Archives de mars 2021

Coronavirus/Maroc: Les cas repartent à la hausse dans plusieurs régions

par Yasmine Saih – fr.hespress.com – 30/03/2021

Coronavirus/Maroc: Les cas repartent à la hausse dans plusieurs régions

Le Maroc a enregistré 665 nouveaux cas porteurs du coronavirus ces dernières 24 heures après un bilan de première journée de la semaine plutôt calme, portant le total des cas recensés au niveau national depuis le début de l’épidémie à 495 421. Après le nombre très bas des nouveaux cas enregistrés la veille, le bilan de mardi repart à la hausse.

Actuellement, le total des cas actifs passe à 3 443, parmi eux, 419 cas sont dans un état grave. En termes d’incidence nationale, le taux passe à 1362,5 cas par 100.000 habitants.

Sur les dernières 24h, l’incidence est 1,8 cas par 100 000 habitants et le nombre de personnes totalement vaccinées (ayant reçu la première et seconde dose) a atteint les 4 315 802 tandis que les personnes ayant reçu la deuxième dose du vaccin est estimé à 3 566 498, selon le ministère de la Santé.

Quant à la répartition géographique des nouveaux cas recensés au Maroc ces dernières 24 heures, c’est la région de Casablanca-Settat qui arrive en tête avec 477 infections dont la frande majorité a été enregistrée dans la ville de Casablanca avec 379 cas, et 37 cas à Mohammedia, 33 à Nouaceur, 12 à Berrechid, 6 à Mediouna, 5 à El Jadida, 4 à Benslimane et 1 à Settat.

La région de Rabat-Salé-Kénitra arrive en deuxième position ce mardi avec 64 nouvelles infections dont 23 à Salé, 22 à Kénitra, 10 à Skhirat-Témara, 5 à Rabat, 2 à Sidi Slimane, 1 à Khemisset et à Sidi Kacem.

Bilan similaire pour les régions de Marrakech-Safi et de l’Oriental avec respectivement 23 et 20 cas recensés. Il s’afit de 20 infections à Marrakech et 3 à Chichaoua pour la première et 10 cas à Oujda-Angad, 4 à Taourirt, 3 à Berkane, 2 à Nador et 1 à Jerada pour la seconde.

Même bilan quotidien pour les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et de Dakhla-Oued Eddahab qui ont toutes deux enregistré 17 cas répartis comme suit: 15 cas à Laâyoune, 1 à Smara et 1 à Boujdour pour la première alors que tous les cas de Dakhla-Oued Eddahab ont été identifiés à Oued Eddahab.

Un cas un moins fait le bilan de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 8 infectins recensées à Tanger-Assilah, 3 à Larache, 2 à Tetouan et à M’diq-Fnideq et 1 cas à Al Hoceima.

Les régions de Drâa-Tafilalet et de Souss-Massa ont également enregistré le même bilan avec 10 cas positifs au covid-19, dont 9 cas enregistrés à Errachidia et 1 cas à Tinghir pour la première, et 4 cas recensés à Inzegane-Ait Melloul, 2 à Tiznit et à Tata, 1 à Agadir-Ida-Ou-Tanane et à Chtouka-Ait Baha pour la seconde.

Le reste des régions affichent des bilans en dessous de la dizaine d’infections, c’est le cas de Beni Mellal-Khénifra avec 6 cas répartis entre 3 à Fqih Bensaleh, 2 à Khouribga et 1 à Khénifra), la région de Guelmim-Oued Noun avec 3 cas dont 2 à Assa Zag et 1 à Tan Tan et enfin 2 cas dans la région de Fès-Meknès, recensés à Fès.

Ryanair programme Figari, Minorque et Agadir au départ de Bordeaux

tourmag.com – 31/03/2021

Ryanair a dévoilé les nouveautés de son programme été 2021 au départ de Bordeaux. Trois nouvelles destinations seront lancées : Figari, Minorque et Agadir.

Perpignan – Marrakech : Ryanair annule !
La low cost positionnera 2 avions pour proposer au total 33 destinations. – DR

Ryanair a présenté son programme été 2021 au départ de Bordeaux.

La compagnie lancera 3 nouvelles lignes à partir de juillet vers Figari, Minorque et Agadir. Avec la restauration de sa base, la low cost positionnera 2 avions pour proposer au total 33 destinations.

Jason McGuinness, Directeur Commercial de Ryanair, a déclaré : « Alors que les campagnes vaccinales se poursuivent dans les mois à venir, le trafic aérien devrait reprendre très fort cet été. ».

Souss-Massa : 38 MDH pour la valorisation des produits aquacoles

lavieeco.com – 30/03/2021

Aquaculture

LE CONSEIL DE LA RÉGION SOUSS-MASSA A APPROUVÉ UNE CONVENTION DE PARTENARIAT POUR LA MISE EN PLACE D’UN PROJET DE VALORISATION DES PRODUITS AGRICOLES AVEC UN MONTANT GLOBAL DE 38 MDH.

La contribution du Conseil de la région au financement de ce projet s’élève à 10 MDH, de même pour le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts (10 MDH), alors que Haliopolis contribue avec un montant de 18 MDH.

La superficie consacrée à l’aquaculture au niveau de la région de Souss-Massa est évaluée à plus de 4.000 ha, répartis sur 4 zones dédiées à la mise en place de projets de pisciculture pour l’élevage de 3 espèces marines à savoir : les coquillages, les algues marines et les poissons.

Selon les données fournies par l’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture (ANDA), la première zone se situe entre Imessouane et Tamri (nord de la ville d’Agadir) et est dédiée à la création de 48 unités d’élevage des coquillages, soit une superficie de 15 ha pour chaque unité.

Quant à la seconde zone située également au nord de la ville d’Agadir, entre Cap Ghir et Tamraghte, elle a été consacrée à la création de 48 unités de production de poissons, avec une superficie de 25 ha pour chaque unité, outre la mise en place de 42 unités d’élevage de coquillages d’une superficie de 15 ha pour chaque unité.

Sur le littoral de la zone de Tifnite-Oued Massa relevant de la province de Chtouka Aït Baha, ce financement concerne la mise en place d’une troisième zone dédiée à la création de 72 unités, dont 48 unités d’élevage des coquillages et 24 dédiées aux algues marines, avec une superficie de 15 ha pour chaque unité.

Concernant la quatrième zone, elle est située entre Oued Massa et Sidi Boulefdayel (province Chtouka-Aït Baha) sur une superficie totale estimée à 1.080 ha, répartie sur 72 unités de production de coquillages.

Exercice militaire African Lion 2021: une partie des manœuvres se déroulera au Sahara

par Wissam El Bouzdaini – maroc-hebdo.press.ma – 30/03/2021

Dans la lignée de la reconnaissance US de la marocanité des provinces sahariennes, l’armée américaine s’apprêterait à se déployer dans la région pour des exercices militaires.

C’est un nouveau coup dur que s’apprêterait, selon différents médias, à asséner l’administration Joe Biden à la junte algérienne. Ainsi, une partie de l’exercice annuel African Lion, que supervisent depuis juin 2008 les Forces armées des États- Unis au Maroc, devrait en partie cette année se dérouler au Sahara marocain et plus précisément du côté de Tan Tan, Mahbès et Dakhla, et ce dans la lignée de la reconnaissance par Washington, le 10 décembre 2020, de la marocanité de la région.

Oui vous avez bien lu: est aussi incluse Mahbès, cette localité se trouvant dans la zone tampon séparant les Forces armées royales (FAR) des milices du mouvement séparatiste du Front Polisario. Et à en croire les médias mentionnés plus haut, un des objectifs affichés est de prévenir des attaques extérieures contre le Maroc, on peut l’imaginer depuis l’Algérie, où sont stationnées lesdites milices.

Stratégie de dissuasion
Des responsables militaires marocains et américains auraient en tout cas, au cours d’une réunion tenue le 27 mars 2021 au siège du commandement de la zone sud des FAR dans la ville d’Agadir, ouvertement abordé le sujet. Il s’agirait, de fait, d’une nouvelle confirmation des intentions de l’administration Biden quant au Sahara marocain, dans le sens du maintien de la décision du 10 décembre 2020. Le porte-parole du département d’État des États-Unis, Ned Price, avait à cet égard déclaré le 22 février 2021, au cours d’une conférence de presse, qu’il n’y avait “aucune mise à jour” de la part du pays de l’oncle Sam, et ce bruit sur le fait que le Sahara marocain accueillerait au moins une partie d’African Lion est plus qu’éloquent.

Mais il y a plus: il ressort clairement que Washington ne veut vraiment pas d’un autre conflit militaire dans le Grand Sahara, sachant qu’elle est particulièrement active dans la région pour lutter contre le terrorisme jihadiste elle avait même perdu quatre soldats, début octobre 2017, dans une embuscade au Niger. Et que pour ce faire, elle serait prête à intervenir, si besoin est, aux côtés du Maroc.

Bien sûr, on peut imaginer qu’il s’agit là davantage d’une stratégie de dissuasion à l’égard du Polisario mais aussi et surtout de l’Algérie, qui tient depuis l’élection, en décembre 2019, de Abdelmadjid Tebboune à sa présidence un discours on ne peut plus cocardier envers le Royaume et vient même d’organiser le 17 janvier 2021 dans la région de Tindouf, non loin du mur de défense marocain, des exercices militaires. Mais le message est fort.

Rappelons que le 2 octobre 2020, le Maroc et les Etats-Unis avaient signé une feuille de route pour la coopération en matière de défense 2020-2030. Celle-ci devrait notamment se traduire par la vente d’équipements militaires aux FAR, à l’instar des drones MQ-9 Reaper de la compagnie US General Atomics.

AZA : Deux décennies de dissémination de la musique amazighe en Amérique

Par Al Mustapha Sguenfle – mapexpress.ma – 30/03/2021

Fruit de l’initiative de deux artistes marocains résidant aux Etats-Unis, le groupe AZA incarne, depuis deux décennies environ, l’excellence à laquelle peut accéder l’émigration musicale marocaine.

AZA a vu le jour au pays de l’Oncle Sam en 2003 grâce au duo Fattah Abbou et Mohamed Aoualou. Natif des environs de Ouarzazate, Aoualou est influencé par la musique occidentale tout en demeurant attaché à la musique locale propre à sa région d’origine. Il avait d’ailleurs joué avec des artistes connus à Ouarzazate, comme Mohamed Mallal, avant de partir s’installer aux Etats-Unis à partir de 1998.

Fattah Abbou a, quant à lui, grandi à Imintanoute (province de Chichaoua). Dans un entretien avec MAP-Amazigh, il dit avoir appris à jouer la musique amazighe dès l’âge de sept ans, influencé en cela par les traditions d’Ahwach et de Taskiwin, ainsi que le répertoire des Rwaïs. En 2000, il s’est fixé aux Etats-Unis où il a fondé, avec Mohamed Aoulaou, le groupe AZA à Santa Cruz, Californie.

Le choix de l’appellation du groupe n’est pas anodin. En effet, le mot AZA fait référence à la lettre “Z” (ⵣ), à forte charge symbolique du fait qu’elle renvoie “au renouveau et à l’affirmation de l’identité et de la culture amazighes propres à l’Afrique du Nord”, note Fattah Abbou.

Aujourd’hui, AZA est formé autour de six membres. Outre Fattah Abbou et Mohamed Aoualou, il s’agit des musiciens américains Elizabeth Torres, Genoa Brown, Peter Novembre et Kevin Dinoto. Sa composition éclectique a permis à ce groupe de proposer des œuvres inspirées du répertoire amazigh du Souss et de l’Atlas, tout en les agrémentant d’autres traditions musicales du monde.

“Nous avons décidé de former le groupe AZA et d’y inclure des artistes d’horizons musicaux différents (Jazz, Funk, Latino… ). AZA ambitionnait de moderniser la musique amazighe tout en gardant intact l’esprit qui distingue cette musique en termes de mélodies et de rythmes”, explique l’artiste.

Il s’agit de présenter la musique amazighe à travers des sonorités et des compositions “qui peuvent plaire à un public plus large à travers le monde”, ajoute-t-il.

Ce savant mélange artistique prend corps au niveau instrumental, où l’excellent jeu de Fattah Abbou aux instruments caractéristiques de la musique amazighe marocaine (Ribab, Banjo, Lotar et Guembri) côtoie harmonieusement les sonorités des basses électriques et acoustiques, de la batterie, du cajón, du saxophone et de la flûte.

Portées par des mélodies envoûtantes, les chansons d’AZA traitent de thématiques tantôt sentimentales, tantôt identitaires, tout en traversant des questions d’ordre spirituel, social ou encore à caractère personnel comme l’immigration. Ces chansons sont répertoriées dans les quatre albums que le groupe a produits jusqu’à présent, à savoir “Marikan”, “Tamghra Wushen”, “Tayuga” et “Tafsut N-Usays”.

Fattah Abbou juge positive la réception réservée à l’œuvre d’AZA aux Etats-Unis d’Amérique. Il en veut pour preuve les différentes apparitions du groupe dans les festivals américains, dont le South by South West festival (SXSW) à Austin, le festival de musique du monde de Chicago, le festival de musique du monde de Madison, le High Sierra Music Festival de Californie, le festival de musique de la Sierra Nevada, et le festival de musique de Cabrillo.

“Notre musique offre des sonorités uniques qui intriguent le public et l’incitent à vouloir en savoir plus sur le Maroc”, fait-il valoir, assurant que les billets de la quasi-totalité des spectacles performés par AZA s’épuisent assez rapidement.

Par ailleurs, AZA a enregistré une vingtaine de chansons pour le compte de la société “Facebook” dans le cadre du projet “Facebook Sound Collection”, où le groupe a représenté les sonorités nord-africaines.

Au Maroc, AZA a marqué de son empreinte les festivals Timitar d’Agadir, Tifawin de Tafraout, Tourtite d’Ifrane, et le festival de l’Immigré d’Imintanoute.

Le groupe AZA représente, donc, un exemple patent de cette nouvelle génération d’artistes qui insuffle, depuis l’étranger, une nouvelle dynamique à la musique amazighe et s’engage énergiquement en faveur de sa transmission à l’échelle internationale. En quelque sorte, AZA se veut porteur d’une certaine conservation culturelle. “Chaque fois que nous sommes en concert”, dit Fattah Abbou, “nous jouons de la musique, certes, mais nous parlons également de la culture nord-africaine, et sensibilisons le public quant à cette culture”.

Mendicité – La « mendiante de luxe » propriétaire du véhicule 4X4 écope de 6 mois de prison ferme

article19.ma – 30/03/2021

Le tribunal de première instance d’Agadir a condamné lundi à 6 mois de prison ferme « la mendiante » qui roulait en 4X4.

De source judiciaire, la dite « mendiante de luxe », qui était poursuivie en état d’arrestation, est native de la ville de Salé en 1979, et est mère de trois enfants, et résidait dans un quartier au nord d’Agadir. Elle avait poursuivi sa scolarité jusqu’au secondaire.

Selon ses proches, l’accusée était mariée et avait émigré en Italie dans le cadre du regroupement familial, avant que son mari ne décède dans un accident de la circulation et qu’elle ne se trouve en charge de sa famille. Elle s’est lancée par la suite dans le commerce avant dêtre ruinée par la crise engendrée par la pandémie de Covid-19.

Les mêmes sources ont indiqué que la mise en cause s’est adonnée à la mendicité « afin de remédier à la détérioration de sa situation financière en recourant aux mensonges », en déplaçant sa voiture loin de son domicile, en faisant croire à sa famille qu’elle avait un travail régulier. Pour cacher son identité, ellle portait un voil intégral.

Suite à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux la montrant en train de changer ses vêtements et de rouler dans une voiture de luxe, elle a été interpellée le 5 du mois en cours par le Caïd de l’arrondissement d’Aourir qui l’a transférée à la gendarmerie de Taghazout en possession d’un sac en plastique contenant des médicaments, des revenus de la mendicité et deux téléphones.

Agadir: 36 MDH pour la corniche de Taghazout en 2021

par Kilani Souad – labass.net – 30/03/2021

Une enveloppe budgétaire de 36 millions de dirhams (MDH) sera dédiée à l’aménagement de la corniche de Taghazout au titre de l’année budgétaire 2021.

La contribution du Conseil de la région dans le financement de ce projet s’élève à 10 MDH, le ministère de l’Agriculture (12 MDH), le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’Habitat et de la politique de la ville (10 MDH), alors que la commune de Taghazout versera 4 MDH.

Ce projet s’inscrit dans le cadre des efforts du conseil de la région visant à promouvoir l’activité touristique à souss-Massa, l’un des secteurs vitaux de développement de la région.

Dans le même cadre, le Conseil a approuvé lors sa session ordinaire du mois de mars 2021, une convention de partenariat pour l’aménagement du « point Anchor » à Taghazout pour 56 MDH.

Ce montant sera mobilisé à hauteur de 20 MDH par le Conseil régional Souss-Massa, 15 MDH par le ministère du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale et 5 MDH par la commune de Taghazout. Le reste, à savoir 16 MDH sera mobilisé par les investisseurs privés.

La RAM intensifiera ses liaisons avec l’Espagne et la France pendant la journée du mardi 30 mars

telquel.ma – 29/03/2021

Selon nos informations, la Royal Air Maroc intensifiera ses liaisons avec l’Espagne et la France pendant la journée du mardi 30 mars afin de permettre aux voyageurs de rentrer chez eux.

Royal Air Maroc. Crédit: Yassine Toumi / TelQue

Suite à la suspension temporaire des liaisons aériennes avec la France et l’Espagne à partir du mardi 30 mars à minuit, la Royal Air Maroc (RAM) a décidé d’intensifier le nombre de vols opérés avec ces deux pays pour permettre aux voyageurs de rentrer chez eux, selon nos informations.

Selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), relevant du ministère du Tourisme, de l’Artisanat, du Transport aérien et de l’Économie sociale, “les vols de passagers en provenance et à destination de la France et de l’Espagne seront suspendus à partir du 30 mars 2021 à minuit, et ce jusqu’à nouvel ordre”, a annoncé lundi la DGAC dans un communiqué.

Les vols spéciaux de passagers en provenance de ces deux destinations seront soumis à des contrôles renforcés, conformément au protocole sanitaire défini par les autorités marocaines compétentes, fait savoir la même source.

Le Maroc ferme son espace aérien à la France et l’Espagne à partir du mardi 30 mars à minuit

Par Anaïs Lefébure – telquel.ma – 29/03/2021

Le Maroc suspend les vols en provenance et à destination de la France et de l’Espagne à partir du mardi 30 mars à minuit. Au total, 39 pays sont désormais concernés par ces restrictions de voyage.

Une passagère s’enregistre pour son vol à l’aéroport Barajas de Madrid, en juin 2020. Crédit: Pierre-Philippe Marcou / AFP

Les voyages à destination et en provenance de la France et de l’Espagne seront temporairement suspendus à partir du mardi 30 mars à minuit, indique une source au sein de l’Office national des aéroports (ONDA) à TelQuel, confirmant une information diffusée précédemment par nos confrères de Hespress. Pour l’instant, aucune date de reprise des liaisons aériennes n’a été annoncée.

Selon la Direction générale de l’aviation civile, relevant du ministère du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale, les vols spéciaux de passagers en provenance de ces deux destinations seront soumis à des contrôles renforcés, conformément au protocole sanitaire défini par les autorités marocaines compétentes”, rapporte la MAP.

39 pays concernés

Ces deux pays s’ajoutent à la liste de 37 pays avec lesquels le Maroc a suspendu ses liaisons aériennes en raison de la pandémie de Covid-19 et de l’apparition de nouveaux variants du virus, beaucoup plus contagieux.

Il s’agit du Mali, du Ghana, de la République démocratique du Congo, la Guinée-Conakry, la Libye, l’Argentine, la Bosnie-Herzégovine, le Botswana, le Cameroun, la Croatie, le Mozambique, la Pologne, la Norvège, la Finlande, la Grèce, le Liban, le Koweït, l’Algérie, l’Égypte, l’Italie, la Belgique, la Turquie, la Suisse, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, le Portugal, la Suède, l’Ukraine, la République tchèque, l’Australie, l’Irlande, le Brésil, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud et le Danemark.

AÉRIEN: LE MAROC VERROUILLE SON CIEL

Par Rachid Al Arbi  -le360.ma – 25/03/2021

Royal Air Maroc - oneworld Member Airline | oneworld

Au total, le Maroc a stoppé ses liaisons aériennes avec pas moins de 37 pays. Les derniers ajouts contiennent 5 pays africains. Entre temps, la chute du trafic aérien est désormais abyssale ce qui continue d’inquiéter les professionnels du tourisme. Ils espèrent toutefois une reprise de l’activité d’hébergement touristique d’ici l’été.

La liste des destinations aériennes suspendues ne cesse de s’allonger. Dans son édition du jour, Les Inspirations ÉCO rapporte que les derniers pays en date sont le Mali, le Ghana, la RDC, la Guinée-Conakry et la Libye. Ce qui porte leur nombre à 37 au total. Parmi ces pays, le journal cite l’Italie, la Belgique, la Turquie, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, le Protugal ou encore l’Australie.

Selon lui, les décisions de suspension des liaiasons aériennes sont prises en fonction de l’évolutions de la situation sanitaire et d’autres indicateurs. « Elles émanent de concertations entre les ministères de la Santé et des Affaires Etrangères » puis sont communiquées à la Direction générale de l’aviation civile avant que s’enclenche le processus d’informations des compagnies aériennes. Justement sur le plan de la pandémie, l’Afrique enregistre 1 million de nouveaux cas tous les 69 jours et plus de 4,1 millions de cas depuis le début de la pandémie dans un contexte où la majorité des pays africains n’ont commencé à vacciner leurs populations qu’au cours des dernières semaines.

Ces suspensions des liaisons avec ces 37 pays impactent de surcroît le trafic aérien dans les aéroports marocains. Se fiant aux dernières statistiques de l’ONDA, Les Inspirations ECO affirme que le trafic de passagers au mois de février a dégringolé de près de 78,5%. Le volume du trafic commercial passager est ainsi passé à seulement 420.384 voyageurs contre plus de 1,95 millions à fin février 2020.

Dans ce total, l’aéroport Mohammed V accuse un effondrement de l’odre de 71,3% avec 211.800 passagers contre 737.816 en février 2020. Dans ce sillage, l’aéroport Tanger Ibn Batouta qui occupe la seconde place du classement a vu le trafic de ses passagers s’écouler de 64% à seulement 37.969 voyageurs. Le quotidien relève que les chutes concernent tous les aéroports sans exception. Ainsi l’aéroport de Marrakech a été touché de plein fouet avec une régression de 93%. L’aérogare d’Agadir suit la même tendance avec plus de 88% de baisse. Fes-Saïss recule de 80% et  Nador de 49%.

Le journal remarque par conséquent que le mouvement d’avions s’est également fortement réduit avec une chute de 67% pour pas plus de 5.314 rotations. Dans ce total, l’aéroport Mohammed V s’accapare 48,63% du trafic, loin devant Tager (11%) et Marrakech (9%).
Les Inspirations ECO affirme que le fret suit étonnamment la même tendance baissière avec un repli de 35% pour 5.429 tonnes.

COVID-19: LE MAROC SUSPEND LES VOLS DE ET VERS LA FRANCE ET L’ESPAGNE, CE MARDI 30 MARS

Par Mohammed Boudarham – le360.ma – 29/03/2021

Avion

La France et l’Espagne viennent s’ajouter aux dizaines de pays avec lesquels le Maroc a suspendu les vols aériens.

Dès ce mardi 30 mars 2021, et jusqu’à nouvel ordre, il n’y aura plus de vols entre le Maroc d’une part et la France et l’Espagne, d’autre part, apprend Le360 de sources informées. Cette décision vient d’être transmise aux compagnies aériennes assurant des vols entre le Royaume et ses voisins du Nord et entrera en vigueur à minuit.

Ces deux pays viennent s’ajouter à une liste de près de 40 contrées avec lesquels le Maroc a suspendu les vols aériens à cause des nouveaux variants du Covid-19.

