Archives de février 17th, 2021

Couple acquitté à Zagora, le début de la fin de l’article 490 ?

Par Hayat Kamal Idrissi – lobservateurdumaroc.info – 17/02/2021

Une première : Le tribunal de première instance de Zagora vient d’acquitter un couple vivant en concubinage alors qu’il était accusé d’adultère. Assistons-nous au début de la fin du controversé article 490 ?

Dans un pas qualifié d’audacieux, la cour de première instance de Zagora acquitte un couple vivant comme mariés sous le même toit, hors les liens du mariage et sans acte. Une jurisprudence dont se sont réjouis beaucoup d’internautes et d’activistes de droits humains, en y voyant un signe de bon augure pour les libertés individuelles dans notre pays.

#stop490

Dans un post placé sous le hashtag #stop490, le chercheur Abdelouahab Rafiqui (Abou Hafs) donne les détails de ce jugement  en remettant au gout du jour le grand débat de la liberté des relations sexuelles hors mariage et des libertés individuelles en général. De son côté, Bouchra Abdou de l’association Tahadi pour l’égalité, partage la bonne nouvelle en la qualifiant de grande première. L’information fait également le tour des groupes sur facebook en provoquant le débat entre les satisfaits et les mécontents. D’autres y voient une sorte de comme back du mariage coutumier, dit « mariage de la fatiha », largement répandu dans les régions rurales et que l’Etat a essayé d’éradiquer ces dernières années en menant des opérations massives  d’officialisation.

Rappelons qu’au Maroc, l’acte écrit est la seule manière de prouver un lien conjugal et ceci depuis le 5 février 2019. A cette date, le ministère de la Justice n’avait plus renouvelé la période transitoire dédiée à la régularisation des mariages coutumiers. Cette période a d’ailleurs duré 15 ans à partir de l’entrée en vigueur du code de la famille, le 5 février 2004.

Aujourd’hui, un mois après l’affaire de Hanaa, la jeune tétouanaise condamnée à la prison ferme suite au partage massif de sa sextape sur les réseaux sociaux, la jurisprudence de Zagora redonne espoir. Après l’arrestation de Hanaa par la police judiciaire de Tétouan et sa présentation au parquet, un véritable mouvement de solidarité s’est organisé sur les réseaux sociaux via une pétition  populaire réclamant sa libération. Une énième affaire de violence numérique qui a remué le débat autour des libertés individuelles en général et celle d’avoir des relations sexuelles en dehors du mariage en particulier.

Décalage

« Le code pénal marocain est en profond décalage avec l’évolution et les mutations de la société marocaine. Ces lois favorisent la culture du scandale et facilite la tâche aux personnes mal attentionnées pratiquant le chantage à l’aide de photos et de vidéos privées », dénoncent alors les pétitionnaires en pointant du doigt le controversé article 490, jugé anachronique, anticonstitutionnel et surtout  injuste. Le collectif Hors la loi, qui a fait de l’abrogation de cet article son premier combat, a d’ailleurs profité de l’éclatement de cette affaire pour lancer une large campagne de dénonciation et de sensibilisation sur les réseaux sociaux, sous le hashtag « Stop 490 ».

Cet article du code pénal, objet de l’ire des défenseurs des droits humains, stipule en effet qu’elles sont passibles «d’emprisonnement d’un mois à un an toutes personnes de sexe différent qui, n’étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles». Une loi controversée, qui avec l’amplification phénoménale des violences numériques dans notre pays, constitue un véritable frein pour les victimes pour dénoncer leurs agresseurs. « Qui eux savent en profiter largement car conscients de la menace légale pesant sur leurs victimes. Ces dernières deviennent, par la force de l’article 490, des coupables !!! », nous explique auparavant Lamia Faridi, Avocate au barreau d’Agadir.

« Appel à la débauche »

Un avis qui n’est pas partagé par les pro-490, ceux là même qui considèrent son abrogation comme une invitation à la débauche. Le salafiste Hassan Kettani, comme à son accoutumée, n’a d’ailleurs pas hésité à qualifier les anti-490 de gens malveillants visant l’éthique et les mœurs de la société marocaine. De son côté, l’avocat Said Naoui, s’y oppose par principe et déploie son argumentaire. « Cette loi est inspirée directement des préceptes de l’islam. Le législateur marocain l’a instauré en parfaite harmonie avec la religion, les traditions et les mœurs de la société », argumente l’avocat.

Un point de vue partagé par beaucoup de Marocains considérant ce changement comme une atteinte directe à la morale sociale. Sur les réseaux sociaux, en parallèle avec l’engouement pour cet appel au changement « Stop 490 », un autre mouvement réactif aux antipodes de ce dernier a pris forme. D’ailleurs des personnalités publiques et autres artistes mobilisés pour cette cause, ont été pris pour cible par des détracteurs virulents. Des attaques et des insultes qui remettent en question leur bonne morale.

Symbolique

« L’abrogation de l’article 490 aura une forte symbolique si toutefois notre requête a une réponse favorable au parlement. Car derrière, il y a d’autres lois aussi injustes et affectant profondément les libertés individuelles. Je cite l’article 453 sur l’avortement qui est un grand combat qui traine depuis de longues années et l’article 489 criminalisant l’homosexualité », espère l’activiste Hors la loi Karima Nadir. D’après cette dernière, le nombre d’affaires aux tribunaux et les chroniques judicaires des quotidiens démontrent l’urgence de réformer ces lois et de changer les mentalités. La jurisprudence de Zagora sera un premier pas sur ce long chemin ? A suivre !

