Archives de février 21st, 2020

Les potentialités de l’Arganier exposées au siège de l’ONU à New-York

par Malika Alami – lavieeco.com – 20/02/2020

ONU New YorkONU New York

LA SINGULARITÉ DE L’ARGANIER, ARBRE ENDÉMIQUE DU ROYAUME ÉTAIT AU CŒUR D’UNE RÉUNION DE HAUT NIVEAU, MERCREDI DERNIER AU SIÈGE DES NATIONS UNIES À NEW-YORK.

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Sous le thème « l’Arganier, source ancestrale de développement durable », cette rencontre a été marquée par l’annonce de l’initiative du Maroc de présenter à l’Assemblée générale des Nations-Unies un projet de résolution visant la proclamation d’une journée internationale de l’Arganier. De même à permettre à la communauté internationale une meilleure compréhension des différentes dimensions clés de l’Arganier : économique, sociales, culturelles, écologiques, nutritives et médicinales.

Présidée par l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, la réunion tenue mercredi dernier, a été animée par un panel de haut niveau. Elle était composée de Carla Mucavi, directrice du Bureau de liaison de la FAO à New York, Marie Paul Roudil, directrice du Bureau de liaison de l’UNESCO, Werner Obermeyer, directeur du Bureau de l’OMS à New York. Hamid Rashid, Chef du département de la recherche et de développement au Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (UN-DESA), Babita Bisht, directrice adjointe du Fonds Vert pour le Climat et Latifa Yaakoubi, directrice de développement des zones de l’Arganier à l’ANDZOA, figuraient également parmi les intervenants du meeting.

Cette réunion a enregistré également une large participation, au niveau des ambassadeurs, de la majorité des Etats membres de l’ONU, des représentants du Secrétariat des Nations-Unies, ainsi que des membres de la société civile. L’ensemble des participants ont félicité le Maroc pour les efforts entrepris afin de préserver l’arbre miraculeux de l’Arganier. Pour rappel l’arganier a décroché sa reconnaissance en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, en 2014, et en tant que système du patrimoine agricole mondial (SIPAM) par la FAO, en 2018.

En matière, de développement de l’arganiculture, le projet de plantation de 10.000 ha de vergers dans les zones vulnérables pour l’arganiculture est aussi un bel exemple des avancées de la filière. Ce projet est déployé dans 8 préfectures et provinces des régions de Souss-Massa, Marrakech-Safi et Guelmim-Oued Noun. Il s’inscrit dans le cadre du contrat-programme de la filière de l’arganier et vise à renforcer la capacité de résilience aux changements climatiques des zones concernées. L’investissement est de 450 millions de DH (49,2 millions de dollars), réparti entre le Fonds vert pour le climat (360 millions de DH) et le Maroc (90 millions de DH). En outre, en matière de réhabilitation de l’arganeraie par le département des Eaux et Forêts, sur 200.000 ha, plus de 100.000 ha ont été réhabilités.

Les enjeux de ce programme sont multidimensionnels, à savoir économique, social et environnemental à l’échelle nationale et internationale. En effet, le développement de la zone de l’Arganier au Maroc contribue fortement au développement durable et plus particulièrement à l’autonomisation économique de la femme marocaine, notamment en milieu rural.

Quel temps fait-il ce vendredi ?

lematin.ma – 21/02/2020

Ph : DR

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Voici les prévisions météorologiques pour la journée du vendredi 21 février 2020, établies par la Direction de la météorologie nationale (DMN)

