Archives de mai 28th, 2020

Coronavirus : Situation le jeudi 28 mai à 10 H 00 au Maroc

Les résultats par Région figurent maintenant en % sur le site du Ministère.
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Ministère de la Santé النسخة العربية   Le Portail Officiel du Coronavirus au Maroc     البوابة الرسمية لفيروس كورونا بالمغرب
Royaume du Maroc
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 10H00  28-05-2020
Guéris : 5109
Décès : 202
Cas confirmés : 7636
Cas exclus suite à un résultat
négatif du laboratoire : 166574
​​  ​​​​​
​Répartition par Région :
.
Région​​ .Nombre de cas confirmé​s

en %

Beni Mellal-Khénifra​
1,49 %
Casa Settat
32,99 %
​​Daraa-Tafilalet
7.67 %
Dakhla-Oued Ed Dahab
0.07 %
Fès Meknes
13,06 %
Guelmim Oued Noun
0,56 %
Laâyoune-Sakia El Hamra
0,05 %
Marrakech Safi
17,40 %
Oriental
2,44 %
Rabat Salé Kenitra
9,14 %
Souss-Massa
1,15 %
Tanger Tetouan Al Hoceima
13,97 %
Calculs sur la base des pourcentages communiqués par le Ministère de la Santé le matin du 28/5/2020 à 10h00:
Région Cas confirmés Depuis la veille Confirmés/100’000 habitants Classement confirmés/100’000 habitants
Beni Mellal-Khénifra 114 +1 4.5 9
Casa Settat 2519 +24 36.9 1
Drâa-Tafilalet 586 = 36.0 2
Dakhla-Oued Ed Dahab 5 = 4.4 10
Fès Meknes 997 +2 23.6 5
Guelmim Oued Noun 43 = 10.4 7
Laâyoune-Sakia El Hamra 4 = 1.2 12
Marrakech Safi 1329 +1 29.5 4
Oriental 186 = 8.1 8
Rabat Salé Kenitra 698 +2 15.3 6
Souss-Massa 88 = 3.3 11
Tanger Tetouan Al Hoceima 1067 +22 30.1 3

22.7 cas confirmés pour 100’000 habitants sur l’ensemble du Maroc (+52 cas confirmés, +140 guérisons, +0 décès, +10783 tests négatifs depuis la veille)
Le Maroc compterait 2325 cas actifs (-88 depuis la veille).
Souss-Massa est la 11ème région la plus touchée en proportion de sa population.
Comme la plupart de ces chiffres sont basés sur des pourcentages, il peut y avoir de légères incohérences liées aux arrondis.

Merci Superblue !

Mermoz, gloire et mort mystérieuse d’une des légendes de l’aviation

ndarinfo.com – 27/05/2020

Il y a 90 ans, Jean Mermoz réussissait la première liaison postale aérienne directe France-Amérique du Sud. Sa passion pour l’aviation, son mariage avec Gilberte Chazotte, son amitié avec Saint-Exupéry… Dans ce nouvel épisode de « Au cœur de l’histoire », produit par Europe 1 Studio, Jean des Cars revient sur le parcours de ce héros légendaire de l’aviation surnommé « l’Archange ».

Le 11 mai 1930, il y a 90 ans, un aviateur réussissait la première liaison postale aérienne directe France-Amérique du Sud. Son nom : Jean Mermoz. Dans ce nouvel épisode de « Au cœur de l’histoire », produit par Europe 1 Studio, Jean des Cars dresse le portrait de cette figure de l’Aéropostale.

Le 11 mai 1930, une foule incroyable se presse le long du fleuve, à Saint-Louis du Sénégal. Le grondement d’un avion met ces centaines de gens au comble de la joie : c’est le magnifique et tout nouvel hydravion sorti des usines Latécoère. Il se pose sur le fleuve Sénégal. Les portes s’ouvrent. Le premier à sortir est Didier Daurat, le patron mythique des usines Latécoère et de l’Aéropostale. Puis apparaît l’équipage : le navigateur Gimié et le radio Dabry. Enfin, celui que tout le monde attend, Jean Mermoz. Grand, blond, magnifique, il a été choisi par Daurat pour piloter cet hydravion. C’est un vrai défi de faire traverser à l’appareil l’Atlantique Sud d’une seule traite. Selon lui, Mermoz, déjà couvert de gloire, est le seul à pouvoir le relever.

Mermoz est arrivé quelques semaines auparavant de Buenos Aires, en Argentine, pour tester l’appareil, baptisé le Comte de La Vaulx, sur l’étang de Berre, près de Marseille. Il a passé son brevet de pilote d’hydravion, exécuté un vol d’essai obligatoire de 3.500 km. Profitant de cette occasion, Mermoz s’est attaqué, avec son équipage, au record du monde de distance qu’ils portent à 4.308 km en 30 heures et 25 minutes. Un beau baptême pour le nouvel appareil !

Puis, ils se sont envolés de Marseille pour le Sénégal. Daurat, le patron, voulait absolument être avec eux pour le départ du vol inaugural. Fêtes et réceptions occupent toute la journée. Le lendemain matin, à 11h, le trio Mermoz-Gimié-Dabry s’installe dans la carlingue. C’est la première fois que Mermoz se trouve dans un avion aussi confortable. Il a ses aises, ses deux compagnons aussi. Le radio aura deux relais au cours de la traversée, avec deux bateaux, des avisos. L’un, le Phocée, est  fixé à 1.000 km du Sénégal et l’autre, le Brintivi, à 1.000 km de Natal, sur la côte brésilienne.

Le jour du départ a été bien choisi car cette nuit, il y aura pleine lune. Une nécessité pour un pareil vol de nuit. Le temps est idéal, pas un nuage à l’horizon. C’est à 6 heures du soir que le moment le plus périlleux du voyage s’annonce, la fameuse traversée du pot au noir. Un cauchemar pour tous les aviateurs. C’est une masse nuageuse sombre qui se profile à l’horizon, se gonfle, devient gigantesque et avale l’appareil. Mermoz tient bon dans le fracas du vent, de la grêle et des trombes d’eau. Et le Comte de La Vaulx résiste. Il passe entre deux colonnes de déluges. Laissons la parole à Mermoz :

« Phénoménales les sensations, je bruisse d’allégresse, en apesanteur, hors du temps, soudain, au loin, un faisceau en luminosité divine m’arrache à ma transe : la pleine Lune de mai ! Bien qu’elle m’oblige à un détour coûteux en carburant, je me lance vers la promesse de libération… A nous la splendeur de l’astre en reflet sur l’océan dormeur. D’un coup, je me sens comme un poney qu’on lâche dans un pré, je bondirais volontiers, sauterais, danserais si je pouvais quitter mon siège. On a réussi !On a passé le pot au noir ! »

Il leur reste encore 1.000 km à parcourir. Ils volent à un degré du Brintivi avec lequel Gimié établit le contact. Ils survolent Natal, la capitale de l’Etat du Rio Grande, au nord-est du Brésil, avant de se poser en douceur sur le fleuve Potengi, devant la base de l’Aéropostale, après 21h et 15 minutes de vol. Sitôt arrivés, Mermoz glisse à la queue de l’avion, déloge les sacs de courrier et les lance à Gimié et Dabry.

Dans 20 minutes, les sacs seront dans l’avion que Barbier pilotera jusqu’à Rio de Janeiro et de Rio, ce sera Guillaumet qui enchaînera le vol jusqu’à Santiago du Chili. L’Aéropostale a gagné son pari. Mais qui est donc le vainqueur, Jean Mermoz ?