Chamboulement dans les tribunaux à cause des affaires de protection du consommateur

medias24.com – 17/02/2021

Transition laborieuse après la modification de l’article 202 de la loi 31-08 sur les litiges entre consommateurs et professionnels. Les praticiens chahutés par la reconnaissance de la compétence exclusive aux TPI. Les juridictions commerciales se déclarent incompétentes sur des dossiers en état d’être jugés. 

Chamboulement dans les tribunaux à cause des affaires de protection du consommateur

Les juridictions commerciales n’ont plus le droit de statuer sur des litiges entre consommateurs et professionnels (fournisseurs). Cette nouvelle règle est en vigueur depuis décembre 2020. Il s’agit d’une modification de l’article 202 de la loi édictant des mesures de protection des consommateurs.

Désormais, les tribunaux de première instance ont la « compétence exclusive » en la matière. Matérielle et territoriale s’entend. Tel que modifié, l’article 202 octroie la compétence au TPI « dont relève le domicile du consommateur ou son lieu de résidence ou la juridiction du lieu où s’est produit le fait ayant causé le préjudice. » Entre ces différentes options, le choix reste au consommateur. Toute clause insérée dans les contrats (ex : crédit à la consommation) se heurte à la nouvelle disposition qui est d’ordre publique.

Ces dernières semaines, les tribunaux de commerce se déclarent systématiquement incompétents sur des dossiers où l’une des parties est un consommateur, a constaté Médias24. Très souvent, les affaires sont également renvoyées, par le juge auteur de la décision, au tribunal de première instance.

Rapprocher les juridictions ordinaires et désencombrer les juridictions commerciales

« Publiquement, l’argument avancé est celui de rapprocher les consommateurs de la Justice. Les TPI sont beaucoup plus nombreux que les juridictions commerciales et sont implantées presque partout au Maroc », explique Me Mounir Founani, avocat au barreau de Rabat.

« Par exemple, un consommateur résidant à Laayoune ou Dakhla était contraint de se déplacer au tribunal de commerce d’Agadir. Et en cas d’appel, il devait encore se tourner vers la Cour d’appel de Marrakech. Tous ces déplacements pour un litige où une banque réclame parfois 1.000 DH ! Le fait est que le justiciable devait en débourser davantage en frais de déplacements, entre autres. »  

En filigrane, « il s’agit aussi de ne pas noyer les tribunaux de commerce dans les affaires de consommation. Avec cette modification, le législateur voulait faire d’une pierre deux coups ».

Une modification partie de bonnes intentions. Mais qui, dans la pratique, déstabilise les différents intervenants. La nouvelle version de l’article 202 est entrée en vigueur dès à sa publication au bulletin officiel. « Le texte a été instauré sans avoir préparé la transition, qui s’avère brusque et brutale. Ni les justiciables, ni leur défense ou même les tribunaux n’y ont été préparés à l’avance », déplore cet avocat au barreau de Fès.

A en croire notre interlocuteur, le premier impacté est celui auquel le texte est pourtant destiné. « Aujourd’hui, nous avons des dossiers de délai de grâce qui devaient aboutir au profit du consommateur, mais où ce dernier s’est vu opposer l’incompétence. Ce moyen est désormais invoqué par les banques dès lors qu’elles sont défenderesses. ».

Des dossiers stoppés dans la dernière ligne droite

Traité en référé, le délai de grâce est une procédure rapide. La problématique se corse davantage pour les dossiers de fond. « Certains sont en cours depuis plus d’une année, passés par plusieurs étapes dont l’expertise. Au final, ils ont fait l’objet d’une déclaration d’incompétence alors qu’ils étaient en état d’être jugés », déplore l’avocat.

Même constat du coté de la ville ocre, « les juges se déclarent incompétents dans des affaires où il ne manque que la décision », affirme cet avocat au barreau de Marrakech. « La situation est assez agitée. Tout en se déclarant incompétent, le tribunal de commerce renvoie le dossier au TPI où on nous dit que rien n’a été transmis ».  

Spécialiste en la matière, notre avocat de Fès évoque « une entrave aux dossiers » qui se trouve stoppés dans leur élan. Sans compter « les milliers de patates chaudes jetées aux TPI sans aucune préparation en matière de ressources humaines, secrétaires-greffiers et juges ». 

Désencombrer les juridictions commerciales pour alourdir les tribunaux ordinaires ?  Les praticiens craignent ce retour de bâton qui « va préjudicier aussi bien aux droits des consommateurs qu’à ceux des professionnels, notamment en termes de délais. Les tribunaux de commerce étaient rodés à ce type d’affaires. Conséquence de l’encombrement, on peut craindre un rallongement des délais au niveau des TPI », prévoit notre source.

Tout en annonçant « une explosion des dossiers au TPI » , Me Founani pense qu’à terme, le problème pourrait se régler en raison du nombre élevé de ces tribunaux. Ces derniers « peuvent contenir le volume important d’affaires de consommation. La charge sera répartie entre plus de 80 juridictions là où on ne compte que 8 tribunaux de commerce ».

