Archives de mars 25th, 2020

Chloroquine, le premier patient traité à Rabat déclaré négatif au Covid-19 au 6 ème jour

par M. EL ATOUABI – lopinion.ma – 25/03/2020

Sans beaucoup trop d’hésitations, le Maroc a officiellement et courageusement décidé d’adopter un protocole sanitaire de traitement des patients atteints de Covid-19 à base de Chloroquine. L’espoir est permis.

Combat sanitaire face au Coronavirus au service d’isolement de l’hôpital Moulay Youssef de Casablanca.

Combat sanitaire face au Coronavirus au service d’isolement de l’hôpital Moulay Youssef de Casablanca.

Dans une note officielle adressée aux Directeurs des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU), le ministère de la santé a autorisé la prescription de la Chloroquine et surtout de l’Hydroxychloroquine au niveau des établissements de soins pour la prise en charge thérapeutique des cas confirmés Covid-19. Dans la note du ministère de la santé, cette décision dont on ne peut préjuger de la pertinence pour le moment, revendique sa légitimité scientifique d’une «consultation avec le Comité Technique et Scientifique du Programme National de Prévention et du Contrôle de la Grippe et des Infections Respiratoires Aiguës Sévères».

Démarche inédite

La démarche est aussi rare qu’inédite dans les annales de la santé nationale et internationale. Jamais par le passé, un protocole médical n’avait en effet été adopté et mis en oeuvre en si peu de temps. Dans les milieux de la science et de la médecine, le sujet partage plus qu’il ne rassemble. La rapidité de mise en oeuvre de ce traitement au Maroc, fait même jaser certains observateurs qui expriment sous cape leur désapprobation d’une décision qu’ils jugent hâtive. Dans la rue par contre et parmi les milieux profane, cette décision nourrit l’espoir d’une victoire contre une maladie qui fait désormais peur. Notamment au vu du nombre de morts enregistrés dans des pays proches comme l’Espagne et surtout l’Italie.

Sans entrer donc dans des considérations scientifiques qui nous dépassent et dont seul le temps pourra juger de la pertinence, la question maintenant est de savoir comment le Maroc s’est organisé pour contrer médicalement l’épidémie de coronavirus. Dans ce registre, les implications ne sont pas uniquement médicales ou scientifiques, mais surtout politiques. Pour en saisir la teneur, il faut opérer un léger retour en arrière.

Tout a commencé il y a cinq jours avec une énième révélation involontaire du chef de gouvernement Sâadeddine El Othmani dont la langue ou plutôt le clavier s’est délié plus vite qu’il n’en fallait lors de l’une de ses nombreuses sorties médiatiques sur Twitter. Dans une réponse (aujourd’hui effacée) à une question sur l’usage du Plaquenil, un médicament antipaludique à base de Hydroxychloroquine, El Othmani affirme que : «tous les cas positifs au coronavirus enregistrés au Maroc qui souffrent des effets de cette maladie sont effectivement traités par ce médicament».

Il n’en faut pas plus pour susciter une véritable ruée vers les pharmacies. Assaillies par les demandes de citoyens apeurés, celles-ci voient leurs stocks de Plaquenil 200 mg (Hy-droxychloroquine) vendu à 51 dirhams et de Nivaquine (Chloroquine) proposé, lui, à 12 dirhams, fondre comme neige au soleil. Pourtant, quelques jours auparavant, ces deux médicaments dont l’écoulement sur le marché marocain était très minime car réservé aux seuls voyageurs en partance vers certains pays d’Afrique Subsaharienne, était d’usage très restreint.

Péril en la demeure
La réplique des autorités sanitaires marocaines ne se fait pas trop attendre. Elle résonne comme une réponse à la bévue du chef de gouvernement. Dans une mise au point adressée aux médias, le département de Khalid Aït Taleb demande aux citoyens de rester vigilant par rapport aux informations qui circulent sur l’efficacité de la chloroquine pour traiter les individus contaminés par le Covid-19.

«Ce traitement est toujours en phase de test dans de nombreux pays », note un communiqué du ministère qui précise que les responsables suivent de près les recherches en cours et qu’en cas de résultats positifs, l’utilisation de ce traitement devra être appliquée selon un protocole médical spécifique par un comité scientifique national.Après quoi, ledit traitement sera administré aux personnes qui sont en cours de traitement dans les hôpitaux. Et au vu des nombreux effets secondaires du médicament en question, amplifiés par l’usage sauvage et l’automédication, le ministère déconseille fortement aux citoyens d’acheter des médicaments sans recommandation de médecin pour les conserver chez eux, et ce dans le but de préserver la santé publique. Ensuite, les événements se précipitent.