Au total, 39 pays sont concernés par cette décision à ce jour. Il s’agit donc:
 – du Royaume-Uni
 – de l’Afrique du Sud
 – du Danemark
– du Brésil
 – de l’Australie
 – de la Nouvelle-Zélande
 – de l’Irlande
 – de l’Autriche
 – du Portugal
 – de la Suède
 – de la Tchéquie
 – de l’Ukraine
 – de l’Allemagne
 – des Pays-Bas
 – de la Suisse
 – de la Turquie
 – de la Belgique
 – de l’Italie
 – de l’Algérie
 – de l’Egypte
 – de la Pologne
 – de la Norvège
 – de la Finlande
 – de la Grèce
 – du Liban
 – du Koweït
 – de l’Argentine
 – de la Bosnie-Herzégovine
 – du Botswana
 – du Cameroun
 – de la Croatie
 – du Mozambique
 – du Mali
 – du Ghana
 – de la République Démocratique du Congo
 – de la Guinée-Conakry
 – de la Libye.
– de la France
– de l’Espagne

Mon coup de gueule de ce début de semaine

Nous faisons partie, notre entrée d’immeuble et trois autres d’un syndic de copropriétaires depuis maintenant 13 ans et tout se passait très bien.

Récemment, le propriétaire d’un appartement de l’entrée voisine, sur notre passage pour entrer chez nous a fait poser (en a-t-il le droit ???) deux caméras de surveillance sur la façade de son entrée :

Depuis que nous sommes là, nous avions, devant les entrées d’immeuble, des arbres, en bon état, taillés régulièrement par le jardinier qui vient une fois par semaine s’occuper des espaces verts, comme celui-ci :

Ce copropriétaire a jugé qu’un arbre situé devant l’entrée de son immeuble le gênait pour voir ce qui se passait sur le trottoir et dans la rue. Il a donc décidé de le couper, sans en référer à qui que ce soit et sans obtenir aucune autorisation.

C’est dans la nuit de samedi à dimanche, en plein couvre-feu, à 23 heures qu’il a fait abattre l’arbre. Voici quelques photos prises de notre fenêtre entre 22 h 57 et 22 h 59 :

Voici l’individu responsable

Et voilà à quoi ça ressemble maintenant :

Et ça va rester dans cet état combien de temps ?

Pour enlever la souche des travaux très importants seront nécessaires et après, il y aura tout le dallage à refaire !

Un incendie ravage 200 palmiers de l’oasis de Tighmert

PAR ZAÏNAB ABOULFARAJ – welovebuzz.com – 27/03/2021

Une bien triste nouvelle. Un incendie s’est déclaré, ce vendredi 26 mars 2021, dans l’oasis d’Aït Massoud, dans la commune de Tighmert (province de Guelmim), indique la MAP.

Cet incendie n’a engendré aucune victime, mais 200 palmiers plantés sur une superficie de 2,5 ha ont été partiellement détruits.

Le feu a commencé vers 13h40 dans cette oasis, causant plusieurs dégâts matériels importants, dont une voiture qui a été détruite.

D’après la MAP, trois personnes ont perdu connaissance après avoir inhalé les émanations des flammes, et ont dû être transportées d’urgence à l’hôpital régional de Guelmim

De plus, les agents de la protection civile, des forces auxiliaires et de la gendarmerie royale, et la population s’activent, en ce moment, pour maîtriser le feu.

Radio Télé Luxembourg : Le Maroc « champion de la vaccination » anti-Covid

2M.ma – 27/03/2021

Radio Télé Luxembourg : Le Maroc "champion de la vaccination" anti-Covid

Avec 4,5 millions de personnes vaccinées, soit 11,5% de la population ayant reçu au moins une dose de vaccin, le Maroc se classe dans le top 10 mondial de la population vaccinée par rapport au nombre d’habitant, souligne vendredi la Radio Télé Luxembourg (RTL).

« Face à l’évolution de l’épidémie, le pays s’était déjà distingué par rapport aux autre pays d’Afrique en 2020 avec des mesures de soutien économiques et sociales. Aujourd’hui, le Maroc excelle grâce à un début de campagne de vaccination mené avec succès », affirme le média français dans un article publié sur son site Internet sous le titre « Coronavirus : comment le Maroc s’est imposé dans le top 10 mondial de la vaccination ».

« Selon les informations de Slate, 4,5 millions de personnes, soit 11,5% de la population marocaine ont reçu au moins une dose de vaccin. Ainsi, le Maroc se classe dans le top 10 mondial de la population vaccinée par rapport au nombre d’habitant », relève la radio privée française, affirmant qu’au sein de l’Union européenne, seules la Hongrie et la Finlande devancent le Maroc.

Le Royaume, souligne RTL, « passe largement devant de grands pays de l’Union européenne, dont le taux de vaccination excède à peine les 9% », affirmant que « l’anticipation des besoins est l’une des premières clés du succès de vaccination au Maroc ».

« Le Royaume avait déjà passé un accord avec la Chine pour la construction d’une usine de vaccins au nord du pays en juillet 2020. Puis le 20 août, Rabat signait avec Sinopharm un accord pour la livraison de 40,5 millions de doses du vaccin chinois. Ensuite, le 18 septembre dernier, le Maroc a passé un deuxième accord avec le britannique AstraZeneca qui prévoyait la livraison de 25,5 millions de doses supplémentaires », rappelle la radio française.

De plus, pour éviter une rupture d’approvisionnement, le gouvernement négocie avec la Russie pour recevoir 1 million de doses du vaccin Spoutnik V qui a obtenu le 9 mars dernier l’accord du ministère de la Santé, ajoute-t-on.

« Mais la prouesse de la campagne de vaccination marocaine s’explique aussi d’un point de vue logistique. 3.000 centres de vaccination ont été installés (contre 1.300 en France), dont 50% en milieu rural, sans compter les 10.000 unités mobiles », affirme le média français qui relève l’excellence de l’encadrement de la campagne de vaccination.

Au Maroc, « pour prendre rendez-vous, il suffit simplement d’envoyer un SMS gratuit avec le numéro de sa carte d’identité. Ensuite, la date et le lieu de la vaccination sont renvoyés immédiatement par SMS », souligne RTL.

Des femmes amazighes dans l’histoire

Par Rachid RAHA* (Amadalamazigh.press.ma) – article19.ma – 25/03/2021

Si selon le grand anthropologue français Gabriel Camps, les Amazighs sont aux marges de l’Histoire, on pourrait affirmer sans complexe que les femmes amazighes, elles, sont encore aux marges des marges de l’histoire universelle et plus particulièrement de l’histoire nord-africaine, malgré le fait qu’elles aient joué un rôle essentiel dans la préservation de la langue amazighe, de la culture, des valeurs, des légendes, des contes, … et des histoires orales de la civilisation et identité millénaires des Amazighs.

Le rôle historique des femmes est encore un des sujets très peu étudiés, presque absent dans les recherches universitaires et très peu débattu publiquement aux pays d’Afrique du Nord.

Ainsi, son rôle dans l’Histoire est presque totalement ignoré des manuels pédagogiques et des livres scolaires. Et pourtant, les femmes amazighes continuent à avoir le mérite de véhiculer, de génération en génération, le patrimoine culturel amazigh, dépassant «les trois mille ans d’histoire des Tunisiennes» d’Emma Ben Miled et les «33 siècles d’histoire» que le doyen Mohamed Chafik avait résumé dans une de ses publications, allant au-delà des dix mille ans, au moment de la constitution de l’importante civilisation amazighe au Grand Sahara, selon les découvertes archéologiques et les derniers résultats de l’anthropologie génétique.

Les femmes amazighes, gardiennes d’un patrimoine civilisationnel inestimable, ont défié les siècles et les époques en réussissant à préserver et à transmettre à travers les générations ce legs jusqu’à notre troisième millénaire. En atteste la permanence de la langue amazighe de l’époque néolithique jusqu’à nos jours, alors que les langues des grandes civilisations du pourtour méditerranéen ont disparu presque à jamais, comme le punique des phéniciens, le latin des romains ou l’égyptien des pharaons.

Une des valeurs caractéristiques indéniables de la société amazighe c’est son «hospitalité» et sa «générosité», et celles-là ne pourraient subsister qu’à cause de ses femmes. C’est ainsi que les femmes amazighes ont toujours veillé à la défense des enfants, à la cohésion familiale et à la solidarité sociale de la tribu, à tel point qu’elles cédaient leurs parts d’héritage des terrains cultivables à leurs frères, dans le but de maintenir la cohésion tribale, et malgré le fait que le droit coutumier stipulait le partage à part égale avec les hommes.

Même si la société nord-africaine, avec ses différentes communautés, est devenue fondamentalement patriarcale, à partir de l’apparition des religions monothéistes, et surtout depuis la conversion presque complète de la majorité écrasante des Amazighs à la religion islamique au XIème siècle, la femme continuait à jouer un rôle essentielle dans la dynamique sociétale et continuait à occuper l’espace public, à avoir de la notoriété et de l’influence dont certaines ont indéniablement marqué de leurs mains certaines pages de l’histoire.

Effectivement, malgré l’ordre patriarcal, qui a pris complètement le dessus sur la «matrilinéarité» originelle, partout, et à l’exception de l’espace touarègue, la femme amazighe, a eu des pouvoirs décisifs sur les hommes, des rôles d’arbitrage et des fonctions de leadership. Selon la grande anthropologue française Camille Lacoste-Dujardin, dans son extraordinaire étude «Des mères contre les femmes», où la femme amazighe devient une des défendeurs acharnés de l’ordre patriarcal, elle a su comment faire passer ses prérogatives et jouer le jeu des pouvoirs, non pas seulement à travers leurs maris, sinon surtout à travers leur progéniture, à travers leurs nombreux fils, en influant sur les décisions de l’assemblée tribale «agraw» ou «tajmaât», et ce rôle devenant plus accentué lorsqu’elle devenait veuve. C’est dans ce sens qu’on pourrait comprendre cet ancien proverbe surgit à l’époque des Almoravides: «derrière un grand homme, il y a une grande femme».

Comme le souligne Hélène Claudot-Hawad, dans son livre «Les Touaregs, portrait en fragments» (Edisud 1993): ‘Sur le plan politique, aségewur désigne les assises ou le conseil, tenus dans l’enceinte de la «tente», où s’élaborent les décisions et les stratégies de la famille, du cercle le plus étroit au plus large. Dans l’aségewur, qui réunit hommes et femmes d’une même lignée, la voix féminine pèse autant et même davantage que celle des hommes. Une décision ne peut être arrêtée que si les femmes sont d’accord’. Elle ajoute: ‘Pour toute décision grave engageant la société, comme par exemple une alliance stratégique, une déclaration de guerre, une proposition de paix, la première condition à obtenir est l’assentiment des femmes. La consultation commencera par elles. Si les femmes sont d’accord, les hommes se prononcent, puis les alliés et les tributaires, jusqu’à la convocation de l’assemblée générale’.

Des femmes extraordinaires qui ont joué, de près ou de loin, des rôles dans la mémoire collective, se chargeant de la logistique, des métiers de l’infirmerie, de la communication, de l’approvisionnement des armes, de l’encouragements des troupes, ou simplement en les animant par des chants, par des poèmes et des danses… Des femmes qui ont eu des interconnexions avec des rois et des chefs de tribus à des époques déterminées, détenant des pouvoirs et participant parfois aux grandes batailles. Des femmes qui ont marqué les aspects sociaux, économiques, politiques, culturels et religieux de certaines époques historiques de notre continent de Tamazgha, délimité par quatre mers, la Méditerranée au nord, l’Atlantique à l’ouest, la mer rouge à l’est, et la grande mer des dunes de sable du Grand Sahara au sud.

A travers ce modeste texte, nous allons essayer de faire ressortir le rôle historique de certaines de ces femmes légendaires, ignorées volontairement et injustement par l’histoire officielle de tous les pays d’Afrique du Nord.

FEMMES DE LA PREHISTOIRE :

Déjà, lors les époques les plus reculés de la préhistoire, l’homme à l’âge de pierre commençait à croire aux divinités féminines comme le reflètent la découverte de nombreuses figurines anthropomorphes de sexe féminin qu’on dénomme les «vénus» et cela dans divers endroits, et plus particulièrement en Europe. Et l’une de ces vénus les plus anciennes fabriquées par l’homme est incontestablement constituée par la figurine de Tan Tan, à laquelle les archéologues donnent une datation d’entre 300 000 et 500 000 ans !

Des déesses figurent aussi dans l’extraordinaire art rupestre du Grand Sahara, et nous aimerions nous arrêter à celle trouvée dans l’Ahaggar, à N’Arouanrhat, près de Jebbaren au cœur de Tassili N’Ajjer, donnant de la pluie et de la vie, et que les archéologues lui ont accolé le nom de «Gaïa», en référence à la déesse Terre dans la mythologie grecque, et qui reflètent l’attachement viscéral des Amazighs à la terre nourricière. Des noms féminins aux déesses, qui sont comme les femmes, à l’origine de la fécondité et de la prospérité.

Ainsi, dans la religion païenne des Amazighs, les premières divinités étaient toutes féminines.

Ce qui expliquerait ses origines matrilinéaires, et ce qui donnerait le nom à la déesse de tout l’univers: «Yemma n dunnit», mère du monde, et qui est à l’origine de tout objet, animé ou non, et de tout phénomène sur terre et dans l’univers. Dans certaines contes et légendes très anciennes, on raconte que la dite Déesse, en commettant une grave faute, s’est transformée en sorcière qu’on appelle «Settut» en Kabylie!.

En effet, les Amazighs prêtent souvent aux femmes des pouvoirs occultes et surnaturels, avec des vertus de magie ou de guérison !

Par rapport aux origines de l’humanité, on tombe souvent sur une lecture misogyne, minimisant à fond le rôle de la femme dans l’évolution humaine, à tel point qu’elle n’est jamais représentée dans les dessins !
Par exemple, la dernière découverte comme quoi l’homo sapiens serait originaire de «L’Homme d’Adrar Ighud» vers 315 000 ans (dépassant celui d’Omo Kibish éthiopien daté autour de 195.000 ans), on parle de crâne d’adultes (5 individus ont été mis au jour, 3 adultes, un adolescent et un enfant») en nous laissant sous-entendre qu’ils sont tous de sexe masculin, comme s’ils n’avaient pas de mère!.

Mais heureusement les anthropologues généticiens parient sur la lignée matrilinéaire (en se basant parfois sur l’ADN mitochondrial qui n’est transmis que par les ovules des femmes) et font remonter l’origine de l’humanité à une seule «Eve africaine». Qu’on se réfère à l’homo erectus, la plus ancienne découverte pour le moment se trouve au site algérien d’Ain Bouchérit, près de Sétif, ayant une datation de 2,4 millions d’années, détrônant «Lucy» d’Ethiopie, ou qu’on se réfère à l’homo sapiens, tous les africains, asiatiques, européens, américains et australiens descendent tous d’une même mère: une Eve Amazighe, l’Eve d’Adrar Ighud!

FEMMES DE l’ANTIQUITE ET A L’EPOQUE ROMAINE:

De toute manière, l’une des premières tentatives de disserter sur la femme amazighe dans l’Histoire revient, sans aucun doute, à notre grand et admiré anthropologue français Gabriel Camps, à travers son formidable livre «L’Afrique du Nord au féminin» (Paris 1992) où il donnait des récits de l’histoire si riche et si complexe de Tamazgha. Feu Gabriel Camps disait: «Certains s’étonneront, peut-être, de la place importante que j’ai donnée, dans ces récits aux croyances et au sentiment religieux, mais ce serait oublier, que le maghrébin, comme la maghrébine, est un être de foi profonde. En ces pays, plus qu’ailleurs, les empires furent constitués au nom du Dieu tout-puissant».

Parmi ces femmes, nous signalons:

EUNOE ET SOPHONISBA

Gabriel Camps distingue à l’époque romaine certaines femmes comme la reine Eunoé et la reine Sophonisba. La première était l’épouse du roi maure Bogud et maitresse de Jules César, qui est tombé profondément amoureux d’elle (45 avant J-C.). La reine Eunoé se distinguait par ses connaissances en sciences. Quant à la belle reine Sophonisba, à propos de laquelle il y a plus d’écrits, elle était la fille du général carthaginois Asdrubal. Elle était promise, et peut être mariée au prince numide Massinissa, mais les carthaginois ont changé d’avis, et la jeune Sophonisba fût offerte comme épouse au roi numide Syphax. Lorsque ce dernier, avec les Carthaginois, furent vaincus par les Romains, elle fût prise comme épouse par le roi Massinissa, qui était un allié des Romains. Mais la reine s’est malheureusement suicidée.

Comme le souligne Maria Dolores Miron Perez dans le livre « Mujer Tamazight » (Eds Vicente Moga Romero et Rachid Raha, Melilla 1998) : ‘Sofonisba paraît, par conséquent, une victime des avatars politiques et jeux d’alliances entre Numides, Romains et Carthaginois, et elle change de mari conformément aux changements de ces alliances, et sans prendre en compte son opinion’.

ELISSA DIDON

Et n’oublions pas que la création de la civilisation carthaginoise est due à la détermination, à la ruse et le courage d’une femme courageuse et extraordinaire : Elissa Didon. Cette dernière en s’appropriant des richesses de son oncle Acherbas, avec lequel elle s’est mariée, et qui s’est fait assassiné par son frère, elle a fui le Liban, et a réussi, dans une société qui exprime beaucoup d’estime à la femme, à unir autour d’elles des tribus autochtones en 814 avant J-C. Elle fonda, par ailleurs, la fameuse ville tunisienne de Carthage. Une fois qu’elle eut mis pied en territoire des « lebous », on a tout le droit de la considérer comme une reine amazighe autant que reine phénicienne, du fait que son royaume s’est développé et s’est prospéré en terres de Tamazgha, malgré le fait qu’elle a refusé de se marier avec le roi amazighe Hiarbas des Maxitans! Son suicide reste toujours un mystère, mais elle est à l’origine d’une grande civilisation qui a converti Carthage dans, peut-être, la première république de l’histoire selon Aristote, avec un sénat où est représenté une partie du peuple. La dite civilisation carthaginoise qui avait le mérite de créer un empire en Méditerranée, en conquérant les îles de Sicile, de Sardaigne, de Corse, ainsi que la région de Murcie en Espagne, avait connu une très grande notoriété grâce à Hannibal. Celui-ci avait défié les montagnes des Alpes en les traversant avec des éléphants, et ce afin de faire la guerre aux Romains jusqu’aux portes de Rome ! La grande déesse de cet empire, qui donnait des frissons aux Romains, s’appelait «Tanit », une déesse amazighe chargé de protéger la fertilité, les naissances et la croissance.

CLEOPATRE CELENE

Une autre femme amazighe qui se distingue durant cette époque romaine est incontestablement Cléopâtre Céléné, femme du souverain Juba II de la Mauritanie césarienne, en 20 av J-C jusqu’à l’an 5 ap. J-C, et en plus, elle est la fille de la reine égyptienne Cléopâtre VII et de Marc Antoine. La reine amazighe Cléopâtre Céléné, qui fût couronnée grâce à son ascendance maternelle, exerçât une profonde influence sur la politique de son épouse Juba II, et plus particulièrement en ce qui concerne les arts, les lettres et l’architecture.

KYRIA DU DJURJURA

M. H. Fantar et F. Decret dans leur œuvre L’Afrique du Nord dans l’Antiquité des origines au Vème siècle (Paris, 1981) mentionne cette femme dénommée Kyria des montagnes de la Kabylie de Djurjura, qui a eu le courage de combattre l’entrée des romains en Algérie en 370 après J-C. Après, elle organisait, montée sur son cheval, avec les tribus amazighes gagnées à sa cause, des assauts de façon circulaire qui réduisait son rayon de défense jusqu’à ce que l’armée romaine prenne le dessus sur elle.

TIN HINAN, LA REINE DES TOUAREGS (« LES HOMMES BLEUS » DU SARARA)

Ti-n Hinan, qui veut dire en langue tamacheqt « celle des tentes », sachant que pour les touarègues, la tente, dite ‘ehen’, désigne la cellule familiale et la parenté matrilinéaire, qui est à l’origine du régime matrilinéaire par lequel les hommes héritent de leur mère du pouvoir et du droit au commandement. Comme le souligne Mme. Claudot-Hawad, les femmes qui sont à la tête d’une tente puissante ont le pouvoir de faire valoir et d’imposer leur jugement, en tant que protectrices de l’honneur et piliers de la société nomade.

Présentée comme un mythe, cette ancêtre légendaire des habitants de l’Ahaggar, est originaire de la région marocaine de Tafilalt.

Elle eut trois filles : Ténert (l’antilope), Tahenkod (la gazelle) et Témerewelt (la hase, femelle de lièvre) qui sont prises comme les mères des tribus touarègues de l’Ahaggar (Inemba, Kel Réla, le clan qui exerce la souveraineté de tous les Ihaggaren, Iboglan…).

Elle fût accompagnée dans le désert du Grand Sahara par sa servante Takamat. Le mausolée de la reine touarègue, sous la forme d’un imposant tumulus de pierres, fût découvert par des archéologues en 1925 à Abalessa, et renfermait un squelette bien conservé, accompagné de bijoux en or et en argent, de pièces de monnaies, de mobilier funéraire, et curieusement, d’une statuette féminine en calcaire (exposés au musée Bardo d’Alger).
Gabriel Camps l’a daté vers le IV° siècle ap. J-C., bien avant l’apparition de l’Islam. Mais du fait que les historiens « arabes et arabisés » n’acceptent pas de voir de bon œil le rôle des femmes guerrières, ils ont essayé, du fait de son empreinte profonde dans la société saharienne, de la rattacher à l’époque musulmane, dans un document où elle est signalée comme fille de Saïd Malek vers 1642, une chronologie en parfaite contradiction avec les données archéologiques !

FEMMES AU MOYEN AGE ET A L’EPOQUE MUSULMANE

Les actuelles écoles de nos différents pays d’Afrique du Nord continuent à enseigner une histoire officielle et superficielle, qui négligent et marginalise volontairement le fait autochtone et infra valorise l’histoire préislamique, et par conséquent elles ne donnent pas assez d’importance aux vestiges et monuments archéologiques avant l’arrivée des premiers conquérants Arabes.

L’obscurcissement de notre histoire nord-africaine continue encore à cause de cette élite formée dans la culture théocratique ethnocentriste arabo-islamique. La dite élite, non seulement continue à falsifier une grande partie de notre très riche histoire, sinon elle ne peut plus admettre des exploits historiques faites par des femmes, à telle point, comme le souligne Emma Miled, elle a réussi à éliminer les noms des femmes des arbres généalogiques!

Un fait extraordinaire que nous voulons mettre en évidence au Moyen Age c’est qu’avec l’avènement de la dernière religion monothéiste de l’Islam en terre amazighe, ce sont bien les femmes qui sont les premières à se dresser contre les premiers conquérants Arabes tels la Kahina. Et ce sont aussi les femmes amazighes qui ont contribué efficacement à la conversion et à la propagation de l’Islam en Afrique du Nord, en Afrique sub-sahariennes et en Espagne musulmane.

Parmi ces femmes érudites qui se sont distinguée à la nouvelle ère de l’islamisation, nous citons:

DIHYA MATIYA ou KAHINA :

De son vrai nom Dayhia ou Dihya, fille de Matiya ben Tifan, que déjà les historiens arabes traitent de sorcière en la désignant par le terme de « Kahina », et cela afin de la dénigrer et de porter atteinte à sa mythification. Ibn Khaldoun soupçonne qu’elle était de confession juive du fait que sa tribu Djerawa était largement judaïsée au VII-ième siècle. Cette authentique reine amazighe est apparue sur la scène dans les Aurès (awras) algériens. Elle avait participé à la bataille de Tehuda en 683 après J-C, aux côté des troupes de Koceila, et au cours de laquelle fût tué Uqba Ibn Nafiâ. Elle a réussi à chasser les nouvelles troupes de Hassan ben Nuâman, que le calife Abdelmalik avait chargé de réprimer les Amazighs en réponse à l’assassinat du fondateur de Kairaouan. C’était en 688-689 au nord de Khenchela, sur la rivière Nini.