Quid des banques ? Certains établissements n’ont toujours pas actualisé leurs contrats qui contiennent encore des clauses attributives de compétence au Tribunal de commerce, a constaté Médias24. Qu’à ce la ne tienne ! « Ils peuvent maintenir la clause. Mais elle ne sera pas prise en considération à l’occasion d’un litige. S’il atterrit devant une juridiction commerciale, celle-ci se déclarera incompétente », explique un avocat au barreau de Fès.

Agadir : Souss Pétitions tient ses promesses

par Yassine Saber – leseco.ma – 17/02/2021

Adam Bouhadma coordinateur local de la section Agadir de l’association

Financé par l’Union européenne, le projet Souss Pétitions, appuyé dans le cadre du programme Moucharaka Mouwatina et mis en œuvre par le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), est arrivé à échéance au niveau de la Région Souss-Massa. La clôture de ce programme, mené par la section Agadir de l’association Clarté, Ambition, Courage s’est couronnée par le lancement de la plateforme numérique sousspetitions.ma, dédiée aux pétitions citoyennes en ligne. Ce projet en général et la plateforme électronique en particulier s’inscrivent en droite ligne dans le principe de la démocratie participative et l’implication politique des citoyens dans la gouvernance locale et la gestion du développement de leurs communes.

100 pétitions citoyennes en ligne de mire
«Les citoyens sont mieux informés au sujet de la politique locale grâce au digital, mais aussi aux réseaux sociaux. Le numérique favorise la participation citoyenne à la gestion du fait local», explique Adam Bouhadma, coordinateur local de la section Agadir de l’association et membre du bureau national de ladite entité. De plus, le lancement la plateforme numérique des pétitions dans le cadre du projet Souss Pétitions constitue un trait d’union, car elle facilitera le processus de soumission des requêtes en ligne à l’échelon local à travers l’institutionnalisation de cette démarche et contribuera davantage à la participation positive des citoyens à la politique locale. Faisant partie du troisième axe de ce projet, la plateforme numérique devrait générer 100 pétitions en ligne. Un brainstroming avec les acteurs de la société civile et les cadres communaux a été déjà effectué avec la rédaction du cahier des charges. La plateforme est mise en ligne depuis la semaine dernière. Actuellement, la plateforme est également en cours d’alimentation avec du contenu de vulgarisation, mais aussi avec trois capsules vidéos pour mieux l’enrichir. Il s’agit du rôle des différents acteurs, les rôles de la commune en plus de la soumission des pétitions. S’agissant du premier et second axes qui sont respectivement dédiés à la formation des jeunes et l’accompagnement des cadres communaux, le projet s’est soldé par l’aboutissement des objectifs déjà tracés. Au total, le projet a permis la formation de 105 acteurs de la société civile et acteurs associatifs au cadre légal des pétitions et l’usage de la plateforme ainsi que la formation de 30 cadres communaux pour le traitement des pétitions.

Contraintes rencontrées
Selon Adam Bouhadma, plusieurs contraintes ont été relevées lors de la mise en œuvre de ce projet lancé en juillet 2020. Outre le contexte de la Covid-19, les jeunes manquaient d’information par rapport au processus réglementaire lié à la soumission des pétitions en plus de la compréhension des attributions des conseils communaux. À cela s’ajoute, la mauvaise perception auprès des élus locaux de la question des pétitions en plus de l’amalgame fait autour des conditions de leur admission émission. Ce n’est pas tout : l’émission de pétitions est confrontée aussi à un vide sur le plan numérique au niveau local en plus de la confusion faite entre les pétitions locales instituées dans le cadre de loi organique n°113-14, relative aux communes et la loi n° 44-14 déterminant les conditions et les modalités d’exercice de droit de présenter des pétitions aux pouvoirs publics. De fait,, l’école doit jouer un rôle dans la sensibilisation des jeunes à la question de la démocratie participative et le fait local. 

LE MAROC ANTIQUE : UNE HISTOIRE DONT L’ESSENTIEL RESTE À DÉPOUSSIÉRER

Par Al Mustapha Sguenfle – quid.ma – 16/02/2021

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Volubilis : Les fouilles montrent que les premiers habitants de la ville étaient les carthaginois au IIIe siècle avant J.C. Plus tard, en 42 après J.C, la ville a été annexée à l’Empire romain.

Connu parmi les auteurs grecs sous le nom de « Maurusia », et de « Mauretania » chez les Romains, le Maroc antique recèle une histoire qui renseigne sur les racines profondes du pays nord-africain, mais qui demeure pour l’essentiel méconnue.

Cette méconnaissance s’explique par différents facteurs, dont le plus important est probablement le fait que l’histoire du Maroc antique a été rapportée par des témoignages extérieurs et rédigée en marge de récits provenant d’autres peuples et civilisations du pourtour méditerranéen (Athènes, Rome, Carthage,…).

Une terre d’Hommes

Dans le premier quart du Vème siècle avant J.C., l’explorateur carthaginois Hannon aurait entrepris un périple le long des côtes atlantiques du Maroc antique. Ce voyage est relaté dans un compte-rendu dont la traduction grecque a subsisté.

Dans ce récit, il est notamment dit : « A une journée de navigation, au-delà de ce lac, nous fondâmes, sur la côte, cinq nouvelles cités : Karikon-Teichos, Gytte, Akra, Melitta et Arambys. Continuant notre chemin, nous arrivâmes à la large rivière Lixus, qui vient de Libye et au-delà de laquelle des nomades appelés Lixites font paître leurs troupeaux. Nous restâmes un certain temps avec eux et ils devinrent nos amis ».

