Archives de août 1st, 2020

Levée des restrictions de voyage: l’UE maintient le Maroc

leseco.ma – 31/12/2020

L’Union européenne (UE) a décidé jeudi de maintenir le Maroc dans sa liste des pays tiers pour lesquels elle recommande une levée des restrictions de voyage, a annoncé le Conseil de l’UE.

« A compter du 31 juillet, les États membres devraient progressivement lever les restrictions de déplacement aux frontières extérieures pour les résidents des pays tiers suivants: l’Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l’Uruguay, en plus de la Chine, sous réserve de l’application de la réciprocité », précise le Conseil de l’UE dans un communiqué.

Réévaluée toutes les deux semaines, cette liste est élaborée sur la base de critères portant notamment sur l’évolution de la situation épidémiologique et les mesures de confinement, ainsi que sur des considérations économiques et sociales, relève la même source.

En vertu des critères de l’UE concernant la situation épidémiologique, les pays tiers figurant sur la liste devraient présenter un nombre de nouveaux cas de Covid-19 pour 100.000 habitants au cours des 14 jours précédents proche ou en-dessous de la moyenne de l’UE, ainsi qu’une tendance stable ou en baisse concernant les nouveaux cas au cours de cette période par rapport aux 14 jours précédents.

L’évaluation de l’UE prend également en considération la réaction globale face à la pandémie de Covid-19, notamment sur des aspects tels que le dépistage, la surveillance, le traçage des contacts, le confinement, les traitements et la communication de données, ainsi que de la fiabilité des informations et, au besoin, du score moyen total par rapport au règlement sanitaire international (RSI).

L’UE tiendra compte de la réciprocité au cas par cas, selon le Conseil de l’UE qui précise que les restrictions de voyage ne s’appliquent pas aux citoyens de l’UE et aux membres de leur famille et aux résidents de long séjour en Europe.

Et le Conseil d’ajouter que sa recommandation de levée des restrictions de voyage « n’est pas un instrument juridiquement contraignant » et que les autorités des États membres « restent responsables de la mise en œuvre du contenu de la recommandation ».

Maroc : coup dur pour le tourisme interne après l’interdiction de déplacements

bladi.net – 31/07/2020

Maroc : coup dur pour le tourisme interne après l’interdiction de déplacements

La ville d’Agadir, peu touchée par la crise sanitaire du covid-19, avait tout pour devenir la destination touristique la plus prisée de cette saison estivale, n’eut été la décision d’interdiction de déplacements de et vers plusieurs villes. Au Nord, la saison est définitivement compromise.

La décision prise dimanche dernier, d’interdire les déplacements de et vers huit villes du royaume, n’est pas sans impacter le tourisme interne en cette période estivale, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia qui explique que certaines destinations avaient déjà démarré la saison avec beaucoup d’optimisme. Dans le Souss, à Agadir, Taghazout dans le Nord, Tifnit et Sidi Rbat dans le Sud, et Aglou et Sidi Ifni un peu plus au sud, l’affluence était au rendez-vous.

En raison de sa situation épidémiologique stable, la région du Souss était partie pour devenir la destination touristique de l’année. Seulement, avec l’annonce de la décision de fermeture de plusieurs villes touristiques, de nombreux estivants ont écourté leur séjour pour aller passer l’Aïd Al Adha en famille.

Les efforts consentis par les opérateurs locaux pour promouvoir le tourisme interne après la crise, se sont finalement révélés vains. Réductions allant jusqu’à 50 %, campagne publicitaire mettant en avant les atouts de la région, travaux d’aménagement entrepris par les autorités locales… Tout ça n’aura servi à presque rien.

Au nord, la côte tétouanaise a retrouvé sa morosité d’antan, les touristes ayant plié bagage plus tôt que prévu, au grand dam des opérateurs locaux qui courent vers une faillite certaine.

Pour sauver les meubles, du moins ce qui peut encore l’être, les autorités locales ont autorisé les déplacements de Tétouan vers les localités voisines à savoir Cabo Negro, Mdieq et Fnideq.

Valait-il mieux ne pas confiner ces huit villes et laisser arriver dans la région d’Agadir, jusque là relativement épargnée, des milliers de touristes porteurs potentiels du Covid-19 ?