– Temps passagèrement nuageux sur la rive méditerranéenne avec quelques gouttes éparses.
– Quelques nuages bas la nuit et la matinée avec brume ou brouillard près des côtes Centre et Sud.
– Temps stable avec ciel peu nuageux à clair ailleurs.
– Vent modéré à assez fort de secteur Est sur le Tangérois et les provinces Sud, faible à modéré de Nord à Est ailleurs.
– Température minimale de l’ordre de 01/06°C sur les reliefs, 06/11°C sur l’Oriental, le Saïss, les plateaux des phosphates et d’Oulmès ainsi que sur les versants Sud-est, 11/16°C sur la Méditerranée, les côtes et les plaines Nord et Centre, le Souss, le Sud-est et le Nord des provinces Sud et de 16/21°C sur le reste des provinces Sud.
– Température maximale de l’ordre de 10/15°C sur les reliefs et l’Ouest du littoral méditerranéen, 15/20°C sur l’Oriental, l’Est de la Méditerranée, les versants Sud-est et sur les côtes Nord et Centre, 20/25°C sur les plateaux des phosphates d’Oulmès, le Sud-est et les plaines de Tadla, Doukkala et Chaouia, 25/30°C sur le reste des plaines Nord et Centre, le Souss, le Nord des provinces Sud et près des côtes Sud et de 30/35°C sur l’extrême Sud du pays.
– Mer peu agitée à agitée sur la Méditerranée, agitée sur le Détroit, agitée à forte sur les côtes atlantiques, localement et peu agitée à agitée entre Tarfaya et Boujdour.

Températures prévues

Voici les températures minimales et maximales prévues par la Direction de la météorologie nationale (DMN) pour la journée du vendredi 21 février 2020

– Oujda 09 18 – Bouarfa 09 19 – Al-Hoceima 11 20 – Tétouan 13 14 – Sebta 14 16 – Mellilia 13 16 – Tanger 14 19 – Kénitra 12 26 – Rabat 10 23 – Casablanca 12 18 – El Jadida 14 24 – Settat 12 25 – Safi 12 29 – Khouribga 09 24 – Béni Mellal 12 24 – Marrakech 10 28 – Meknès 10 24 – Fès 11 25 – Ifrane 02 14 – Taounate 13 25 – Errachidia 09 20 – Ouarzazate 08 20 – Agadir 10 31 – Essaouira 12 20 – Laâyoune 15 30 – Smara 13 30 – Dakhla 15 18 – Aousserd 18 33 – Lagouira 16 26.

Tourisme à Agadir : Un nouveau mécanisme pour rénover 5.000 lits

par Mohamed Laabid – aujourdhui.ma – 20/02/2020

Tourisme à Agadir : Un nouveau mécanisme pour rénover 5.000 lits

Mis en place sur initiative du Conseil régional Souss-Massa et exécuté par la SDR

120 millions DH est le montant alloué pour la première tranche du mécanisme d’octroi d’une subvention dédiée à la rénovation des infrastructures hôtelières de la ville d’Agadir, et qui vient d’être dévoilé officiellement lors d’un séminaire tenu mardi à Agadir en présence des directeurs des établissements hôteliers visés.

Fruit d’un partenariat entre le Conseil de la région Souss-Massa, le ministère du tourisme, la commune d’Agadir, l’Association de l’industrie hôtelière d’Agadir (AIHA), ainsi que d’autres associés, ce programme qui fait partie du Plan du développement régional Souss-Massa (PDR) est mis en œuvre par la Société de développement touristique (SDR) Souss-Massa créée par la Région Souss-Massa sous forme juridique de société anonyme à capital public de 21,5 millions DH.

Ce programme de rénovation des hôtels dont les grandes lignes ont été présentées aux acteurs touristiques et représentants des hôtels concernés s’assigne pour principaux objectifs de: repositionner et mettre à niveau le produit touristique, améliorer la compétitivité touristique, accompagner les tendances internationales et également encourager l’innovation et la diversification du produit de la destination Agadir.

En effet, le diagnostic de la situation actuelle du parc hôtelier réalisé par l’AIHA démontre que plus de 10.000 lits au niveau de cette ville ont besoin aujourd’hui d’être rénovés. Dans sa première phase ce mécanisme touchera 5.000 lits pour la période 2020-2022. Pour y arriver, cet outil doté d’une enveloppe budgétaire totale de 120 millions DH prévoit une subvention de 30% par établissement hôtelier plafonnée à 10 MDH. Les trois principaux bailleurs de fonds de ce projet sont la Région Souss-Massa (10%), le  ministère du tourisme de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale (15%) et la commune d’Agadir (5%).

Alors que la SDR qui a déjà procédé à un benchmarking international avant de lancer ce mécanisme, notamment l’expérience de Tenerife en la matière, s’occupera de  l’accompagnement technique des candidats, la réalisation de l’ensemble des études et prestations pour concrétiser le projet, et le versement des subventions dédiées aux bénéficiaires.