Durant l’antiquité, la Libye faisait référence à l’ensemble de l’Afrique du nord. Karikon-Teichos, Gytte, Akra, Melitta et Arambys sont des lieux supposément échelonnés entre les actuelles villes d’Agadir et d’Essaouira. La rivière Lixus semble renvoyer à l’actuel fleuve Draa, tandis que les Lixites étaient probablement des autochtones de la région.

Et Hannon de continuer : « Prenant des interprètes parmi les Lixites, nous naviguâmes pendant deux jours en direction du sud, le long d’un rivage désertique, puis une autre journée en direction de l’est. Nous trouvâmes une petite île de cinq stades de pourtour, à l’extrémité d’un golfe. Nous créâmes un établissement et l’appelâmes Cerné ».

L’île Cerné évoquée par Hannon semble renvoyer à l’Ile de Mogador, dite aujourd’hui « Grande Dzira », faisant partie des îles Purpuraires qui font face à l’actuelle ville d’Essaouira (à une centaine de mètres). Les Phéniciens y auraient fondé, entre les VIIIème et VIIème siècles av. J.C., un comptoir où était exploité et acheté aux populations autochtones des mollusques gastéropodes (murex) dont on extrayait un élément culturel majeur de l’antiquité méditerranéenne : la pourpre.

Ce récit d’Hannon le Navigateur témoigne de la présence de peuples et tribus autochtones au Maroc antique. Toutefois, le Maroc d’alors n’était pas qu’une terre d’Hommes dépourvus de toute forme d’organisation politique, puisque d’autres récits historiques témoignent de l’existence d’entités politiques au pays. Ces récits datent notamment de la période s’étalant du 3ème au 1er  siècle av. J.C.,  période qui a été marquée par le développement d’une civilisation maurétanienne.

Le royaume de Maurétanie…

L’histoire du royaume du Maroc antique, dit de Maurétanie, n’a été que peu documentée. « Nous avons un trou d’un siècle dans notre histoire. Il s’étend de la fin du IIIème à la fin du IIème siècle avant J.C. », regrette Halima Ghazi-Ben Maissa, ancienne professeur d’histoire antique du Maroc à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat.

Dans son article intitulé « Le royaume du Maroc antique : image et réalité », elle note que « les premières indications concernant le premier roi de Maurétanie cité par les sources écrites (…) sont celles rapportées par le biographe et moraliste Plutarque, le poète grec Pindare dans la IVème Isthmique et la IX Pythique, l’auteur de la bibliothèque historique attribuée, probablement à tort, à Apollodore, Strabon dans sa Géographie, le poète latin Lucain dans son histoire naturelle, Ovide dans ses Métamorphose, Solin dans Polyhistor, et enfin Silius Italicus dans ses Punica ».

En guise d’illustration, l’académicienne cite l’historien latin Tite Live, qui raconte qu’après la rencontre du roi numide Massinissa avec le général romain Cornelius Schipion à la fin du IIIème siècle avant J.C., le premier passa de l’Espagne en Maurétanie. Massinissa adressa alors « les prières les plus humbles » au Roi de la Maurétanie, Baga.

« Il obtint de lui pour l’escorter sur sa route –faute d’en obtenir pour combattre- quatre mille maures. Sous leur protection, Massinissa arriva aux frontières du royaume de ses pères où cinq cents numides, nous dit l’auteur latin, vinrent à lui. Le Massyle renvoya « alors les Maures comme convenu à leur roi » », relève Halima Ghazi-Ben Maissa.

Selon elle, il ressort de ce texte, entre autres, que le roi du Maroc antique Baga « était néanmoins un souverain important. Il était en mesure, pour une simple escorte d’un prince étranger, de mobiliser, si le chiffre avancé par Tite Live est exact, quatre mille hommes ».

En confrontant les sources, estime-t-elle, « on peut arriver à la conclusion que le royaume de Baga s’étendait de l’Atlantique à l’ouest à l’actuelle Moulouya à l’Est », mais dont la frange méditerranéenne « échappait à son pouvoir et plus tard à celui de ses successeurs et ce jusqu’à l’avènement de Bogud qui eut lieu pendant les années quarante avant J.C. ».

L’ancien royaume de Maurétanie (Non Mauritanie, actuel pays d’Afrique du Nord-Ouest) avait pour capitale Volubilis. Il était situé entre les côtes atlantiques du nord du Maroc actuel jusqu’à l’Oued-el-Kebir (est de l’Algérie actuelle). Ses rois les plus connus furent Bocchus, Bogud, Bocchus II, et, surtout, Juba II et Ptolémée.

Halima Ghazi-Ben Maissa indique que Juba II et Ptolémée se trouvèrent à la tête d’un royaume du Maroc dans ses plus grandes dimensions pendant l’antiquité. « De l’océan atlantique à l’ouest à la ville actuelle de Constantine à l’est, et de la mer méditerranée au nord aux montagnes atlassiques marocaines et algériennes au sud, s’étendait alors le royaume du Maroc antique commandé du nord au sud et de l’est à l’ouest par un seul chef, le Roi ».

Juba II était un roi connu pour son érudition, et dont l’épouse n’était nulle autre que Cléopâtre Séléné II, propre fille de Cléopâtre VII, célèbre reine déchue d’Egypte. Le couple eut un fils unique baptisé Ptolémée, dont le règne a connu une fin tragique puisqu’il allait être arrêté et mis à mort par l’empereur romain Caligula. Après quoi, la Maurétanie a été annexée en tant que province romaine.