Un jeune homme qui voulait être aviateur

Jean Mermoz est né le 4 décembre 1901 à Aubenton, dans les Ardennes. Son père est aubergiste. Il maltraite sa mère qui le quitte en 1902. Elle part en emmenant son fils. Elle doit gagner sa vie, confiant le bébé à ses parents. Ils l’élèvent sans tendresse. Le petit Jean n’aperçoit sa mère, qu’il adore, que les dimanches. Il travaille bien à l’école. Il a une passion pour la lecture. Trois auteurs l’accompagneront toute sa vie : à chaque voyage, à chaque escale, il aura avec lui Baudelaire, Verlaine et Armand Sylvestre, un poète parnassien, bien oublié aujourd’hui.

Pendant la Première Guerre mondiale, ses grands-parents se retirent avec lui à Aurillac, dans le Cantal. Il ne retrouvera sa mère qu’en 1918, à Paris… Elle est infirmière à l’hôpital Laënnec. Ils vivent dans un atelier d’artistes, à Montparnasse. Jean Mermoz passe brillamment l’écrit de son baccalauréat mais échoue à l’oral à cause de sa très grande timidité. Un ami de sa mère, chanteur d’opérette, lui conseille de s’engager dans l’armée et de choisir l’aviation. Les avions ont fait leurs preuves pendant la guerre, ils symbolisent l’avenir.

Mermoz fait ses classes. Un petit matin de décembre 1920, venant de fêter ses 19 ans, il monte dans un Bréguet 14 qu’il va piloter seul pour la première fois ! C’est la révélation ! Il sent l’avion, il l’apprivoise mais rate son atterrissage : le Bréguet s’écrase sur la piste. Mermoz s’est fracturé la mâchoire et un tibia. Ce n’est pas très grave. En revanche, il est certain d’avoir trouvé sa voie. Il s’entraîne et obtient son brevet de pilote militaire le 10 février 1921. Mermoz est affecté à Metz dans une escadrille.

Un incroyable charisme, une facilité de conviction

Parlons un peu de son physique : c’est un véritable athlète, qui aime le sport. Il pratique la boxe française et soulève volontiers les poids et haltères. C’est aussi un excellent nageur. Son allure est impressionnante. Une crinière blonde lui fait une tête d’archange. Il plaît aux femmes, il fréquente des prostituées qui l’initient à la cocaïne. Mais il a surtout un incroyable charisme, une générosité, une facilité de conviction qui le mettra toujours un peu au-dessus des autres.

Son affectation suivante est Damas, plus exactement Palmyre où, en application du mandat donné à la France, les avions français aident la troupe à pacifier les tribus rebelles. C’est à Palmyre que Mermoz s’affranchit de la cocaïne : il court vers une dune, il y enfouit son stock. Il souffre. Il résiste. Il n’y touchera plus jamais. S’il adore les nourritures abondantes, les dîners joyeux, les agapes en tous genres, il saura toujours se modérer dans sa consommation d’alcool. C’est dans le désert syrien qu’il vit sa première expérience d’un crash aérien. Avec son mécanicien, ils vont souffrir plusieurs jours de déshydratation avant d’être sauvés par un peloton de méharistes.

En 18 mois à Palmyre, Mermoz atteint ses 600 heures de vol. Il se fait des amitiés qu’il retrouvera sous d’autres cieux, Etienne et Guillaumet. Il rentre en France, passe un an à Thionville puis quitte l’armée. A Paris, il s’installe dans une chambre meublée. Il pense que son expérience de pilote va lui permettre de trouver facilement un emploi dans un compagnie aérienne. Mais ce n’est pas facile. Il lui faut attendre le 23 septembre 1923. Ce jour-là, il reçoit une lettre de l’usine Latécoère, à Toulouse. On lui propose un engagement de pilote.

« Au Grand Balcon » : rendez-vous des aviateurs

Mermoz arrive à Toulouse le 13 octobre 1923. Dès l’Armistice de 1918, l’industriel Pierre Latécoère avait décidé d’établir une liaison aérienne entre la France et l’Argentine. C’était un rêve insensé : aucun avion ne pouvait alors franchir l’obstacle de l’Atlantique. Mais ce Pyrénéen y croyait. Ce qu’il appelait « la ligne » prenait tournure : une fois par semaine, le courrier était acheminé de Toulouse à Casablanca.

Mermoz est reçu par le directeur, Didier Daurat, ancien pilote, héros de la Grande Guerre. C’est lui qui avait découvert, lors d’un vol de reconnaissance au-dessus des lignes allemandes, la terrible Grosse Bertha qui avait bombardé Paris en 1918, en particulier l’église Saint-Gervais. Si Jean Mermoz pensait voler tout de suite, il se trompait. Chez Latécoère, tous les pilotes passent d’abord par les ateliers. Ils apprennent à décortiquer les moteurs, à les nettoyer. Les ouvriers de l’usine leur révèlent, avec patience, les secrets des moteurs. C’est obligatoire.

Le soir, les pilotes se retrouvent dans un petite pension de famille de Toulouse « Au Grand Balcon », tenue par trois adorables vieilles filles aux petits soins pour les pilotes. Au bout de trois semaines, Jean Mermoz est enfin autorisé à voler. Là, il se livre à une exercice de haute virtuosité, enchaînant les loopings, persuadé d’avoir ébloui le patron ! Daurat le douche : « J’ai besoin de pilotes, pas d’acrobates de cirque ! ».

Bien que furieux, il ne congédie pas Mermoz. Il lui donne une deuxième chance. Cette-fois, l’exercice est parfait. Jean Mermoz va désormais être affecté au courrier Toulouse-Barcelone-Alicante. Puis, le 1er janvier 1925, la ligne s’allonge, dépasse l’Espagne, apportant un courrier hebdomadaire au Maroc, à Casablanca et à Dakar, au Sénégal. C’est « La ligne des sables », avec trois escales de ravitaillement, dont une qui va devenir mythique dans la conquête aérienne de l’Atlantique, Cap Juby (Maintenant Tarfaya).

C’est un fortin dans ce qui est alors une colonie espagnole au Maroc. Les conditions sont rustiques : le soleil est brûlant, les nuits d’hiver glacées et il y a fréquemment des vents de sable. Les accidents sont nombreux. Mermoz n’est pas épargné. Entre Agadir et Juby, il se perd dans la brume et son moteur tombe en panne. Il réussit à se poser sans moteur et sans trop de casse, dans une ville inconnue. Il avait déjà connu ce genre de mésaventure près de Palmyre et ne s’inquiète pas trop. Son mécanicien et lui sont finalement récupérés par des Touaregs qui réclameront une rançon…. payée rubis sur l’ongle par Latécoère ! Mermoz et son compagnon sont très précieux !