Selon les explications données par Abdelkrim Azenfar, directeur général de la SDR, «pour pouvoir bénéficier de cette initiative chaque hôtel doit remplir quatre conditions et qui sont : être en exploitation de manière continue ou discontinue depuis au moins 5 ans, être en situation régulière vis-à-vis de l’administration fiscale de la CNSS, ne pas faire l’objet d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire, et enfin présenter un programme de mise à niveau de l’établissement hôtelier intégré que l’entreprise s’engage à mettre en œuvre dans un délai maximum de 3 ans».

Et pour assurer la réussite de ce programme, ce mécanisme exige de mettre en place une bonne gestion dans les cinq ans qui suivent la rénovation. Dans ce sens, deux modalités de gestion sont proposées : la première est indirecte par une société de gestion pendant une période donnée, alors que la seconde est directe via un cahier des charges défini en concertation avec la SDR.

Notons que celle-ci publiera les semaines qui viennent un appel à manifestation d’intérêt et un manuel de procédures qui définira avec plus de détails le cheminement à suivre pour bénéficier de cette subvention.

«Ce nouveau mécanisme vise la création de 10 mille emplois de plus pour la destination Agadir»
.
Questions à Brahim Hafidi, président du Conseil régional Souss-Massa

ALM : En quoi consiste ce programme pionnier pour rénover les hôtels de la ville d’Agadir ?

Brahim Hafidi : Il consiste en la réhabilitation des hôtels au niveau de la ville d’Agadir, donc il y a une convention qui a été signée par le ministère du tourisme, la région Souss-Massa, la ville d’Agadir, la wilaya, l’Association des hôteliers d’Agadir, et la Société de développement touristique (SDR) Souss-Massa qui va piloter ce programme. Il y aura une subvention de 30% de l’investissement à hauteur de 10 millions DH, et on voudrait accompagner les hôtels, pas ceux qui sont en redressement judiciaire ou  bien en arrêt, mais les hôtels qui ont des difficultés à se maintenir et à se mettre à niveau, donc il y a des exigences et un cahier des charges à suivre, et surtout une bonne gestion après la réhabilitation.

Quels sont les critères exigés pour pouvoir bénéficier de ce mécanisme ?

Les critères c’est d’abord la volonté de l’hôtelier, il faut qu’il présente un programme compétitif et doit avoir sa contribution, et celle bancaire pour réaliser le projet, ainsi que la bonne gestion postérieure.

Quelles sont les étapes parcourues jusqu’à présent pour le lancer officiellement ?

D’abord on vient de signer la convention, il a fallu avoir l’accord des ministères du tourisme, des finances, et de l’intérieur, donc tout cela a été bouclé, maintenant il faut commencer le programme.

Quid des retombées attendues sur la destination Agadir ?

Dans le domaine du tourisme, un lit qui travaille équivaut un emploi, nous visons la réhabilitation de 10 mille lits, ce sera donc 10 mille emplois en plus pour la ville d’Agadir.  Nous sommes handicapés par le produit, le tiers de la capacité n’est pas dans les standards du tourisme international. Si on améliore cela, on va améliorer la compétitivité du secteur du tourisme balnéaire d’Agadir.

Essaouira se lance dans la production de Stevia

Par Ghizlaine BADRI – leconomiste.com – 19/02/2020

    • Stevia Mogador, première coopérative de production au Maroc
    • La Stevia, la Moringa et l’Aloe Vera, les nouvelles plantes médicinales

Si les plantes utilisées dans les médecines parallèles connaissent un engouement au Maroc, la production locale reste faible pour certaines d’entre elles. Pour pallier ce manque, la Coopérative Stevia Mogador située à 25 km de la ville d’Essaouira dans la Commune de Had Draa est la première à s’être penchée sur la production de Stevia au Maroc.

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La coopérative Stevia Mogador travaille depuis plus de 5 ans
sur cette plante, connue pour ses propriétés édulcorantes et naturelles,
pour réussir sa récolte. La prochaine phase consiste en l’obtention
de l’agrément de l’ONSSA pour sa commercialisation, est-il avancé

En partenariat avec le ministère de l’Agriculture et l’Ecole supérieure d’agriculture de Meknès, la coopérative locale travaille sur la récolte de la Stevia, plante originaire d’Amérique du Sud, qui pousse à l’état sauvage sous un climat semi-aride, connue comme étant un substitut du saccharose et un édulcorant compatible avec les régimes hypoglycémiques.