Dihya qui avait un fort caractère de commandement et une intelligence aiguë, avait pris sous sa protection un enfant arabe, Khalid Ben Yazid, en le convertissant et en faisant un fils adoptif. A cause de ce geste de générosité et sa tactique de « terres brûlée », en croyant qu’elle allait dissuader les Arabes de revenir, certaines populations amazighes et ce fils adoptif vont la trahir lorsque Hassan ben Nuâman revint avec plus de renforts en 698. Au pied des Aurès, Dihya Matiya fût battue devant un puits qui porte toujours nom, le puits de Kahina. Du fait que les Arabes n’admettaient guère qu’une femme leur infligeât pareille humiliation, sa tête fut coupée et offerte comme trophée de guerre au calife Abdelmalik. Ce dernier laissa la vie sauve à ses deux fils, lesquels suivirent les conseils de leur mère de se convertir à la nouvelle religion, dont l’un d’eux fut un des commandants les plus importants de Hassan ben Nuâman.

Statue de DIHYA MATIYA
Kenza AWRABIYA in Histoire du Maroc en BD (Med Maazouzi Dir. Rabat 1993)

KENZA AWRABIYA

Le royaume du Maroc s’obstine toujours à s’enfermer dans une histoire officielle réduite à une époque mise en lumière en remontant juste à douze siècles, exactement à la fondation de la dynastie des Idrissides. Lisez ce que véhicule un des historiens à leur solde: ‘l’histoire du Maroc débuta avec l’islamisation…Le fondateur de la Nation marocaine, Idriss premier, constitua un Etat indépendant des deux grands pôles du monde musulman qu’étaient alors Bagdad et Cordoue’.

Mais ce qui est un fait historique, c’est qu’Idriss I eut un règne éphémère autour de Volubilis, lorsqu’il épousa la fille de chef des tribus amazighes Awraba, Kenza. Le règne des Idrissides a connu plutôt sa splendeur et sa croissance sous le règne d’Idriss II, et ce dernier n’a pris le pouvoir qu’à l’âge de onze ans. En réalité, la personne qui détenait vraiment les arcanes du pouvoir était bel et bien sa mère, Kenza, et c’est elle, et grâce à son intelligence, à sa ruse et à ses capacités de négociation, elle a réussi véritablement à unir les tribus amazighes autour de Fès.

C’était une femme amazighe, qui en se fondant sur la légitimité patriarcale des hommes et en manipulant son fils, qu’elle gérait les affaires politiques, administratives et militaires de ce nouvel état musulman. Et lorsque son fils mourut, en 828 ou 829, c’est toujours elle qui a postulé le partage du règne entre ses dix petits-fils, et par conséquent, elle l’a affaibli par les tiraillements de ces nombreux successeurs, jusqu’au 920 où la capitale de Fès tomba aux mains des tribus des Miknasa et Kétama.

En fin de compte, si la dynastie idrisside a eu un rôle religieux déterminant dans la conversion à l’Islam de nombreuses tribus amazighes païennes ainsi que la diffusion de la tradition chérifienne, cela revient au courage d’une femme érudite : Kenza Awrabiya.

ZAYNAB NAFZAWIYA

La reine Zaynab Nafzawiya, femme du grand roi Youssef Ibn Tachfine, a marqué de ses empreintes l’empire des Almoravides (1054-1147). Naît en 1039 à Aghmat, elle était, selon certaines sources, originaire du Nefzawa dans le sud-tunisien, appartenait à la tribu des Hawwara et avait eu le privilège de suivre une bonne éducation. Comme toutes les reines amazighes, elle était très belle, très intelligente et très spirituelle ; elle s’est mariée en premier à Abu Bakr ibn Omar. Ce dernier est le fondateur du mouvement almoravide, qui la quitte afin de mater une rébellion au Sahara, et de ce fait, conseille bizarrement à sa belle femme d’épouser son cousin Youssef ben Tachfine. Ce grand roi amazigh et musulman lui attribue le titre de reine en partageant avec elle son pouvoir. Zaynab accompagnait son mari partout, en le conseillant et en l’assistant à la croissance de la dynastie des Sanhadja, qui avait étendu ses frontières de Sénégal jusqu’à l’Andalousie, et elle était aussi sa principale conseillère lors de la fondation de l’une des plus prestigieuses villes d’Afrique : Marrakech.

Même si les historiens maghrébins du Moyen Age, imprégnés jusqu’à la moelle de la théorie générale du patriarcat, essaient d’effacer le rôle historique de certaines femmes et de minimiser à fond leur pouvoir politique, ils doivent admettre que si les nord-africains ont embrassé, dans leur écrasante majorité, le courant malékite de sunnisme islamique, c’est parce que ce rite constitue pour eux le courant le plus ouvert, le moins violent et le plus tolérant des autres rites… Et si les Amazighs eux-mêmes, et non pas les Arabes conquérants, ont réussi à le diffuser dans toute l’Afrique du Nord, cela revient dans une grande mesure grâce au rôle primordial des femmes et des reines amazighes.

FEMMES AMAZIGHES CONTRE LA COLONISATION EUROPEENNE :

Comme nous venons de voir, la femme amazighe a marqué de ses mains la période préhistorique, l’antiquité et le Moyen Age. La période contemporaine n’est pas en reste.

En Algérie par exemple, suite à la colonisation turque, puis française, des femmes se sont impliqués activement dans la résistance armée.

On dénomme par exemple Oum Hani et Fadma n’Soumeur.

Oum Hani, chef de tribu au Sahara, qui a réussi à mener plusieurs batailles contre le pouvoir des beys au XVIIIème siècle et lorsque la santé ne lui permettait plus, elle prodiguait des conseils à ses fils pour continuer ces batailles.

Aux Iles Canaries, on distingue le rôle de la reine Arminda dans la résistance à la colonisation espagnole des Iles vers 1480. Et Sith al-Hourra à Chefchaouen, vers 1520…

On cite aussi Fadma n’Soumeur qui est une grande héroïne kabyle et qui organisa une partie de la résistance à la conquête française à deux reprises, en 1855 et 1857. Elle est née au village d’Ouerdja en 1830 dans une famille maraboutique à laquelle appartient le grand leader algérien Hocine Ait Ahmed. Ayant un caractère autoritaire, elle fût vénérée comme une femme sainte, et elle a réussi, avec son frère Tahar, lors d’une assemblée de Soumer, d’organiser la résistance des tribus montagnardes kabyles (Aït Itsouregh, Illilten, Aït Iraten, Illulen n umalu…) contre les premiers assauts de la conquête française en 1855. Après la réussite de cette première bataille à Tazrouts, elle fût arrêtée lors de la deuxième le 11 juillet 1857 après que les colons français soient revenus avec plus de renforts militaires et humains.

De toute manière, les femmes amazighes, même s’elles ne sont pas au-devant des batailles, elles participaient d’une manière ou d’une autre à la résistance contre la colonisation turque et européenne en Afrique du Nord. Comme le souligne Assia Benadada dans son article ‘Les femmes dans le mouvement nationaliste marocain’ (https://journals.openedition.org/clio/1523 ), « les femmes approvisionnaient en eau et nourriture les combattants, chargeaient les fusils et parfois remplaçaient les morts au front. Elles marquaient les hommes qui fuyaient les combats avec du henné pour les ridiculiser et les marginaliser et interdisaient à leurs épouses de s’approvisionner en eau aux puits et aux sources; les femmes de la tribu Ghomara demandaient même le divorce lorsque leur mari refusait de participer au combat. Les femmes surveillaient également les mouvements des troupes ennemies et renseignaient les combattants avec un code spécial ».

Ainsi au Maroc, pendant la Guerre du Rif (1921-1927) contre Mohamed Abdelkrim El Khattabi, plusieurs femmes ont participé activement. On mentionne dans la région de Jbala, Fatima A’zayr de Chefchaouen et Hidna. Cette dernière est la sœur d’un résistant qui a réussi à assassiner l’officier Valdivia à Beni Arous. Et dans le Rif central et oriental, on distingue Aïcha Abi Ziane, qui n’était qu’une fillette âgée de dix ans seulement, et qui aurait participé à la fameuse bataille d’Anoual en 1921, ainsi que Mamat Al Farkhania, Aïcha Al Ouarghalia et Haddhoum Al Hassan. Au Moyen Atlas, on distingue Ytto Moha Ouhamou Zayani, fille de Moha ou Hamou Zayani qui a mené la lutte aux côtés de son père contre les Français. Dans le Souss on cite la combattante Aïcha Al Amrania, de la tribu des Aït Ba Amrane, tuée dans la bataille d’Assak en 1916. Au sud est, dans la région d’Assamar, ‘Adjou Oumouh des Ait Atta s’est distinguée dans la résistance à la colonisation française à Adrar Saghro à la bataille de Bougafer en 1933, une bataille où ont péri, selon certaines sources, 117 femmes.

Et à propos des mouvements de libération pour l’indépendance des pays de Tamazgha, nous citons le rôle de Ghita Allouche, femme leader de l’armée de Libération du Maroc (ALN, Abbass Messaadi, et Fadma Mimoun El Hammouti , femme du résistant Mohand Khider, qui à côté de son mari aidait de manière exceptionnelle les membres de l’Armée de Libération Nationale de l’Algérie (FLN) qui se réfugiaient à Beni Enzar dans la province de Nador.

LES REINES DE L’EGYPTE ANTIQUE ONT-ELLES ÉTÉ EN RAPPORT AVEC DES FEMMES AMAZIGHES?

Une des questions qui se posent avec acuité c’est celle de savoir si les reines égyptiennes, comme Nefertiti ou Cléopatre, ont-elles été en rapport avec les femmes amazighes anciennes, du fait qu’elles partageaient l’origine matriarcal.

Nous pouvons parfaitement répondre par l’affirmative du fait que dernièrement des chercheurs s’alignent de plus en plus sur la conviction de l’idée que la grande civilisation pharaonique était d’origine amazighe. Ainsi des études génétiques du National Geographic, et surtout du grand immunologue Dr. Antonio Arnaiz-Villena ( co-éditeur avec Jorge Alonso García “Egipcios, Bereberes, Guanches y Vascos” (Editorial Complutense de Madrid, 2000), des études archéologiques et historiques de Malika Hachid, auteur de l’étude monumental Les Premiers Berbères » (Edisud, Aix-En-Provence2000) et de Taklit Mebarek Slaouti auteur de Les Amazighs en Egypte, (Anep, Alger 2016) confirment ce constat. Mais ça c’est une autre histoire !

Mais pour revenir aux belles femmes égyptiennes anciennes, vénérées et admirées, à l’époque où les grecs et les romains se surprenaient profondément de leurs rôles et de leurs pouvoirs, celles-ci gouvernaient, décidaient et géraient le pays à l’égal des hommes, à l’encontre de la misogynie des religions patriarcales du judaïsme, du christianisme, de l’islam et des civilisations gréco-romaines. Les reines Merneith, Néférousobek, Hatchepsout, Taousert, Tyi, Néfertiti ou Cléopâtre, qu’elle soient la mère, la sœur ou la principale épouse du Pharaon, détenaient un rôle politique de premier ordre en gérant les affaires de l’Etat à côté de celui-ci ou/et durant son absence, ou sa mort !

En conclusion :

Les traces de l’ancien ordre matriarcal de la société amazighe persiste encore de nos jours dans la terminologie de certains mots. Ainsi l’origine étymologique des mots « uma » et « ultma » qui désignent respectivement frère et sœur dérive des mots « mis n yemma » et « yellis n yemma », qui voudrait dire fils et fille de ma mère, toujours en référence à la mère !
A cause d’une lecture de l’histoire faite exclusivement par les hommes, et en plus imprégnés exclusivement des thèses patriarcales et de l’idéologie importée du Proche Orient arabo-islamo-salafiste, le rôle des femmes, s’est retrouvé totalement marginalisé et exclu de l’histoire officielle des différents pays d’Afrique du Nord.

Certains pays d’Afrique du Nord, en l’occurrence le Maroc et l’Algérie, malgré le fait qu’ils aient reconnus officiellement leur langue et identité autochtones amazighes dans leur constitution, n’ont pas encore réformé les manuels scolaires pour revoir leur mémoire collective et pour que les nouvelles générations se réconcilient avec leur histoire authentique, avec ses pages lumineuses et ses pages sombres. En définitive, cette nécessaire et nouvelle relecture de l’histoire d’Afrique du Nord, tant désirée, tant attendue et tant revendiquée, ne pourrait se réécrire sans les femmes amazighes, sans timgharin.

*Rachid RAHA est président de l’Assemblée Mondiale Amazighe et de la Fondation Méditerranéenne «David Montgomery Hart» des Etudes Amazighes.

Bibliographie :

– Abdelaziz Belkhodja, Elyssa la fondatrice de Carthage, Apollonia édition, Tunis, 2014.
– Ibn Khaldoun: “Histoire des Berbères. Trad. De Slane. Paris.
– Ben-Ncer, Abdelouahed et Hublin, Jean-Jacques: “Jbel Irhoud, une avancé paléoanthropologique décisive » in Hespéris-Tamuda LII (2), Rabat 2017.
– Camps, Gabriel, « Les Berbères ; mémoire et identité », Editions Errance, Paris, 1987.
– Gabriel Camps, L’Afrique du Nord au féminin, Perrin édition, Paris, 1992.
– Hachid, Malika, « Les premiers berbères : entre Méditerranée, Tassili et Nil », Edisud, Aix-En-Provence, 2000.
– Hamid, Khadija, « Histoire du Maroc, à la lumière de l’archéologie », Edition Afrique Orient, Casablanca 2012.
– Camille Lacoste-Dujardin, Las madres contra las mujeres patriarcado y maternidad en el mundo árabe, feminismos, Traducción Alicia Martorell, Edición Telémaco, Madrid, 1993.
– Laurence le Guuen, Kahina reine des Berbères, Yomad édition, Rabat, 2011.
– Moga Romero,Vicente & Raha, Rachid, Coord.: Mujer Tamazight y fronteras culturales, Edición conmemorativa del Día del Libro, Melilla, 1998.
– Raha Ahmed, R., » Imazighen del Magreb entre Occidente y Oriente”. Granada, 1994.
– Revue Egypte ancienne n°31 : Reines d’Egypte, des femmes influentes.
– Zakya Daoud, Zaynab reine de Marrakech, Edition le fennec, 2éme édition, Casablanca, 2012.

Plages en détresse demandent intervention d’urgence

 par Oussama Abbaous – lopinion.ma – 27/03/2021

Les autorités ont entrepris ces dernières semaines de démolir plusieurs infrastructures qui occupaient le domaine public maritime. La société civile environnementale prend acte et espère que la dynamique se poursuivra.
Plages en détresse demandent intervention d’urgence

Les bulldozers vont bon train ces dernières semaines dans plusieurs plages du Royaume. À Bouznika, Rabat, Mohammedia et à Casablanca, les autorités locales ont lancé des opérations visant les occupants du domaine public maritime. Plusieurs commerces, cabanes et petites infrastructures ont ainsi été détruits parce qu’ils ne disposaient pas des autorisations nécessaires. Des vidéos illustrant la démolition de plusieurs cafés et écoles de surfs à Dar Bouazza ont largement été partagées et commentées sur les réseaux sociaux. Si ces actes de démolition sont justifiés du point de vue de la loi, les internautes n’ont pas manqué de marquer leur solidarité avec certains propriétaires de structures concernées, et notamment avec ceux des écoles de surf. « On ne peut que saluer ces opérations de mise en conformité avec la loi 81.12 parce qu’il fallait absolument, selon l’article 15 de la loi, faire respecter la limite des 100 mètres. Le respect de la loi ne peut jamais être critiqué, surtout quand il sert un l’intérêt public », affirme pour sa part Abderrahim Ksiri, coordinateur de l’Alliance Marocaine pour le Climat et le Développement Durable (AMCCD).

Vers la fin de l’anarchie ?

Cette nouvelle dynamique de libération du domaine public maritime intervient alors que plusieurs organismes institutionnels, dont la Cour des Comptes, avaient pointé ces dernières années des dispositions juridiques régissant les modalités d’occupation et les conditions d’exploitation du Domaine Public Maritime qui dataient du protectorat et n’étaient pas systématiquement respectées. « Ces dernières décennies, nous avons assisté à un empiètement total sur le littoral national. Dans beaucoup de plages du Royaume, la vue sur mer est accaparée par des villas, des clubs ou encore des hôtels. Les propriétaires de ces structures auraient pu bénéficier de la même proximité avec la mer à 600 m. Ils auraient ainsi pu permettre d’avoir plus d’espaces qui feraient office de terrains de loisir, de sport et de jeu. Ces espaces communs auraient alors pu être valorisés au bénéfice de toute la collectivité tout en permettant la sauvegarde des écosystèmes dunaires », souligne le coordinateur de l’AMCDD.

Une dégradation qui a un coût

Lors de la préparation du Plan National du Littoral, les participants avaient souligné que le coût de la dégradation du littoral est estimé à 2,5 milliards de dirhams. « L’intensification des activités touristiques peut à long terme menacer l’équilibre du littoral, notamment à cause du processus de littoralisation accru, de l’augmentation de la consommation d’énergie et de la dégradation des écosystèmes (appauvrissement de la faune et de la flore à cause de l’amplification de l’activité humaine). Le développement de ces activités nuit au littoral et perturbe son équilibre naturel, particulièrement à cause de la multiplication rapide des activités et aménagements touristiques souvent de manière anarchique ne prenant pas en compte les considérations écologiques, les délaissant au profit des considérations économiques, nuisant ainsi à l’équilibre du littoral et à la pérennisation de la faune et de la flore côtières », soulignent par ailleurs les auteurs de l’étude pour l’élaboration du projet de Plan National du Littoral.

Nécessité d’une revalorisation du littoral

Après des années d’empiètement sur le domaine public maritime, détruire toutes les constructions réalisées dans le périmètre de 100 mètres de la plus haute vague, s’avère comme une tâche titanesque. « Dans le cadre de la revalorisation d’un territoire, il arrive parfois qu’une portion entière d’une ville soit amenée à être détruite et reconstruite. En tant que société civile, nous considérons que tout ce qui est à moins de 100 mètres de la côte devrait être rasé, pour respecter la loi, mais également pour la sécurité des résidents et exploitants eux-mêmes », souligne Abderrahim Ksiri pour qui « la solution réside dans une planification stratégique à long terme afin de refaçonner les zones littorales qui souffrent d’anarchie et d’empiètement ». « Je pense que la solution passe aussi par une mise en œuvre urgente des plans régionaux littoraux. Face à la multiplicité des intervenants dans ce domaine, il serait également judicieux de créer des agences dédiées qui seront chargées d’harmoniser les diverses stratégies en prenant en compte les enjeux climatiques », conclut le militant.

Une nouvelle loi pour renforcer la protection du domaine public

Le jeudi 18 mars, Le Conseil de gouvernement a adopté la nouvelle version du projet de loi 03.19 relatif aux occupations temporaires du domaine public. Présenté par le ministre de l’Équipement, ce projet vise à assurer la protection nécessaire du domaine public. La loi 03.19 édicte ainsi les règles spéciales des occupations temporaires du domaine public en soumettant les occupations du domaine public à un cahier de charges précis. Ce nouveau texte interdit les autorisations temporaires pour la construction et l’exploitation des habitations et des chalets d’estivage dans le domaine public. Le projet de loi exige également une durée de 40 années, renouvelable une seule fois pour une durée maximale de 40 ans, pour les projets d’investissement avec certaines exceptions et interdit toute cession de l’autorisation d’occupation sous peine d’annulation. Ce texte édicte aussi des indemnités pour le préjudice au profit des titulaires des autorisations d’occupation temporaire en cas de retrait de ces autorisations avant leur expiration pour intérêt public. Il s’agit aussi de mettre en place des règles spéciales destinées à récupérer le domaine public occupé et d’imposer des sanctions financières strictes en cas de manquement aux dispositions de ce texte, tout en appliquant les autres sanctions répressives prévues par d’autres lois. Le projet de loi prévoit aussi des règles transitoires relatives aux occupants dans le cadre du dahir de 1918 en vue d’adapter leur situation aux nouveautés de ce texte. 

51% des Marocains vivent à proximité du littoral
Sur le plan démographique, la population totale des préfectures et provinces littorales du Royaume s’élève à plus de 17 millions d’ habitants, soit 51 % de la population nationale, dont plus de 12 millions d’habitants en milieu urbain et près de 5 millions en milieu rural. Sur le plan communal, la population compte plus de 11 millions, soit 1/3 de la population totale. Au Sud du pays, les communes littorales sont de plus grande taille, mais elles sont nettement moins peuplées que les communes du Nord.42% du littoral marocain sera exposé aux inondations d’ici 2030
Une étude récemment dévoilée par la Banque Mondiale annonce qu’une grande partie du littoral du Royaume fera face à des phénomènes d’inondation et d’érosion à l’horizon 2030. Ce risque qualifié « d’élevé » par les experts de la Banque Mondiale est d’autant plus préoccupant que l’échéance annoncée approche à grands pas et que les zones concernées sont très peuplées. Selon l’étude, plusieurs secteurs seront touchés par ces phénomènes : l’agriculture, l’eau, l’énergie, la pêche, les forêts et la santé.

3 questions à Houcine Nibani, enseignant à la FST d’Al-Hoceima
Plages en détresse demandent intervention d’urgence

« Il faut conserver l’intégrité et la biodiversité des cordons dunaires pour garantir la résilience du littoral marocain »
Enseignant de gestion intégrée des zones côtières à la Faculté des Sciences et Techniques d’Al-Hoceima, Houcine Nibani a répondu à nos questions sur la valeur des cordons dunaires littoraux.

– Est-ce que la formation des plages au Maroc obéit à des dynamiques particulières ?
– La formation des plages se fait grâce à un cycle naturel qui dure depuis des millions d’années. Ce processus naturel peut sensiblement différer d’une région à une autre. Au Maroc, le sable des plages provient en grande partie de l’érosion des montagnes dont les alluvions sont charriées par les rivières. La formation des plages se fait selon plusieurs paramètres : la longueur des rivières, la morphologie de la côte et des bassins-versants, le type et la granulométrie des alluvions, la force de la marée… La faiblesse des marées dans la Méditerranée explique par exemple la petite taille des plages alors que dans la façade atlantique qui a des marées plus fortes, nous avons des plages plus vastes, notamment dans la région d’Agadir, où le sable est d’excellente qualité grâce aux nombreux longs fleuves qui charrient des roches granitiques de l’Atlas.

– Quel rôle jouent les plages et les écosystèmes dunaires littoraux ?
– Les plages et les écosystèmes dunaires sont des barrières physiques mais aussi biologiques qui jouent un rôle incontournable dans la résilience du littoral face aux aléas des intempéries cycliques. Ces dunes de sable sont mobiles, car elles ont été façonnées par les marées. Elles jouent, à cet égard, le rôle de barrières dynamiques qui permettent d’équilibrer et de garantir l’intégrité très précaire du littoral.

– Vous évoquez des barrières « biologiques ». Quel rôle joue la biodiversité dans la fonction des dunes ?
– Comme je l’ai souligné, la dynamique des cordons dunaires face aux aléas des marées dépend de leur mobilité. Or, la biodiversité, par ailleurs très remarquable de ces écosystèmes, participe à façonner et à maintenir cette mobilité. Pour garantir la résilience du littoral marocain, il faut non seulement conserver l’intégrité des cordons dunaires, mais également garantir la conservation de leur biodiversité.