Son amitié avec Antoine de Saint-Exupéry

En juin 1927, un nouveau chef d’escale l’accueille à Cap Juby. Il est vêtu d’une gandoura.Il a une tête ronde, un nez retroussé. Il est un peu maladroit mais reçoit Mermoz chaleureusement. Il lui dit : « J’avais tellement envie de vous rencontrer. Moi, c’est Saint-Exupéry. On m’appelle Saint-Ex ! »

Entre ces deux hommes, l’amitié est immédiate, définitive et totale. Pour fêter cette rencontre, Jean Mermoz, qui est arrivé avec une cargaison de victuailles, prépare un festin. Antoine de Saint-Exupéry monte dans son avion avec des bouteilles pour, dit-il, les « rafraîchir en altitude » ! Ces deux hommes ont en commun d’avoir été meurtris par l’absence d’un père. Mermoz n’avait jamais connu le sien, Saint-Ex, qui a un an de moins que Mermoz, a été orphelin très jeune. Tous deux partagent aussi une extrême sensibilité, une passion pour leurs mères respectives et, bien sûr, l’amour de la littérature. Mermoz dessine bien, Saint-Ex aussi et il croque son nouvel ami en lion. Saint-Ex aime également écrire et Mermoz sera le premier lecteur de l’esquisse du premier vrai livre de Saint-Exupéry, Courrier Sud, pendant les quinze jours qu’ils partagent à Cap Juby.

Mais pour Mermoz, la ligne continue : après Dakar, ce sera l’Amérique du Sud. Il part pour Buenos-Aires. Daurat le nomme chef-pilote chargé de défricher la ligne qui reliera le Brésil au Chili, en passant par le Paraguay, l’Uruguay et l’Argentine.

Un défi : survoler la cordillère des Andes

Dès son arrivée à Buenos-Aires, Mermoz persuade Marcel Bouillou-Lafont de racheter la ligne à Latécoère, qui se consacrerait désormais uniquement à la construction des avions. Bouillou-Lafont est un Français qui a fait fortune en Argentine en construisant des ponts et des voies ferrées. Il possède son propre réseau bancaire. Totalement séduit par le projet de Mermoz, il envisage un trafic postal régulier entre l’Europe et Santiago du Chili, via l’Afrique. L’homme d’affaires se donne cinq ans comme délai pour la mise en route complète de la ligne. Et il lui trouve un nom : l’Aéropostale, qui deviendra mythique.

Mermoz devient chef-pilote de l’Amérique du Sud. À lui de développer la ligne Rio-Buenos-Aires-Santiago. Il va alors sillonner le continent sud-américain. Il balise le trajet Buenos-Aires-Rio, parcourt aussi le nord du continent, la Guyane, l’Uruguay et le Paraguay pour trouver des lieux susceptibles d’être aménagés en aéroports. Il invente, pour gagner du temps, les vols de nuit entre Rio et Buenos-Aires. Le 16 avril 1926, à 2 heures du matin, il quitte Rio. Il arrive le lendemain à Buenos Aires. Au lieu de trois jours, il lui a fallu moins de 24 heures pour relier les deux villes.

Le 9 mars 1929, Mermoz s’attaque à la partie la plus difficile de l’itinéraire : Buenos-Aires-Santiago, et donc au franchissement de la Cordillère des Andes. Après maints repérages et quelques  accidents, le pilote réussit. Il profite de courants d’air ascendants, lui permettant de franchir ces montagnes dominées par l’Aconcagua, qui culmine à près de 7.000 m et marque, spectaculairement, la frontière entre l’Argentine et le Chili.  Il eut été plus facile de voler au sud mais cela prenait trop de temps. Le courrier doit passer au plus vite !

Le 14 juillet 1929, c’est l’inauguration de la ligne régulière Rio-Buenos-Aires-Santiago. Quelques mois plus tard, à la mi-octobre Saint-Ex le rejoint à Buenos-Aires. C’est une ville fascinante. Elle regorge de restaurants, de cabarets. La vie nocturne est palpitante. Mermoz fréquente le lieu de plaisirs le plus connu de la ligne, le Tabaris. Saint-Ex va partager avec lui de folles nuits argentines. Saint-Exupéry travaille à son nouveau livre Vol de nuit et demande à Mermoz des détails sur cette navigation qu’il a inventée et pratiquée.

Bien que voyageant sans arrêt, Jean Mermoz est tombé amoureux. L’année précédente, il avait rencontré la très jeune fille d’un diplomate français, Gilberte Chazottes, 18 ans. On la surnomme Betina. Il décide qu’elle sera la femme de sa vie. Leur histoire d’amour est un peu compliquée car la jeune fille partage sa vie entre Buenos-Aires et Paris où elle passe six mois de l’année. Peu importe : si elle n’est pas là, ils s’écrivent. La vie de Mermoz est un mouvement perpétuel. Sa passion pour Betina ne changera pas mais sa vie de pilote a priorité sur tout le reste et Betina risque de ne pas le voir souvent…

Entre-temps, malgré la disparition de Nungesser et Coli, l’Atlantique nord n’est plus invincible. Il a été traversé par Lindbergh les 20 et 21 mai 1927. L’Aéropostale est donc poussée à faire voyager le courrier non plus par bateau mais par avion au-dessus de l’Atlantique. Et cela nous ramène à ce que je vous ai raconté au début de ce récit, la traversée victorieuse Dakar-Natal, en mai 1930.

Sa dernière traversée

Si le vol Dakar-Natal s’était bien passé, le vol de retour vire au cauchemar. Des problèmes techniques empêchent le décollage. Il faut modifier les flotteurs de l’hydravion, ce qui est une immense perte de temps. Le décollage est laborieux. Mermoz s’y prend à plusieurs reprises. Il est contraint d’alléger l’appareil au maximum. Finalement, le 6 juillet 1930, tout se passe bien, y compris la traversée du pot au noir jusqu’à ce qu’une fuite d’huile vienne à bout du moteur. L’hydravion est à environ 1.000 km de Dakar. Mais il repère son relais-radio, l’aviso Phocée. Mermoz amerrit. La mer est houleuse. L’un des flotteurs cède. Le Comte de Lavaux va couler. L’équipage et le courrier seront récupérés par le Phocée.

Mermoz regagne Paris à toute vitesse, juste à temps pour épouser Bétina le 23 août 1930. Lors de leur voyage de noces à Saint-Raphaël, il retrouvent un vieil ami russe de Jean qui leur présente un personnage extraordinaire, lequel va devenir, lui aussi, un ami indéfectible, Joseph Kessel. Ils ont tant de choses en commun, leur goût de l’aventure, la passion de la vie. Très vite, lorsqu’ils seront à Paris, Saint-Ex se joindra à eux.

La crise de 1929 fait tanguer l’Aéropostale. Bouillou-Lafont est ruiné. Plusieurs petites compagnies, dont l’Aéropostale, fusionnent pour devenir, le 14 octobre 1933, Air France. Mermoz est promu. Il fait plusieurs voyages transatlantiques dans un extraordinaire avion conçu par l’ingénieur Couzinet, L’Arc-en-Ciel. Mais il reviendra, finalement, à un hydravion monumental, à quatre moteurs, construit par Latécoère, La Croix du Sud.

Le 7 décembre 1936, Mermoz quitte Dakar à 4h32 du matin. Huit minutes après le décollage, le grand quadrimoteur se pose à nouveau sur la base. Il y a des problèmes avec l’hélice du moteur arrière droit. Après réparation, il repart à 6h52. Tout va bien jusqu’à 10h43 où la radio transmet : « Nous avons coupé le moteur arrière droit ». La communication s’arrête. « La Croix du sud » a sombré dans l’Atlantique. Malgré d’intenses recherches, on ne retrouvera aucune trace. En dépit de la chance qu’il avait toujours eue, ce vol transatlantique fut le dernier. Dans un article publié par L’Intransigeant, Saint-Exupéry écrit : « Pardonnes-moi Jean Mermoz. On me l’a demandé cet article, mais comment l’écrirai-je ? J’ignore si tu as sombré ou si dans dans ton canot collé à l’océan comme un insecte à la glu d’une plante carnivore, tu ne peux plus t’en dépêtrer… Ah, Jean ! Pardonne-moi, je ne puis encore te croire parfait, de la perfection des morts. Une fois de plus, tu vas ressusciter. Dix ans que tu ressuscites ».