«Nous travaillons depuis 5 ans sur la Stevia, dont la production nécessite plusieurs facteurs pour réussir sa récolte. La prochaine phase consiste en l’obtention de l’agrément de l’ONSSA pour sa commercialisation», explique Yassine Hroud, Gérant de la Coopérative Stevia Mogador.

Si la plante est déjà transformée et distribuée localement par le biais de magasins spécialisés, la vente au niveau national et international nécessite plusieurs autorisations, en cours d’obtention. Sur une surface de 8000 m2, 1200 kg de Stevia sont récoltés chaque année au prix de 250 DH le kg, la coopérative compte multiplier sa production par 3 d’ici 2025 et travaille sur l’écoulement de sa récolte qui se fera à 30% au niveau national et 70% au niveau international.

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Stevia

Pour répondre à une demande de plus en plus croissante concernant ces plantes médicinales, la coopérative a décidé d’élargir sa production à deux autres plantes, la Moringa et l’Aloe Vera. Si la première originaire d’Inde, utilisée en médecine ayurvédique, est appréciée pour son spectre nutritionnel très large et équilibrée, la seconde dont la production est croissante au Maroc est connue pour ses vertus pour la digestion ainsi que la protection de la peau.

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Moringa

 

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Aloe Vera

«Nous avons décidé de dédier 4.000 m2 et 8.000 m2 à la production de ces deux autres plantes, dont la production est respectivement de 400 et 800 kg par an. Avant d’élargir la récolte, nous travaillons sur le marché international, le marché local étant réduit pour la Moringa et concurrentiel pour l’Aloe Vera», poursuit Yassine Hroud.

«Si le prix de vente de l’Aloe Vera est de 2 DH la feuille, la Moringa est vendue au même prix que la Stevia, soit 250 DH le kg», ajoute le Gérant. La Coopérative Stevia Mogador vient de conclure un accord avec le Marché Solidaire à Casablanca. D’autres points de ventes sont également visés à Marrakech, Agadir et Tanger.

Au Maroc, sur les 4.200 plantes aromatiques et médicinales recensées, à peine 300 sont récoltées et demeurent très peu valorisées malgré la tendance mondiale et la manne économique qu’elles peuvent procurer. Estimée à 165 milliards de dollars, l’industrie de ce marché en forte croissance est poussée par les besoins des laboratoires, mais aussi par une demande pour le naturel/bio et  les compléments alimentaires. Les perspectives de croissance à horizon 2023, en particulier pour la cosmétique verte et les huiles essentielles, seraient de plus de 10%.

L’AUTRE MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT…

par Mustapha SEHIMI – maroc-hebdo.press.ma – 20/02/2020

Dysfonctionnements dans le projet de Taghazout Bay

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Comment renforcer l’autorité de l’Etat pour qu’il ait les moyens effectifs de faire respecter les engagements conclus avec lui?

Ça recommence, ou plutôt ça continue donc! Voilà que le grand chantier de Taghazout Bay, près d’Agadir, témoigne de nouveau des insuffisances des politiques publiques. Il a fallu une visite royale in situ pour mettre à nu des défaillances, des irrégularité et des responsabilités à identifier. La colère du Souverain est salutaire, bien sûr; elle est devenue un mode supplémentaire de gouvernance, de recadrage et, le cas échéant, de sanctions. Trois opérateurs sont ainsi mis en cause, MADAEF, filiale de la CDG, et deux groupes, Sud Partners et Pick Albatros. L’on ne peut que relever, pour commencer, la médiatisation particulière qui été faite à propos de l’implication de la CDG, qui a fait l’objet d’une «fuite» précipitée. La CDG a réagi d’ailleurs; elle a eu raison de le faire.

Cela dit, reste ce dossier. Pourquoi en est-on arrivés là? Les interprétations que l’on peut avancer à cet égard sont, pour l’heure, de divers ordre. En premier lieu, ceci: la mission de suivi et de contrôle n’a pas été assurée dans des conditions souhaitables et requises. Des cahiers de charges n’ont pas été respectés -coefficient d’occupation du sol, extensions, constructions sans autorisation…. Les uns et les autres ne pouvaient pas ne pas savoir tant il est vrai qu’il y a des plans visés, des dossiers techniques validés et disponibles.