Cette annexion n’a pas été de tout repos pour les Romains, puisqu’Aedemon, esclave amazigh affranchi loyal envers Ptolémée allait mener un soulèvement dans les environs de Tanger contre Rome pour venger le dernier monarque maure. Cette révolte allait prendre fin quatre ans plus tard. Le royaume de Maurétanie a été divisé ensuite en deux provinces séparées par la vallée Moulouya : la Maurétanie tingitane et la Maurétanie césarienne.

Rome instaura en Maurétanie tingitane (correspondant au nord du Maroc actuel) une zone défensive (limes) et développa des villes comme Volubilis et Tingi (Tanger), capitale.

Bien que sous l’influence romaine, les populations du Maroc antique ont pu conserver une certaine originalité culturelle attestée, entre autres, par l’onomastique indigène, les langues libyque amazighes et les cultes locaux (divinités maures, donatisme, astrolâtrie, etc…).

S’agissant du système économique qui primait au Maroc antique, il semblerait qu’il reposait essentiellement sur l’agriculture. Halima Ghazi-Ben Maissa fait valoir que « Strabon, Mela, Pline et Tite Live ou bien relataient la richesse du sol du pays en agriculture ou bien font allusion à celle-ci. La place que devrait revêtir la culture du blé et de la vigne dans l’activité agricole du royaume, et par conséquent dans son économie, était telle que des rois avaient gravé l’épi de blé et la grappe de raisin sur leurs monnaie ».

Il existe des preuves matérielles témoignant de cet état de fait, à l’image de pièces en bronze, argent ou parfois or, où sont gravés abeille, poisson, vache et cheval. Ces monnaies « circulaient dans le royaume du Maroc antique depuis la fin du IIème siècle avant J.C., à une date où de nombreuses nations étaient encore enfoncée dans l’économie du troc », explique Mme. Ghazi-Ben Maissa.

Un musée dédié


Des éléments matériels et artefacts témoignant de cette histoire aussi étendue que mystérieuse sont exposés au Musée de l’Histoire et des Civilisations (MHC) de Rabat. Les pièces des collections provenant des fouilles de Mogador, Volubilis, Banasa, Thamusida et Sala sont regroupées au MHC, et rendent compte des principaux aspects des civilisations antiques au Maroc.

Dans une déclaration à MAP-Amazigh, le conservateur du Musée de l’Histoire et des Civilisations, Anass Sedrati, relève que le musée offre « une collection archéologique d’une richesse exceptionnelle, rassemblant les témoignages matériels des diverses civilisations installées au Maroc depuis la Préhistoire jusqu’à l’époque islamique ».

La période antique regorge de manifestations matérielles de cultures différentes et riches, qu’elles soient phénicienne, punique, maurétanienne ou romaine, ajoute-t-il. Les traces de ces civilisations sont montrées par le biais d’une collection de pièces en bronze, en céramique ou en marbre.

Parmi ces objets emblématiques datant de l’antiquité marocaine, figure la pièce de bronze du général Caton, la statue de Sphinge, la statue de l’éphèbe couronné, le vieux pêcheur, ou encore le chien de Volubilis.

Pour M. Sedrati, les œuvres phares exposées au musée « seraient probablement les sculptures des rois maurétaniens : le buste en bronze de Juba II, dont l’effigie est adoptée pour le logo de notre musée, et la splendide sculpture en marbre de son fils, le roi Ptolémée ».

Ces objets, souligne-t-il, « nous révèlent l’étendue de l’histoire de notre pays, ce qui nous permet de savourer chacune des cultures qui ont constitué notre identité plurielle depuis des millénaires ».

Autoroutes: Attention au brouillard !

leconomiste.com – 17/02/2021

Autoroutes: Attention au brouillard !

Plusieurs sections autoroutières sont concernées par le brouillard, ce qui pourrait causer des accidents. Pour renforcer la sécurité des usagers, Autoroutes du Maroc (ADM) vient de recommander à ces derniers de « faire preuve de vigilance, de réduire leur vitesse, maintenir la distance de sécurité et d’allumer les feux de leurs véhicules, même en plein jour ».

Ce phénomène touche, en cette période, des sections de 8 autoroutes (Tanger Med-Rabat, autoroute de contournement de Casablanca, Rabat-Oujda, Casablanca-Safi, Berrechid-Béni Mellal, Casablanca-Marrakech et Marrakech-Agadir). Sur l’autoroute Tanger Med Rabat, le brouillard concerne la section Assilah-Bouknadel allant du point kilométrique 75 (PK75) au PK260, et la section du pont Mohammed VI sur l’autoroute de contournement de Rabat.

Sur l’autoroute de contournement de Casablanca, ce sera sur la section entre l’échangeur de Tit Mellil et la pénétrante Azbane du PK72 au PK90. Plusieurs autres sections sont aussi touchées.

Programme de protection des enfants de l’exploitation à des fins de mendicité

par Yousra Amrani – lematin.ma – 16/02/2021

Dernière ligne droite avant le lancement de la phase II dans les villes de Tanger, Meknès, Marrakech et Agadir

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Le ministère de la Solidarité, du développement social, de l’égalité et de la famille s’apprête à lancer la deuxième phase du plan d’action pour la protection des enfants de l’exploitation à des fins de mendicité dans quatre nouvelles villes pilotes, à savoir Tanger, Meknès, Marrakech et Agadir. Un an après le lancement de ce programme au niveau de trois villes pilote, à savoir Rabat, Salé et Témara, le ministère de tutelle multiplie les réunions avec les différents intervenants afin de faciliter la tâche des équipes d’intervention de l’Entraide nationale.

