

M. Gérigny est avocat honoraire et chevalier de la Légion d’honneur, et il se trouve aussi être votre voisin à Mirleft et un ami de longue date. C’est à lui que je demanderai de nous dire quelques mots plus personnels sur votre vie, avant de vous remettre les insignes, conformément aux usages. »

Allocution de Monsieur Gérigny :

Ma chère Gaby, lors de nos conversations, au cours desquelles vous évoquez vos souvenirs, vous ponctuez chaque épisode par « comme la vie est bizarre ». Que signifie cette expression mi-affirmative, mi- interrogative ? Essayons de le découvrir en survolant votre histoire.

« Comme la vie est bizarre »; en effet, qui aurait présagé que lorsque nous sommes devenus voisins nos rapports deviendraient chaleureusement amicaux, et que mon épouse et moi-même aurions un plaisir toujours renouvelé à multiplier nos rencontres avec vous, une voisine si alerte qui évoque ses souvenirs mais aussi les actualités avec un esprit jeune et ouvert. Aurai-je pu prévoir que, vous m’offririez le rare privilège de vous remettre vos insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur ce qui me procure un plaisir d’autant plus grand que c’est pour moi une première.

« Comme la vie est bizarre » ; puisque, prédestinée par votre naissance dans un bourg vendéen à un avenir campagnard, vous êtes devenue parisienne encore bébé, avec votre chère maman, qui, courageusement, est partie travailler dans la capitale pour subvenir seule, à vos besoins car elle avait été abandonnée par un père que vous ne retrouverez que trente ans plus tard. Dans ce malheur surgit la chance de votre vie puisque vous avez rencontré votre très chère Cécile, dont vous ne pouvez pas évoquer le souvenir sans que vos yeux s’embuent car c’est elle qui vous a évité l’Assistance Publique lorsque vous êtes devenue orpheline à tout juste neuf ans. Non seulement celle que vous appelez « mémère » vous a élevée dans le milieu privilégié qui était le sien comme ébéniste-horlogère réputée, mais encore, elle vous a comblée d’une affection sans égale.

« Comme la vie est bizarre » ; car plutôt que de vous complaire dans un confort bourgeois douillet, vous quittez le cours complémentaire pour vous frotter aux dures réalités de la vie. Votre très chère « mémère », a renoncé à vous en dissuader car, avec sagacité, elle a compris qu’il est vain de combattre votre détermination inébranlable lorsque vous avez arrêté une décision. C’est ainsi que pendant trois années vous exercez divers métiers manuels difficiles pour une jeune fille : ébarbeur chez un fabricant de soldats de plomb, tireuse pour remplir des bouteilles de vins et manutentionnaire chez un chapelier.

« Comme la vie est bizarre » ; en effet, l’exode de 1940, qui vous révulse, est un coup de théâtre qui bouleverse votre vie. Vous n’écoutez que votre courage et devenez agent de liaison dans la Résistance alors que vous n’avez pas 18 ans. Vous faites partie du cercle très fermé de ceux qui ont obtenu la médaille de la résistance et vous réussissez un coup d’éclat,militaire ce qui vous vaut la croix de guerre avec étoile.
C’est à cette époque que vous rencontrez Henri d’EYRAMES avec lequel vous vous mariez et que vous rejoignez en 1948, avec vos deux enfants, en compagnie de votre belle-mère en Côte d’ivoire à Bouaké où il est en poste. C’est aussi, l’année où vous éprouvez votre premier grand chagrin du fait de la mort de votre chère « mémère ». Pour ne pas rester inactive vous exercez la profession de couturière dont vous aviez entre temps obtenu le diplôme.

« Comme la vie est bizarre » ; car de retour à Paris en 1950, où votre mari est affecté, vous faites l’acquisition d’une librairie rue du château. Vous pensez l’exploiter paisiblement quand surgit le drame de votre vie, la mort prématurée de votre fils Olivier. C’est, aussi, l’année de votre séparation définitive avec votre mari qui a préféré prendre le large en s’ engageant dans l’armée en Indochine.

« Comme la vie est bizarre » ; puisque vous rencontrez alors Georges HENRIET avec lequel vous allez vivre une nouvelle aventure qui durera jusqu’à sa mort en 20l6. Avec lui, après l’exploitation d’un bar- restaurant à Ury, vous fondez la SA HOLLANDER une fierté professionnelle bien légitime puisque pendant une trentaine d’années elle fût un phare de la distribution de la presse internationale dans toute  l’Europe, notamment grâce à des innovations techniques dans le matériel roulant. PDG d’une entreprise en charge d’ une centaine de chauffeurs et autant de véhicules de toutes tailles, vous travaillez dur mais en contrepartie, votre nouvelle vie vous ouvre les plaisirs de Paris et des voyages sur divers continents. C’est à cette époque que vous avez la joie de mettre au monde un nouveau fils, Thierry. Mais les remous de la distribution de la presse vous contraignent à fermer votre entreprise en 1994. Vous avez 69 ans et Georges 73 ans, un bel âge pour une retraite bien méritée.