L’archange blond n’est pas ressuscité. Mais il est devenu une légende que tous les aviateurs du monde continuent de vénérer.

Quelques affiches de l’Aéropostale (Coll. M. Terrier) :

Le buste de Jean Mermoz au Musée Antoine de Saint-Exupéry à Tarfaya (Ph. M. Terrier) :

 

A notre époque, l’émergence de nouveaux virus est toujours très vraisemblable, et leur transmission entre individus est d’autant plus facile en raison du mode de vie de la population mondiale

par Abdellah Halimi – libe.ma – 28/05/2020

Mohamed Nejmeddine, Virologue et immunologiste, Professeur habilité, Département de biologie, Université Ibn Zohr, Agadir
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Une nouvelle vague pandémique liée à la même souche de virus est peu probable

Le monde a connu plusieurs épidémies virales. Comment peut-on les comparer au Covid-19 ?
L’humanité a connu des pandémies dues à des agents pathogènes infectieux émergents d’origine virale comparables au Covid-19. La grippe espagnole, qui a sévi entre 1918 et 1920, en est l’exemple le plus éloquent. Elle a touché plus de 500 millions de personnes (plus du 1/3 des habitants du globe), faisant entre 20 et 50 millions de victimes, avec un taux de mortalité d’environ 10 à 20%. Dans les années 70’ et 80’, il y a eu l’épidémie du Sida, causée par un autre virus émergent (VIH), responsable du syndrome de l’immunodéficience acquise chez l’homme. Cette épidémie a fait 36 millions de victimes depuis 1981.
Plus récemment, il y a eu des épidémies dues au coronavirus liées à la pandémie du Covid-19 en relation avec l’apparition d’un virus émergeant SARS-CoV-2 apparu pour la première fois en Chine et déclaré « pandémie » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il faut rappeler que le virus mis en cause était inconnu auparavant. Certes, il ressemble dans certains aspects structuraux à ses cousins de la famille des coronavirus, en particulier SARS-CoV-1 et MERS, mais il s’agit d’une nouvelle souche avec des fonctions biologiques distinctes. Depuis son apparition, le virus a touché plus de 180 pays et territoires, infectant quelque 5.525.000 individus, causant la mort de plus de 347.000 personnes (au 25 mai 2020).
A notre époque, l’émergence de nouveaux virus est toujours très vraisemblable, et leur transmission entre individus est d’autant plus facile en raison du mode de vie de la population mondiale. D’autres facteurs peuvent contribuer à l’émergence de nouvelles épidémies, en particulier l’importation et la consommation de nourriture et d’animaux infectés, l’utilisation excessive d’antibiotiques chez l’homme et les animaux, la colonisation par l’homme d’espaces forestiers jadis réservés aux animaux et les changements climatiques.

 Comment expliquez-vous cette expansion rapide du virus dans le monde ?
La transmission du Covid-19 a été longuement débattue au sein de la communauté scientifique. Beaucoup de travaux de recherche ont été publiés dans ce sens. Il a été démontré que le virus se transmet de proche en proche, via le contact direct entre une personne infectée et une personne saine qui devient elle-même infectée et peut transporter le virus vers une autre personne. Les travaux les plus sérieux penchent vers une transmission par les microgouttelettes (aérosols) émises par la bouche et le nez des personnes infectées, que ce soit lors d’une conversation, ou par la toux et les éternuements. Ces microgouttelettes, invisibles à l’œil nu, peuvent rester suspendues dans l’air et se propager sur de courtes distances surtout dans les lieux renfermés, où la circulation de l’air est faible. En l’absence de mesures de sécurité, la propagation du Covid-19 suit une courbe exponentielle en fonction du temps. La souche SARS-CoV-2 se propage rapidement d’une personne infectée vers deux à trois autres personnes. La propagation rapide du virus est due au mode de vie des populations infectées, y compris la densité élevée de la population dans les centres urbains et l’augmentation du trafic aérien et des voyages.

Le système immunitaire a pour fonction de bloquer ou neutraliser les virus et pourtant on constate de nos jours une forte virulence
Heureusement, l’organisme humain dispose d’un système de défense, dit système immunitaire, qui nous protège contre tous les organismes pathogènes étrangers. Le système immunitaire est très complexe ; il fonctionne comme un orchestre de musique, avec plusieurs acteurs qui jouent la même partition avec une grande harmonie et une très bonne distribution des tâches. Le système immunitaire est capable ainsi de monter une réponse immune adaptée et spécifique à chaque organisme étranger. Cependant, cette réponse met du temps à se mettre en place, surtout quand le pathogène est inconnu pour le système immunitaire. Le virus prend ainsi avantage sur ce dernier pour s’installer et se multiplier. Comme c’est le cas pour SARS-CoV-2, l’agent viral responsable de la maladie du Covid-19. Cependant, le système immunitaire reste la meilleure protection et le meilleur espoir de guérison pour les personnes atteintes. Dans la vie réelle, la majorité des personnes infectées guérissent. Une personne qui guérit ne peut ni infecter des personnes saines ni être réinfectée par la même souche de virus au contact d’une personne infectée. Par conséquent, l’immunité de l’organisme est la meilleure protection contre la propagation de la maladie.

Le Maroc a pratiqué le protocole de chloroquine sur des patients Covid-19. Pensez-vous que son application est une bonne réponse pour neutraliser le virus alors que d’autres pays, telle la France, s’y sont opposés ? 
Le protocole thérapeutique appliqué au Maroc est l’affaire des cliniciens. Toutefois, je pense qu’il a été probablement parmi les facteurs qui expliqueraient le faible taux de mortalité constaté, en comparaison avec d’autres pays du pourtour méditerranéen. Cependant, il ne faut pas négliger les facteurs intrinsèques au virus ou extrinsèques à celui-ci  qui seraient liés à l’environnement, à la démographie, et à la susceptibilité génétique et immunologique de la population. Je pense qu’il est encore trop tôt pour tirer toutes les conclusions sur ce sujet. Il faut laisser le temps à l’ensemble des chercheurs dans le monde pour travailler et recouper les données avant de pouvoir tirer des conclusions fiables.

On risque à tout moment une autre vague du virus. Quelles mesures doit-on  prendre pour éviter un tel scénario?
En tant que virologue et immunologiste, je pense qu’une nouvelle vague pandémique liée à la même souche de virus est peu probable. En effet, le virus en se propageant perd de va vigueur (virulence) et devient moins virulent. De plus, la population qui a acquis une immunité naturellement constituera un barrage contre sa propagation. La pandémie va donc dans le sens de l’estompement de façon progressive et continue. En effet, l’épidémie de la grippe espagnole s’est estompée par elle-même, presque sans intervention humaine, sachant que le contexte de l’époque fut moins favorable sur les plans scientifique et technique, comparé au nôtre. Néanmoins, il faut rester vigilant et continuer à appliquer des mesures de protection et de distanciation pour limiter et ralentir la propagation du virus parmi la population. En parallèle, il faudrait augmenter le nombre de tests de dépistage réalisés, en commençant par les populations présentant un risque, dans la perspective de les généraliser par la suite. Cette démarche permettra d’identifier précocement les foyers d’infections, avant même l’apparition des symptômes, afin d’en limiter la propagation et d’améliorer la prise en charge des personnes infectées.