Un an après le lancement du plan d’action pour la protection des enfants de l’exploitation à des fins de mendicité au niveau de Rabat, Salé et Temara, le ministère de la solidarité, du développement social, de l’égalité et de la famille se prépare à lancer la deuxième phase de ce programme dans quatre nouvelles villes pilotes, à savoir Tanger, Meknès, Marrakech et Agadir. Dans ce sens, la ministre de tutelle, Jamila Moussalli, a tenu une réunion à distance, lundi dernier, avec des responsables de l’Entraide nationale des régions et préfectures relevant des villes de Rabat, Salé, Témara, Tanger, Meknès, Marrakech et Agadir consacrée à la présentation du plan, dans le but de préparer sa mise en œuvre dans les quatre nouvelles villes dans le cadre de la deuxième phase, et ce après le succès du déploiement du plan dans les trois villes modèles.
À cette occasion, Mme Moussalli a déclaré que l’organisation de cette réunion se tient juste après celle organisée par la Commission directoire le 1er février pour suivre la mise en œuvre du plan d’action initial. Réunion au cours de laquelle la commission a décidé d’élargir l’expérience pour inclure les quatre nouvelles villes dans le cadre d’une politique de convergence avec les villes modèles adoptant des instruments territoriaux intégrés pour la protection des enfants. La ministre a affirmé dans ce sens que son département a envoyé des correspondances à la présidence du ministère public, les secteurs gouvernementaux concernés, les gouverneurs, les préfets et les associations concernées pour définir les points focaux d’intervention des équipes de travail multidisciplinaires sur le terrain dans les nouvelles villes ciblées.  En outre, d’autres correspondances ont été envoyées aux autorités concernées pour faciliter le travail des responsables de l’Entraide nationale sur le terrain.
Il convient de rappeler que le plan d’action pour la protection des enfants de l’exploitation à des fins de mendicité vise le renforcement du système de protection de l’enfant de ce type d’exploitation en se basant sur le travail d’intervention d’équipes de terrain pluridisciplinaires dans différentes régions au niveau de la protection judiciaire, des soins de santé, de l’assistance psychologique et sociale, de l’éducation et la formation, ainsi que du suivi et de l’évaluation. Adoptant une approche accordant la priorité à l’intérêt de l’enfant, le programme a la particularité d’engager les différents acteurs impliqués aux niveaux central et territorial.
S’agissant de ces principaux objectifs, ce plan vise à mettre en place les mesures d’accompagnement de l’application des lois nationales qui criminalisent l’exploitation des enfants dans la mendicité, tout en plaçant la famille au cœur du système de protection. Décliné en neuf axes, ledit programme  prend en compte le parcours de l’enfant dans le système de protection à partir du signalement de l’enfant par la police judiciaire en passant par la protection judiciaire appropriée, puis la prise en charge médicale, clinique et psychologique urgente selon la situation de chaque enfant. Il s’agit ensuite de réinsérer l’enfant dans sa famille, l’accompagner et le faire bénéficier des programmes de soutien social disponibles, soit par le biais du Fonds d’appui à la cohésion sociale ou du Fonds Takaful de la famille, ou par l’accueil de l’enfant dans une institution de protection sociale si son intérêt l’exige. Selon la ministre de Solidarité, plus 142 cas d’exploitation d’enfants à des fins de mendicité ont déjà été traité dans le cadre de la première phase de ce programme. Les enfants, 79 filles et 63 garçons, ont ainsi bénéficié de plusieurs services sociaux. 

Pôle urbain d’Agadir : où en est le plan d’aménagement ?

par Yassine Saber – leseco.ma – 17/02/2021

Le plan d’aménagement du nouveau pôle urbain d’Agadir, qui couvre la zone jouxtant le Grand stade, a été soumis, la semaine dernière, au comité technique local. Cette étape constitue la première phase de concertations réglementaires, avant sa transmission pour enquête publique et délibération communale.

S’étendant sur une superficie de 1.200 ha, le plan d’aménagement (PA) du nouveau pôle urbain d’Agadir, qui couvre la zone jouxtant le Grand stade, a été soumis, la semaine dernière, au comité technique local. Cette rencontre, première phase de concertations réglementaires avant sa transmission pour enquête publique et délibération communale, a permis selon l’agence urbaine de préciser les orientations de ce projet. Cette soumission vient sanctionner la réflexion initiée en 2018 dans le cadre du processus d’élaboration de ce plan. Pour rappel, le plan d’aménagement est une déclinaison des options du master plan concerté de la Cité de la santé, du sport et de l’urbanité préétabli par les services de l’Agence urbaine d’Agadir. Il vise à développer une zone urbaine accompagnant la nouvelle dynamique d’investissement, à travers la «projection» de secteurs pouvant accueillir de nouvelles activités en adéquation avec la vocation actuelle de la destination, et permettant de combler le déficit en équipements dédiés aux projets publics et privés dans les domaines du sport, de la santé, de la formation et de la recherche universitaire.