ADM : Quand la numérisation améliore l’expérience sur autoroute

par Ouchagour Leila – aujourdhui.ma – 27/03/2021

ADM : Quand la numérisation améliore  l’expérience sur autoroute

Virage numérique, solutions innovantes, nouvelles générations de gares …

Consciente de l’intérêt de la numérisation des services publics pour les citoyens, ADM s’inscrit dans des projets de l’autoroute du futur. Dans ce sens, elle a initié plusieurs chantiers afin de satisfaire les besoins des usagers et s’aligner sur les standards internationaux. Sur son réseau autoroutier, l’entreprise a déployé de multiples services, il y a quelques années déjà. «ADM a été pionnière en tant que société publique dans l’initiation de projets en lien avec le numérique : l’introduction du télépéage en 2014 et sa généralisation à l’ensemble des gares du réseau autoroutier en étaient le projet phare», explique la société. De plus, elle a depuis 2017 lancé un vaste projet de transformation visant à industrialiser l’exploitation de son réseau autoroutier orientée plus vers la satisfaction du client et permettant ainsi de hisser le niveau de service sur les autoroutes nationales aux standards des meilleurs concessionnaires internationaux. Cette évolution place les nouvelles technologies au cœur de ce processus. Numérisation des moyens de paiement, accès à l’information en temps réel sur les conditions de circulation, personnalisation des services en fonction des spécificités et attentes de chaque client… autant de services sont mis en œuvre par ADM pour faciliter le voyage sur son réseau autoroutier. Parallèlement, elle a investi dans son capital humain afin de mener à bien cette stratégie. De ce fait, elle a entrepris un projet de transformation de la politique RH pour que l’organisation et les compétences soient en phase avec les nouveaux défis.

«Jawaz», un succès qui se confirme.

Le télépéage est un chantier stratégique de la transformation industrielle de l’activité d’exploitation. «Le succès incontesté de «Jawaz» témoigne de la propension des clients d’ADM à adhérer aux nouvelles technologies et confirme donc la pertinence du projet d‘automatisation. A ce jour, le nombre de pass vendus dépasse les 1.300.000 avec un taux de recette télépéage aux alentours de 55%», indique la société. Il s’agit, selon l’entreprise, d’une belle performance commerciale mais surtout d’une belle transformation dans les habitudes des citoyens qui ont fait confiance à ADM et ont osé le changement particulièrement de l’espèce vers le télépéage «plus sécurisé, plus fluide et sans surcoût versus l’espèce». Depuis la date de la généralisation de Jawaz à l’ensemble des gares de péage du réseau autoroutier en 2017, un plan d’action a été mis en place pour rendre le Pass Jawaz disponible, simple, accessible et à la portée de toutes les bourses. Cette démarche repose sur l’utilisation simple et sécurisée sur le plan technologique et pratique. Ainsi, le Pass Jawaz est fonctionnel directement après son acquisition sans aucune configuration préalable par le client-usager. Techniquement, il est muni d’une pile d’une durée de vie de 7 ans et remplacé gratuitement après fin de vie avec transfert de solde restant. Le plan d’action est accompagné par un réseau de distribution diversifié. En effet, durant les dernières années, ADM a renforcé la proximité et donc la disponibilité du Pass Jawaz en diversifiant les canaux de vente. «Aujourd’hui, en plus des agences commerciales présentes tout le long de notre réseau de 1800 km, le Pass Jawaz est disponible chez les stations Afriquia partenaires; le client-usager peut même se le procurer en ville chez le réseau Tashilate &Chaabi Cash, les agences Fawatir et les agences de l’opérateur télécom Orange. Nous déployons même une vente mobile au sein de certaines aires de service et gares de péage où le Pass Jawaz est proposé au client-usager sans qu’il ait besoin de descendre de son véhicule», affirme le management d’ADM. Pour ce qui est des tarifs, des formules de promotion, à la portée de toutes les bourses, ont été pensées sur la base d’une étude auprès des différents segments d’usagers. De ce fait, ADM a lancé une promotion sur le Pass Jawaz qui, désormais, est vendu à 50 DH avec 40 DH de solde de passage offert. ADM mise sur le numérique. Dans ce sens, elle a l’ambition de réaliser à court terme 80% de son chiffre d’affaires en transactions électroniques.

Emergence de nouveaux métiers pour accompagner sa transformation

Le déploiement massif des voies automatiques, voire des gares 100% automatiques pour les échangeurs à faible trafic nécessitera une transformation du métier de l’exploitation et l’émergence de nouveaux métiers à distance pour l’assistance aux clients et la gestion de ces voies, explique Autoroutes du Maroc indiquant que le projet d’automatisation est un projet intégré. Il comprend donc aussi bien les projets liés à l’infrastructure de transmission que ceux liés aux systèmes et équipements en contact avec les clients et également ceux liés aux systèmes en backoffice. Pour accompagner le chantier d’automatisation et toute la transformation qui en découle, ADM adopte une stratégie RH basée sur l’innovation et la valorisation permanente des ressources humaines de l’entreprise. Cela se fait en valorisant, les métiers existants et en offrant la possibilité d’une reconversion vers les nouveaux métiers liés à l’automatisation du péage : téléassistance, télémaintenance, gestion automatisée du trafic, la relation client, etc. Cette reconversion est appuyée avec une montée en puissance des formations-métiers et un accompagnement des compétences. Parallèlement, ADM s’est ouverte davantage à l’international, dans l’objectif de profiter du transfert des compétences dans le cadre de partenariats internationaux en adéquation avec ses besoins. Il faut dire qu’ADM avait déjà lancé en 2019 un programme important de professionnalisation des métiers existants de l’exploitation, visant l’industrialisation de la gestion et du pilotage des activités au niveau de l’ensemble des entités territoriales. La finalité étant de répondre au mieux aux exigences du client-usager et d’améliorer la performance opérationnelle sur le terrain. «Cet objectif a nécessité la restructuration de l’activité de maintenance en filière à part entière, avec l’adaptation de sa politique et la redéfinition de l’organisation et des processus cibles. Ceci a fait l’objet d’une mission de recadrage des processus de la maintenance durant le premier semestre 2019», indique le management d’ADM précisant qu’en parallèle, une solution GMAO (Gestion de maintenance assistée par ordinateur) a été déployée, en tenant compte des spécificités et des besoins fonctionnels de l’activité, pour conforter cette volonté de digitalisation, de suivi transverse des opérations, en quasi temps réel, et de pilotage par les indicateurs.

Réouverture des plages d’Agadir: ce que l’on sait

lesiteinfo.com – 26/03/2021

Après plusieurs mois de fermeture, les autorités d’Agadir s’apprêtent à rouvrir les plages à partir de lundi prochain.

Selon une source de Le Site info, les habitants de la région et les touristes pourront en profiter chaque jour jusqu’à 18h, précisant que les autorités appellent les citoyens au respect strict des mesures de précaution, dont la distanciation physique et le port du masque.

Pour rappel, le gouvernement avait prolongé l’état d’urgence sanitaire, décrété au Maroc à cause du covid, jusqu’au 10 avril.

Il a également été décidé de prolonger de deux semaines, à compter du mardi 16 mars à 21H, les mesures de précaution adoptées le 13 janvier dernier pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Un communiqué du gouvernement précise que cette décision intervient sur la base des recommandations de la Commission scientifique et technique concernant la nécessité de maintenir les mesures nécessaires pour lutter contre le coronavirus.

Cette prolongation intervient également après l’évolution de cette pandémie au niveau mondial suite à l’apparition de nouvelles variantes du virus, poursuit le communiqué, indiquant qu’elle s’inscrit dans le cadre des efforts continus pour circonscrire la propagation de l’épidémie et limiter ses répercussions négatives.

Le couvre-feu est instauré depuis le 23 décembre 2020 sur tout le territoire national de 21H à 06H du matin, sauf circonstances exceptionnelles. Par ailleurs, les restaurants, cafés, commerces et grandes surfaces ferment à 20H et les fêtes et regroupements sont interdits.

Arrivé à Agadir, le navire de recherche océanographique n’est pas encore opérationnel

medias24.com – 26/03/2021

Le nouveau navire de recherches océanographiques a été récemment réceptionné au port d’Agadir, nous confirme Institut national de recherche halieutique (INRH) mais n’est toujours pas opérationnel.

Contacté par Médias 24, une source à l’INRH nous explique que le navire, produit au Japon, est certes bien arrivé à Agadir mais n’est toujours pas opérationnel. Le comité technique chargé d’assurer son opérationnalité n’est d’ailleurs toujours pas arrivé.

« Cela peut prendre des semaines, comme des mois », déclare la même source.

On rappelle que ce navire est destiné à la recherche multidisciplinaire de l’écosystème marin et aux problématiques du changement climatique. De 49 m, il pourra embarquer plus de 15 scientifiques, en totale autonomie d’une durée de 30 jours. Son coût global s’élève à près de 623 millions de DH.

Le navire « Al Amir Moulay Abdallah« , construit dans le cadre de la coopération maroco-japonaise, constitue le fleuron des unités de recherche scientifique maritime du royaume. Grâce à ses équipements de pointe, cette unité est en mesure de procéder à un large éventail d’investigations scientifiques et techniques concernant aussi bien les études océanographiques que celles relatives aux ressources halieutiques. Au service du secteur national des pêches maritimes, le nouveau navire alimentera les scientifiques, les gestionnaires, la profession et les décideurs politiques en données précises sur le milieu marin, permettant de réaliser les objectifs du développement durable de l’activité halieutique du Maroc.

–          Caractéristiques Techniques :
◦ Longueur hors tout : 38.5 m
◦ Largeur hors membrures : 7,80 m
◦ Tirant d’eau moyen : 3,50 m
◦ Jauge brute : 298 tonneaux
◦ Vitesse Maximale : 10 nœuds
◦ Autonomie propulsion : 21 jours
◦ Effectif embarqué : 7 Scientifiques et 14 membresd’équipage
◦ Date de livraison : Mars 2001.
◦ Puissance motrice : 1000 CV(736 KW)
◦ Capacité d´accueil : 14 memebres d´équipage et 7 scientifiques
◦ Classification :  Lioyd´s register
◦ Date de livraison : 04 Mars 2001
◦ Coût de réalisation : 120 millions de Dirhams

–          Missions du Navire :
• Evaluation et suivi des ressources pélagiques etc…
• Evaluation de la biomasse absolue et relative.
• Elaboration des cartes de pêche.
• Etude océanographique.
• Etude des fonds rocheux et des gisements coquilliers.

Agadir : enquête ouverte après l’agression physique d’un brigadier de police

medias24.com – 28/03/2021

Agadir : un inspecteur de police utilise son arme de service pour  interpeller un multirécidiviste ayant mis en danger imminent sa mère et des  policiers (DGSN) | MAP Express MAP Express

Selon les informations préliminaires de l’enquête, le policier victime de cette agression exerçait ses fonctions d’organisation de la circulation sur une artère routière dans la ville d’Agadir à 21h15, lorsque le suspect l’a surpris par derrière, sans raison apparente, et l’a exposé à de sévères coups avec un outil en fer contondant au niveau du dos et de la cuisse, indique un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Le policier blessé a été transféré à l’hôpital provincial pour y recevoir les soins nécessaires, alors que le directeur général de la sûreté nationale a chargé les services de la Préfecture de police d’Agadir et de la Fondation Mohammed VI des œuvres sociales des fonctionnaires de la sûreté nationale de lui fournir toute l’assistance nécessaire et de prendre en charge son hospitalisation et ses frais médicaux, relève le communiqué.

L’enquête judiciaire supervisée par le parquet général se penchera sur l’identification de l’identité du suspect et de son partenaire présumé et dévoiler les circonstances de la commission de ces actes criminels et leurs véritables motivations, a conclu la DGSN.

“Douars en vie”: l’association Mekkil’ lance un Centre de formation au profit de jeunes élèves et de femmes en situation précaire

Par Clara Azria – atlasinfo.fr – 25/03/2021

Le 21 novembre dernier, l’association MekkiL’ lançait le projet pilote “Douars en vie”. Depuis, l’ONG renforce son action sociale sur le terrain avec la mise en place d’un Centre de Formation au profit de 208 jeunes élèves du village mais également à plus d’une quarantaine de femmes analphabètes. A cela s’ajoute les programmes sur les rails avec leurs volets éducatif, scolaire, sportif, sans oublier la santé et l’insertion sociale des femmes en situation précaire.

Le 21 novembre dernier, l’association MekkiL’ lançait le projet pilote “Douars en vie”. Depuis, l’ONG renforce son action sociale sur le terrain avec la mise en place d’un Centre de Formation au profit de 208 jeunes élèves du village mais également à plus d’une quarantaine de femmes analphabètes. A cela s’ajoute les programmes sur les rails avec leurs volets éducatif, scolaire, sportif, sans oublier la santé et l’insertion sociale des femmes en situation précaire.

Le projet de l’association s’étale sur cinq ans autour d’une dynamique globale de soutien aux populations vulnérables. Cinq thèmes tiennent le haut de pavé : santé, éducation, épanouissement personnel, sport et environnement avec une attention particulière sur les enfants et les jeunes du village afin de leur fournir les acquis nécessaires à la préparation de leur avenir ainsi que sur les femmes pour encourager leur insertion sociale.

Depuis quelques mois, le projet pilote du Douar Seraghna à Tassoultante (Marrakech) accélère la cadence en s’appuyant à la fois sur la mobilisation de la société civile et sur l’engagement de ses partenaires.

Le centre informatique « Cap Digital » soutenu par Cap Gemini Maroc et équipé d’une dizaine d’ordinateurs a pu ouvrir ses portes aux jeunes et aux étudiants. Une quarantaine d’élèves qui se sont inscrits dès la première semaine aux cours d’informatique assurés par deux ingénieurs bénévoles.

“Cap digital” offre désormais une connexion aux élèves pour suivre les cours à distance, l’un des problèmes majeurs auxquels doivent faire face de nombreux jeunes en zone rurale durant la pandémie du Covid-19.

Ce dispositif fait suite à l’opération « Recharges E-learning » by Orange Maroc qui dès Avril 2020 avait fourni plus de 1000 recharges data-phone à l’Association MekkiL’ pour permettre aux jeunes de la commune de Tassoultante de poursuivre leurs études en plein confinement. Orange Maroc vient de renouveler son soutien en fournissant de nouvelles recharges E-learning.

Plus de 150 jeunes bénéficiaires du projet resteront connectés pendant la durée de la pandémie. L’objectif est de lutter contre le décrochage scolaire dans le rural, un phénomène social alarmant avec un coût socioéconomique important.

Parallèlement, l’ONG vient de lancer le Centre de Formation MekkiL’ dont les cours hebdomadaires bénéficient à 208 jeunes élèves du village mais également à plus d’une quarantaine de femmes. Le programme mis en place offre des cours de rattrapage pour tous les niveaux scolaires : cours de français, cours d’informatique, cours d’alphabétisation, sessions d’orientation pour préparer le post-bac. Prochainement, une psychologue s’adressera aux jeunes en difficulté.

Lire aussi: Myriam et Dominique Strauss-Kahn ensemble dans l’aide humanitaire au Maroc

Dans ce cadre, le Centre préscolaire Fath accueille désormais tous les enfants du village, soit deux classes de 50 enfants, grâce à la prise en charge par MekkiL’ des institutrices qui vont bénéficier d’une formation spécifique.

L’importance du nombre d’inscrits à chaque session a conduit à leur duplication dès le lancement du Centre du formation Mekkil’.

Par ailleurs, MekkiL’ vient de signer un accord de partenariat avec l’Institut Français de Marrakech pour prendre en charge des sessions de français pour les institutrices. Les activités culturelles de l’IFM accueilleront prochainement des groupes de jeunes des douars, afin d’éveiller leur curiosité, de développer de nouveaux centres d’intérêt, de détecter de nouveaux talents mais surtout de leur permettre de sortir de leur quotidien et d’intégrer de nouveaux environnements.

Dans le même esprit, la Fondation Décathlonpartenaire stratégique de « Douars en vie », a d’ores et déjà commencé des stages de formation des jeunes dans ses magasins. Équipés de kits de maintenance et maitrisant les techniques d’entretiens, les 50 bénéficiaires des vélos B’Twin sont devenus totalement autonomes pour utiliser et remettre en état leurs vélos qui leur permettent de rejoindre leurs établissements scolaires parfois à plusieurs dizaines de kilomètres de leur domicile.

C’est une des premières étapes importantes de l’autonomisation de ces jeunes ruraux qui encourage leur accès aux activités sociales et économiques.

Avec l’engagement de la Fondation Décathlon, ce sont tous les jeunes du douar qui vont bénéficier d’une pratique sportive qui va de parcours cyclistes quotidiens, aux terrains de sport et aires de jeux, etc.

Enfin, pour la première fois au Marocune entreprise, Décathlon, s’engage dans la lutte contre le gaspillage des produits invendus ou légèrement défectueux. MekkiL’ est la première ONG bénéficiaire de ces produits qui sont remis aux populations des zones reculées de la vallée de l’Ourika, aux jeunes des orphelinats de la région et aux maisons d’accueil de femmes enceintes ou encore aux jeunes des douars pour une meilleure pratique du sport.

Ces produits sont parfaitement utilisables. En France, plus de 650 millions d’euros de produits non alimentaires neufs ou invendus sont jetés chaque année.

L’association Mekkil’ est présidée par Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du FMI, ex-ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.

Son épouse, Myriam L’aouffir, déjà engagée dans l’humanitaire depuis  2004 à travers son association “Juste pour eux“,  est totalement investie dans le projet “Douars en vie”.

“Le Maroc est mon second pays. Il m’a beaucoup donné d’Agadir où j’ai passé mon enfance, à Marrakech où je vis aujourd’hui”, avait déclaré Dominique Strauss-Kahn le jour du lancement de l’association en avril 2020.

Maroc : liaisons aériennes suspendues, trafic aérien mal en point

bladi.net – 26/03/2021

Maroc : liaisons aériennes suspendues, trafic aérien mal en point

Depuis quelques semaines, le Maroc suspend les liaisons aériennes avec plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Italie, l’Algérie, l’Égypte. Cette mesure qui vise à sécuriser davantage les frontières du royaume face aux nouveaux variants du Covid-19 produit un impact négatif sur le trafic aérien au grand dam des professionnels du tourisme.

Les autorités marocaines prennent les décisions de suspension des liaisons aériennes en tenant compte de l’évolution de la situation sanitaire et d’autres indicateurs. En Afrique, 1 million de personnes sont infectées par le coronavirus tous les 69 jours et plus de 4,1 millions de cas de contamination ont été enregistrés depuis le début de la pandémie. La campagne de vaccination contre le Covid-19 a démarré dans la majorité des pays africains ces dernières semaines. En Europe, c’est la propagation des nouveaux variants du coronavirus qui inquiète.

À ce jour, le Maroc a suspendu ses vols avec 37 pays. Ces suspensions ne sont pas sans conséquence sur le trafic aérien. Les dernières statistiques de l’Office national des aéroports (ONDA) montrent que le trafic de passagers au mois de février a chuté de près de 78,5 % comparativement au même mois une année auparavant. Quant au volume du trafic commercial des passagers, il s’établit à seulement 420 384 voyageurs à fin février 2021 contre plus de 1,95 million au cours du même mois l’année précédente.

Dans le détail, le trafic a baissé de 71,3 % à l’aéroport Mohammed V avec 211 800 passagers contre 737 816 en février 2020. L’aéroport Tanger Ibn Batouta a enregistré une baisse de 64 %, par rapport à la même période, s’établissant à 37 969 voyageurs. L’aéroport de Marrakech a connu une régression de 93 %. À l’aérogare d’Agadir, la baisse dépasse 88 %. Fes-Saïss et Nador reculent respectivement de 80 % et de 49 %. En conséquence, on note une réduction du mouvement d’avions : une chute de 67 % pour 5 314 rotations. L’aéroport Mohammed V occupe la première place avec 48,63 % du trafic, loin devant Tanger (11 %) et Marrakech (9 %). Quant au fret, il a diminué de 35 % à 5 429 tonnes.

Le parcours de deux femmes entrepreneurs dans le recyclage des déchets

par Malika Alami – lavieeco.com – 26/03/2021

Recyclage des déchets

• DEPUIS DIX ANS, RACHIDA ZAKRI ET OUMAIMA EL BIADI ONT INVESTI DANS L’ACTIVITÉ.
• MAGVAL PARTNERS RECYCLE PLUS DE 500 TONNES DE DÉCHETS/AN DANS LA PÉRIPHÉRIE D’AGADIR.

La valorisation des déchets est un énorme gisement encore à exploiter. Le volume total des déchets au niveau national était estimé à 26,8 millions de tonnes en 2015 et devrait atteindre 39 millions de tonnes en 2030. Pour l’heure les déchets générés par les activités économiques présentent un potentiel de 1,7 million de tonnes, dont la part recyclée n’est que de 641 000 tonnes. C’est dire le potentiel à recycler. Si, pour le moment, cette activité reste fortement dominée par l’informel à près de 80%, des entreprises structurées sont de plus en plus nombreuses à y investir. C’est dans ce domaine où prédominent la gente masculine, que se sont lancées dans un concours de circonstances deux jeunes femmes entrepreneurs de la région du Souss depuis 2011.
Une aventure pleine de découvertes et de défis à relever depuis le premier jour pour Rachida Zakri et Oumaïma El Biadi, toutes deux fondatrices de Magval Parteners et associées à des investisseurs étrangers, des partenaires réunis pour la collecte, le tri et prétraitement des matières recyclables. Tout a commencé par la recherche d’un terrain dans la périphérie d’Agadir. Elles finirent par louer un terrain à proximité de l’axe routier reliant Agadir à Inezgane et Aït Melloul. C’est d’abord le potentiel de recyclage des batteries usagées qui sera leur première expérience. Mais elles s’aperçoivent rapidement que l’activité mobilise beaucoup d’argent avant de faire du volume. Elles décident alors de miser sur d’autres matières recyclables tel le carton et le plastique. Ce dernier offre un potentiel de plus d’un million de tonnes de déchets, mais à peine 70 000 tonnes, soit 7%, de ces déchets sont recyclés. Très vite, les dirigeantes de Magval mettent en place une démarche intégrée pour proposer un service complet en la matière aux entreprises. «Nous offrons une solution pour les matières recyclables et une traçabilité du déchet collecté», avance Rachida Zakri. Aujourd’hui, la société compte une vingtaine de conventions avec des établissements de divers secteurs pour la collecte de leurs déchets recyclables. A leur actif, plus de 500 tonnes par an de déchets recyclés. Mais, dans ce domaine marqué par l’informel, il reste tout de même difficile de se faire une marge bénéficiaire quand on est une entreprise structurée avec toutes les charges que cela impose. Pour l’associée gérante de Magval Parteners, Oumaima El Biadi, la loi 28.00 compte beaucoup de contraintes pour le secteur structuré, sur lesquelles il faut se pencher pour faire avancer l’activité du recyclage. Pour défendre leurs intérêts, les deux jeunes dirigeantes ont adhéré à un GIE constitué dans le Souss Massa, qui réunit des entreprises de l’activité. Il s’agit d’un groupement pour l’amélioration du traitement des déchets des installations de plasturgies dans le Souss Massa.

Infrastructures: la France lorgne les contrats du port de Dakhla et de la LGV Marrakech-Agadir

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Benmini – le360.ma – 25/03/2021

Cover - Infrastructures: la réalisation du grand port de Dakhla et la ligne ferroviaire Marrakech-Agadir dans le viseur de la France

La France, par la voix de son ministre délégué des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, ne cache pas ses visées et entend bien contribuer à la réalisation de grands projets structurants au Maroc, notamment le port Atlantique de Dakhla et la Ligne à grande vitesse (LGV) reliant Marrakech à Agadir.

Interrogé par Le360 sur une éventuelle participation de la France dans la réalisation du futur grand port de Dakhla, le ministre français, qui venait de s’entretenir avec son homologue marocain, Abdelkader Amara, a affirmé que son pays souhaite prendre part aux projets portuaires et continuer d’être un partenaire privilégié du Royaume, affirmant avoir relayé un message dans ce sens au ministre marocain.