Pour faire face à leurs citoyens, les politiciens font pression sur les scientifiques pour prendre des décisions, le cas du déconfinement. Qu’en pensez-vous ?
Grâce au développement technologique dans le domaine de la recherche, SARS-CoV-2 a été identifié très rapidement et sa séquence génétique a été déterminée, ce qui a permis de mettre en place des tests de diagnostic fiables, en un temps record. La responsabilité des chercheurs (en santé, économie, sociologie…) est de mettre en place des scénarios de crise et de sortie de crise, en se basant sur des données réelles et sur des projections futures. La prise de décision est ensuite la responsabilité des politiques.
Il faut reconnaître que le monde entier n’était pas préparé pour un fléau de cette amplitude, y compris le Maroc. Cette pandémie a mis à nu les carences d’un grand nombre de politiques de santé publique dans le monde, en particulier en Europe.
Au Maroc, l’Etat a entièrement assumé sa responsabilité depuis le début de la pandémie. Cet épisode a démontré que le Maroc dispose de compétences scientifiques et médicales capables de gérer la situation en toute autonomie. En effet, malgré ses moyens limités, le Maroc est parmi les pays qui ont le mieux géré la pandémie dans le monde. Ceci grâce aux efforts consentis par tous les citoyens, en particulier ceux qui sont en première ligne. A juste titre, je tiens à saluer tous les professionnels de la santé, les différents corps des autorités territoriales et sécuritaires, sans oublier la société civile et l’engagement des citoyens dans le respect des mesures préconisées.

Selon un article scientifique paru le 3 mai 2020, le laboratoire de biotechnologie de la Faculté de médicine de Rabat a analysé plus de 3.000 génomes de 59 pays. Quel est l’impact d’une telle analyse sur la lutte contre ce virus ?
Les spécialistes en virologie au Maroc sont très rares, mais l’Université marocaine dispose de compétences scientifiques qui ont fait leurs preuves dans ce domaine, dans les meilleures universités et instituts de recherche du monde « sans complexe ». L’analyse de ces génomes permet à nos chercheurs de faire un suivi de l’évolution de ce virus.
En tant que spécialiste du domaine, je suis très content de voir que les chercheurs marocains mettent tous les moyens dont ils disposent pour travailler sur les virus, en particulier les coronavirus, chose qui était inimaginable il y a seulement trois mois. La responsabilité des enseignants chercheurs est indéniable dans la formation des cadres dans les spécialités liées à la virologie et à l’immunologie. Toutefois, j’appelle les collègues à rester vigilants et à ne pas se laisser aller à des effets d’annonces très prématurés, au risque de donner de faux espoirs aux Marocains et au pire de nous discréditer devant la communauté scientifique internationale.

Quel rôle peut jouer la recherche scientifique dans la prévention et le suivi de la pandémie actuelle et des crises de santé à l’avenir?
Durant la pandémie Covid-19, les scientifiques du monde entier se sont mobilisés pour mettre en place des tests de diagnostic rapides, fiables et sensibles. Plus encore, les moyens matériels et humains des laboratoires de recherche dans les universités les plus prestigieuses ont été mis à contribution pour accélérer la généralisation des tests de dépistage au niveau de la population entière. Au Maroc, les laboratoires de recherche dans les universités ont été fermés  malgré que certains disposent de ressources humaines qualifiées et des moyens techniques nécessaires pour participer à l’effort national contre la maladie. Conscients de la responsabilité du chercheur dans le progrès de la société, nous n’avons pas cessé, depuis trois ans, à l’université Ibn Zohr de proposer des projets de recherche intégrés, ambitieux, réalistes et réalisables impliquant des équipes pluridisciplinaires sur des thématiques en relation avec les maladies infectieuses, en particulier les coronavirus et plus récemment le Covid-19. Malheureusement, nos projets restent toujours à la recherche de financement.
La recherche scientifique au Maroc, sous prétexte de produire de la richesse et des emplois, est restée cloisonnée dans le développement et dans l’ingénierie sans vision à long terme. Malgré quelques initiatives limitées dans le temps et dans les objectifs, le financement des projets de recherche au Maroc reste symbolique, frileux et inadapté. Dans ce cadre, les pouvoirs publics sont appelés à revoir les modes de financement, en particulier dans le domaine de la santé. Il faut assurer le financement de projets structuraux ambitieux et de qualité sur des objectifs à long terme. La gestion de la pandémie du Covid-19 a été exemplaire en Corée du Sud, notamment grâce aux leçons tirées de son expérience développée lors des épisodes épidémiques précédents.
La propagation de la pandémie du Covid-19 se trouve sur une courbe descendante, il faudrait se préparer dès maintenant aux épidémies à venir. Ceci passe par la mise en place de structures de recherches universitaires équipées et compétentes pour prévenir, suivre et stopper les crises de santé publique dans l’avenir. J’appelle les pouvoirs publics à repenser les stratégies de recherche scientifique au Maroc, en particulier dans le domaine de la santé, car tout développement économique ne peut se faire sans une population saine. En effet, la santé de l’individu est intimement liée à la santé de son environnement. Il est encore temps de mettre les moyens nécessaires dans la recherche scientifique. Il est encore temps de mettre à contribution les compétences marocaines capables d’apporter des solutions « made in Morocco » aux problèmes locaux.

Le Maroc s’apprête à divulguer des mesures de déconfinement assouplies à partir du 10 juin. Sommes-nous prêts à de telles mesures ?
Les indicateurs sont tous en faveur d’un déconfinement progressif. Les éléments dont nous disposons indiquent une diminution de la propagation du virus. Des foyers subsistent mais ils sont identifiés et gérables. Le diagnostic se généralise progressivement pour cibler la population la plus vulnérable. En renforçant les mesures de protection et de prévention dans les lieux publics, nous pouvons revenir à très court terme à une vie normale. Cependant, nos habitudes et notre style de vie doivent changer et s’adapter pour cohabiter avec le virus.


En savoir plus sur Mohamed Nejmeddine :
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• Associate Professor, à Ibn Zohr University
• Mai 2017 à aujourd’hui ·Agadir, Biochemistry/Immunology, Université Ibn Zohr
• Auparavant Research Associate à Imperial College London ; 2002 – 2012·Londres
Virology-Immunology
• Auparavant Post Doc à CNRS ; 2001 – 2002·Paris, Viral oncology
• Auparavant Postdoc à Inserm ; 2000 – 2001·Paris ; Virology
• Auparavant Doctorant à  INRA, 1996 – 2000·Jouy-en-Josas, Virology
• Université : Études : Pharmacy à la Faculté de Pharmacie de l’Université Paris-Saclay ; Promotion 2000 ;  PhD
PROF. MOHAMED NEJMEDDINE, Ph.D.,
Virologiste et Immunologiste
Professeur de l’enseignement supérieur habilité,
Département de Biologie, Faculté des Sciences, Université Ibn Zohr, Agadir
Membre de la commission administrative du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNESUP)

Quand l’agriculture brave la crise

par Mohamed CHAOUI et Abdelaziz GHOUIBI – leconomiste.com – 28/05/2020

    • Performances des exportations des fruits et légumes
    • Les marchés régulièrement approvisionnés
    • Covid-19 et sécheresse, la double peine pour l’agriculture

Au cours de la période de l’état d’urgence sanitaire, Aziz Akhannouch n’a pas été très sollicité par le Parlement à l’instar des ministres des Finances, celui de la Santé ou encore celui de l’Education nationale,… Mardi, il a répondu aux questions orales de la Chambre des conseillers. Une source parlementaire affirme qu’au cours de cette séance, le ministre de l’Agriculture a été suivi par 52.000 spectateurs.