C’est, en effet, en second lieu, un grand chantier royal et il a bénéficié, pense-ton, de toute l’attention requise. Alors? Preuve est faite que l’on a eu aujourd’hui une telle situation parce que le rendu, pourrait-on dire, a été autorisé de fait par suite d’une chaîne d’irrégularités couvertes par de nombreuses parties prenantes, à un titre ou un autre.

Pèle-mêle, c’est là une responsabilité collective du département de l’Habitat et de sa délégation régionale, des autorités de tutelle, de la municipalité, de la filiale de la CDG et sans doute encore d’autres organes… Des groupes privés étrangers n’ont pas hésité à profiter de cette aubaine créée sur place par de tels dysfonctionnements pour optimiser leurs investissements, le climat d’affaires autour de ce programme de Taghazout Bay étant tellement attractif…

Les leçons du programme «Manarat Al Moutawassit» d’Al Hoceima de 2015- 2016 n’ont donc pas été tirées. Elles sont en réplique au moins sur cet aspect: celui du décalage, voire du divorce, entre ce qui est décidé et validé formellement et ce qui est réellement réalisé sur le terrain. A-t-on donc affaire à une sorte de donnée structurelle contraignante qui finit par s’imposer et par reformater le projet initial? S’agit-il de baisser les bras et de céder à la résignation? En d’autres termes, ne peut-on pas escompter d’autre forme de gouvernance des politiques publiques qu’un tableau final de cette nature? Non, il y une autre voie, celle consacrée par la Constitution, à savoir la responsabilité corrélée à la reddition des comptes. Cela commande que les intérêts privés et leurs relais sous différentes formes -et avec bien des relais institutionnels et politiques- n’arrivent pas à imposer leur volonté et donc leur loi.

Qu’ils défendent leurs intérêts et leurs profits n’est pas illégitime. Mais sans que leur lobbying supplante l’intérêt général et ne respecte pas les engagements formels pris avec les pouvoirs publics. Ce qui conduit à cette dernière interrogation: comment renforcer et consolider l’autorité de l’Etat et œuvrer pour qu’il ait les moyens effectifs de faire respecter les engagements conclus avec lui? Le risque est réel de voir un processus de fragmentation du statut et des pouvoirs de la puissance publique, suivant le «forcing» et le ruissellement d’intérêts privés autour de projets et de programmes.

L’hypothèse à redouter de plus en plus n’est pas virtuelle: celle d’un «Etat mou», gérant davantage des intérêts privés que tourné vers l’imposition et la mise en oeuvre de politiques publiques. Au moment où la Commission Benmoussa est attelée à une réflexion nationale sur un nouveau modèle de développement, il n’y a pas de place pour un «autre» modèle, repoussoir celui-là: celui de Taghazout Bay, qui vient d’être corrigé…

 

La justice saisie sur les irrégularités du projet Taghazout Bay

yabiladi.com – 20/02/2020

Tout juste après l’annonce de démolitions visant des constructions du site touristique Taghazout Bay, près d’Agadir, le procureur général près la Cour d’appel de Marrakech a été saisi pour enquêter plus en détails sur les irrégularités ayant entaché le projet. Par ailleurs, la plainte déposée nomme les responsables qui devraient être entendu à ce sujet.

Au lendemain de la destruction de bâtiments à Taghazout Bay pour non-conformité, l’Association marocaine pour la protection des biens publics (AMPB) a détaillé les bénéficiaires des parts de marché de ce projet, tout en épinglant les irrégularités qu’elle dit avoir établi. Il s’agit notamment de CDG Développement (45%), le Fonds marocain de développement touristique (25%), Sud Partners qui inclut Akwa Group (25%) et la Société marocaine d’ingénierie touristique (5%).