Outre le grand port de Dakhla, Jean-Baptiste Djebbari a laissé entendre que la France est disposée à contribuer à la  réalisation de la LGV devant relier Marrakech à la capitale du Souss. Ce dernier projet a été au centre des entretiens entre les deux ministres, ce jeudi 25 mars 2021, à Rabat.

« Nous avons évoqué les grands projets structurants du Maroc dont la LGV pour laquelle nous avons obtenu un accord de principe selon lequel la France pourrait participer au financement « . La France a déjà contribué de façon significative au financement de la LGV Tanger-Casablanca.

Après avoir visité le fleuron portuaire national Tanger-Med, premier port à conteneurs en Méditerranée, le ministre français a rejoint Rabat, jeudi, à bord de la LGV Al Boraq.

Durant son séjour de 48 heures au Maroc, Jean-Baptiste Djebbari devrait évoquer également le partenariat dans le domaine de l’aéronautique, notamment lors de son entretien avec la ministre du Tourisme et du Transport aérien, Nadia Fettah Alaoui. Le 360 a appris que Djebbari pourrait proposer au Maroc l’achat d’avions Airbus, et ce, dans le cadre du renouvellement de la flotte de Royal Air Maroc.

Ce vendredi 26 mars, avant de regagner Paris via Casablanca, le ministre français rencontrera Moulay Hafid Elalami, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique. Au programme figure également une visite des infrastructures et installations du tramway de Casablanca, dont l’exploitation est confiée à RATP Dev Casablanca, filiale à 100% du groupe français RATP.

Agadir : Les plages à nouveau accessibles dès lundi prochain

par Nabil Laaroussi – lopinion.ma – 26/03/2021

Le comité de veille provincial d’Agadir Ida Outanane a décidé de rouvrir les plages, à compter du lundi 29 mars, après une fermeture qui a duré plus de cinq mois en raison de l’état d’urgence sanitaire.

Agadir : Les plages à nouveau accessibles dès lundi prochain

Les gadiris pourront à nouveau accéder librement à la plage et ce dé, le lundi 29 mars. C’est la décision-phare de la réunion du Comité de veille provincial d’Agadir Ida Outanane, tenue mercredi 24 mars, au siège de la région de Souss-Massa. La mise en œuvre de cette décision prévoit l’ouverture des plages de sept heures du matin à six heures du soir.

Rappelons que dans le cadre des mesures de précaution face à la hausse des cas de contamination, les autorités de la province avaient auparavant ordonné la fermeture des commerces de proximité, des magasins, des cafés et des salons à huit heures du soir, tout en les soumettant à des mesures de contrôle comprenant un arsenal répressif en cas de violation des dispositions mises en place.

Le gouvernement approuve l’indemnisation des travailleurs du secteur du tourisme

Parallèlement, le Conseil de gouvernement a approuvé, jeudi 25 mars le versement d’une indemnité aux travailleurs du secteur du tourisme qui exercent leurs activités dans des institutions spécifiques.

Le décaissement de cette indemnité s’inscrit dans le cadre de mesures exceptionnelles au profit d’opérateurs assurés auprès de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), de leurs travailleurs habilités, et de certaines catégories de travailleurs indépendants et non salariés dans le secteur du tourisme, déclaré auprès de la CNSS, et qui a été durement impacté par les répercussions de la crise sanitaire.

Cette compensation concerne à la fois les établissements d’hébergement touristique classés, les agences de voyages agréées et les opérateurs du transport touristique des personnes autorisées par l’autorité gouvernementale en charge des transports.

Il s’agit également des sociétés de manutention détenant un contrat avec des opérateurs des sous-secteurs liés au secteur du tourisme. En outre, le projet de décret approuvé précise les conditions et les critères permettant de bénéficier de l’indemnisation, ainsi que le mode de dépôt des déclarations et leurs délais.

La concurrence devient de plus en plus rude sur le marché d’exportations des fruits et légumes.

agrimaroc.ma – 24/03/2021

Fruits et légumes à export la concurrence devient de plus en plus rude

Les fruits et légumes marocains ont acquis une place de choix sur le marché européen, en raison de leur forte compétitivité. Cependant, malgré les nombreux efforts du secteur, les producteurs et exportateurs font face à une rude concurrence de la part de leurs homologues européens qui désormais produisent hors saison et vendent à des bas prix.

Le Maroc a enregistré une croissance fulgurante de ses exportations de fruits et légumes dans le monde, en particulier sur le marché européen. Cette expansion est liée aux prix auxquels les producteurs vendent leurs produits mais aussi à leur qualité qui ne cesse de s’améliorer.

L’autre avantage de taille dont jouissaient les producteurs marocains était la saison de production des fruits et légumes européens, qui se faisait souvent entre Avril et Septembre. Dès lors, ceci leur permettait d’approvisionner les marchés européens dans la période allant d’Octobre à Avril, sans trop de pression ou de concurrence.

Toutefois, cette époque semble bien révolue. Et pour cause, “des opérateurs internationaux en Espagne, Belgique, Hollande et Benelux, produisent aussi dorénavant hors saison sur une période allant d’octobre à avril”, rapporte Le360 citant L’Economiste. Pire, ils proposent leurs produits avec des prix bas, engendrant une concurrence “agressive” sur le marché.

Dès lors, face à cette situation, des mesures ont été prises dans le royaume, notamment dans la région Souss Massa pour renforcer la structuration du secteur, qui est l’un des facteurs qui pénalise le Maroc à l’export.

Bilan Covid: Les cas actifs sous la barre des 3.500, les infections pas loin des 500.000

lematin.ma – 24/03/2021

Bilan Covid: Les cas actifs sous la barre des 3.500, les infections pas loin des 500.000

Le ministère de la Santé a annoncé ce mercredi 439 nouvelles contaminations au Covid-19 recensées au cours des dernières 24 heures. Ce bilan porte à 492.842 le nombre total des cas d’infection enregistrés dans le Royaume depuis l’apparition du premier cas en mars dernier.

Le département a également fait savoir que, depuis le lancement de la campagne nationale le 29 janvier dernier, la première dose du vaccin a été administrée à 4.284.060 personnes alors que 2.844.916 citoyens ont reçu la 2e dose.

Dans le classement par régions en nombre d’infections enregistrées au cours des dernières 24 heures, Casablanca-Settat occupe la tête du Top 5 avec 324 cas, suivie de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Marrakech-Safi ex-aequo avec 20 nouveaux cas. Rabat-Salé-Kénitra et L’Oriental ferment quant à elles le Top 5  avec respectivement 19 et 17 nouvelles infections. Par contre, aucun cas n’a été annoncé à Guelmim-Oued Noun  au cours des dernières 24 heures.

Dans le classement journalier par villes, le Top 5 est composé de Casablanca (257 cas), Berrechid (23 cas), Mohammedia (17 cas), Nouaceur (17 cas) et Tanger-Asilah (11).

Le ministère a également dénombré 507 patients déclarés complètement rétablis au cours des dernières 24 heures, soit un taux de rémission de 97,5%. A ce titre, le nombre total des rémissions a atteint à ce jour 480.607 cas.
Dans le même intervalle, 11 personnes ont perdu la vie des suites du Covid-19, ce qui porte le bilan total des décès à 8.786 cas, alors que le taux de létalité s’établit à 1,8%.
Ces décès sont survenus dans les villes suivantes : Casablanca (6), Oujda-Angad (2), Beni Mellal (2) et Sidi Kacem (1).

Par ailleurs, le nombre des tests réalisés durant les dernières 24 heures a atteint 10.064 portant ainsi à 5.399.770 le total des tests effectués à ce jour dans le Royaume.
Pour sa part, le nombre des cas actifs s’est établi à 3.449 personnes, dont 418 cas sévères ou critiques (soit 73 cas recensés durant les dernières 24 heures), parmi lesquels 21 sont placés sous intubation.

Voici dans le détail la répartition géographique des 439 nouveaux cas par régions et provinces :
324 cas à Casablanca-Settat : 257 à Casablanca, 20 à Berrechid, 17 à Nouaceur, 17 à Mohammedia, 8 à Settat, 1 Mediouna et 1 à El Jadida.
20 cas à Tanger-Tétouan-Al Hoceïma : 11 à Tanger-Asilah, 4 à M’Diq-Fnideq, 3 à Tétouan, 1 à Chefchaouen et 1 à Larache.
20 cas à Marrakech-Safi : 8 à Marrakech, 5 à El Kelâa Des Sraghna, 4 à Chichaoua et 3 à Essaouira.
19 cas à Rabat-Salé-Kénitra : 5 à Skhirat-Témara, 7 à Sidi Kacem, 5 à Rabat, 5 à Kénitra, 2 à Sidi Kacem et 2 à Salé.
17 cas dans L’Oriental : 11 à Oujda-Angad, 3 à Berkane, 1 à Nador, 1 à Jerada et 1 à Taourirt.
14 cas à Souss-Massa : 7 à Tiznit, 3 à Agadir-Ida Outanane, 2 à Inzegane-Aït Melloul et 2 à Chtouka-Aït Baha.
9 cas à Beni Mellal-Khénifra : 6 à Khouribga, 2 à Beni Mellal et 1 Fquih Bensaleh.
5 cas à Laâyoune-Sakia El Hamra : 4 à Laâyoune et 1 à Boujdour.
5 cas à Dakhla-Oued Eddahab : La totalité à Oued Eddahab.
3 cas à Drâa-Tafilalet : 2 à Midelt et 1 à Ouarzazate.
3 cas à Fès-Meknès : 2 à Fès et 1 à Taza.

Hommage à la parole des Raïssates

par Khadija Alaoui – femmesdumaroc.com – 24/03/2021

Brahim El Mezned vient de consacrer une anthologie aux Rrways, ces poètes chanteurs itinérants amazighes. Cette œuvre qui vient à point nommée met également en lumière les Raïssates (Tarrwaysin) qui, même si elles sont très peu nombreuses, n’en demeurent pas moins des figures importantes de cet art.

Fatima Tabaamrant فاطمة تبعمرانت - Raïssa Tabaâmrant
Fatima Tabaamrant, l’une des plus célèbres Raïssates

La première génération des Raïssates remonte aux années 40 du siècle dernier. Parmi les pionnières, on cite, entre autres, Fatima Belaïd, Raïssa Mbarka, Abouch Tamati, Fatima Tagourant. Ces pionnières présentaient leurs chansons uniquement dans des cadres privés. La seconde génération des Raïssates, représentée par Raïssa Sefia Oltotoua, Raïssa Rkiya Damssiriya et Fatima Tihihit Muqqrn (l’aînée), fait parler d’elles dès 1968. Ces Raïssates n’hésitent pas à se produire et à chanter sur scène la poésie amazighe. Des enregistrements à la radio et en microsillon actent de ce passage et signent, comme le souligne Brahim El Mezned dans L’Anthologie “Rrways, Voyage dans l’univers des poètes chanteurs itinérants amazighes” “l’âge d’or de Tirruysa”. Le chemin est ensuite emprunté par d’autres étoiles de la musique amazighe, à l’instar de Fatima Thihit Sghira et Raïssa Fatima Tabaârmrant qui jouent un rôle incontestable dans le développement du phénomène des Raïssates et la valorisation des chants et de la musique amazighe.

Des pionnières célèbres

Dépositaire d’un patrimoine séculaire, les Raïssates transmettent de génération en génération un savoir-faire musical et poétique. Et si au tout début, elles devaient se contenter de compléter, en chœur, les phrases mélodiques du Rays, elles ont réussi à imposer le droit de porter avec panache la poésie rythmique amazighe sur la scène, envoutant par leurs voix et leurs célèbres joutes verbales, le public. “Certaines Raïssates ont ainsi gagné une grande popularité en interprétant, en solo, des compositions écrites parfois par leurs homologues masculins”, explique l’auteur de L’Anthologie “Rrways, Voyage dans l’univers des poètes chanteurs itinérants amazighes”.

De plus, ces Raïssates, grâce à leur sensibilité féminine, apportent une incroyable touche aux chants. “Si les poètes craignent d’exposer leur fragilité au cours de leurs déclarations amoureuses, leurs pendants féminins osent davantage mettre en avant leur fougue et leurs désirs. Les femmes ont créé la part la plus spontanée et indisciplinée dans l’expression des sentiments”, peut-on lire dans l’Anthologie.

Les grandes fêtes, les célébrations et les festivals sont les rendez-vous privilégiés pour la parole précieuse des Raïssates. C’est dans ce sens que depuis plusieurs années, le Festival Timitar consacre des hommages aux Raïssates, considérées, à juste titre, comme les gardiennes de la musique amazighe. “Les chants des femmes amazighes racontent la vie quotidienne et, en filigrane, leur engagement pour imposer sur la scène l’héritage légué par leurs mères”, rappelle à cet égard Brahim El Mezned.

L’anthologie consacrée aux Rrways et publiée tout récemment liste une douzaine de Raïssates dont des pionnières, mais aussi de jeunes artistes décidées à reprendre le flambeau, et à porter haut et fort la parole des Rrways. “La présence féminine est marquée par plusieurs figures historiquement parlantes, telles Rkiya Damssiriya et Fatima Tihihit, et aujourd’hui, Tabaâmrat… Ces artistes ne représentent malheureusement que 20% de la communauté”, constate Brahim El Mezned.

Aussi, et pour préserver et perpétuer la tradition de Tirruysa et sa féminisation grâce aux Tarrwaysin, la transmission est essentielle. Une mission que les Raïssates connues et reconnues peuvent perpétuer, non pas à la manière traditionnelle, mais comme le maillon fort d’une stratégie de sauvegarde d’un patrimoine culturel immatériel.

Des étoiles au firmament

Aux côtés de Rkia Talbensirt, considérée comme la plus belle voix de la planète Rrwayes, Fatima Tihihit Mzzin ou encore Fatima Tihihit Titrit, célèbres pour leurs joutes verbales, trône en bonne place Raïssa Fatima Tabâamranet, passée maître dans l’art de jouer avec les vers et les métaphores. En effet, et à la différence des autres Raïssates, Tabâamrane écrit elle-même les poèmes qu’elle chante. De plus, les sujets abordés vont à contrario des thèmes habituels et tolérés par les traditions amazighes. Poétesse engagée, la Raïssa chante très peu l’amour, et surtout les maux de la société, et dénonce le chômage des jeunes, le conservatisme, l’obscurantisme, la bigoterie et l’analphabétisme…

Autres noms mis en avant dans cette anthologie, on retrouve Raïssa Mina Tawirit qui a également démarré sa carrière à l’âge de 13 ans, la Raïssa Mina Tabaamrant présentée comme une artiste atypique et une des rares instrumentalistes actuelles de la musique amazighe ou encore Aïcha Tachinwit. Cette dernière est célèbre pour ses danses et ses déhanchés inimitable et son sens de la sensualité qui en font, comme le rappelle l’Anthologie de Brahim EL Mezned, la favorite des Rrways.

Depuis le milieu des années 90, d’autres Raïssates, à l’instar de Raïssa Naïma, plus connue sous le nom de Raïssa Tisslatine ou encore Naïma Bent Oudaden, nom sous lequel elle a réalisé une grande partie de sa carrière, qui “s’est imposée par une grande maîtrise de l’art des Rrways et son talent à lui apporter une touche moderne et originale, tout particulièrement sur le plan chorégraphique”. En 2016, Zahra Yassine qui a démarré sa carrière en remportant plusieurs prix, marque de sa présence la planète des Rrways. C’est le cas également de Keltouma Tamazight qui se fait remarquer dès 2014 grâce à sa “talentueuse interprétation d’œuvres de Rrways immortels”, lit-on dans l’Anthologie.

La relève est-elle pour autant assurée? “Le conservatisme pousse les gens à ne pas poursuivre ces traditions, surtout dans le milieu urbain. Le rôle joué par ces chanteuses interprètes d’un riche patrimoine est capital pour la musique de la région du Souss ”, estime Brahim El Mezned. Aussi, et grâce à l’implication de quelques irréductibles, l’art de Tarrwaysin pourrait espérer encore de beaux jours devant lui. 

Un ouvrage de référence

Deux années de travaux de recherche et des centaines d’heures d’enregistrement, de mixage et de mastering ont donné naissance à l’Anthologie “Rrways, Voyage dans l’univers des poètes chanteurs itinérants amazighes”. Porté par Brahim El Mezned, l’ouvrage se présente sous la forme d’un coffret de 10 albums réunissant une sélection de 100 titres enregistrés par plus de 80 artistes, au studio Hiba à Casablanca. Ils sont accompagnés de 3 livrets de 120 pages, en arabe, français et anglais. Née de la volonté de préserver et valoriser cette part majeure du patrimoine immatériel du Maroc, tout en lui redonnant la place qu’il mérite, “l’Anthologie est un hommage aux Tarrwaysin et aux Rrways, trésors humains vivants, ainsi qu’à toutes les personnes qui continuent de perpétuer cette tradition artistique qui fait partie intégrante de notre patrimoine musical national.”

Disponible sur librairie.ma, au Carrefour des livres, et dans différentes librairies à Casablanca, Rabat et Agadir.

NOMMÉE, HIER, PAR SM LE ROI MOHAMMED VI: BIOGRAPHIE DE MME ZINEB EL ADAOUI NOUVEAU PREMIER PRÉSIDENT DE LA COUR DES COMPTES

fr.hibapress.com – 25/03/2021

Mme Zineb El Adaoui que SM le Roi Mohammed VI a nommée au poste de Premier Président de la Cour des Comptes, est née en 1960 dans la Province d’El Jadida.
Titulaire d’un Diplôme des Études Supérieures en Sciences Economiques, Mme Zineb EL Adaoui a entamé sa carrière en 1984 en qualité de Juge à la Cour des Comptes, avant d’occuper, en 2004, le poste de Présidente de la Cour Régionale des Comptes de Rabat.

Elle a été désignée membre de la Commission consultative de la Régionalisation en 2010, du Conseil National des Droits de l’Homme en 2011 et de la Haute Instance du Dialogue National sur la Réforme de la Justice en 2012.

Le 20 janvier 2014, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a nommé Mme Zineb El Adaoui Wali de la Région du Gharb Chrarda-Béni Hssen et Gouverneur de la Province de Kénitra.

La confiance de Sa Majesté le Roi a été renouvelée en la personne de Mme EL Adaoui en la nommant, le 13 octobre 2015, Wali de la Région de Souss-Massa et Gouverneur de la Préfecture d’Agadir-Ida-Ou-Tanane puis Wali, Inspecteur Général de l’Administration territoriale à partir du 25 juin 2017.

Mme Zineb EL Adaoui a été décorée, en 2013, du Ouissam Al Moukafaa Al Watania de Grand Officier.

Elle est mariée et mère de deux enfants.

Lixiviat au Maroc : La poudre et le mucilage de cactus comme solution magique ?

par Yassine Benargane – yabiladi.com – 24/03/2021

Si la décharge d’Oum Azza, située à 30 kilomètres à l’est de Rabat, est à l’origine d’une pollution de l’Oued Bouregreg, qui provoque des odeurs insoutenables, plusieurs traitements du lixiviat sont expérimentés ou adoptés dans d’autres régions du Maroc.

Le traitement des lixiviats a toujours constitué l’un des défis majeurs de la lutte contre la pollution au Maroc. Depuis plusieurs années, des experts et des militants alertent sur les dangers de cet effluent, habituellement stocké dans des réservoirs au niveau de certaines décharges du royaume avant de s’en débarrasser de différentes manières, en attente d’une réelle solution.

Cette problématique n’est pas nouvelle. Déjà en 2018, en marge des travaux du salon Pollutec Maroc (2-5 octobre 2018), le secrétariat d’Etat chargé du développement durable avait organisé une table ronde relative aux solutions possibles pour le traitement du lixiviat. Le département avait ainsi attiré l’attention sur les conséquences de l’infiltration de cet effluent liquide aux eaux souterraines et le risque de pollution de cette ressource, d’autant plus que le royaume est confronté au stress hydrique.

Rabat-Salé, Kénitra mais également Agadir

L’absence de solution et la période d’inaction marquant la période du confinement ont toutefois aggravé ce problème, décuplant ainsi les risques d’une catastrophe naturelle. C’est le cas de Rabat et Salé, où les habitants ont dénoncé des odeurs nauséabondes émanant du Bouregreg. Des élus de la FGD ont alors affirmé que «la source de la pollution est la décharge d’Oum Azza», et plus précisément le lixiviat, liquide issu de la fermentation naturelle des déchets stockés dans la décharge pendant des années. Pire, les élus ont dénoncé, cette semaine, le fait que cette substance, acheminée en camions citernes vers la station de prétraitement des eaux usées à Bouknadel, serait déversée directement dans les eaux maritimes.

Mais le lixiviat préoccupe plusieurs villes du Maroc. En effet, outre Rabat et Salé, Mustapha Addah, membre de l’Association du Gharb pour la protection de l’environnement basée à Kénitra, avait confié à Yabiladi que la décharge d’Oulad Berrjal, située à Kénitra, «déverse aussi des lixiviats dans le Sebou et la nappe phréatique».

Agadir semble aussi dépassée par le lixiviat généré par ses déchets ménagers. L’effluent est ainsi stocké dans sept réservoirs de la décharge de Tamellast, mais son débit quotidien accélère la saturation des réservoirs de stockage.

Plusieurs solutions pour un traitement approprié

Le lixiviat présente un danger pour l’environnement et nécessite ainsi un traitement approprié. Mais si ces solutions se font attendre au niveau de certaines décharges du royaume, des procédés plus pratiques et moins couteux, existent. Dans une étude publiée la semaine dernière dans la revue Nanotechnology for Environmental Engineering, cinq chercheurs du Laboratoire Matériaux et Environnement du département de Chimie de la Faculté des Sciences d’Agadir sont revenus sur une expérience réalisée en laboratoire pour l’élimination du lixiviat, avec un traitement «simple, peu coûteux et efficace».

Ils ont ainsi fait appel à «deux techniques utilisant des matériaux naturels locaux» qui ont été combinées pour obtenir des résultats significatifs, à savoir la coagulation et l’infiltration-percolation. «La poudre de cactus et le mucilage de cactus ont été sélectionnés pour traiter le lixiviat par coagulation et le sable titanifère comme matériau filtrant pour le processus d’infiltration-percolation», expliquent-ils.

Les cinq chercheurs marocains ajoutent que les expériences à l’échelle du laboratoire montrent des résultats «très intéressants». «En raison de son efficacité à la dose de 20 mg/l à pH 11, l’effluent traité au mucilage de cactus a été choisi pour subir un traitement secondaire. L’élimination de la turbidité et de la conductivité électrique obtenue après infiltration-percolation est respectivement de 97% et 39%», se félicitent-ils dans leur étude.

De plus, il existe d’autres solutions adoptées au Maroc, qui peuvent inspirer les décharges souffrant de ce problème. A titre d’exemple, Meknès accueille un site qui garantit un traitement du lixiviat. Faisant appel, depuis décembre, à la technologie Evalix breveté par le Groupe Suez, sa décharge sèche les effluents concentrés en utilisant la chaleur issue de la combustion du biogaz. Et avant cette technologie, la station de traitement des lixiviats de la ville disposait d’un bioréacteur à membranes d’ultrafiltration suivi d’une filtration par osmose inverse.

Journée mondiale de l’eau : l’or bleu, tenu faussement pour acquis

par Chady Chaabi – libe.ma – 24/03/2021

Ala nuit tombée, la confrontation fait rage entre les agriculteurs de la région de Marrakech et les agents de contrôle de la direction générale de l’eau. S’estimant dans leur droit en raison du stress hydrique que connaît la région, les agriculteurs, tapis dans le noir, pompaient du fleuve artificiel censé acheminer l’eau à partir du barrage artificiel de Sidi Rahal vers Marrakech, de quoi irriguer leurs champs agricoles. Un bras de fer à l’image du stress hydrique qui caractérise le Royaume : de plus en plus préoccupant et de moins en moins tenable sur la durée, en l’absence d’une gestion remodelée.