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«Tout le monde aura constaté qu’en dépit de la situation épidémiologique et les conditions de l’état d’urgence sanitaire ayant limité le transport des personnes et des marchandises, les marchés ont été régulièrement approvisionnés en fruits, légumes et  poissons.  Les différents produits étaient offerts à des prix raisonnables et stables», a souligné Aziz Akhannouch (Ph. MAP)

Pour mettre en relief la prestation du président du RNI, elle met en avant la sortie du chef du gouvernement devant la Chambre des conseillers qui n’a recueilli que 33.000 spectateurs. En fait, la dizaine de questions posées par les groupes parlementaires ont convergé vers deux aspects de son département: l’impact du Covid-19 et les répercussions de la sécheresse.

En tout cas, en dépit de cette double peine, certaines activités ont performé au niveau de l’export. Pour introduire ce volet, le ministre a évoqué non seulement la sécurité alimentaire du Maroc au cours de cette période de pandémie mais aussi des pays étrangers. En effet, au 17 mai dernier, les exportations des primeurs ont augmenté de 8%, pour s’établir à 1,027 million de tonnes. Les tomates ont progressé de 4% (520.000 tonnes).

Quant aux agrumes, les exportations ont baissé de 27% pour s’établir à 476.000 tonnes. Toutefois, «au niveau des prix, le recul a été à peine de 2% par rapport à l’année dernière. Les marchés se sont redressés», précise le ministre de l’Agriculture, avant d’ajouter qu’il ne s’agit pas de question de marchés.

C’est la production des clémentines au Maroc qui a baissé de 30% à 40% au cours de cette saison. Les fruits et les légumes exportés ont également enregistré des hausses. C’est le cas des haricots verts qui ont augmenté de 9% (116.000 tonnes), les courgettes de +8% et la pastèque de plus de 61% (129.000 tonnes),…

Le ministre a saisi cette opportunité pour rendre hommage «aux travailleurs et aux opérateurs des secteurs de l’agriculture et de la pêche qui se sont mobilisés pendant cette période difficile, marquée par la propagation de la pandémie».

Tout le monde aura constaté qu’en dépit de la situation épidémiologique et les conditions de l’état d’urgence sanitaire ayant limité le transport des personnes et des marchandises, les marchés des fruits, des légumes et de poissons ont été régulièrement approvisionnés. Les différents produits étaient offerts à des «prix raisonnables et stables». En outre, ils ont assuré la disponibilité de ces produits et marchandises dans les points de vente des différentes villes du Royaume.

■ Pas de chômage pour l’agriculture et la pêche pendant le confinement
Dès le début de l’état d’urgence sanitaire, il a fallu faire des choix. «Nous avons érigé l’agriculture et la pêche en priorités. Ces deux secteurs devaient continuer à fonctionner normalement pour assurer la sécurité alimentaire des marocains», a martelé le ministre de l’Agriculture.
Les citoyens qui travaillent dans les deux secteurs pouvaient rester à la maison tout en recevant les indemnités nécessaires. Le même raisonnement aurait pu être fait avec les médecins et le personnel de la sécurité publique. Mais il y a des impératifs: «Nous ne cesserions jamais de remercier le volontariat de certaines catégories professionnelles qui ont offert des produits de qualité, à des prix raisonnables, quelle que soit la région. Ce qui n’existait pas encore il y a quelques années. Sinon, nous aurions eu des marchés vides, sans produits, ce qui aurait frustré les citoyens, particulièrement pendant le mois sacré de Ramadan», a observé le ministre.

■ Deux crises simultanées pour l’agriculture
Le secteur agricole national passe par une étape difficile de son histoire. Il s’agit d’un examen grandeur nature dont il faudra tirer les conséquences au cours des prochaines semaines. En effet, le secteur est confronté à deux grandes crises majeures. La première est sanitaire, provoquée par le Covid-19 et ses répercussions économiques et sociales. La seconde n’est pas aussi simple puisque le Maroc est confronté à des changements climatiques, marqués par trois années de déficit hydrique et des pluies non régulières.

■ La production sucrière  sur la bonne voie

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Pour le sucre, les agriculteurs ont cultivé 57.000 hectares, soit 96% de réalisation du programme. Au 22 mai, ce sont 370.000 tonnes de betteraves qui sont en phase d’industrialisation. La capacité de production des betteraves à sucre s’élève à 3,420 millions de tonnes, soit un rendement de 60 tonnes par hectare. Pour la canne à sucre, elle s’élève à 646.000 tonnes dont plus de 54% sont en cours de transformation dans les unités industrielles. «Les rendements sont bons, en dépit de la pénurie en eau», précise le ministre devant les parlementaires. Selon lui, «dans les zones où les agriculteurs ont bien travaillé leurs parcours comme dans le Tadla, dans la région de Béni Mellal, les rendements peuvent aller à 52.000 DH/ha».

■ Les yeux rivés sur la station de dessalement de l’eau de mer
Aziz Akhannouch anticipe sur trois régions qui auront un déficit hydrique lors du début de la prochaine campagne agricole. C’est le cas de Doukala, El Haouz et le Souss. Le ministre essaie de traiter cette question, selon les moyens disponibles, dit-il. Ainsi, une commission, présidée par le wali, sera mise en place à Agadir. Il s’agit d’essayer de lâcher près de 21 millions de mètres cubes pour les agriculteurs du barrage de Guerdane. En plus, il faudra faire un arbitrage pour l’eau potable d’Agadir, qui ne sera définitivement réglée qu’avec la fin des travaux et le démarrage de la station de dessalement de l’eau de mer, située à Chtouka Aït Baha. Il rappelle qu’elle a été visitée par SM le Roi lors de son dernier déplacement à Agadir.
«Nous aurons quelques mois de flottement pour faire l’arbitrage entre l’eau potable et celle destinée à l’irrigation. Nous espérons que la région connaîtra une meilleure pluviométrie. Car cela fait trois ans que les pluies se font de plus en plus rares dans la région de Souss», note t-il. En tout cas, cette usine de dessalement servira à fournir de l’eau potable pour Agadir et sa région, mais aussi pour l’irrigation de l’agriculture du périmètre de Chtouka Aït Baha pour qu’il puisse prospérer.

■ Marchés: la leçon du Covid-19

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Les marchés constituent un grand problème du ministère de l’Agriculture et des collectivités territoriales. Le Covid-19 a montré qu’à l’avenir, les communes, en ville ou dans le monde rural, devront déployer les moyens pour réaliser des abattoirs aux normes, des marchés de fruits et légumes ainsi que ceux orientés vers les citoyens. Les marchands déposent leurs marchandises par terre à cause de l’inexistence de marchés organisés dans les quartiers. Sur ce point essentiel, il faut faire un grand effort pour remédier à toutes les lacunes, préconise le ministre.

■ Nouveau modèle de souks hebdomadaires
Le but est d’éviter la propagation du virus que la décision de fermer les marchés hebdomadaires dans le monde rural a été prise. Le but est d’empêcher que la campagne ne soit contaminée à son tour par le virus. Entre temps, les ministères de l’Agriculture et de l’Intérieur ont mis en place un projet modèle de marchés dont certains sont opérationnels. «Nous sommes à 12 marchés ouverts et nous allons arriver à 40. Nous comptons en faire davantage car il s’agit de préparer les conditions de Aid Al Adha», a indiqué le ministre.