Au lendemain même de cette mise au point, Radio France Internationale (RFI) révèle que le Maroc s’était porté acquéreur de l’ensemble des stocks de Nivaquine et de Plaquenil produits au Maroc par le laboratoire français Sanofi, et évoque un total de plusieurs millions de doses.

Le 23 mars, les autorités sanitaires du pays font fi des précautions d’usage en la matière et proclament officiellement leur décision de mettre en oeuvre un protocole de traitement des malades du Covid-19 à base d’Hydroxychloroquine. Au-delà du scepticisme qu’une telle précipitation puisse légitimement engendrer dans certains milieux scientifiques, les marocains confinés aux fins fonds de leurs maisons sont partagés entre la joie de voir le pays se doter d’un protocole de traitement médical appuyé par de généreux stocks et la crainte des éventuels effets à long terme de cette même médication.

Mais la question qui revient le plus est celle de savoir quel est le degré de ce péril en la demeure qui a poussé nos autorités sanitaires, d’habitude assez prudentes, à prendre une décision aussi lourde de conséquences, en si peu de temps ?

Une information confidentielle qui a filtré de l’hôpital militaire de Rabat et à laquelle l’Opinion a eu accès, révèle que le premier patient traité dans cette unité par le Plaquenil et l’Azithromycine, a été déclaré négatif au Covid-19 à partir du sixième jour de traitement. Ce qui incite à l’optimisme, tout en confortant le choix des autorités sanitaires marocaines d’opter pour la Chloroquine.

 

Coronavirus Maroc – Situation le 24 mars à 18 H 00

Répartition par Région :

​Région​​

 

Nombre de cas confirmé​s

 

Beni Mellal-Khénifra​
4
Casa Settat
42
​​Daraa-tafilalet
​1​
Dakhla-Oued Ed Dahab
0​
Fès meknes
36
Guelmim Oued Noun
1
Laâyoune-Sakia El Hamra
0
Marrakech Safi
22
Oriental
​7
Rabat Salé Kenitra
40
Souss-Massa
6
Tanger Tetouan Al Hoceima
11