Sécheresse et cultures gourmandes en eaux
Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Les champs desséchés le long des plaines surplombant Agadir faisant foi. Là aussi, la sécheresse persistante de ces dernières années combinée à des cultures gourmandes en eaux, a poussé les autorités à réserver l’eau des barrages uniquement aux habitants, en attendant le lancement, semble-t-il imminent, de la station de dessalement d’eau de mer d’Agadir. A Imilchil, c’est plutôt l’agriculture vivrière qui met sous pression le lac Tislit. A la lumière de ces éléments, l’importance de l’eau et sa raréfaction dans le pays s’apparentent à un doux euphémisme alimenté par des chiffres inquiétants, d’autant que le secteur agricole pèse 14% dans le PIB national, premier contributeur devant le tourisme et l’industrie. D’après le World Ressources Institute (WRI), le Maroc atteindra un niveau de stress hydrique extrêmement élevé d’ici 2040. Autrement dit, dans une vingtaine d’années, la demande en eau dépassera les ressources disponibles en passant sous la barre symbolique des 1.000 mètres cubes d’eau douce par habitant sur une période d’un an. Au vrai, c’est déjà le cas. Selon l’ONU, le Maroc est considéré en stress hydrique avec seulement 500 mètres cubes d’eau douce par habitant et par an, contre 2.500 mètres cubes en 1960. Un assèchement des ressources hydriques conséquent et rapide fond comme neige sous un brûlant soleil d’été.

L’eau est faussement considérée comme intarissable
Signe que les ressources en eau du Royaume se tarissent, les agriculteurs de Marrakech et sa région se heurtent à une triste réalité dont ils se croyaient immunisés. Réalité à laquelle leurs homologues de Zagora ont été confrontés il y a plusieurs années, à cause d’une gestion des ressources hydriques pour le moins crispante. Bref, le nouvel or bleu qui a longtemps été considéré comme une ressource acquise est plus que jamais en péril. “Malheureusement, ici sur Terre, l’eau est trop souvent considérée comme acquise. Et le risque de la déprécier est bien trop grand pour qu’on puisse l’ignorer», conviennent les auteurs du rapport 2021 des Nations unies (ONU) sur les ressources hydriques. Publié le 22 mars par l’UNESCO, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, ledit rapport a pour but de valoriser l’eau, une ressource inestimable, irremplaçable et surtout vitale, à tel point que les humains essayent d’en trouver sur Mars, à plus de 62 millions de kilomètres de la planète Terre. « Ne pas attribuer assez de valeur à l’eau dans tous ses emplois constitue une cause majeure, voire un symptôme, de la négligence politique vis-à-vis de l’eau et de la mauvaise gestion de celle-ci », affirme le copieux rapport, basé sur une masse d’études qu’il synthétise afin que les pays prennent à la fois la mesure monétaire, mais aussi éthique et morale, des valeurs ajoutées que l’eau nous offre.

La disponibilité de l’eau douce en déclin
Le premier frein à cette prise de conscience mondiale est donc le sentiment d’avoir entre les mains une ressource intarissable, mais c’est un leurre. “La disponibilité de l’eau douce est en déclin”, prévient l’ONU. Puis d’ajouter : “Tout y concourt : l’extraction intensive et excessive des eaux souterraines, la perte accrue de celles de surface et la réduction de la capacité des réservoirs artificiels”. Dans un monde parfait, ce constat devrait servir pour reconsidérer la valeur de l’eau sur cette planète. Le problème, c’est qu’à la différence de l’or, du bois ou de la tonne de CO2, il n’existe pas de chiffres pour qualifier la valeur de l’eau, car il faut y intégrer de multiples perspectives. C’est difficile, par exemple, de montrer à un ministre de l’Agriculture l’étendue des services qu’elle rend», regrette Richard Connor, rédacteur en chef du rapport 2021. En effet, comment appréhender la valeur de l’eau de manière juste et efficace alors que, par exemple, les zones humides sont peu considérées (voir notre édition du 4 mars 2021) ? Ces écosystèmes naturels abritent des espèces rares, contribuent au contrôle des crues, à la séquestration du carbone, à l’atténuation de la pollution et attirent des visiteurs. Pourtant, ils sont détruits sans regret principalement à cause d’une urbanisation poussée à l’extrême. En clair, ce n’est pas la valeur écologique de l’eau qui risque d’éveiller les consciences. Qu’en est-il des considérations économiques ? Une pénurie d’eau et des ruptures dans les services d’approvisionnement, ou encore les dégâts causés par des inondations auront indéniablement des conséquences économiques majeures, a fortiori dans le secteur agricole qui représente environ 4% du produit intérieur brut (PIB) mondial. Conséquences qui se chiffrent en sommes astronomiques, sans pour autant englober la totalité des effets de l’eau sur l’environnement, dont l’attrait des paysages, la santé, le bien-être, les avantages socio-culturels, spirituels et le bonheur.

Manque de services d’eau et d’assainissement
Le bonheur justement, parlons-en. On doute fortement que ce soit avec ce sentiment que plus de 230 millions de personnes dans le monde passent plus d’une demi-heure par jour à aller s’approvisionner au puits ou à la borne du quartier. Essentiellement des femmes et leurs filles, selon l’Unicef, qui ajoute qu’elles y consacrent 200 millions d’heures par jour, soit 22.800 ans au total. Pis, en 2021, plus de 3 milliards de personnes ne disposent toujours pas d’équipement leur permettant de se laver les mains, et deux établissements de soins sur cinq en sont dépourvus. De plus, l’absence d’hygiène au moment de l’accouchement est à l’origine d’infections qui tuent plus de 1 million de nouveau-nés et sont responsables de 11% des décès maternels. En somme, trouver le bonheur avant l’eau n’est qu’illusion. Et cela ne risque pas de changer de sitôt. D’après le même rapport, on constate que dans 136 pays à revenu faible et intermédiaire, le manque de services d’eau et d’assainissement entraîne des pertes économiques annuelles de 260 milliards de dollars, l’équivalent de 1,5% de leur PIB. Dès lors, subventionner ces services se «justifie tant d’un point de vue économique que social et moral», note le rapport. Toutefois, ces aides publiques serait mal ciblées et sources de corruption selon le rapport publié par l’UNICEF. En se basant sur une recherche datée de 2019, dans dix pays à revenu faible et intermédiaire, le rapport montrait qu’en moyenne 56% des subventions profitent aux 20% les plus riches et à 6% aux 20% les plus pauvres. Mais si dans quelques années, l’eau venait à être encore plus précieuse que l’or, la richesse prendra la forme liquide de l’eau, à n’en pas douter.

LE MAROC RÉCEPTIONNE UN NOUVEAU NAVIRE DE RECHERCHES OCÉANOGRAPHIQUES

Par Mohamed Younsi – le360.ma – 24/03/2021

navire océanographique

Le Maroc vient de réceptionner un nouveau navire de recherches océanographiques. La nouvelle installation a été baptisée du nom du savant marocain Abou Al-Hassan Al-Marrakchi.

Le Maroc renforce son arsenal de recherches océanographiques. C’est ainsi qu’un nouveau navire de recherches océanographiques a été réceptionné au port d’Agadir. Sans tapage médiatique, la nouvelle installation de recherches océanographiques a été baptisée, sur ordre royal, du nom du savant marocain Abou Al-Hassan Al-Marrakchi, mort en 1262, qui était célèbre dans les domaines de l’astronomie, des mathématiques et de la géographie, rapporte le quotidien Al Massae dans son édition du jeudi 25 mars.

D’une longueur de 48 mètres et d’une largeur de douze mètres, ce nouveau navire est équipé de technologies de pointe pour promouvoir la recherche multidisciplinaire de l’écosystème marin. La nouvelle installation mise à l’eau au port d’Agadir servira surtout dans le domaine de la prospection scientifique multidisciplinaire. Financé à hauteur de 480 millions de dirhams par un prêt accordé par le gouvernement japonais, en vertu d’un accord signé entre les gouvernements des deux pays en 2017, le nouveau navire sera mis en œuvre pour le traçage des frontières maritimes marocaines dans les prochains jours.  Ce que Madrid n’aurait pas vu d’un bon œil, poursuit le quotidien, qui rappelle le contexte géopolitique, surtout après la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara marocain.  

Le nouveau navire de recherches océanographiques contribuera au renforcement de la recherche scientifique et au développement des ressources halieutiques. Il permettra à l’Institut national de recherche halieutique (INRH) d’approfondir les recherches dans le domaine halieutique et de suivre les stocks halieutiques à des profondeurs allant jusqu’à 1.000 mètres. En fait, ajoute le quotidien, il s’agit d’un laboratoire mobile qui permettra également à l’INRH de construire un écosystème au bénéfice du développement durable et d’approfondir les recherches halieutiques et scientifiques.

Dessalement de l’eau de mer: une option appropriée pour atténuer le stress hydrique

par C. Jaidani – fnh.ma – 24/03/2021

Dessalement de l’eau de mer: une option appropriée pour atténuer le stress hydrique
Plusieurs projets lancés, fruit d’un partenariat public-privé.
Avec les stations de dernière génération, la capacité de production atteindra un milliard de m3.

Situé entre le sud de la Méditerranée et le grand Sahara, le Maroc est baigné par un climat semi-aride. Avec l’essor démographique et économique, les besoins en eau du pays ne cessent d’augmenter. Le dessalement de l’eau de mer est une option adoptée par le gouvernement pour faire face au tarissement des ressources hydriques.

Des stations dédiées sont lancées dans les régions les plus impactées par la sécheresse. Ainsi, des stations ont vu le jour à Laâyoune, Boujdour, Tan-Tan et Akhfenir. D’autres sont en projet comme celles de Dakhla, Safi, Al Hoceima, Agadir ou Casablanca. La dernière est considérée de grande taille, l’une des plus importantes de toute l’Afrique. Elle aura une capacité de production de 300 millions de m3 et alimentera en eau potable la métropole et sa région, soit une population cible de 7,4 millions d’habitants qui passera en 2030 à près de 9 millions.

Le principal défi de ces stations de dessalement est de maîtriser les coûts de production. Les stations de dernière génération en projet à Agadir et Casablanca ont opté pour la technique de l’osmose inverse, plus performante, moins budgétivore et énergétivore que celle dite par distillation. La station d’Agadir est spécifique à plus d’un titre. Outre sa dimension, elle est la première en son genre au Maroc, et assure une mutualisation entre production d’eau potable et irrigation. Elle représente aussi le plus important chantier réalisé dans ce domaine grâce au partenariat public-privé.

Le projet prévoit également une contribution des agriculteurs à travers des souscriptions en contrepartie d’une eau d’irrigation facturée à un prix très bas d’environ 50% de son coût. Cette station a, elle aussi, opté pour les derniers procédés technologiques, notamment l’osmose inverse, le système d’échangeurs de pression et le raccordement à l’électricité propre afin de réduire les coûts de production. Lancée en juillet 2018, le site devrait être opérationnel dans les semaines à venir. Il a mobilisé une enveloppe budgétaire de 4,41 milliards de DH, ventilée entre 2,35 milliards de DH pour le volet irrigation et 2,06 milliards de DH pour l’eau potable.

La station produira dans un premier temps un volume de 275.000 m3/jour, dont 55% pour l’eau potable. La capacité sera portée à terme à 400.000 m3/ jour répartie équitablement entre l’irrigation et les besoins domestiques. Ce projet devrait réduire substantiellement la pression sur les ressources hydriques dans la région du Souss, qui a été contrainte au cours de cet été de rationaliser les approvisionnements en eau à travers des coupures quotidiennes entre 22h et 6h.

Dans l’ensemble, le Maroc sera doté de 8 stations de dessalement, qui permettront de produire dans quelques années un milliard de m3 d’eau et limiter le stress hydrique. Il est utile de rappeler que le potentiel des ressources en eau par habitant est passé de 2.500 m3/habitant/an durant les années 60 à 1.000 m3/habitant/an durant les années 90, et à moins de 800 m3 actuellement. En 2030, la dotation en eau ne sera plus que de 500 m3/ habitant/an. Le Royaume est le 23ème pays le plus menacé par les pénuries d’eau, selon le dernier rapport du World Resources Institue (CRI) qui a étudié la situation de 165 pays.

Quid du coût de production ? Le coût de production d’un m3 d’eau dessalée au Maroc s’élève à environ dix dirhams. Il est assez compétitif par rapport aux autres pays. Plusieurs paramètres sont pris en compte, à savoir la qualité de l’eau, la capacité de production de la station et le coût de l’énergie. Plus la capacité de production est élevée, plus le coût est réduit. Le coût énergétique, quant à lui, correspond à 60% du coût de production du m3. Plus le prix d’énergie est bas, plus le prix est réduit.

Lancement officiel des travaux de la 1ère ligne d’”Amalway Agadir Trambus”

infomediaire.net – 24/03/2021

Les travaux de la première ligne de Bus à Haut Niveau de Service d’Agadir “Amalway Agadir Trambus” ont été lancés mardi à Agadir, lors d’une cérémonie présidée par le Wali de la Région Souss Massa et gouverneur de la Préfecture d’Agadir-Ida Outanane Ahmed Hajji. Un an après le démarrage du programme et l’attribution des marchés relatifs aux premières phases du projet, le lancement officiel des travaux de la première ligne marque le début d’une grande transformation du paysage urbain d’Agadir pour accueillir la plateforme dédiée à ce moyen de transport inédit, gage d’une montée en gamme de l’ensemble des déplacements urbains de la ville à l’horizon 2023.S’inscrivant dans le cadre du Programme de Développement Urbain d’Agadir 2020-2024, signé en février 2020 sous la Présidence effective de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette première tranche, d’une longueur de 3,9 km, débute du Port d’Agadir jusqu’au carrefour El Kamra, en passant par l’Avenue Mohammed V, l’Avenue Général Kettani et l’Avenue Hassan II. À terme, ce tronçon comprendra deux pôles d’échanges et un total de 11 stations implantées avec une équidistance moyenne de moins de 440 mètres pour faciliter l’accès au trambus. Les premiers travaux, relatifs à l’infrastructure de circulation du trambus, seront menés par la société marocaine Générale Routière, filiale de NGE, groupe français de bâtiment et travaux publics. Ils bénéficieront d’une enveloppe de 123,90 millions de dirhams et nécessiteront 14 mois de réalisation pour une date d’achèvement prévue en juin 2022. Porté par la Société de Développement Local Grand Agadir pour la Mobilité et les Déplacements Urbains, ce projet permettra d’améliorer les conditions de vie des habitants du Grand Agadir, de promouvoir une mobilité durable et une requalification urbaine d’un grand nombre de quartiers, tout en intégrant une dimension environnementale et en contribuant à l’attractivité de la métropole. Maître d’Ouvrage Délégué du projet, la SDL Agadir Mobilité, en charge de la réalisation de la première ligne de Bus à Haut Niveau de Service d’Agadir, dispose d’un budget de 1,2 milliard de dirhams pour mener à bien ce projet selon un calendrier conforme aux prévisions du PDU d’Agadir 2020-2024.Le planning de ce premier lot prévoit plusieurs étapes. Les travaux préparatoires de dévoiement des réseaux téléphoniques, électriques et d’adduction d’eau sont aujourd’hui en cours d’achèvement et seront suivis de la réalisation de voiries provisoires permettant le basculement de la circulation et des travaux de l’infrastructure façade à façade qui comprendront la réalisation de l’ensemble des ouvrages du projet, à savoir les voiries, la plateforme du BHNS et les quais. Au regard du respect du cadre de vie des citoyens et des normes actuelles d’intervention, la SDL Agadir Mobilité s’engage à maîtriser l’impact du projet durant toute la période des travaux : maintenir le chantier propre, garantir l’accessibilité aux commerces, aux lieux de travail et aux habitations, garantir la sécurité et l’accessibilité des piétons, maintenir une circulation fluide et assurer une information continue aux citoyens. Afin d’accompagner le chantier de réalisation titanesque de la première ligne de BHNS au cœur d’Agadir, une importante communication sera déployée auprès du grand public, sous la forme de panneaux, bulletins numériques et posts sur les réseaux sociaux, elle permettra aux citoyens de faire connaissance avec cette nouvelle infrastructure urbaine et de se l’approprier avant même sa mise en service. Une information en temps réel préviendra ainsi les habitants de toute nuisance occasionnée, de même qu’elle annoncera toute adaptation temporaire aménagée pour conserver les accès aux commerces, lieux de travail et habitations. D’ores et déjà, un site web moderne, responsive et bilingue est en ligne sur internet. Du projet à la mise en service, en passant par les travaux de réalisation, le site offre, en toute transparence, un tour d’horizon complet sur l’ensemble du projet Amalway Agadir Trambus. Ont été présents lors de cette cérémonie les Présidents du Conseil régional Souss Massa, du Conseil communal d’Agadir et de l’Établissement de Coopération Intercommunale “Grand Agadir”.

Journée Mondiale de l’eau à Agadir avec Surf Rider Foundation Maroc

A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau et sous le slogan « La place de l’eau dans nos sociétés et comment la préserver  » , Lundi 22 mars à Agadir, l’ Association Marocaine Surf Rider , en partenariat avec l’Agence du Bassin de l’Eau de Souss Massa, de la Direction Régionale du Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle à Agadir Idoutinan, a organisé des campagnes de sensibilisation au sein des établissements d’enseignement suivants:
–          École primaire Ibn Sina;
–          École primaire Ibn Hanbal.
Une soixantaine d’ étudiants ont été sensibilisés à l’ importance de la conservation de l’eau et de la pollution de l’eau, en plus du phénomène d’intrusion d’eau de mer dans les eaux souterraines, et les ateliers se sont conclus avec les gestes environnementaux qui doivent être adoptés afin de protéger les ressources en eau. 

Quelques photos de cette journée :

Pour plus d’informations contacter :

Responsable Communication : RKIA DROUICHE
Téléphone : +212623945967

Email : rkia@surfridermaroc.com

FRANÇAIS DU MONDE : ELECTIONS CONSULAIRES du 30 MAI 2021.

Français du monde — Wikipédia

Français du Monde a le plaisir de vous présenter la composition de sa liste pour les élections des Conseillers des Français de l’Etranger qui aura lieu le 30 mai 2021.

ENSEMBLE POUR GARANTIR VOS DROITS

-1) Martine Rebecchini, Présidente de Français du Monde Agadir et Conseillère sortante
-2) Jackie Beaurain, Journaliste retraité
-3) Corinne Charton, Psychothérapeute
-4) Lahsen Achik, Chef d’entreprise
-5) Fatima Mjidi, Coach bancaire, Présidente-Fondatrice du Rotary Club Agadir Oufella Renaissance
-6) Damien Lopez, Enseignant au Lycée Français International d’Agadir

Martine REBECCHINI
Présidente Français du Monde Agadir

UFE : ELECTIONS CONSULAIRES du 30 MAI 2021.

Chers Adhérents, chers amis,

Le 30 mai prochain, vous serez appelés à élire vos trois Conseillers des Français de l’étranger, élus de proximité, au consulat d’Agadir. Cette élection au suffrage universel direct à un seul tour est un scrutin proportionnel.

Nous avons l’honneur de vous présenter notre liste indépendante :
          
          UNION POUR LES FRANCAIS DU SOUSS MASSA

qui se veut représentative de tous nos Compatriotes de la circonscription dans leur diversité, sans aucune distinction politique, partisane ou confessionnelle. 

Cette liste est composée de Femmes et d’Hommes reconnus pour leur engagement associatif et leur présence sur le terrain depuis de nombreuses années :
 1) Catherine TRIBOUART, Vice-Présidente de l’UFE Agadir
– 2) Jean-Claude ROZIER,  Président de l’UFE Agadir. Conseiller sortant. Fonction qu’il occupe depuis 7 ans
– 3) Nadia FEHMI, Chef d’entreprise dans le commerce
– 4) Roland ESCOBAR, Président de l’Amicale Francophone de Taroudant. Chef d’îlot de cette même ville.
– 5) Nadia ANBARE, Manager Sénior d’un cabinet d’expertises comptables et de commissariat au comptes.
– 6) Jean-Pierre BECK, Responsable UFE de la section AGLOU- TIZNIT, MIRLEFT et SIDI IFNI.

Nous comptons sur vous !


                                          Chaleureusement vôtres,
Jean-Claude ROZIER                                Catherine TRIBOUART
Président UFE Agadir                                 Vice-Présidente UFE Agadir

L’art de gouverner au Maroc : discussion avec Mohamed Tozy et Béatrice Hibou

par Mehdi Michbal – medias24.com – 23/03/2021

L’art de gouverner au Maroc : discussion avec Mohamed Tozy et Béatrice Hibou

Le philosophe français Gilles Deleuze disait qu’un penseur ou un philosophe, c’est celui qui crée des concepts. Et c’est justement ce qu’a fait le duo Mohamed Tozy et Béatrice Hibou dans leur dernier ouvrage : « Tisser le temps politique au Maroc : imaginaire de l’Etat à l’âge néolibéral » (Ed. Khartala, 2020). 

Un ouvrage fondateur, fruit comme nous le raconte M. Tozy, de trente années de travail, de recherches, de rencontres, de réflexions, qui conceptualise de manière nouvelle et étonnante l’art de gouverner au Maroc. Un pays où selon les deux chercheurs deux temps politiques s’enchevêtrent, celui de l’Etat impérial d’avant le protectorat et celui de l’Etat nation. Un tissage, précisent-ils, et non une coexistence, qui est présent au même moment, et de manière presque inconsciente chez tous les acteurs de la sphère publique. Mais qui, selon les deux chercheurs, n’est pas propre au Maroc, et peut être utilisé comme grille d’analyse aux modes de gouvernement de tous les Etats. Une théorie d’Etat-tapisserie qui est donc universelle, mais que M. Tozy et B. Hibou appliquent dans leur ouvrage au Maroc pour nous amener à voir le royaume avec de nouvelles lunettes. Et à lire les rapports de force qui s’y jouent, son mode de gouvernement, autrement. 

Ce concept initial de tissage ne peut toutefois exister sans un imaginaire collectif qui le porte, l’accepte et qui trouve normal ce jeu d’aller-retour entre deux registres temporels. Une notion d’imaginaire que les deux chercheurs explorent, exemples à la clé, et qui aboutit in fine à cet équilibre social, politique, étatique marocain – qui pourtant paraît à première vue incohérent, diffus, schizophrénique. 

Dans cet ouvrage, un des meilleurs écrits jusque-là sur l’art de gouverner au Maroc, M. Tozy et B. Hibou prennent certes des partis pris théoriques courageux, nouveaux et qui peuvent être clivants, mais n’émettent aucun jugement de valeurs sur les modes de gouvernance, le jeu des acteurs ou ce yoyo permanent entre passé impérial archaïque et Etat-nation moderne. Ils ne font que constater et analyser une situation donnée, à laquelle ils essayent de donner un moule théorique, conceptuel. 

Le résultat est une sorte de « théorie des jeux » à la John Nash (un des génies des maths du siècle dernier, lauréat du prix Nobel d’économie en 1994 et du prix Abel pour les mathématiques en 2015), sans formulation mathématique, mais qui dans sa logique explique comment au Maroc, on arrive à atteindre un certain équilibre de gouvernement en jouant avec différentes variables, spatiales et temporelles, qui sont à la fois différentes, parfois même contradictoires, mais qui se mélangent parfaitement pour ne faire qu’un. 

– Médias24 : Commençons d’abord par le titre de votre livre : le tissage du temps politique et l’imaginaire de l’Etat néolibéral. Pourquoi ce choix, ces mots ? Et à quoi renvoient ces concepts ? 