Une zone qui suscite toutes les convoitises
Dans ce sens, l’aire d’aménagement du nouveau pôle urbain revêt un positionnement stratégique dans l’armature du Grand Agadir. D’une part, cette zone constitue une réserve foncière pouvant aider à répondre aux enjeux de développement et aux besoins de la ville en matière d’équipements et d’infrastructures. D’autre part, cette zone englobe déjà des infrastructures structurantes telles que le Grand stade d’Agadir et le centre hospitalier universitaire en cours de finalisation, des écoles supérieures à l’instar de la faculté de médecine et de pharmacie de l’École nationale des sciences appliquées (ENSA). À cela s’ajoutent une vingtaine de projets relevant du secteur privé attendus dans cette zone. Ils sont essentiellement constitués de projets à caractère sportif et d’animation sportive à proximité du stade. Au niveau de la zone jouxtant le parc des expositions d’Agadir et le CHU, on retrouve principalement des projets relevant de la santé (cliniques et polycliniques privées) et de la formation et recherche. Conçu sur la base d’une mixité fonctionnelle favorisant la multipolarité, le nouveau pôle urbain s’articule autour de trois pôles. Il s’agit du pôle Sport d’environ 429 ha autour du Grand stade, du pôle Santé-Formation d’environ 339 ha aux alentours du CHU et d’une zone d’urbanisation différée située à proximité de la zone dédiée à la gare multimodale projetée par le Schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) du Grand Agadir. S’articulant autour de ces pôles, le plan d’aménagement jouera donc un rôle déterminant dans le développement de cette zone prisée pour les projets d’investissement et permettra d’orienter et maîtriser son aménagement. Par ailleurs, ce document s’inscrit dans le cadre d’une planification permettant de répondre aux nouveaux enjeux du développement urbain. Ceci se matérialise par des dispositions réglementaires renouvelées, flexibles, prônant une liberté d’expression architecturale et adaptées aux activités projetées dans cette nouvelle centralité urbaine à vocation métropolitaine.

Agadir : l’ancien siège de Bank Al-Maghrib reconverti en musée

par Yassine Saber – leseco.ma – 17/02/2021

La reconversion et la réhabilitation de l’édifice nécessiteront un investissement de 41,5 MDH. L’achèvement de ce chantier d’envergure est prévu début 2022.

60 ans après le séisme et la fin de sa période de reconstruction coïncidant avec l’aboutissement de la mission du Haut-commissariat à la reconstruction en 1974, Agadir a bénéficié de l’impulsion donnée aux projets muséaux du Programme de développement urbain de la ville, lancé le 4 février 2020 par le roi Mohammed VI, pour la période 2020-2024. C’est dans ce cadre que le projet hautement symbolique de création du Musée de la reconstruction et de la mémoire de la ville d’Agadir a vu le jour, revêtant un rôle de conservation, de mise en patrimoine et de transmission à la postérité. Pour sa dimension historique et emblématique, le choix du lieu abritant le musée s’est porté sur l’ancien siège de Bank Al-Maghrib, un bâtiment de 1950 créé par l’architecte François Louis Lemarié (1902-1996), demeuré quasiment intact lors du séisme du 29 février 1960 grâce à des fondations s’apparentant à des structures parasismiques. Après avoir abrité les services de la Banque centrale du Maroc dans le passé, il sera réhabilité selon sa typologie initiale, tout en lui donnant une nouvelle vocation muséale. Pour sa conception, le projet a été confié à l’architecte Rachid Andaloussi, l’ingénierie culturelle au cabinet Bouillon de culture et la scénographie au studio Adeline Rispal.

Parcours de visite : plusieurs sections
Ainsi, l’ensemble des éléments architectoniques seront reconstitués et la structure intérieure du bâtiment, son dessin, comme ses décors et parures seront rétablis. Le parcours de visite comportera plusieurs sections consacrées au choc du séisme, à la reconstruction et à l’urbanisme et l’architecture. Une salle polyvalente sera créée pour les divers événements organisés par le musée et l’accès à la terrasse sera aménagé en café littéraire. La reconversion et la réhabilitation de l’édifice nécessiteront un investissement global de 41,5 MDH. Le ministère de l’Intérieur, à travers la Direction générale des collectivités territoriales (DGCT), contribue au projet à hauteur de 25 MDH. Le Conseil régional Souss-Massa et Al Omrane Souss-Massa participent pour leur part respectivement au projet à hauteur de 10 MDH et 5 MDH. La Commune urbaine investit, quant à elle, 1,5 MDH. L’achèvement de ce chantier d’envergure est prévu début 2022. Par ailleurs, le Musée de la reconstruction et de la mémoire d’Agadir deviendra, à terme, un monument d’un grand apport culturel qui perpétuera un segment de l’histoire de la ville. Un lieu de souvenir qui mettra aussi en valeur le défi relevé de la Reconstruction d’Agadir après le tremblement de février 1960.

Sous-Massa: avancement des travaux de la station de dessalement de 85,4%

medias24.com – 16/02/2021

Le taux d’avancement des travaux au niveau de la station de dessalement est de 85,4% et sa mise en service partielle est prévue en avril 2021. Elle offrira dans la première phase 275.000 m3/jour à raison d’un débit de 125.000 m3/jour pour les besoins en eau d’irrigation.

Sous-Massa : avancement des travaux de la station de dessalement de 85,4%

Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime et du développement rural, a effectué mardi 16 février, une visite de terrain au niveau de la province de Chtouka Ait Baha (région de Souss-Massa).