Sur la base de ces recoupements, l’ONG a annoncé saisir le parquet compétent en demandant une enquête approfondie sur l’ensemble des irrégularités constatées. Président de la section régionale de l’AMPB qui a déposé cette plainte, Abdelali Boudali déclare à Yabiladi ce jeudi que le dossier a été déposé auprès du parquet de Marrakech, puisque cette juridiction est dotée d’une chambre criminelle chargée des crimes financiers.

«Nous n’avons pas encore eu de nouvelles des suites de notre plainte puisqu’elle date de trois jours, mais nous savons qu’une enquête sera lancée et que les différents acteurs concernés seront entendus par la justice», affirme-t-il. En effet, cette plainte requiert que la police judiciaire soit saisie de l’affaire pour mieux clarifier les soupçons d’irrégularités, y compris les malversations et les fraudes financières.

Des élus locaux devraient être entendus

«Nous avons attiré l’attention du procureur sur le fait que des élus locaux, les responsables du projet et le représentant du bureau d’étude doivent être interrogés», explique Abdelali Boudali. Parmi eux, la plainte mentionne les présidents des communes de Taghazout et d’Aourir, le président du Conseil régional d’Agadir-Idaoutanane, le représentant légal de l’entreprise en charge du projet et celui du bureau d’études.

Cependant, cette liste reste succincte et d’autres responsables pourraient être entendus. Pour Abdelali Boudali, «les différents détenteurs de part de marché, via leurs représentants légaux, doivent tout autant être entendus par la justice car ils ont une responsabilité directe, lorsqu’on sait de surcroît que l’exécution du projet aurait connu des fraudes». Selon le militant, celles-ci incluent notamment «l’accaparement illégal des biens fonciers pour le projet, le non-respect des cahiers des charges, des exigences environnementales et de la conservation des espaces publics», entre autres.

Dans cette plainte, parvenue également à Yabiladi, l’association relève en effet un «non-respect des plans initiaux approuvées par les autorités compétentes et les actionnaires du projet, des accaparements de terres adjacentes frauduleux, un manquements aux normes  »COS » relatives au coefficient d’exploitation du domaine public», y compris «les routes, les espaces verts et les parkings».

Une question de gestion des fonds publics

Par ailleurs et sur la même superficie du projet, l’AMPB relève «la construction sans permis de quatre villas de près de 160 m² chacune via l’usage des pouvoirs d’influence». Les établissements hôteliers du site ne sont pas en reste, puisque la plainte de l’association fait état de l’ajout de pièces sans permis, parmi celles donnant sur la façade sud de l’hôtel Hyatt.

Samedi 8 février lors d’un déplacement à Agadir, le roi Mohammed VI s’est rendu dans la station de Taghazout Bay pour une visite non programmée. Huit jours plus tard, les démolitions ont commencé pour non-conformité au Code de l’urbanisme et aux plans initiaux du projet. Plus qu’une question de respect des lois relatives à l’habitat, à l’urbanisation et à l’harmonisation du paysage urbanistique, Abdelali Boudali estime que «ce dossier soulève une question de gouvernance et de bonne gestion des fonds publics».

Maire de la ville d’Agadir jusqu’en 2015, Tariq Kabbaj avait critiqué le projet de Taghazout Bay pour les mêmes raisons, dénonçant par ailleurs qu’«un projet touristique régional ne doive pas se couper de la réalité de l’environnement où il est implanté et ses retombées socio-économiques doivent donc bénéficier, pas exclusivement mais aussi, aux habitants alentours». Au lendemain de l’annonce des démolitions, une vidéo (en arabe) où l’ancien responsable réagit à la question a émergé sur les réseaux sociaux.

Agadir: une femme portant le niqab risque gros

lesiteinfo.com – 20/02/2020

Les services de la gendarmerie royale à Chtouka Ait Baha, dans la province d’Agadir, ont fait une descente dans un appartement et surpris une femme mariée en pleins ébats sexuels avec son amant.

Selon une source de Le Site info, la mise en cause, mère de quatre enfants et portant le niqab, a été arrêtée suite à la plainte déposée par son mari auprès des autorités. Et d’ajouter que son époux a décidé d’alerter les gendarmes après avoir découvert des enregistrements vocaux de sa femme, contenant des discussions érotiques avec son petit ami.

La même source a souligné que la coupable faisait des séances de «roqya» (ensemble de méthodes spirituelles censées exorciser les possessions démoniaques) aux femmes et profitait de l’absence de son mari pour se rendre chez son amant.

