Yennayer (ⵉⵏⵏⴰⵢⵔ en tifinagh) : Le premier jour de l’année selon le calendrier amazigh


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La célébration du jour de l’an selon le calendrier agraire a été attestée au Maroc depuis fort longtemps. Il a probablement été inspiré du calendrier julien lui-même d’origine égyptienne.

Il s’agit ainsi de la plus ancienne fête au Maroc. Elle est célébrée pour marquer le début d’une année agraire qui commence par les labours. C’est une manière d’augurer une année prometteuse et généreuse.

La fête du premier jour du calendrier agraire dite Yennayer (ou Innayer), HagouzaId n usggwas (nuit de l’an) selon les régions et selon les communautés est organisée, selon les régions du 12 au 14 janvier du calendrier grégorien, à l’échelle familiale suivant un rituel culinaire qui diffère d’une région à l’autre. Elle présente néanmoins un caractère commun, celui de la part belle donnée à ce repas particulier autour duquel participe toute une symbolique dédiée dans sa globalité à la terre, mère généreuse envers les siens en leur procurant de la bonne nourriture une année durant.

Yennayer constitue ainsi un élément important du patrimoine culturel immatériel marocain bien enraciné dans les traditions ancestrales. Il représente également un bel exemple de la diversité extraordinaire d’un élément qui se décline ainsi selon plusieurs versions.

Récemment le Mouvement Culturel Amazigh s’est approprié cette fête annuelle en la considérant comme étant le premier jour selon un calendrier amazigh qui débuterait vers 950 avant Jésus-Christ, date qui correspond à celle où le roi berbère Sheshonq 1er fut intronisé pharaon d’Égypte et fonda la XXIIe dynastie qui régna sur l’Égypte jusqu’à l’an 715 avant Jésus-Christ. Ce roi berbère avait réussi à unifier l’Égypte pour ensuite envahir la Palestine. On dit de lui qu’il s’empara des trésors du temple de Salomon à Jérusalem en 926 avant Jésus-Christ.

Le mythe de la vieille

Dans l’univers culturel berbère, un drame mythique marqua, de sa forte empreinte, yennayer. Des histoires légendaires sont différemment contées au sujet d’une vieille femme. Chaque contrée et localité ont leur version. Les Kabyles disaient qu’une vieille femme, croyant l’hiver passé, sortit un jour de soleil dans les champs et se moquait de lui. Yennayer mécontent emprunta deux jours à furar (février) et déclencha, pour se venger, un grand orage qui emporta, dans ses énormes flots, la vieille.

Chez les At-Yenni, la femme fut emportée en barattant du lait. Chez les At-Fliq, il emprunta seulement un jour et déclencha un grand orage qui transforma la vieille en statue de pierre et emporta sa chèvre. Ce jour particulier est appelé l’emprunt (Amerdil). Le Kabyle le célébra chaque année par un dîner de crêpes. Le dîner de l’emprunt (Imensi umerdil) fut destiné à éloigner les forces mauvaises.

À Azazga et à Béjaïa (en Algérie), la période de la vieille (timγarin) duraient sept jours. Le mythe de la vieille exerçait une si grande frayeur sur le paysan berbère au point que celui-ci était contraint de ne pas sortir ses animaux durant tout le mois de yennayer. Le pragmatisme a fait que les jours maléfiques furent adaptés par le Kabyle à l’organisation hebdomadaire des marchés dans les villages. Cette répartition du temps de la semaine est encore d’actualité. Chaque commune de Kabylie possède son jour de marché. Pour l’esprit rationnel le tabou de ne pas sortir les animaux s’explique plutôt par l’utilisation de la bête comme source de chaleur pour la famille durant le mois le plus froid de l’année. L’architecture intérieure de la maison traditionnelle étaye au demeurant cette argumentation.

Le mythe de la vieille marqua, d’ouest en est, les régions berbérophones. À Fès (au Maroc), lors du repas de yennayer, les parents brandissaient la menace de la vieille, appelée « Hagouza » du mot arabe ajouza signifiant la vieille, si leurs enfants ne mangeaient pas à satiété : « la vieille de yennayer viendra vous ouvrir le ventre pour le remplir de paille ». Ainsi le nom du plat à base de lait et de grains de blé porte-t-il également le nom de Hagouza.

À Ghadamès (en Libye), « Imma Meru » était une vieille femme, laide, redoutée malfaisante. Elle viendrait griffer le ventre des enfants qui ne mangeraient pas des légumes verts durant la nuit du dernier jour de l’an, disaient les parents. Pour permettre aux jeunes pousses d’aller à maturité, l’interdit de les arracher s’applique par « Imma Meru a uriné dessus ». Étant conté différemment, dans la quasi-totalité des régions berbérophones, le drame légendaire de la vieille de yennayer a le même support culturel.

Des traditions berbères liées au changement de l’année se retrouvent dans plusieurs régions d’Afrique, voire du bassin méditerranéen. Elles s’apparentent parfois à de la superstition néanmoins elles participent à la socialisation des personnes, harmonisent et renforcent le tissu culturel. Des peuples d’identités différentes, considèrent les divers rites de yennayer faisant partie intégrante de leur patrimoine culturel.

Et pour tous nos amis Imazighen :

Catégories :Actualités

1 commentaire

  1. yennayer 2970 à tous les berbères !

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