En l’absence d’une solution de fixation pérenne, l’évacuation des sables de la corniche vers la plage d’Agadir donne lieu annuellement à un coût et une mobilisation périodique de main-d’œuvre et d’engins pour l’opération de remodelage.

Chaque année, l’opération de remodelage de la plage d’Agadir ressemble à un combat contre les moulins à vent. À l’issue de la période agitée des mois de février à mai où la houle est aussi forte que le vent, les engins de la commune urbaine d’Agadir sont en course contre la montre pour évacuer le sable mouvant de la corniche vers la plage. Cette période qui a coïncidé cette année avec la crise du Covid-19 ne fait pas exception. Une nouvelle fois, des quantités considérables de sable ont été soulevées et poussées par le vent tout au long de la zone sud de la baie d’Agadir. L’intensification de cet ensablement entraîne à chaque fois la détérioration des revêtements de la corniche de la station de balnéaire d’Agadir, en particulier lors de l’intervention mécanique des engins et véhicules. Cette migration de sables vers la corniche entraîne aussi le blocage des canalisations et des accès menant à la plage d’Agadir en plus de l’invasion des espaces verts par les quantités de sable.

Chaque année, la plage s’offre un lifting
Aujourd’hui, malgré que les engins de la Commune urbaine d’Agadir procèdent chaque année au remodelage de la plage, aucune étude n’a été réalisée jusqu’à présent pour quantifier le tonnage ou le déficit de sables récupéré chaque année, et en l’absence d’une solution de fixation durable et pérenne, l’évacuation de ces quantités de sables génère annuellement un coût et une mobilisation périodique d’une main-d’œuvre et d’engins de la part de la commune. Pour leur part, les hôtels concessionnaires d’espaces privés procèdent à la remise en état de leurs plages privées. Devant cet état de fait, force est de constater que la solution préconisée depuis des années est l’adaptation avec ce phénomène cyclique à travers le redéploiement de sables à sa place (plage). C’est la raison pour laquelle, il s’avère actuellement indispensable d’opter selon plusieurs observateurs pour une solution durable et pérenne, notamment une méthode biologique basée sur une végétation naturelle ou l’installation de brise-vents durant la concentration de ce phénomène.

Deux méthodes peuvent contrecarrer le phénomène
Pour rappel, la bande naturelle d’eucalyptus qui retenait tout au long du littoral d’Agadir le sable et qui freinait la vitesse du vent a été détruite par les activités anthropiques y compris touristiques. En outre, les deux méthodes précitées peuvent contrecarrer le phénomène ou du moins l’atténuer à long terme. Parallèlement, la mise à niveau prochaine de la corniche d’Agadir inscrite en général dans le cadre du plan de développement de la ville d’Agadir (2020-2024) et en particulier dans le cadre du réaménagement de la zone touristique et balnéaire à hauteur de 460 MDH doit prendre en considération ce phénomène d’ensablement en plus de celui de l’érosion de la plage. En effet, plusieurs équipements seront prévus dans le cadre de cette mise à niveau.

Corniche : quatre pôles thématiques prévus
En, cette mise à niveau vise la création de quatre pôles thématiques au niveau de la corniche d’Agadir, notamment une séquence commerciale, ludique, culturelle et sportive comme l’a stipulé l’étude réalisée en l’année 2018 par l’agence internationale d’architecture et d’urbanisme Reichen et Robert & Associés. Aujourd’hui, une autre étude urbanistique et architecturale a été lancée par la Société de développement local (SDL) Agadir Souss-Massa Aménagements qui se charge des différents aménagements et maîtrises d’ouvrage des projets inscrits dans le cadre du programme de développement urbain de la ville d’Agadir (2020-2024)