Mohamed Tozy : Le titre renvoie à deux choses au moins. D’abord, à un parti pris théorique : on ne peut comprendre l’Etat, comment se construit l’art de gouverner, comment se lisent les rapports de forces politiques ou comment les différentes subjectivités des acteurs doivent être analysées sans s’inscrire dans un temps long. Ce temps long, c’est celui de la maturation de ce livre, fruit d’un travail à deux et qui a duré une trentaine d’années. C’est aussi celui de la temporalité des entretiens : certains acteurs ont été fréquentés depuis le début de notre travail, et nous avons pu les rencontrer – et les comprendre – à des moments très différents de leur vie : en opposition ou en responsabilité, dans la vie active ou à la retraite, dans un moment de succès ou au contraire dans une traversée du désert… Ce temps long c’est surtout celui de l’État. L’histoire d’un État est presque un temps géologique. Il y a des strates, des sédimentations, des érosions… Cette première idée est importante. Elle explicite la singularité du Maroc sans la rendre elle-même singulière. C’est une singularité qui se construit historiquement mais qui en soit est banale. Elle n’est en rien propre au Maroc. Le Maroc est un État comme les autres qui s’inscrit dans une trajectoire historique.

Pour faire respecter le confinement, une décision d’un Etat-nation, le Maroc a trouvé naturel de penser à L’mqaddem, au Qaid, qui viennent, eux, d’une autre temporalité, celle de l’Empire. 

Béatrice Hibou : La deuxième idée que le titre veut transmettre, c’est celle du temps tissé. Concrètement, le temps tissé, cela veut dire qu’à un moment donné, plusieurs temporalités s’enchevêtrent et s’interpénètrent. C’est parfois le même individu qui construit son geste, sa représentation, son rapport à l’autre, en croisant différentes temporalités, autrement dit différents registres de sens. Ce qui peut être lu comme de la contradiction, de la confusion, de la schizophrénie, nous le lisons comme l’enchevêtrement de différents registres de sens issus de temporalités différentes, enchevêtrement qui donne un spectre très large d’interprétation. 

L’actualité elle-même de l’acte est construite par cet enchevêtrement de temporalités. Et ce spectre évite les malentendus. Le cas du Maroc et des Marocains est intéressant parce que, dans tous leurs gestes, ils ont tendance à évoquer ce discours sur l’historicité. Ce discours est, bien évidemment, idéologique : le Maroc serait différent des autres pays, parce qu’il aurait une historicité plus longue. En réalité, cette historicité est générale. Mais le cas du Maroc a l’intérêt d’être explicité et d’être vécu sans contrainte, ce qui a été pour nous un matériel fascinant pour théoriser notre « temps tissé ». 

– Ces temporalités différentes sont celles de l’Etat impérial et l’État-nation selon votre analyse. Y a-t-il un exemple concret d’un acte de gouvernement où il y a un enchevêtrement entre ces deux temps ?

MT : Prenons le cas le plus simple : la décision du confinement prise en mars 2020. Et essayons d’en faire la chronologie. Il y a eu d’abord une décision de confiner les gens, de fermer les frontières. C’est un acte qui est inscrit dans la temporalité d’un État-nation, qui a des frontières et qui décide de les fermer. Dans le Maroc précolonial, il n’y avait pas de frontières, il n’y avait que des confins, aux délimitations floues, sans cesse négociées. Et cette conception n’est pas uniquement passée : aujourd’hui, dans le rapport à la diaspora marocaine par exemple, le Maroc n’a pas de frontières. Le principe de l’allégeance perpétuelle et la responsabilité de l’Etat vis-à-vis de sa communauté à l’étranger renvoient à la temporalité impériale – autre illustration de ce temps tissé. 

C’est cette cohabitation qui parait de prime abord contradictoire, incompatible, qui fait cette singularité du pays. Et qui vous donne soit un État incapable d’agir, comme paralysé, soit un État d’une agilité exceptionnelle.

Mais revenons au confinement : cette décision était générale, nationale. On a demandé à chaque Marocain d’avoir une autorisation pour circuler. Un acte pur et dur d’un État nation. Cependant, pour le faire appliquer dans l’urgence, dans la rapidité, le ministre de l’Intérieur, Polytechnicien de formation et qui appartient dans sa technicité comme dans sa rationalité gouvernementale à la même « communauté » que son équivalent français et partage sa conception stato-nationale de l’État, trouve naturel de penser à L’mqaddem, au Qaid, qui viennent, eux, d’une autre temporalité, celle de l’Empire.   

– Ce sont donc deux temporalités, deux modes de gouvernement qui coexistent au même moment et chez les mêmes agents ? 

BH : Ils ne coexistent pas. Ils sont tissés. Quand vous faites un tapis, vous ne faites pas coexister des fils. Vous créez le tapis en tissant les fils. Cet État-tapisserie est construit par ces temporalités qui s’enchevêtrent. Et les acteurs trouvent cela normal. Il y a une normalité dans cet enchevêtrement de registres, de répertoires, de dispositifs.

– L’acteur politique ou le décideur a-t-il conscience de ces deux temps ? Autrement dit, est-ce que ce sont deux casquettes que l’on met ou que l’on retire selon les besoins, le contexte ? 

BH : Non, pas du tout. Les acteurs n’ont pas conscience de ces deux temps même s’ils trouvent naturel de s’y référer. C’est notre conceptualisation qui a fait émerger cette idée de temporalités enchevêtrées. D’ailleurs, lorsque nous avons commencé à leur exposer notre lecture, ils ont généralement été surpris, voire gênés, mais ils ont aussi exprimé une reconnaissance, voire une adhésion car cette lecture restitue un sens global. C’est cette naturalisation des choses, cette cohabitation qui parait de prime abord contradictoire, incompatible, qui fait cette singularité du pays. Et qui vous donne soit un État incapable d’agir, comme paralysé, soit un État d’une agilité exceptionnelle. 

L’imaginaire des Algériens ne peut pas comprendre par exemple le rapport des Marocains à la monarchie. Il ne le peut tout simplement pas par ce que son histoire est autre.

MT : Pour continuer sur la crise Covid, le dispositif logistique de la distribution des masques ou la campagne de vaccination combinent par exemple tous les registres. Si l’on déconstruit la façon par laquelle les points de vaccination sont organisés, on va voir que le montage est éclectique, voire « archaïque » si on se met sur le registre normatif, mais pas moins efficace. 

– C’est ce que vous appelez la singularité marocaine…

MT : Ce n’est pas une singularité. Chaque pays tisse le temps différemment mais le temps politique est partout tissé. La France a un autre tissage, une autre tapisserie. On parle par exemple d’un « Macron Jupiter » ou encore de la fascination française pour la monarchie. C’est un autre tissage. Les Français n’arrivent absolument pas à décentraliser la gestion de la pandémie du fait de ce tissage « autre » du temps politique. 

– Vous convoquez aussi dans le titre le concept de l’imaginaire… Est-ce notre imaginaire populaire qui permet à ces deux temporalités d’exister, sans que l’on trouve cela incompatible ou incohérent ? 

BH : Oui, tout à fait. C’est la troisième dimension de notre travail. L’imaginaire n’étant pas l’imagination pour bien préciser les choses. L’imaginaire, c’est ce qui fait lien, c’est ce qui permet d’embrasser et de comprendre des facettes disparates et apparemment incompatibles de la vie en société. L’imaginaire, c’est ce qui fait lien, c’est ce qui permet de restituer la trame de sens dans son épaisseur sociale et historique. 

MT : L’imaginaire des Algériens ne peut pas comprendre par exemple le rapport des Marocains à la monarchie. Il ne le peut tout simplement pas par ce que son histoire est autre. Comme il ne peut pas comprendre le rapport entre un serveur de café marocain et son client. Les Algériens construisent leur imaginaire sur le « nif », sur l’individu « moujahid »…C’est donc un autre imaginaire. Comme l’imaginaire tunisien qui est construit sur le réformisme, l’absence d’excès, la cohabitation…

– Il y a une idée intéressante et nouvelle dans votre livre, c’est qu’il n’y a jamais eu de rupture entre ces deux temps politiques. Alors qu’on a souvent tendance à penser que le protectorat a été ce moment de rupture, de transformation ou de basculement d’une forme d’État à une autre…

BH : Notre point de vue sur le Protectorat est relativement neuf : nous ne considérons pas ce moment comme le commencement d’une nouvelle forme d’Etat, en l’occurrence comme le commencement de l’Etat-nation. Mais il nous faut préciser notre choix théorique et méthodologique pour expliciter notre lecture. Quand nous parlons de l’État marocain, nous l’abordons par ses modalités d’exercice du pouvoir, non par ses institutions. Et ces modalités sont nombreuses : protéger, défendre, distribuer, contrôler… À partir de ce parti pris théorique, nous avons dégagé des formes impériales et des formes stato-nationales de gouverner. Ce sont les deux figures conceptuelles que nous avons construites pour décrire la trajectoire historique du Maroc. 

La première – celle de l’Empire – parie sur les individus, les personnes. Elle contrôle l’individu plus que le territoire. Elle ne pense pas les frontières, mais les confins ; elle minimise les coûts d’administration ; elle fait faire plus qu’elle ne fait et ne cherche pas absolument le monopole de la violence. Elle se nourrit de la dissidence, elle peut accepter les discontinuités de contrôle, elle use de façon très différente de la violence, une violence qui peut être spectaculaire, mais ponctuelle. Une violence qui cherche l’exemplarité, non le contrôle systématique. Parce que le contrôle coûte trop cher tout simplement… On peut multiplier encore les caractéristiques de cette forme impériale de gouvernement qui parie, par exemple, sur l’information personnalisée. Elle ne gouverne pas avec des moyennes, mais avec des écarts. Cette forme ne concerne pas que le Maroc, on peut la retrouver en Chine, dans l’empire Ottoman… La seconde – celle de l’Etat-nation – est bien mieux connue. C’est elle qui structure notre pensée lorsque l’on dit « Etat » aujourd’hui.

La négociation du traité de Protectorat a duré une année face à une France alors au sommet de sa puissance. Malgré les désordres, le Maroc a su jouer des contradictions des Européens…

Mais rappelons-le, il s’agit là d’une construction intellectuelle, non de la réalité. Et notamment, non de l’empire chérifien d’avant le Protectorat dans sa réalité nécessairement complexe et plurielle. Durant cette période, il y a eu des lieux, des moments, des séquences où l’Etat se comportait presque comme un État-nation. Comme dans le cas de Tétouan à la fin du XIXème siècle, où le Sultan gérait directement la ville, par le biais d’un gouverneur avec qui il entretenait une correspondance quotidienne malgré les distances et qui donnait à voir une forme de gestion bureaucratique rationalisée. L’Etat s’occupait de tout, du financement des commerçants après la guerre, du financement de l’armement, des reconstructions, de la sécurité des routes… Comme un Etat-nation moderne. Au même moment, l’État avait des traits impériaux dans le Souss, en privilégiant la gestion à distance, en utilisant tous les ressorts de l’intermédiation – du petit clerc local aux puissances locales les plus importantes, représentées par la Maison d’Illigh ou les Beyrouks – et n’utilisant la force qu’avec parcimonie sous la forme de harka qui s’arrêtent à la frontière du Souss avec un seul souci : réduire les asymétries et permettre au Makhzen d’équilibrer les rapports de force.

MT : Nous nous opposons aussi à une lecture en termes de « siba », de chaos, au Maroc avant 1912. Il y avait bien sûr des désordres, des dysfonctionnements, mais c’est parce que l’Etat vivait d’énormes pressions étrangères et que ces dernières rendaient de plus en plus inefficaces les manières, anciennes, de gouverner. Les historiens – majoritairement conditionnés par la matrice de l’Etat-nation et le paradigme de la modernisation – n’ont pas fait ressortir dans leurs travaux les manières, parfois très sophistiquées, par lesquelles l’État tentait de rester indépendant, face aux Français, aux Espagnols, aux Anglais, aux Allemands et même aux Russes. 

Quand on lit les récits des historiens du Protectorat, le Maroc précolonial apparaît « obscur », aux proies à la fourberie de sultans plus incompétents et veules les uns que les autres… Mais on peut inverser le regard, y compris sous l’ère de Moulay Abdelaziz et de Moulay Hafid. Par exemple, la négociation du traité de Protectorat a duré une année face à une France alors au sommet de sa puissance. Malgré les désordres, le Maroc a su jouer des contradictions des Européens… Tout cela n’est pas encore bien étudié. Nous avons assez d’éléments pour montrer que l’État marocain était en grande difficulté mais qu’il n’avait pas pour autant renoncé à gouverner, et notamment à essayer de résister. 

La séquence de rupture forte pour nous n’est pas le Protectorat, mais le mouvement national et
Hassan II. C’est à cette période que l’idée d’une nation unifiée, avec une seule langue, un territoire contrôlé, une constitution… s’est imposée.

Notre lecture construite sur le temps tissé du politique et sur ces deux figures de l’Etat nous permet d’analyser la séquence du Protectorat différemment : le Protectorat n’a pas signifié le commencement de l’État-nation mais il a au contraire figé une certaine dualité de l’État. Comment ? Tout d’abord en considérant toutes ces formes « impériales » de gouvernement comme archaïques. Mais ensuite, en ne les rejetant pas. Il les a même institutionnalisées. Le Protectorat a pensé la dualité et l’a mise en place en la figeant. 

Je vous donne l’exemple du contrôle de la religion. Avant le Protectorat, la sphère religieuse relevait du privé, dans son financement comme dans son contrôle. Le Sultan s’accommodait des autonomies des zaouias et celle des oulémas et cherchait à ne contrôler que les plus importants ou les plus dangereux… Le Protectorat a centralisé tout cela, en organisant et en contrôlant les habous pour construire ce qu’on appelle aujourd’hui « l’islam marocain ». Il a interdit, par exemple, les mosquées aux non-musulmans, chose que le Maroc n’avait jamais faite avant le Protectorat. Il en va de même dans l’ordre politique : le Protectorat a inventé la « politique des grands caïds » et les El Glaoui, El Ayadi, Mtougui, Goundafi n’ont jamais été aussi importants, puissants, que sous le Protectorat. 

Nous ne disons pas que le Protectorat était univoque en la matière. Bien sûr, il a apporté certains aspects modernes de l’Etat, mais il a toutefois figé ce dualisme. La séquence de rupture forte pour nous n’est donc pas le Protectorat, mais le mouvement national et Hassan II. C’est à cette période que l’idée d’une nation unifiée, avec une seule langue, un territoire contrôlé, une constitution… s’est imposée.

– Cette dualité que vous évoquez, on la retrouve aujourd’hui encore dans la Constitution marocaine. Vous citez par exemple dans votre ouvrage l’existence de deux modes de gouvernance : les élections d’une part et la cooptation… 

BH : Cette coexistence n’est pas uniquement marocaine ! C’est un paradoxe historique qui existe partout. La « gouvernance », cette nouvelle manière de concevoir le gouvernement propre au moment néolibéral, a notamment pour ambition de pallier aux carences de la démocratie et de la représentation en créant la régulation. En mettant en place ces dispositifs de régulation mais aussi ces instances de conseil et d’accompagnement, elle a régénéré l’idée de la cooptation. 

Le paradoxe au Maroc, c’est qu’au même moment où les élections deviennent crédibles, intéressantes, la cooptation devient aussi très puissante. Il n’y a pas de vase communicant, mais au contraire un renforcement mutuel de ces deux modalités de représentation. Et ce d’autant plus que ce n’est pas uniquement le Roi qui coopte. Tout le monde fait de la cooptation. 

– C’est-à-dire ?

MT : Il suffit de regarder les différentes agences de régulation, les différents Conseils, le CESE, le CNDH, le Conseil de la concurrence… tous inscrits dans la Constitution. Le Parlement aussi fait de la cooptation, comme on l’a vu, dans le cas récent de l’agence de régulation de l’électricité. Le gouvernement coopte également. La cooptation entre donc, et ce n’est pas seulement au niveau du Maroc, en affinité et en convergence avec une caractéristique majeure du registre impérial évoqué plus haut. 

La forme impériale de l’Etat est attentive à la diversité, à la mosaïque sociale parce que l’empereur pense incarner l’unité symbolique sans craindre la fragmentation.

Même les partis sont dans la cooptation. Certains d’entre eux interprètent la démocratie comme un processus de cooptation. C’est le cas par exemple de l’USFP qui a été le premier à prendre ce virage en créant, pour l’élection de ses instances, ce qui était appelé la « commission des candidatures » (lajnat attarchihat). Le PJD en a fait un rouage central de sa gouvernance en partant d’un parti-pris moral : la responsabilité ne se cherche pas. Pour ce faire, il a créé toute une série de mécanismes pour coopter avant d’élire. 

– Le registre de l’État impérial vient donc ici corriger les défaillances de la représentation, un concept moderne ? 

MT : La conception de la représentation en démocratie est articulée centralement au principe de la majorité. Et donc elle peut éliminer : le FN en France a bénéficié de 33,94% des voix exprimées lors des dernières présidentielles mais n’a eu que 5 députés et un sénateur. 

La Cinquième République est venue corriger les « défauts de la quatrième » pour plus d’efficacité. Elle a de ce fait minimisé l’idée d’une représentation des minorités qu’on peut atteindre avec la proportionnelle. Elle est caractéristique d’une forme d’État-nation centralisateur et pour lequel le principe de l’unité et de la stabilité par la cohérence est central. Au contraire, la forme impériale de l’Etat est attentive à la diversité, à la mosaïque sociale parce que l’empereur pense incarner l’unité symbolique sans craindre la fragmentation. C’est ce que nous avons appelé la représentation-miroir, associée au registre impérial. Cette dimension est très présente au Maroc. Certains courants d’opinion n’ont pu exister jusqu’à aujourd’hui que dans le cadre de cet imaginaire de l’Etat qui allie l’impérial et le stato-national… à l’instar de tous ces gens de gauche qui se retrouvent à la tête de dispositifs de régulation, qui sont cooptés et non élus. 

– Les acteurs jouent le jeu, progressistes comme conservateurs…

BH : En effet. Mais il faut bien comprendre dans ce dernier cas qu’il ne s’agit pas, pour nous, de retournement de veste, mais bien de capacité à intégrer la diversité de la société. Cette compréhension de la représentation est en affinité avec la gouvernance néolibérale, mais elle trouve sa racine, sa façon d’être, la manière de se faire, son acceptabilité, dans ce registre impérial. 

– Les progressistes ne sont donc pas forcément ceux auxquels on pense ? 

MT : Effectivement…

– Vous parlez aussi dans votre ouvrage de la domination. Au Maroc, on a tendance à penser que c’est le Roi, le Palais, qui domine. Mais dans votre travail, vous dites que la domination n’est pas un monopole royal…

BH : En effet, le Roi n’a pas le monopole de la domination. Il y a deux choses dans cette idée. La première, c’est que les rapports de pouvoir provoquent toujours des rapports de domination. Y compris dans les plus grandes démocraties. C’est le propre de toute société. La seconde, c’est qu’il faut distinguer domination et violence : dans les rapports de pouvoir, il y a toujours de la violence, même si cette violence est le plus souvent euphémisée et que dans les démocraties, elle est légale, légitime… 

– Quand vous dites violence, vous parlez de confrontation politique ou de violence physique, pure et dure ? 

MT : De violence sur les corps, mais aussi sur les esprits. De contrôle. Quand on vous confine, c’est extrêmement violent. Quand on disperse une manif, c’est violent. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de violence dans une démocratie, mais il faut immédiatement rajouter que cette violence est encadrée. La violence est là, on a tendance à l’oublier. Mais encore une fois, cette violence n’est pas le propre des autorités au pouvoir. Il y a une certaine violence, par exemple, dans l’acte d’expulser quelqu’un d’un parti politique pour des différences d’idées. Ça peut être légal. Mais c’est violent.

Cette question d’une institution qui ferait tout, qui saurait tout et qui pourrait tout est une illusion. C’est une paresse intellectuelle.

Mais ce qui est important pour nous, c’est précisément de voir la domination aussi au-delà de la violence, dans sa pluralité des modes d’exercice. Nous nous opposons ainsi au fait de dire que le lieu unique de domination est le Roi ou le Makhzen – même si nous ne savons pas ce que ce concept veut dire – car, pour nous, c’est alors refuser de voir que la domination est aussi ailleurs.

Il nous paraît également important de distinguer entre pouvoir autoritaire et pouvoir arbitraire. Le pouvoir autoritaire peut être arbitraire, comme il peut ne pas l’être. Bref, cette question d’une institution qui ferait tout, qui saurait tout et qui pourrait tout est une illusion. C’est une paresse intellectuelle.

– Dans votre ouvrage, vous écartez justement le concept de Makhzen, qui pour vous est un fourre-tout qui empêche de penser…

BH : On dit en effet qu’il faut aller au-delà de ce concept… qui n’en est pas un !

– Qu’est-ce que ça veut dire justement le Makhzen ?

BH : Il faut se débarrasser de ce terme car c’est un fourre-tout qui veut dire tout et son contraire. Quand quelqu’un vous dit, « il n’y a plus de Makhzen dans ce pays » (Mabqa Makhzen F’had lblad), que veut-il dire ? Il parle de sécurité. On entend aussi que telle personne est Makhzani, 3ayach. Ce sont deux choses complètement différentes. Mais en même temps, on parle de la harira makhzaniya, de la tenue makhzaniya, du langage makhzani… Le Makhzen, ça peut être tout. Et c’est très difficile de le définir. On ne peut donc pas en faire un outil d’analyse. Il nous a paru salutaire d’essayer, autant que faire se peut, de l’évacuer de notre analyse… pour mieux y revenir peut-être !

– Autre chose d’assez nouveau qui ressort de votre ouvrage, c’est le rapport des Marocains à l’État. Vous dites par exemple que jusqu’aux années 1980, les Marocains ne comptaient pas trop sur l’État… 

MT : Oui, mais on dit aussi que c’est en train de changer. 

– En effet. Mais ce qu’on veut justement comprendre, c’est comment les Marocains qui étaient des libéraux innés dans leur rapport avec l’État sont devenus demandeurs de l’État. Pourquoi ils ne voulaient pas avant de l’Etat, comme les Anglais ou les Américains d’aujourd’hui, et comment cette transformation s’est faite ? 

MT : Historiquement les Marocains se méfiaient de l’Etat. Cela a changé parce que l’État contrôle aujourd’hui de plus en plus le territoire et que nous dépendons de lui pour faire beaucoup de choses. Et en même temps, la responsabilité de l’État s’est transformée. Dans le livre, nous essayons de situer ces revirements. 

Avec le PAS dans les années 1980, l’État avait réduit du jour au lendemain drastiquement son budget de la santé et c’est passé sans problème. Chose qu’il serait impossible de faire maintenant…

Par exemple, lors du tremblement de terre d’Agadir, à aucun moment, l’Etat n’a été interpellé comme responsable de la reconstruction bien que l’État ait pris sur lui de le faire. Mais aujourd’hui, si une femme enceinte n’est pas évacuée dans les temps, l’État est considéré comme responsable par les citoyens. 

Les choses ont donc changé. Une nouvelle relation à l’Etat s’est créée. Et de nouvelles responsabilités pour l’Etat en sont également nées…

– Est-ce un changement dans l’imaginaire des citoyens marocains ? 

MT : C’est moins une question d’imaginaire que de façon de comprendre des éléments des différents registres qui composent l’imaginaire. Le changement est plutôt dans la façon même qu’a l’État de se penser puisque désormais l’État construit sa légitimité sur sa capacité d’anticiper, de gérer… D’où le projet par exemple de la généralisation de la protection sociale. Il y a 15 ans, les Marocains ne pensaient pas qu’ils avaient droit à une indemnité pour perte d’emploi. Il y 20 ans, à part les fonctionnaires, les gens ne pensaient pas qu’ils avaient le droit à une retraite…

– Les Marocains étaient donc des libéraux de nature ? 

BH : Dire que les Marocains étaient « libéraux » me paraît un contresens. En revanche, on peut dire que l’État n’était pas visible et en ce sens ne les dérangeait pas mais, symétriquement, ils n’attendaient rien de lui. Tout simplement, ils ne pensaient pas qu’ils avaient besoin de lui. D’une certaine manière, ils ne pensaient pas l’État – à la différence des libéraux qui pensent l’État et pensent qu’ils ne veulent pas d’un État omniprésent.