■ Appui aux éleveurs
Sur les aliments de bétail, Aziz Akhannouch veut rassurer les agriculteurs et les éleveurs. «Nous n’allons pas les laisser au bord de la route. Nous savons que les conditions sont difficiles, avec le manque d’eau. Nous allons faire tout notre possible. Le gouvernement a décidé d’accompagner le déficit en eau. Ainsi, il a mis en place un programme qui se termine fin mai. Le 2e programme démarre début juin. L’appel d’offres a été lancé pour se préparer à les accompagner jusqu’à septembre.

Mohamed CHAOUI

                                                                                   

Principaux indicateurs de la campagne agricole

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A plus de 2 mois de la fête du mouton, les députés de la 2e Chambre interpellent le ministre de l’Agriculture sur cette question centrale : quels préparatifs pour l’Aïd Al Adha? Et Aziz Akhannouch de répondre par une question : «Qui nous a empêchés de célébrer l’Aïd Al-Fitr chez nous, malgré la crise du Covid-19» ?

L’enjeu est en effet de taille. La célébration de la fête du sacrifice est l’occasion d’une prime pour l’éleveur. Surtout dans ce contexte de vaches maigres, marqué par la pauvreté des parcours et la cherté de l’aliment de bétail. Certes, le gouvernement a déployé un plan de sauvetage du cheptel basé sur la distribution d’orge subventionnée mais les professionnels restent toujours sur leur faim. Les volumes disponibles ne peuvent couvrir les besoins de «préparation du mouton pour le sacrifice», est-il souligné.

D’où la nécessité d’une refonte de la chaîne des valeurs. Pour la prochaine, «il faut une meilleure organisation et une préparation adéquate», tranche Akhannouch. En clair, il est question d’une logistique adaptée au contexte de la pandémie. A cet effet, le ministère de l’Intérieur planche actuellement sur la problématique des souks et marchés au bétail, révèle Akhannouch. L’idéal est de mettre en place des plateformes normalisées aux standards internationaux et adaptées aux mesures de prévention contre le Covid19. Selon le ministre de l’Agriculture «une douzaine de souks pilotes ont déjà été mis en place alors que 40 autres le seront prochainement».

En attendant, l’état sanitaire de l’élevage est jugé globalement satisfaisant. L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a jusque là  procédé à la vaccination de 4,5 millions de têtes d’ovins et caprins contre les principales maladies. Pour ce qui est du sacrifice, 2,6 millions d’ovins ont déjà été identifiés et «bouclés». Et l’opération devrait se poursuivre sur les deux mois à venir avec l’implication des professionnels et vétérinaires privés mandatés.

Pour rappel, le sacrifice porte annuellement sur quelque 3 à 3,5 millions de têtes d’ovins et caprins. Un chiffre en baisse tendancielle sur la dernière décennie dont l’effectif totalisait les 5 millions de têtes. D’où également, la tendance du chiffre d’affaires généré par le négoce du cheptel, qui après avoir franchi la barre de 8 milliards de DH, la courbe s’oriente à la baisse.

                                                                                   

 Aïd Al-Adha: La logistique se met en place

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Actuellement le cheptel ovin est pratiquement bradé dans les abattoirs. Les prix/kg carcasse variant entre 35 et 40 DH. Mais la situation devrait s’inverser à l’occasion de la fête du sacrifice. Plusieurs critères sont à prendre en considération
(Ph. L’Economiste – Les visages ont été modifiés)

A plus de 2 mois de la fête du mouton, les députés de la 2e Chambre interpellent le ministre de l’Agriculture sur cette question centrale : quels préparatifs pour l’Aïd Al Adha? Et Aziz Akhannouch de répondre par une question : «Qui nous a empêchés de célébrer l’Aïd Al-Fitr chez nous, malgré la crise du Covid-19»?

L’enjeu est en effet de taille. La célébration de la fête du sacrifice est l’occasion d’une prime pour l’éleveur. Surtout dans ce contexte de vaches maigres, marqué par la pauvreté des parcours et la cherté de l’aliment de bétail. Certes, le gouvernement a déployé un plan de sauvetage du cheptel basé sur la distribution d’orge subventionnée mais les professionnels restent toujours sur leur faim. Les volumes disponibles ne peuvent couvrir les besoins de «préparation du mouton pour le sacrifice», est-il souligné.

D’où la nécessité d’une refonte de la chaîne des valeurs. Pour la prochaine, «il faut une meilleure organisation et une préparation adéquate», tranche Akhannouch. En clair, il est question d’une logistique adaptée au contexte de la pandémie. A cet effet, le ministère de l’Intérieur planche actuellement sur la problématique des souks et marchés au bétail, révèle Akhannouch. L’idéal est de mettre en place des plateformes normalisées aux standards internationaux et adaptées aux mesures de prévention contre le Covid19. Selon le ministre de l’Agriculture «une douzaine de souks pilotes ont déjà été mis en place alors que 40 autres le seront prochainement».

En attendant, l’état sanitaire de l’élevage est jugé globalement satisfaisant. L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a jusque là  procédé à la vaccination de 4,5 millions de têtes d’ovins et caprins contre les principales maladies. Pour ce qui est du sacrifice, 2,6 millions d’ovins ont déjà été identifiés et «bouclés». Et l’opération devrait se poursuivre sur les deux mois à venir avec l’implication des professionnels et vétérinaires privés mandatés.

Pour rappel, le sacrifice porte annuellement sur quelque 3 à 3,5 millions de têtes d’ovins et caprins. Un chiffre en baisse tendancielle sur la dernière décennie dont l’effectif totalisait les 5 millions de têtes. D’où également, la tendance du chiffre d’affaires généré par le négoce du cheptel, qui après avoir franchi la barre de 8 milliards de DH, la courbe s’oriente à la baisse.

Abdelaziz GHOUIBI

Souss: les agrumiculteurs manquent d’eau

par Yassine Saber – leseco.ma – 27/05/2020

Dans la région du Souss qui souffre déjà du stress hydrique, le tarissement des barrages continue d’exercer sa pression aussi bien sur l’eau potable que sur l’eau d’irrigation. Après la plaine de Chtouka (première zone primeuriste du royaume) qui est irriguée à partir du barrage Youssef Ben Tachfin (oued Massa), la dotation consacrée au périmètre agricole de Sebt El Guerdane (Taroudant), principal fournisseur d’agrumes au Maroc a été réduite, depuis le mardi 19 mai 2020, de deux tiers, soit une réduction de 70%. Il s’agit d’une baisse de 40 à 13 millions de m3 à partir du mois de mai jusqu’au mois d’octobre. Bien que cette réduction ait été motivée par la sécurisation des besoins en eau potable à partir du barrage d’Aoulouz, dont le taux de remplissage est actuellement à 43,2% contre 70,3% l’année précédente, du côté des agrumiculteurs, cette réduction menace déjà la prochaine campagne agrumicole ainsi que les vergers plantés sur 10.000 ha à Sebt El Guerdane, soit l’équivalent de 600 exploitations. Pour rappel, cette zone est le premier périmètre agricole au Maroc ayant bénéficié en 2009 du premier partenariat public-privé pour l’irrigation agricole.