Station de dessalement d’Agadir : voici où en est ce méga projet

par Jalil Choukri – medias24.com – 20/02/2020

Photo M. Terrier

Le projet de réalisation de la station de dessalement d’eau de mer d’Agadir est particulier à plus d’un titre. C’est l’un des plus grands projets du Maroc et de la région et une première en matière de mutualisation entre production d’eau potable et d’eau d’irrigation.

C’est aussi le plus important projet réalisé grâce au partenariat public-privé. Il inclut même une contribution des agriculteurs à travers des souscriptions pour la réalisation de la station, en contrepartie d’une eau d’irrigation facturée à un prix très bas, environ 50% de son coût.

Il s’agit enfin d’un projet qui utilisera les derniers procédés technologiques : osmose inverse, système d’échangeurs de pression, raccordement à l’électricité propre…, tout a été conçu pour réduire les coûts de production de l’eau.

Le chantier comprend ainsi 4 composantes : la station de dessalement, son raccordement au réseau électrique, l’acheminement de l’eau potable au Grand Agadir et l’installation d’un réseau d’irrigation dans la plaine de Chtouka.

Jeudi 13 février, le Roi Mohammed VI a lancé les travaux de réalisation du réseau d’irrigation. A cette occasion, un bilan d’étape de tout le projet a été présenté. Voici les principales informations.

La station de dessalement démarrera en mars 2021

Le coût de réalisation de la station s’élève à 4,41 milliards de DH, dont 2,35 milliards de DH pour la composante irrigation et 2,06 MMDH pour l’eau potable.

2,42 milliards ont été apportés par le secteur privé, 1,86 MMDH par le secteur public et 120 MDH par les agriculteurs à travers les souscriptions.

Lancés en juillet 2018, les travaux devraient s’achever en mars 2021. Ils affichent actuellement un taux d’avancement global de 65%. Dans le détail, les études sont menées à 84%, la fourniture des équipements à 86%, les travaux d’ingénierie à 61% et les travaux maritimes à 35%.

La station produira dans un premier temps 275.000 m3/jour dont 55% pour l’eau potable. A terme, la capacité totale s’élèvera à 400.000 m3/jour répartis équitablement entre irrigation et eau potable.

Pour rappel, le Grand Agadir souffre de l’insuffisance de l’offre des ressources conventionnelles en eau, et la nappe phréatique enregistre un déficit annuel estimé à 90 millions de m3. Pour l’irrigation, les agriculteurs utiliseront en priorité l’eau dessalée, à partir de la mi-2021.

Raccordement au Grand Agadir et au réseau électrique

Le réseau d’alimentation du Grand Agadir et des localités environnantes sera composé de 44 km de canaux de traction qui achemineront l’eau jusqu’à la Régie autonome Ramsa à l’entrée de la ville, 2 stations de pompage et 2 réservoirs de 15.000 m3.

D’un coût de 363 MDH, il permettra d’alimenter 1,6 million d’habitants à l’horizon 2030. Cette composante est financée par un prêt de la Banque Islamique de Développement.

Le taux d’avancement des travaux est de 72%. Le projet sera également finalisé en mars 2021.

Pour ce qui est du raccordement au réseau électrique, 3 lignes haute tension de 55 km de long connecteront la station de dessalement au poste source de Tiznit.

Le coût est de 92 MDH. Le taux d’avancement des travaux est de 40%.

Réseau d’irrigation de la plaine de Chtouka : démarrage complet en juillet 2021

La plaine de Chtouka, 15.000 hectares qui produisent 1,3 million de tonnes de primeurs annuellement dont 1 million est exporté (86% de l’export de primeurs du Maroc), sera équipée :

  • d’un adducteur principal de 22 km
  • de 491 km de réseau de distribution

  • de 5 stations de pompage

  • de 280 km de canaux de connectivité

  • et de 1.500 phares de distribution d’eau

L’irrigation de la plaine sera localisée. Les études topographiques et d’ingénierie ont été réalisées et les travaux ont été lancés par le Roi le 13 février dernier. 40% du réseau entrera en service en mars 2021. Ce taux atteindra 100% au mois de juillet de la même année.

 

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