ACTUALITÉ Maroc : le trafic portuaire a progressé de 11,3% en 2019

meretmarine.com – 25/03/2020

Au Maroc, les ports gérés par l’ANP (Agence nationale des ports) et Tanger Med SA ont vu l’an dernier leur trafic progresser de 11,3% à 152,1 Mt. Les vracs pèsent encore lourd dans le résultat global même si les conteneurs continuent leur progression. Un article d’Hervé Deiss de Ports et Corridors. Le système portuaire marocain voit coexister les établissements gérés par l’Agence nationale des ports et le complexe portuaire et logistique de Tanger Med. Ensemble, les ports du Maroc ont vu leur trafic progresser de 11,3% en 2019 pour atteindre 153,1 Mt. Les chiffres nationaux diffusés par le ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau a donné le 20 mars les grandes tendances de 2019.  « La hausse est attribuée à l’accroissement aussi bien du volume du transbordement (+32,9%) que des importations (+6,9%) et du cabotage (+0,8%) Les exportations ont légèrement baissé de 1,1% », indique le communiqué du ministère marocain en charge des ports. En une décennie, de 2009 à 2019, l’ensemble des ports du royaume a vu son trafic doubler avec une progression globale de 114%, passant d’environ 70 Mt en 2009 à plus de 150 Mt en 2019. L’analyse du trafic par port montre que sept ports nationaux ont marqué une évolution positive. Tanger-Med (+24,7%), Mohammedia (+0,2%), Casablanca (+10,8%), Jorf-Lasfar (+12,3%), Agadir (+27,9%), Laâyoune (+1,1%) et Dakhla (+0,2%) ont compensé les pertes affichées par les ports de Nador, Safi et Tan Tan. Il est à noter qu’avec 130,7 Mt, Tanger Med, Jorf Lasfar et Casablanca concentrent près de 85% du trafic portuaire marocain. En volume de marchandises traitées, Jorf Lasfar est le premier port de l’année pour le trafic import-export, pour 35,5 Mt. Le port de Jorf Lasfar a une vocation minéralière et conventionnelle. Situé à 120 km au sud de Casablanca, il est le principal point de sortie de la production de phosphates d’OCP. La place de second port marocain en tonnage revient à Casablanca avec un trafic de 30 Mt. La grande majorité des trafics revient aux vracs solides avec 53 Mt, en hausse de 3,2%. Des flux principalement réalisés par les ports gérés par l’ANP. Le charbon a franchi la barre des 10 Mt, en hausse de 12,6%. Des arrivées qui tiennent principalement pour la fourniture d’énergie. Viennent ensuite les trafics d’engrais solides qui ont vu leurs exportations augmenter de 4,2% à 9,6 Mt. Autre courant en hausse dans ces flux de vracs solides, les importations de céréales progressent de 4,8% à 6,9 Mt. Deux flux affichent des baisses dans les vracs solides des ports gérés par l’ANP, le phosphate et le clinker. Ce dernier régresse de 32,4% à 1,3 Mt. Il montre les difficultés de l’industrie cimentière du Maroc. Il est le signe que le pays importe plus de ciment fabriqué à l’international que des produits manufacturés localement. Enfin, le phosphate a connu une baisse de ses exportations en 2019. Il perd 13,9% à 9,6 Mt. La bonne performance des exportations d’engrais solides et la baisse des exportations de phosphates signifie que le Maroc a évolué vers la production locale d’engrais et donc de la valeur ajoutée sur la matière première, le phosphate. Le trafic de vracs solides de Tanger Med reste marginal par rapport aux autres ports marocains. Avec 258 340 t réalisées en 2019, le port du détroit de Gibraltar traite principalement des céréales et des trafics de petits vracs industriels pour les sociétés du nord du pays. Du côté des vracs liquides, le trafic a progressé de 3,4% à 24,8 Mt, tous ports confondus. Avec 18,4 Mt traitées par les ports de l’ANP, en progression de 2,1%, tous les flux des vracs liquides sont en hausse. Les importations d’ammoniac et d’huiles alimentaires maintiennent leurs performances sur les ports de l’ANP. Les hydrocarbures ont bien résisté dans les ports de l’ANP avec une hausse de 2,2% à 10,5 Mt. Un score qui n’a pas permis la baisse sensible de ces flux sur l’ensemble du Maroc. En effet, le ministère annonce une baisse de 2,2% à 12,7 Mt qui sont à mettre au passif des courants sur les terminaux de Tanger Med. À l’export, l’acide phosphorique, issue de la production de phosphate, affiche une croissance de 3,7% à 3,9 Mt. Le trafic de véhicules neufs a réussi une belle année 2019. Avec un total de 589 200 unités traitées dans tous les ports, le principal acteur de ce courant se réalise à Tanger Med. Avec 500 465 véhicules, Tanger Med termine 2019 sur une hausse de 5%. Un trafic qui se répartit entre les véhicules traités sur le terminal dédié de Renault dont 349 050 unités exportées et 31 734 véhicules importées. L’autre terminal roulier ouvert à tous les opérateurs a manutentionné 119 681 unités, en augmentation de 27,6%. La bonne tenue de ces trafics est à mettre à l’actif du début des exportations des véhicules de l’usine de Kenitra du groupe PSA. Le trafic routier international s’oriente aussi à la hausse. Avec 373 938 ensembles routiers qui ont emprunté les ports marocains, ce courant affiche une hausse de 10%. Un trafic qui se réalise en grande partie dans les installations de Tanger Med avec 357 214 unités, en hausse de 9,3%. Les ports de l’ANP ont vu le passage de 16 724 ensembles routiers, dont une grande partie depuis les ports de la Méditerranée, comme Nador. Enfin, le trafic conteneurisé du Maroc a franchi, en 2019, la barre des 6 millions d’EVP traités. Des flux traités en grande majorité par Tanger Med. S’agissant des conteneurs, un total de 4,4 MEVP a été manutentionné, soit une progression exceptionnelle de +40,6% par rapport à l’année précédente. L’entrée en service de Tanger Med 2, en juin 2019, a donné une nouvelle dynamique au port du détroit de Gibraltar. « En 2019, dix nouveaux opérateurs ont démarré leur activité dans la zone logistique portuaire de Tanger Med, parmi lesquels des acteurs tels que DHL, Nippon Express, et Kasai. L’ensemble de ces réalisations confortent la position de Tanger Med comme plateforme de choix au service de l’économie marocaine, et comme hub logistique majeur pour les échanges mondiaux », indique Tanger Med SA. Les ports gérés par l’ANP ont vu leur trafic conteneurisé progresser de 2,5% à 1,2 MEVP. Casablanca et Agadir réalisent à eux deux 99% du total du trafic conteneurisé des ports de l’ANP. À Casablanca, le trafic a progressé de 5,2% pour atteindre 1,08 MEVP. Le port de l’ouest du pays confirme ainsi sa place dans le club des millionnaires. Quant à Agadir, situé à la limite du Sahara Occidental, il perd 14,5% à 177 539 EVP. Traitant majoritairement des produits agricoles, Agadir voit une partie de ses trafics partir pour les quais de Casablanca, indiquent des analystes.