« Comme la vie est bizarre » ; alors que vous pensiez que la vendéenne de cœur que vous êtes s’enracinerait dans sa province d’origine, au bout d’une dizaine d’années vous choisissez une nouvelle aventure, cette fois-ci marocaine, puisque vous vous fixez avec Georges en 2004 à Mirleft où des amis avaient conduit vos pas quelques années auparavant.

« Comme la vie est bizarre » ; alors que vous pensiez être oubliée dans ce bourg berbère, la République Française vous a conféré le grade de Chevalier de la Légion d’honneur. pour honorer vos qualités exceptionnelles, rappelées, à l’instant, Par Monsieur Dominique DOUDET, Consul Général de France à AGADIR. Certains pensent, peut-être, qu’il était grand temps, puisqu’on peut l’avouer entre nous, vous êtes âgée de 94 ans. Mais vous avez une telle vivacité intellectuelle et une telle vitalité physique que le roman de votre vie n’est pas, pour sûr, encore achevé. Quelle surprise nous préparez-vous ?

Au terme de ce survol de votre Histoire revient ma première question. Que voulez-vous dire en répétant le mot bizarre à chaque étape de votre vie ? Désignez-vous le Hasard ? En appelez-vous à la Providence ? ou bien, par modestie, voulez-vous escamoter une volonté de fer qui vous a permis de surmonter toutes vos épreuves et de prendre en charge votre destin ?

Ce qui est sûr c’est que pour vos deux enfants et vos trois petits enfants vivants vous êtes, comme pour nous tous, un exemple de vie. Ils sont légitimement fiers de vous. Malheureusement, les distances géographiques sont telles, que malgré leur grand désir, ils ne peuvent pas être tous présents le jour où la République française vous honore. Cependant ils vous ont assuré de leur affection ce qui est l’essentiel. Et puis en dehors de vos amis dont les rangs se sont hélas éclaircis au fil des années, vous avez la satisfaction d’être accompagnée par ce cher Brahim qui a fait preuve d’un dévouement quasi filial à l’ égard de Georges jusqu’à ces derniers instants, et qui continue, avec une délicatesse et une prévenance sans faille, à vous protéger quotidiennement.

Au terme de ce propos, le moment est venu, pour moi de vous remettre votre croix de Chevalier de la Légion d’Honneur.

Gabrielle HENRIET, « au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés nous vous faisons Chevalier de la Légion d’Honneur »,

Gabrielle Henriet avec le dévoué Brahim :

Et pour finir la cérémonie au cimetière, la chorale du Lycée Français a chanté le « Chant des Partisans » qui était l’hymne de la résistance française, composé en 1941 par une Française d’origine russe (Anna Iourievna Smirnova-Marly), et dont les paroles en français ont été écrites en 1943 par Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon, qui venaient tous deux de rejoindre les Forces françaises libres.
C’est ce chant qui clôture le discours d’André Malraux pour l’entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon. Les paroles traduisent la violence de ces heures sombres que la France a connues, le malheur, le courage et aussi l’espoir de ces résistants, de ces briseurs de barreaux.

Dominique Doudet a ensuite remercié tous les présents et aussi l’Institut français d’Agadir ainsi que les sociétés Caoba, Comptoir agricole du Souss, Zenobia, Founty Tex et Weelite pour leur aide à l’organisation de cette cérémonie et pour l’entretien de ce carré militaire. Et à la suite, il a invité l’assistance à se diriger vers le consulat général pour découvrir l’exposition réalisée par les élèves de 3ème du Lycée français sur la 1ère guerre mondiale, dans le cadre de leur programme d’histoire, et aussi pour partager le verre de l’amitié.

Au Consulat :

Presque 90 ans les séparent ! Et il pose à Gabrielle Henriet des tas de questions sur sa vie, ses actions, la résistance…

Un document qui concerne Gabrielle Henriet : Attestation d’appartenance aux Forces Françaises Combattantes (réseau Plan Tortue)

Le Hassania d’Agadir en finale de la Coupe du Trône

h24info.ma – 10/11/2019

DR.

Le Hassania d’Agadir s’est offert une nette victoire (3-0) face au Moghreb de Tétouan (MAT) au Grand stade de Marrakech et rejoint le Tihad Athletic Sportif (TAS) de Casablanca en finale de la Coupe du Trône de football.

 

 

Dès la 11è minute, les Gadiris ont ouvert le score par le biais de Soufiane Bouftini sur un penalty, avant que son coéquipier palestinien Tamer Siyam ne double la mise à 3 minutes de la pause.

Lors du temps additionnel de la seconde période, Bouftini a signé son doublé sur un penalty obtenu à la 92e minute.

Le Hassania décroche ainsi son billet pour la finale de la compétition qui opposera, le 18 novembre au stade d’honneur d’Oujda, le club d’Agadir au TAS de Casablanca, tombeur samedi du Difaâ d’El Jadida.

Exposition Trésors d’Islam : Conférence de Salima Naji le 13 novembre 2019 à Rabat

Ce mercredi 13 novembre 2019 à 18h30, au siège de l’Académie du Royaume du Maroc. Salle SAHARA

DANS LE CADRE DE L’EXPOSITION TRESORS D’ISLAM, je donnerai cette conférence où j’espère vous retrouver.

Amitiés

Salima Naji