La visite a porté sur le suivi de projets lancés au niveau de la province de Chtouka Ait Baha, dans le cadre du Plan Maroc vert, et le lancement de nouveaux projets de développement agricole et rural dans le cadre de la stratégie « Génération Green 2020-2030 ».

Ainsi, au niveau des communes territoriales de Sidi Bibi et Inchaden, le ministre s’est enquit de l’état d’avancement des travaux d’installation des réseaux d’irrigation du périmètre de Chtouka programmés dans le cadre du projet de dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation du périmètre de Chtouka et l’alimentation en eau potable du Grand Agadir. Il s’est également arrêté sur l’état d’avancement de la station de dessalement du projet.

Ce projet consiste en la réalisation d’ouvrages marins, d’une station de dessalement et des infrastructures d’irrigation.

Ce réseau est composé de conduites d’adduction sur 22 km, 5 stations de pompage, un réseau de distribution de 487 km de conduites et un réseau de raccordement de 300 km desservant 1.300 bornes d’irrigation. Le taux global d’avancement est d’environ 56% et le linéaire posé à ce jour est de 250 km.

Ce réseau permettre la sécurisation de l’irrigation de 15.000 ha dans la plaine de Chtouka par le dessalement de l’eau de mer en substitution à l’eau souterraine. Il contribuera ainsi à la préservation de l’activité agricole dans la région, notamment les cultures à haute valeur ajoutée.

Le taux d’avancement des travaux au niveau de la station de dessalement est de 85,4% et sa mise en service partielle est prévue en avril 2021. Elle offrira dans la première phase 275.000 m3/jour à raison d’un débit de 125.000 m3/jour pour les besoins en eau d’irrigation. Ces installations permettront à terme de produire 400.000 m3/jour d’eau dessalée, partagée équitablement entre l’eau potable et l’eau d’irrigation.

D’un coût global de 4,4 milliards de DH, ce projet PPP est le fruit de la mutualisation des efforts et des moyens entre le ministère et l’ONEE.

Réhabilitation des routes dans les périmètres irrigués

Aziz Akhannouch a également procédé au lancement des travaux de construction et de réhabilitation des routes dans les périmètres irrigués du Massa. Il s’agit de la construction et de la réhabilitation de 30,4 Km de routes avec 45 ouvrages d’art et l’assainissement des eaux pluviales au niveau des communes territoriales de Ait Amira et Belfaa.

D’un coût global de 16,7 millions de DH pour une durée de réalisation de 12 mois, ce projet a pour objectifs l’accompagnement du projet de dessalement de l’eau de mer. Il devrait faciliter l’exploitation et l’entretien des aménagements hydroagricoles, l’amélioration des conditions de transport des produits agricoles et de la main d’œuvre ainsi que les conditions de vie des habitants.

Des avancées dans le domaine de la recherche sur l’arganier

Au niveau de la commune territoriale Belfaa, la délégation a visité le domaine expérimental d’Agadir Melk Zhar relevant de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Les essais de recherche entrepris dans ce domaine de 73 ha, portent sur plusieurs filières, notamment le cactus, l’arganier, la tomate, les agrumes, le bananier, le safran, la stévia, l’orge et le blé.

Le programme de recherche sur l’arganier vise la sélection et la création de génotypes performants en terme de production et de qualité de l’huile, la mise au point de techniques de multiplication conformes et en masse de l’arganier et l’optimisation des techniques de production en arganiculture.

Les travaux de recherche menés par l’Inra sur l’arganier permettent aujourd’hui d’atteindre une avancée considérable en matière d’amélioration génétique et d’amélioration de la conduite technique de l’arganiculture.

Six nouvelles variétés d’arganier ont été ainsi développées et inscrites au catalogue officiel. D’autres variétés, dont une variété pollinisatrice performante, sont en cours d’inscription. Les nouvelles variétés développées permettent des performances agronomiques de rendement et de qualité, notamment pour les huiles d’argane.

Une multiplication végétative en masse est en cours, par recours aux procédés de greffage et de bouturage. Des techniques de conduite technique de l’arganiculture sont également mises au point, en terme de besoins en eau, de fertilisation et de gestion de l’arganier en arganiculture, indique le communiqué.

Arganier: augmentation de la production de la province de 2.436 T/an

« Ces avancées permettent aujourd’hui de passer à une étape importante de domestication de l’arganier et de maitrise de la génétique de l’arganier. Elles facilitent la transition vers une filière structurée et maitrisée, » note la même source.

Le ministre a ainsi procédé au lancement des premières plantations de l’arganier en verger à partir de ces nouvelles variétés sur une superficie de 406 ha au niveau des communes territoriales Belfaa et Ait Milk.

D’un coût global de 8,80 MDH, ce projet étalé sur la période 2021-2023, devrait profiter à 89 bénéficiaires, dont 19 femmes et 11 jeunes. Il devrait permettre d’améliorer le revenu des bénéficiaires pour atteindre près de 24.000 DH/ha et de créer près de 20.300 journées de travail/an.

« Ce projet permettra le développement de la culture de l’arganier agricole, le renforcement de l’organisation professionnelle des producteurs de la filière et la conservation des sols et la protection contre l’érosion et l’ensablement. Il permettra d’atteindre un rendement en fruit d’arganier de 6 T/ha en année de croisière et une augmentation de la production de la province de 2.436 T/an. »

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