La nuit où Agadir trembla

telquel.ma – 31/07/2020

Station balnéaire paisible, Agadir a été victime d’un séisme d’une intensité foudroyante il y a soixante ans. Le 29 février 1960, au milieu de la nuit, la terre sourd, gronde, tremble et raye la petite ville pittoresque de la carte, tuant 15 000 personnes. Témoin vivant du jour d’après, Maradji a usé des moyens du bord pour immortaliser les lendemains douloureux de la tragédie. “Je passais la nuit dans des hangars appartenant à la marine française au port d’Agadir, se remémore le photographe dit des trois rois, c’est là que je passais mes nuits et me restaurais à l’œil. Ayant constitué ma réserve de fruits et de gâteaux, et après avoir fini ma journée de travail, je mettais le cap sur l’aéroport pour embarquer dans un avion appartenant à des confrères étrangers direction Casablanca.” De sa couverture de cet événement tragique, Maradji a conservé des photographies poignantes, et surtout un chapelet de souvenirs qu’il a bien voulu partager avec TelQuel.

Au lendemain de la catastrophe, un Mohammed V visiblement en état de choc, observe l’étendue des dégâts, balayant les décombres du regard. Les premiers volontaires sont déjà sur le pied de guerre, déblayant les gravats dans l’espoir de trouver des survivants.

Les cadavres de Marocains extraits des gravats furent enveloppés dans des linceuls de fortune et entreposés qui sur des matelas usés, qui sur de simples planches en bois.

Des Gadiris juifs et musulmans, réduits à l’état de sans domicile fixe, reprennent leurs esprits au lendemain de la catastrophe.

Prenant les choses en main, le prince héritier Moulay El Hassan, aux côtés du roi Mohammed V, guide une procession d’officiels vers une des zones les plus touchées de la ville. Mohammed V donnera immédiatement ses instructions pour une reconstruction expresse de la ville. Sur la photo, à la droite du roi, apparaissent, dans l’ordre, Youssef Belabbès, ministre de la Santé, Ahmed Benhima, gouverneur d’Agadir, Mohamed Aouad, ministre de la Défense nationale, et tout au fond, le colonel N’michi, coiffé d’un béret.

Des cercueils éparpillés devant une demeure éventrée par le séisme.

Infirmière consolant une mère française tenant dans ses bras le corps inanimé de son enfant.

Stationnés à Agadir, les éléments de la Marine française ont été prompts à se rendre sur les lieux du drame afin de porter secours aux familles piégées sous les décombres.

Vue aérienne de la tragédie. Le cliché a été pris à bord d’un avion civil Jodel appartenant à des journalistes suisses venus couvrir la catastrophe. Maradji a pu se dénicher une place régulière à bord du coucou suisse. Ce qui lui a permis d’effectuer des allers-retours quotidiens entre Agadir et Casablanca où il transmettait le tirage du jour aux agences internationales via bélinographe. “Il fallait faire la queue pendant des heures au siège de la grande poste de Casablanca pour espérer envoyer un cliché aux agences”, se souvient Mohamed Maradji. Sur la photo, l’ampleur des destructions est impressionnante.

Rectification : 29.02.1960

Témoin vivant du jour d’après, Maradji a usé des moyens du bord pour immortaliser les lendemains douloureux de la tragédie.

Pavillon Bleu : pourquoi la plage d’Agadir rate le coche ?

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Agadir, considérée comme la première station balnéaire du royaume, n’est pas parvenue, pour la troisième fois consécutive, à décrocher le label «Pavillon Bleu».

Plus qu’un petit drapeau qui flotte au vent, le Pavillon Bleu est un argument de vente environnemental pour les destinations touristiques désireuses de labelliser leur offre balnéaire. À Agadir, considérée comme la première station balnéaire du royaume, la destination échoue pour la troisième année consécutive à labelliser sa plage «Pavillon bleu». Hélas, ce constat ne concerne pas uniquement la plage d’Agadir.

Il s’étend à tous les principaux sites au nord de la destination, notamment les plages relevant des territoires d’Aourir et de Taghazout, qui abritent les stations balnéaires éponymes, en plus de Tamri où est nichée la station Imi Ouaddar, dédiée au tourisme interne. Exception faite de la plage d’Aglou (Sidi Moussa) relevant de la province de Tiznit, toutes les autres communes n’ont pas procédé à la labellisation (candidature volontaire) de leurs plages.

En cause, la persistance de sources de dégradation des eaux de baignade. Celles-ci peuvent être fréquentées, mais elles ne répondent pas aux normes exigées par le label Pavillon Bleu, très élevées.