Tourisme : à cause du Coronavirus 11 000 nuitées annulées pour mars et avril à Agadir

par Malika Alami – lavieeco.com – 24/03/2020

Tourisme Agadir

UNE PERTE EN CA DE 12 MDH EN PERSPECTIVE, SELON LES PROFESSIONNELS DE L’HÔTELLERIE. FACE À LA PANDÉMIE DU CORONAVIRUS ET SES CONSÉQUENCES, LES OPÉRATEURS À AGADIR RÉAGISSENT.

Réunion de crise vendredi dernier de l’Association de l’indus¬trie hôtelière d’Agadir. Face à la pandémie du Coronavirus et ses conséquences, les professionnels de l’hôtellerie à Agadir réagissent. Selon leur estimation, ce sont 11 000 nuitées pour les mois de mars et avril qui sont annulées. Ce qui représente de leur avis une perte en CA de 12 MDH. Aujourd’hui, suite à la fermeture des frontières des marchés émetteurs de la station balnéaire, les hôtels sont peu à peu désertés de leurs clients et déjà certaines chaînes implantées dans la ville pensent à fermer leurs établissements. Ce qui constitue une menace pour les emplois du secteur. Pour leur préservation en attendant des jours meilleurs, les acteurs de la filière ont émis lors de leur réunion un certain nombre de mesures d’accompagnement à présenter au gouvernement.

Il s’agit de mettre les salariés en chômage technique au taux de 50% et de différer tous les paiements d’impôts, taxes, charges sociales et impôts locaux et ce dès ce mois de mars. Les hôteliers d’Agadir proposent aussi de surseoir à des paiements des échéances de crédits bancaires, sans intérêts supplémentaires. Mais pas seulement. Ils souhaitent de même des exonérations de charges sociales pour les départs en retraites anticipés et la révision pour le secteur hôte¬lier de la facture énergétique (ONE, RAMSA, ..) qui supportent des taux domestiques et non des taux industriels, indiquent-ils.

En outre, ils réclament des subventions en faveur du secteur pour faire face à cette crise profonde et aux pertes occasionnées. Le fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie devrait répondre à leurs doléances. Les hôteliers d’Agadir veulent enfin être accompagnés pour la mise en place d’assurances en prévention des défaillances des TO.

Face à cet état international d’exception, les professionnels restent cependant optimistes quant à une reprise dès juillet prochain. Aussi, ils demandent à l’ONMT de préparer dès à présent des campagnes de communication et de promotion envers le marché national et les marchés émetteurs internationaux. Pour une redynamisation du secteur dès le retour à la normale, ils préconisent aussi des subventions pour les compagnies aériennes. En attendant, les professionnels disent vouloir déjà préparer des offres promotionnelles pour réussir la reprise prochaine.

ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE : À AGADIR, PAS DE QUARTIER AVEC LES RÉCALCITRANTS

Par Mohand Oubarka – le360.ma – 24/03/2020

Cover_Vidéo: مطاردات واعتقالات لخارقي حالة الطوارئ الصحية بأكادير

© Copyright : Le360

Au troisième jour de la proclamation de l’état d’urgence sanitaire, les autorités d’Agadir durcissent le ton. Le temps n’est plus seulement à la sensibilisation, il est aussi question, dans l’intérêt général, de prendre des mesures de coercition pour faire respecter la loi. Reportage.

«Rentre chez toi pour réviser avec tes enfants leurs leçons», conseille un agent d’autorité de l’administration, représentant le ministère de l’Intérieur, à un motocycliste qui tarde à rentrer chez lui.

Le ton est ferme, et cette fermeté s’applique à tous: passants, commerçants et leurs clients, automobilistes… Qu’ils soient jeunes ou âgés.

Selon le correspondant accrédité par Le360 à Agadir, les autorités ont déjà procédé à plusieurs interpellations d’individus qui ont sciemment violé les consignes édictées lors de l’état d’urgence sanitaire.

Au même moment, et parallèlement aux patrouilles mixtes effectuées par plusieurs agents d’autorité appartenant à différents corps armés ou non du royaume, des officiers issus de ces mêmes corps, munis de mégaphones, s’évertuent dans les rues d’Agadir à rappeler aux habitants l’extrême urgence de rester confinés à leur domicile.

Rappelons que la violation des consignes liées à la proclamation de l’état d’urgence sanitaire peut valoir à ceux qui s’en sont rendus coupables une peine de prison de un à trois mois et/ou le versement d’une amende de 300 à 1.300 dirhams.

 

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