Dessalement de l’eau : Vers l’activation de la préférence nationale


par Mohamed Badrane – aujourdhui.ma – 05/02/2021

Dessalement de l’eau : Vers l’activation de la  préférence nationale

La tutelle s’oriente à faire appel à des acteurs privés et développer un savoir-faire marocain en la matière

Le Maroc commence à voir les choses en grand dans ce domaine puisqu’il est déjà annoncé un objectif de 1 milliard m3 issus des stations de dessalement de l’eau de mer au cours des prochaines années.

Le secteur privé est appelé à s’impliquer dans le chantier du dessalement de l’eau. En tant que choix stratégique fait par le Maroc pour répondre aux besoins en eau potable, le gouvernement compte sur les opérateurs privés pour mener à bien ce chantier. En tout cas, Abdelkader Amara, ministre de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, affirme que l’Exécutif se dirige dans l’avenir à donner la chance aux entreprises marocaines pour profiter des projets en rapport avec ce domaine. De nombreuses stations de dessalement de l’eau sont en chantier actuellement alors que le Royaume aspire à devenir le champion continental en la matière. Dans ce sens, le responsable gouvernemental a annoncé devant les parlementaires que les premières mesures ont déjà été lancées dans le cadre du projet de station de dessalement de l’eau de mer au niveau du littoral de Casablanca avec une capacité de production avoisinant les 300 millions m3, ce qui fera de cette station la plus importante à l’échelle du continent africain.
Le Maroc commence à voir les choses en grand dans ce domaine puisque le responsable annonce déjà un objectif de 1 milliard m3 issus des stations de dessalement de l’eau de mer au cours des prochaines années. Les responsables intègrent également dans leurs projections la mobilisation des eaux de surfaces. Le pays veut œuvrer en outre à l’exploitation des eaux usées.

De l’eau écolo

Si les stations de dessalement d’eau de mer figurent en bonne place dans la stratégie marocaine au même titre que la politique de construction des barrages, l’Etat aspire également à faire de la production écologique. Concrètement, le ministère de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau annonce l’intégration des énergies renouvelables dans les stations de dessalement. Les responsables espèrent jouer ainsi la carte de la décarbonisation des process jusqu’au bout pour obtenir de l’eau écolo. Il faut préciser que plusieurs villes marocaines connaissent actuellement la réalisation de stations de dessalement, notamment Al Hoceima, Laâyoune, Boujdour ainsi que plusieurs projets au niveau de certains points de débarquement de pêche. D’autres projets sont prévus à Agadir, Sidi Ifni et Tarfaya. Il faut dire que l’Etat compte mobiliser de gros moyens financiers pour la réalisation de ces projets.
La station de dessalement au niveau de Casablanca mobilisera un budget conséquent de l’ordre de 10 milliards de dirhams (MMDH). A noter enfin que l’Office national de l’eau et de l’électricité vient de livrer les détails de ses investissements pour la période de 2019-2020. Ainsi, l’ONEE affirme qu’il a déployé durant les deux dernières années un effort d’investissement important s’élevant à près de 7,9 MMDH dont 4,3 MMDH en 2019 et 3,6 MMDH prévus d’être réalisés à fin 2020 (voir encadré).

Projet pilote

Abderrahim El Hafidi Directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable

Le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable, Abderrahim El Hafidi, et l’ambassadeur des Pays-Bas au Maroc, Jeroen Roodenburg, ont tenu récemment une réunion sur l’état d’avancement du projet de partenariat ONEE/Eurosafetygroup visant la réalisation d’un projet pilote de production d’eau potable à partir de l’humidité de l’air à l’aide de technologies innovantes.

Le projet, qui avait fait l’objet d’un accord de partenariat global signé en mai 2019, s’inscrit dans le cadre des actions de recherche et d’innovation entreprises par l’ONEE et visant à développer son savoir-faire pour ce qui concerne l’adoption de nouvelles technologies en matière d’eau potable. Il porte sur la production de l’eau potable à partir de ressources non conventionnelles (humidité de l’air et eaux saumâtres) et ce, dans une perspective d’approvisionner les petites localités dépourvues en ressources superficielles en eau, fait savoir la même source. A terme, l’accord de partenariat prévoit le test et l’installation de 5 unités pilotes sur différents sites du Royaume.

Investissement

Selon l’ONEE, les investissements réalisés ont permis de porter le taux d’accès à l’eau potable en milieu rural de 97% en 2018 à 97,4% à fin 2019 et 97,8% à fin 2020 contribuant ainsi à l’amélioration de la qualité de vie de la population rurale.
Par ailleurs et pour répondre à la demande croissante en eau potable, l’Office a équipé en 2019 et 2020 des débits supplémentaires respectifs de 1,9 m3/seconde et 3,2 m3/seconde et a produit annuellement plus de 1,2 milliard m3. A cet égard, le débit équipé par l’Office représente plus de 94% de la capacité de production nationale.
Dans le domaine de l’assainissement liquide, l’Office dispose à fin 2020 de 119 stations d’épuration d’une capacité globale de 450.405 m3/jour, soit une capacité additionnelle en 2019 et 2020 de 54.921 m3/jour et gère ce service au niveau de 142 villes et centres en faveur d’une population de 5,8 millions d’habitants.

Catégories :Actualités

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