La qualité des eaux insuffisante

En effet, cet éco-label, régi par la norme marocaine 03.7.199, directement issue de la directive européenne de 2006, impose une excellente qualité des eaux de baignade et récompense les efforts des communes pour améliorer la qualité des eaux de baignade, d’information, de sensibilisation et d’éducation à l’environnement, d’hygiène et de sécurité et d’aménagement/gestion des plages. Selon l’édition 2020 du Rapport national de la surveillance de la qualité des eaux de baignade des plages du royaume, dont la surveillance est assurée par le Laboratoire national des études et de surveillance de la pollution (LNESP), 2 stations de surveillance sur 21 ont été déclarées non-conformes à la norme marocaine 03.7.199 au niveau de la plage d’Agadir.

Autrement dit, les eaux de baignade dans ces deux stations situées à l’extrême-Nord de la plage sont impropres à la baignade. Toutefois, ces résultats sont basés sur les analyses des quatre dernières années (2016-2019). Les autres stations sont classées selon la cartographie de la qualité microbiologique (eaux d’excellente qualité, de bonne qualité, de qualité suffisante et de qualité insuffisante). À noter que les eaux de baignade des plages intégrées dans ce programme ont fait l’objet d’une surveillance de mai à septembre 2019, avec une campagne de référence durant les mois de février/mars 2020. S’agissant de la fréquence de prélèvement, elle est bimensuelle durant la saison balnéaire alors que l’évaluation de la qualité des eaux de baignade selon la norme 03.7.199 s’effectue sur la base des résultats d’analyse de deux paramètres microbiologiques, à savoir la présence d’Escherichia Coli (E. Coli) et d’entérocoques intestinaux (EI).

Résultats actualisés: toutes les stations conformes

En revanche, selon les résultats actualisés en ligne du même laboratoire, toutes les stations de la préfecture Agadir-Ida Outanane sont conformes en vertu des derniers prélèvements bimensuels réalisés le 13 juillet 2020 (En fin de confinement, quand la plage était interdite). En attendant la publication du rapport analytique qui détaille les caractéristiques de chaque station, les différents tableaux d’affichage installés tout au long de la corniche d’Agadir continuent d’indiquer les résultats de l’année 2019, en l’occurrence les prélèvements effectués en juin 2019.

Par ailleurs, bien que l’obtention de la certification Pavillon Bleu soit l’aboutissement d’une démarche volontaire, celle-ci exige en effet que l’ensemble des points soient d’excellente qualité. Pour rappel, le classement des eaux de baignade des plages se fait selon quatre principales catégories. Il s’agit des eaux de bonne qualité pour la baignade (A) et les eaux de qualité moyenne (B). Ces deux catégories sont conformes à la norme alors que les dernières, en l’occurrence les eaux momentanément polluées (C) et les eaux de mauvaise qualité (D), ne répondent pas aux standards exigés par la norme. Malgré des sources de pollution limitées durant la période de Covid-19, la plage d’Agadir pâtit de plusieurs sources de pollution qui dégradent sa qualité d’eau de baignade. Il s’agit des rejets industriels d’Anza et de ceux déversés en mer issus du port d’Agadir, outre la nuisance des activités portuaires y compris du port de plaisance.

On retrouve aussi les effluents des stations de traitement (STEP) qui peuvent potentiellement atteindre la zone de baignade, les activités nuisibles et les eaux acheminées par les oueds en cas de crues (pourtant, les dernières crues remontent à loin !) et l’acheminement des eaux usées vers la plage suite aux dysfonctionnements des stations de relevage et de refoulement.

Des normes rigoureuses

La présence des germes surveillés dans l’eau témoigne de la présence d’une contamination fécale des zones de baignade et constitue ainsi un indicateur du niveau de pollution par les eaux usées. Plus ils sont présents, plus le risque sanitaire est important. L’ancienne norme marocaine NM 03.7.200 a atteint ses limites (principalement en termes de maîtrise des sources de pollution et information) et vu les engagements internationaux (Pavillon Bleu), le Maroc a adopté, en 2014, la nouvelle norme NM.03.7.199 transposée de la Nouvelle directive européenne NDE avec une application progressive sur toutes les plages. Cette norme se base sur une classification des eaux durant les quatre dernières années. Les seuils de conformité sont plus sévères que l’ancienne norme avec, en guise de nouveauté, l’élaboration de profils de gestion des eaux de baignade. Le classement de la qualité des eaux de baignade s’est basé sur le traitement statistique des résultats des 4 saisons balnéaires précédentes (2016-2019). Ainsi, les eaux de baignade sont classées, selon la nouvelle norme sus-mentionnée, en 4 catégories de qualité «Excellente», «Bonne» et «Suffisante», qui sont conformes à la baignade, et la catégorie «Insuffisante», non-conforme à la baignade.

Conclusion : à Agadir, on a le droit de se baigner dans la m…. ! et personne ne fait rien !
M. Terrier

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