Une baisse en période décisive
«Les agrumiculteurs ne peuvent pas accepter cette réduction de dotation d’eau à usage agricole durant cette période très sensible pour les vergers», explique Abdellah Jrid, président de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam). Actuellement, le mode opératoire adopté par l’Agence du bassin hydraulique Souss-Massa est un tour de rôle qui consiste à approvisionner les exploitations agricoles à hauteur de 7 jours sur 15 jours pour chaque moitié de la superficie totale (10.000 ha) du périmètre agricole El Guerdane. Depuis ce mardi, le deuxième tour d’irrigation a été lancé pour la seconde moitié. «La réduction de la dotation pénalisera toute la démarche relative à notre cycle de production alors que 60% des charges ont été déjà engagées, entre autres, pour l’entretien des vergers, leur fertilisation et le traitement phytosanitaire…», explique Youssef Jebha, président de l’Association des usagers des eaux agricoles (AUEA) «Al Mostaqbal». Étant donné que 50% de la dotation d’eau est consommée essentiellement de juin à octobre, l’irrégularité de l’irrigation impactera la conduite des vergers. «Contrairement à l’hiver, les vergers ont besoin de plus d’eau surtout durant cette période marquée par une vague de chaleur dans la région du Souss», ajoute Youssef Jebha.

Une dotation de 20 millions de m3 jusqu’à octobre
Cette hausse du thermomètre survenue depuis quelques jours pourrait également influencer la croissance des vergers et leur floraison. Devant cette situation difficile, plusieurs écrits ont été adressés au gouverneur de la province de Taroudant et à la wilaya de la Région Souss-Massa alors que la Chambre régionale d’agriculture vient de rendre public un communiqué où elle a demandé de consacrer une dotation supplémentaire d’eau d’irrigation. «On demande que la dotation actuelle arrive au moins à 20 millions de m3 jusqu’au mois d’octobre afin de mobiliser les besoins en eau nécessaires et assurer le cours normal de la campagne», indique la chambre régionale. Déjà, lors de la session ordinaire de mars, les membres de cette entité ont exprimé leurs craintes que le renforcement du débit d’eau du Grand Agadir du barrage «Aoulouz» n’impacte négativement les dotations d’eau à usage agricole du projet d’irrigation «El Guerdane». Pour sa part, la Direction du bassin hydraulique du Souss-Massa n’a pas répondu favorablement à notre appel.

La sécheresse complique la donne
Quoi qu’il en soit, la situation est plus compliquée selon les professionnels pour les exploitations qui ont réduit leur superficies agricoles et de facto leur irrigation qui est dépendante de l’eau d’irrigation à partir du barrage d’Aoulouz alors que l’apport de la nappe phréatique ne dépasse pas 20%. De surcroît, cette situation n’a pas permis aux agriculteurs de reconstituer leurs stocks tandis que la moyenne des forages pour les prélèvements d’eau souterraine oscille entre 200 et 300 mètres. Par ailleurs, l’ensemble des bassins agricoles (Issen, Souss, Tamri, Massa) affiche des déficits chroniques y compris les barrages destinés à l’eau potable et à l’irrigation selon la situation journalière des principaux grands barrages arrêtée le 24 mai 2020. Le barrage Abdelmoumen sur Oued Issen représente le déficit le plus chronique à hauteur de 7,9%. Il est suivi du barrage de Youssef Ben Tachfin qui irrigue la plaine de Chtouka et est rempli à hauteur de 13,1% en plus de Moulay Abdellah, rempli à hauteur de 17,8%.


La plaine de Chtouka sur la voie d’El Guerdane

Le projet PPP El Guerdane a été lancé dans la zone éponyme dans une optique d’optimisation du modèle de gestion de l’eau à usage agricole. Le projet qui représente un investissement global de 987 MDH a permis de sauvegarder 10.000 ha à travers une dotation de 45 millions de m³/an à partir du barrage Aoulouz dans le cadre d’une concession à la Société Amensouss. Il consiste en un transfert d’eau selon les conditions du plan directeur de l’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE) du Souss Massa. Le même modèle a été transposé dans la plaine de Chtouka avec la mise en place de l’unité mutualisée de dessalement de l’eau de mer destinée à l’irrigation agricole de la plaine de Chtouka et à l’approvisionnement du Grand Agadir en eau potable. Elle sera effective en mars 2021. Ce projet est le fruit d’un partenariat public-privé (PPP) entre le ministère de l’Agriculture et l’ONEE avec les deux filiales du groupe espagnol Abdengao : Aman El Baraka et la Société d’eau dessalée d’Agadir (SEDA).

INDH : Plus de 5,55 MDH pour lutter contre le Covid-19 à Agadir

mapexpress.ma – 27/05/2020

INDH : Plus de 5,55 MDH pour lutter contre le Covid-19 à Agadir

Plus de 5,55 millions de DH (MDH) ont été débloqués à Agadir dans le cadre de la contribution de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) aux efforts déployés pour lutter contre le nouveau Coronavirus (Covid-19).

Selon la Division de l’action sociale de la préfecture d’Agadir, 4,4 MDH de ce montant a été dédié au programme 2 visant l’Accompagnement des personnes en situation de précarité, tandis que 1,15 MDH a été alloué dans le cadre du programme 4 portant sur “l’Impulsion du capital humain des générations montantes”, notamment dans son axe relatif à la santé de la mère et de l’enfant (développement de la petite enfance).

Ainsi, les montants attribués dans le cadre du programme 2, ont été octroyés aux associations de la société civile assurant la gestion des centres d’accueil dédiés aux personnes âgées, des enfants en situation de rue, sans abri ou abandonnés, précise la préfecture dans un communiqué.

Ces montants sont destinés à couvrir les charges liées aux frais de fonctionnement relatifs à l’approvisionnement alimentaire, les produits de nettoyage, les soins médicaux, l’habillement, les produits d’hygiène, en plus d’autres équipements acquis par les services de la Préfecture pour ces centres, notamment ceux nouvellement créés au profit des personnes sans domicile fixe.

Concernant le montant attribué dans le cadre du programme 4, il a été destiné à l’équipement des maisons d’accouchement, des dispensaires et annexes afférents en échographes, en petit matériel médical des consultations prénatales, postnatales et à l’accouchement, en plus de l’acquisition de kits pour les mamans et les bébés.

Agadir : Réunion à distance sur l’état d’avancement du projet de Bus à haut niveau de services

mapexpress.ma – 27/05/2020

Agadir : Réunion à distance sur l’état d’avancement du projet de Bus à haut niveau de services

L’état d’avancement de la première ligne des Bus à haut niveau de services a été au centre d’une réunion à distance tenue sous la présidence du Wali de la région de Souss-Massa, Gouverneur de la préfecture d’Agadir-Ida Outanane, Ahmed Hajji.

Cette ligne de 15,5 km devra relier le port d’Agadir au quartier de Tikiouine et aux zones industrielles avoisinantes et desservant le quartier administratif de la ville, l’avenue Hassan II, Souk El Had, l’avenue Hassan Ier, le complexe universitaire Ibn Zohr, et la Zone industrielle de Tassila.

La ligne traversera, également, un groupe de sites, d’établissements et d’avenues principales de la ville. Cette flotte de bus est à même d’améliorer l’attractivité de la ville et résoudre les problématiques relatives au transport public.

Ce projet est le premier axe du Programme de développement urbain d’Agadir (2020-2024), dont la cérémonie de lancement a été présidée, février dernier, par SM le Roi Mohammed VI.

Ayant mobilisé une enveloppe de 6 milliards de dirhams (MMDH) d’investissements, ce programme vise la consécration du positionnement de la ville d’Agadir et le renforcement de son attractivité en tant que destination touristique nationale et internationale.

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