– Cette situation, on peut l’imaginer, arrangeait l’État, parce que comme vous le dites quand vous parlez de l’Empire, ça permet de minimiser les coûts de gouvernement…

MT : Oui, ça arrangeait l’État, parce que cela minimisait les coûts mais aussi parce que cela rendait les décisions difficiles plus aisées à faire passer. Comme le Programme d’Ajustement Structurel (le PAS) par exemple dans les années 1980. L’État avait alors réduit du jour au lendemain drastiquement son budget de la santé et c’est passé sans problème. Chose qu’il serait impossible de faire maintenant… Contrairement au discours sur le Maroc immobile, le pays vit de grandes transformations, de gros changements…

– Ce sont ces transformations qui ont poussé le Roi par exemple à lancer ce chantier de réflexion sur le nouveau modèle de développement en avouant lui-même l’échec ou l’essoufflement de l’ancien modèle ? 

MT : Le Roi ici est dans son rôle. Il est contraint par une durée beaucoup plus longue. Il est comptable de la longue durée. Il a fait le constat que l’investissement public produit peu d’effets sur les citoyens, les individus. À un moment où cet individu change et demande plus d’Etat. Ce qui crée une vulnérabilité extrême pour le système. Et puis, il y a une question de comptabilité simple : le Maroc investit beaucoup, mais ne voit pas de retour sur investissement en matière de stabilité sociale. Le Roi est dans la durée. Et ce sont des choses qui nécessitent une vision stratégique qui n’est pas liée à l’opinion publique ou aux équilibres politiques du moment. 

– Vous parlez à un moment dans le livre de Tanger Med, en titrant « gouverner sur le mode du miracle »… Expliquez-nous ce titre assez surprenant. La réalisation de ce port tenait-elle du miracle plus que d’une organisation moderne, bien pensée ? 

BH : Le miracle, c’est à la fois une réalité… et une illusion. C’est cela que nous montrons dans ce chapitre consacré à Tanger Med. D’une part, nous mettons en évidence l’importance du leadership, un leadership justement qui a des atouts (rapidité d’action, efficacité, moyens autant humains que financiers) et qui est pensé comme tel ; un leadership qui a une sorte de dimension messianique. Mais d’autre part et simultanément, nous montrons que ce mode de gouvernement est insuffisant ; il est même impuissant sur le long terme. À court terme, la force du « je veux » est imparable et elle explique le démarrage fulgurant du projet ; à plus long terme en revanche, le « je veux » ne peut rien face à d’autres forces, celles des acteurs locaux, celles de l’administration, celles de la société…

La « voie royale », par définition, ne peut être qu’exceptionnelle, temporaire, strictement délimitée ; dans le quotidien, ce sont les représentants de toute la société et des différentes instances de pouvoir qui façonnent in fine le projet.

Quand le « je veux » du monarque s’exprime, l’ensemble des acteurs se mobilise, l’ensemble des dispositifs et des moyens est mis en branle – c’est cela le miracle ! Mais en même temps, ces dispositifs et ces moyens, ces acteurs surtout agissent dans des rapports de pouvoir. C’est ainsi qu’en dépit de ce que nous appelons la « voie royale », l’administration se retrouve au centre de projets comme Tanger Med. La « voie royale », par définition, ne peut être qu’exceptionnelle, temporaire, strictement délimitée ; dans le quotidien, ce sont les représentants de toute la société (acteurs économiques légaux ou illégaux, formels et informels, associations, consommateurs…), les représentants des différentes instances de pouvoir (gouverneurs, élus, agents administratifs…) qui façonnent in fine le projet à travers les négociations entre ces différentes forces. La « voie royale » qui a mobilisé le Roi pour le projet Tanger Med via son conseiller (en l’occurrence Ssi Meziane Belfqih) a dû toujours composer avec les gouverneurs, avec les élus, avec les agents économiques et négocier les dispositifs locaux pour que le projet marche effectivement. 

MT : D’où l’idée du miracle Tanger Med, qui n’est est en fait qu’une sorte de pitch…

– Le néolibéralisme. Quand on entend ce mot, on pense directement à l’économique : le marché, le libre-échange, le retrait de l’État de la sphère publique… A quoi renvoie ce concept de néolibéralisme chez vous ?

BH : Il renvoie aussi bien à l’idéologie qu’à des pratiques qui conçoivent l’État non pas dans son retrait ou sa présence minimale, comme cela est souvent dit de façon imprécise, mais dans sa présence par l’établissement de cadres, de règles et de lois, par des truchements et des délégations plutôt que par des interventions directes dans l’économie. Le néolibéralisme renvoie également à l’idée que les intérêts privés peuvent être le moteur du gouvernement, que la responsabilité est toujours considérée au niveau individuel – que si vous réussissez, c’est grâce à vous, et si vous échouez, c’est également à cause de vous. La dimension collective comme les questions d’inégalité sont secondaires, et prises en considération à partir d’une compréhension individuelle de l’action.

MT : C’est une idéologie qui n’aime pas trop la sociologie, la macro…Et nous, nous disons que ce mantra néolibéral, avec tous ses dispositifs, est en affinité avec le registre impérial, ce gouvernement qui gouverne au moindre coût et par intermédiation. 

Dans le dispositif néolibéral, le jeu des intérêts privés est euphémisé, alors qu’il est au centre du dispositif. Ainsi en est-il de l’idéal de transparence toujours mis en exergue par le discours néolibéral, alors que l’opacité est omniprésente. Nous avions d’ailleurs, dans une version antérieure du livre, un chapitre sur la Bourse qui parlait de cela …

– Que disait ce chapitre sur la Bourse, on est curieux… 

MT : Quand vous voyez les grands écrans de la Bourse, ou ceux des sièges des banques, où défilent des données, des chiffres, des mouvements en temps réel, tout cela vous paraît très transparent. Alors que les marchés financiers sont les lieux par excellence des délits d’initiés, des manipulations de cours, des ententes… On parie sur les personnes, pas sur les structures. On dit cela sans émettre de jugement. C’est un fait que les sociologues ou anthropologues de la finance ont montré depuis longtemps. Dans notre travail, cet exemple montre simplement qu’il existe des affinités entre ce mode impérial que d’aucun pense « archaïque » et le néolibéralisme. Cet exemple suggère aussi une autre idée fondamentale de notre argument : beaucoup d’individus portent le néolibéralisme alors qu’ils pensent en être des pourfendeurs !

– Vous, Mohamed Tozy, vous vous définissez justement comme un des porteurs du néolibéralisme… Pourquoi ? 

MT : Oui, je l’ai découvert en travaillant sur ce livre, et dans nos confrontations permanentes, Béatrice et moi. Le gouvernement par le conseil, par le truchement des bureaux de consulting, c’est un dispositif très néolibéral. Et moi, j’ai fait de la consultation. 

Dans une ONG que je dirigeais à une certaine époque, je travaillais pour l’Etat. Et je me rappelle que nous avons travaillé, à un certain moment, sur les PCD (plans de développement communaux). Pour faire l’enquête de terrain, nous avons employé 1 000 enquêteurs pendant deux mois. Nous avons travaillé dans la légalité : nous les avons déclarés à la CNSS, ils ont eu des contrats mais… nous les avons licenciés au bout de 2 mois. Et là je me suis rendu compte que nous avons été des vecteurs de la précarité de l’emploi. L’Etat n’aurait jamais pu faire cela : recruter des jeunes dans leurs territoires, les faire travailler deux mois et les renvoyer après. Et c’est bien pour cela, aussi, qu’il est passé par notre association, même s’il l’a fait principalement parce que nous avions les compétences sur le sujet, et pas lui. Mais cela aussi est très néolibéral : l’État se vide de compétences et délègue à d’autres acteurs.

– Ce néolibéralisme, avec cette crise du Covid, est-ce qu’il est en train de reculer comme le laissent penser plusieurs intellectuels ? 

BH : Pour ma part, je n’en suis pas convaincue du tout. Bien sûr, il y a une demande d’État intervenant directement qui devient à nouveau légitime et qui s’oppose à la vision néolibérale du gouvernement à distance. Mais dans un pays comme le Maroc, les interventions étatiques sont toujours dessinées à partir de cet enchevêtrement de temporalités que nous avons évoqué au début de cet entretien, et qui associe des façons d’agir de différents types. La crise du Covid a mis en évidence une capacité impressionnante à gouverner par le truchement d’acteurs privés et d’intermédiaires, ce qui est très néolibéral.

Par ailleurs, et de façon beaucoup plus massive à mon avis, la crise du Covid ne remet en cause ni la primauté des logiques de marché et de l’entreprise managériale, ni la conception individuelle (et non collective) de la responsabilité, ni la priorité accordée aux logiques de concurrence, de compétitivité et d’excellence au détriment de l’égalité et de la justice sociale. Et ceci n’est évidemment pas propre au Maroc.

MT : Oui, les dispositifs en place résistent. Mais j’ai un point de vue légèrement différent : les fonctions de l’Etat sont en train de changer avec cette crise du Covid-19. Toutefois, il y a des paradoxes terribles. Vous pouvez avoir des convergences qui construisent des situations inédites. 

Je donne par exemple un cours sur l’économie du halal où j’évoque les Sukuk, ces Bons du Trésor que l’on dit islamiques. Mais qui ne le sont pas en réalité. Avec la crise de 2008, le marché des sukuk a explosé… surtout sur les places financières occidentales ! 

Le côté halal consiste dans le rattachement d’un titre financier à un bien tangible, à l’économie réelle. Et le chemin pour arriver à cette remise en cause de l’économie financière sauvage est passé par une religion. C’est paradoxal. 

Il y a plusieurs fissures dans le dispositif néolibéral. Peut-être qu’on va s’acheminer vers de nouvelles manières de penser les fonctions de l’Etat et ses responsabilités.

Dessalement d’eau de mer: Casablanca aura la plus grande station d’Afrique et du monde

Par Rachid Al Arbi – le360.ma – 22/03/2021

Usine dessalement eau de mer

Au programme du Plan national de l’eau, le dessalement d’eau de mer. Plusieurs villes sont concernées, dont Casablanca qui réalisera 300 millions de mètres cubes par an à partir de 2027.

Les autorités écartent toute éventuelle pénurie d’eau potable, affirme Abdelkader Amara, le ministre de l’Equipement, dans les colonnes de l’édition du jour de L’Économiste. Et pour cause. Le Royaume est bordé par 3.500 km de côtes. De plus, le dessalement y est pratiqué, depuis les années 70, dans les provinces sahariennes. Aujourd’hui, le plan national de l’eau prévoit d’aller plus loin dans le dessalement d’eau de mer. Le journal soutient que la ville de Casablanca pourrait produire 300 millions de mètres cubes par an via une station de dessalement qui « devrait être opérationnelle dès 2027 » et dont « le coût est estimé à 9,5 milliards de dirhams, hors foncier ».

Selon le ministre cité par le quotidien, « le projet en est au stade des études détaillées ». Si le site a été identifié, les prélèvements et recherches sont en cours pour s’assurer de la qualité de l’eau. Il s’agira certainement de la plus grande station en Afrique et dans le monde. « Ce qui va nous permettre de pouvoir gérer autrement l’eau approvisionnant Casablanca et venant du bassin Oum Rabiî, qui connait déjà un déficit », précise-t-il via L’Économiste. Il devra aussi approvisionner Marrakech et le périmètre agricole de la Doukka. « Cela va nous permettre de couper le cordon ombilical entre Oum Rabiî et Casablanca, puisque cette ville et celle d’Al Jadida seront alimentées par le dessalement de l’eau de mer », estime le ministre. 

En attendant, L’Économiste rapporte que le gouvernement envisage le dessalement pour les villes du nord. « Pour l’heure, nous avons fait une petite station de dessalement à Al Hoceima avec une capacité de 6 millions de mètres cubes par an », annonce-t-il tout en confiant que la grande station d’Agadir Chtouka Ait Baha, qui sera à 144 millions de mètres cubes par an, est en phase finale. Il évoque également celle de Dakhla qui sera multi-usage (agricole, eau potable, port de cette ville). Le journal rappelle que la construction du port commencera sous peu et nécessitera 10 milliards de dirhams d’investissement.

Le ministre estime que « l’autre point d’inflexion concerne Chtouka Ait Baha, où il y a une génération d’agriculteurs capables de valoriser l’eau avec un coût supérieur ». Il y a aussi « l’extension du dessalement de Laâyoune, de Tan-Tan, de Sidi Ifni, en plus de plusieurs centrales de déminéralisation, avec à peu près le même système ». Et d’ajouter dans les colonnes du quotidien: « Nous pouvons atteindre 1 milliard de mètres cubes d’eau dessalée d’ici 2050 pour les eaux non conventionnelles rattachées au dessalement » sachant que « nous sommes sur 40 ou 50 millions de mètres cubes, dont l’eau potable et l’eau industrielle qu’utilise l’OCP ».

Le ministre se penche également sur la réutilisation des eaux usées où le programme se limite à l’arrosage des espaces verts et des terrains de golf. « Dans le plan  2020-2050, on prévoit 345 millions de mètres cubes d’eau réutilisés, alors qu’aujourd’hui nous sommes entre 40 et 50 millions », souligne encore le ministre.

«L’hydrogène vert est une filière de demain à très grand potentiel»

Propos recueillis par M. D. & R. B. – fnh.ma – 23/03/2021

«L’hydrogène vert est une filière de demain à très grand potentiel»
A l’horizon 2050, le Maroc, qui affiche un grand potentiel pour la production et l’exportation de l’hydrogène vert, pourrait décarboner son économie à hauteur de 90%.
L’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles s’est appuyé sur deux principaux instruments afin de promouvoir la recherche et développement : les appels à projet et les infrastructures de recherche.
Eclairage avec Badr Ikken, Directeur général de l’IRESEN.

Finances News Hebdo : L’IRESEN est très engagé dans le domaine de l’Hydrogène vert/Power to X. Pourquoi ce choix ?

Badr Ikken : L’IRESEN a entamé de grands chantiers relatifs à l’hydrogène vert et, de façon plus large, au Power to X qui englobe les dérivés de l’hydrogène vert qui peuvent être utilisés pour différentes applications. Les énergies renouvelables peuvent être utilisées afin de produire de l’hydrogène à partir de l’eau. il s’agit de l’hydrogène décarboné, produit par électrolyse. L’IRESEN a contribué, dès 2018, à une étude du World Energy Council,  qui a examiné des pays à forts potentiels pour la production de l’hydrogène vert. Cette étude a identifié le Maroc comme faisant partie des six pays à fort potentiel pour la production et l’exportation de l’hydrogène vert, qui est une matière première et un vecteur d’énergie en même temps. Les éléments-clés du développement de cette filière qui créera beaucoup de valeur ajoutée pour notre pays sont les ressources renouvelables. Le Maroc dispose de plusieurs sites abritant d’importantes quantités de ressources renouvelables, notamment le solaire et l’éolien.

Beaucoup de sites géographiques ont l’avantage de combiner ces deux sources d’énergies renouvelables. Il s’agit de zones bien ensoleillées, avec une bonne irradiation, bénéficiant d’une vitesse de vent importante pouvant souffler jusqu’à 60 à 70% du temps (facteur de charge élevé). Compte tenu de tous ces atouts, nous avons mené la réflexion afin de positionner le Maroc sur l’échiquier international de l’hydrogène vert, en œuvrant à la mise en place d’une feuille de route technologique. L’objectif étant d’accompagner l’écosystème industriel et de promouvoir le développement des capacités nationales pour la production de l’hydrogène vert. A ce titre, nous avons mené trois études. La première a porté sur la maturité technologique afin de savoir s’il s’agit d’un sujet qui a de l’avenir.

La seconde a trait aux opportunités pour le Maroc (potentiel des marchés intérieur et extérieur) et la troisième étude a été élaborée avec le concours d’économistes. Cette dernière a constitué la base de l’élaboration d’une feuille de route nationale en cours de validation. Le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Environnement a mis en place une Commission nationale dédiée à l’hydrogène dans laquelle l’IRESEN est partie prenante. Pour répondre à votre question, l’hydrogène vert est une filière de demain à très grand potentiel. Celle-ci pourra décarboner plusieurs secteurs à l’échelle nationale et générer des devises pour le pays grâce à l’export. La décarbonation concerne l’énergie, la branche industrielle et le secteur des transports.

Et ce, à des échéances différentes. En 2035, le Maroc pourra être un champion de l’export de la matière première qui est l’hydrogène vert, pouvant être assimilé au pétrole vert en raison de sa capacité à remplacer les combustibles fossiles. Par ailleurs, en ce qui concerne la partie recherche et développement, l’IRESEN a mis en place plusieurs projets de recherche en cours de développement, notamment de petits électrolyseurs à Benguerir. L’énergie solaire est utilisée pour produire de l’hydrogène vert. A cela, s’ajoute une grande plateforme de recherche, appelée «Green H2A» en cours de co-développement avec l’Université Mohammed VI Polytechnique. L’infrastructure sera une interface entre le milieu académique et le tissu socioéconomique afin d’accompagner l’émergence et l’écosystème de la filière. A noter enfin que dans les prochains jours, un cluster dédié à l’hydrogène alliant entre autres la recherche, l’innovation et l’industrie, avec l’objectif de consolider l’écosystème, verra le jour.

F.N.H. : En janvier 2021, les travaux de construction du Centre de recherche dédié aux thématiques des réseaux intelligents ont été lancés au sein du Green and Smart Building Park. Que représente ce parc pour l’IRESEN et quelles sont les futures infrastructures que cette plateforme abritera ?

B. I. : Le Green and Smart Building Park est une plateforme développée conjointement avec l’université Mohammed VI Polytechnique. Je dois encore rappeler que l’objectif de cette plateforme de recherche et d’innovation ou celui de la «Green H2A» est de créer des ponts entre les universités et le monde industriel. Ce qui facilite le transfert technologique et la valorisation des résultats des projets de recherche, deux paramètres propices au développement et à la commercialisation des produits. Par exemple, l’année dernière, le Green Energy Park a travaillé sur une borne électrique, appelée «iSmart», qui sera produite cette année entre fin avril et début mai.

Le Green and Smart Building Park a pour vocation de traiter les aspects relatifs à la ville durable et la ville intelligente de demain (matériaux de construction, efficacité énergétique, gestion du réseau électrique). Ceci étant rappelé, la particularité du Centre de recherche, dédié aux thématiques des réseaux intelligents, unique au niveau international et dernier maillon de la plateforme du Green and Smart Building Park, est qu’il offre la possibilité d’effectuer des simulations de nouveaux réseaux électriques intégrant par exemple de la mobilité électrique ou des solutions d’intégration d’énergies renouvelables. Des tests pourront aussi être effectués dans des réseaux réels, grâce à la disponibilité d’une quarantaine de maisonnettes.

Ainsi, le Centre, qui intègre plusieurs laboratoires, permettra de mener des activités de recherche combinées. Il offrira la possibilité de développer dans le futur de nouveaux compteurs intelligents, des solutions innovantes de gestion de l’énergie et d’injection d’énergies renouvelables et l’intégration de la mobilité électrique (utilisation des batteries électriques). En somme, l’objectif in fine est de développer de nouveaux réseaux électriques et de nouvelles solutions technologiques pour la ville marocaine et africaine durable du futur.

F.N.H. : Selon vous, que représente la recherche et développement pour l’essor des énergies nouvelles et l’énergie solaire  ? Et jusque-là, quels sont les efforts déployés par l’IRESEN en matière de recherche et développement ?

B. I. : Le développement de l’économie d’un pays passe par plusieurs étapes, dont la première est l’amélioration de la qualité de la formation. Le Maroc a réalisé de grandes avancées ces dernières années grâce à ses universités qui se positionnent bien sur le plan continental en matière de formation. La recherche fondamentale se développe également dans notre pays. Par contre, il faudra déployer davantage d’efforts sur le front de la recherche appliquée et renforcer notre niveau de maturité technologique. Et ce, afin de passer des concepts technologiques à des produits industriels prêts à être commercialisés, car la consolidation du tissu industriel est primordiale.

D’où la nécessité d’accompagner les acteurs industriels pour le développement des produits susceptibles de se substituer à ceux qui sont importés. Sachant qu’aujourd’hui, un industriel qui aspire à être compétitif, est astreint d’innover, car la concurrence est devenue internationale. Au regard de ce qui précède, je dirai que l’innovation est nécessaire pour tous les secteurs et celui des énergies renouvelables en particulier, en raison, entre autres, de l’enjeu du facteur lié au coût. A ce titre, il y a lieu de rappeler que le KWH de l’énergie solaire, qui était de 3,60 DH il y a dix ans, s’affiche aujourd’hui à moins de 30 centimes. Grâce au grand saut technologique réalisé avec l’essor de la recherche et développement et l’innovation, les énergies renouvelables peuvent être utilisées afin de produire de l’hydrogène vert à des coûts compétitifs. Aujourd’hui, un industriel peut être compétitif énergétiquement grâce aux énergies renouvelables.

Ce qui était impossible il y a dix ans. De plus, il faut savoir que l’UE va mettre en place une taxe carbone à ses frontières. En clair, les produits fabriqués avec une empreinte carbone basse auront des chances d’être compétitifs sur le marché européen. Pour sa part, l’IRESEN s’est appuyé sur deux principaux instruments afin de promouvoir la recherche et développement, en l’occurrence les appels à projet et les infrastructures de recherche. Depuis 10 ans maintenant, l’IRESEN finance des projets de recherche collaboratifs impliquant des universités et des entreprises. Ces projets ont contribué au développement de la recherche appliquée, tout en permettant aux entreprises de mettre au point de nouvelles solutions technologiques.

Pour ce qui est des infrastructures de recherche qui sont aussi des supports technologiques pour les entreprises, il y a lieu de citer le Green Energy Park, le Green and Smart Building Park, le Green Energy Park Maroc-Côte d’Ivoire et d’autres infrastructures qui viendront. Toutes ces plateformes technologiques bénéficient d’équipements de pointe et de ressources humaines hautement qualifiées. Aujourd’hui, je peux dire que nous avons de très bonnes cartes entre les mains pour le développement du «Made in Africa ou le Made in Morocco». Le prochain défi est l’innovation et l’accompagnement du transfert technologique des résultats des projets de recherche vers le monde industriel et le marché.

F.N.H. : Quels sont les projets et les réalisations de l’IRESEN dans le domaine de la mobilité durable, qui est aussi un enjeu non moins important pour le Royaume ?

B. I. : Depuis près de quatre ans, l’IRESEN a mené plusieurs activités au niveau du Green Energy Park autour de la mobilité durable, notamment la mobilité électrique légère. Des études socioéconomiques et technico-économiques ont été menées afin de mesurer l’acceptation sociale et de comprendre les réels enjeux de ce type de mobilité. Il était important d’être en mesure d’appréhender le volet de la maturité pour cerner le timing du déploiement technologique. Des projets pilotes ont été menés. Lors de l’inauguration du Green Energy Park en janvier 2017, par SM le Roi, des véhicules électriques ont été distribués à des associations de la ville de Benguerir et la province de Rhamna.

Ces véhicules ont été exploités et testés dans différentes conditions climatiques. Toujours dans le cadre des projets pilotes, nous avons mis en place un corridor qui s’étend de Tanger à Agadir. Des bornes de recharge de voitures électriques ont été installées sur chaque 90 km au niveau des stationsservice. Aujourd’hui, il est possible de monitorer les bornes électriques. Des logiciels de suivi des bornes ont été développés. Nos équipes ont aussi travaillé sur l’impact de la mobilité électrique sur le réseau électrique. Ce qui a montré la nécessité de consolider le réseau électrique pour faire face à la multiplication des bornes et des voitures électriques. Dans ce contexte, nous lancerons au cours de cette année des activités pour l’élaboration d’une feuille de route, dédiée à la mobilité électrique pour le Maroc.

Et ce, avec l’implication des différentes parties prenantes. Il est important de souligner que plusieurs projets relatifs au sujet de la mobilité électrique sont en train d’aboutir, notamment le couplage entre les énergies renouvelables, les ombrières solaires et les bornes de recharges électriques. A cela s’ajoute l’utilisation des batteries de voiture afin de stabiliser le réseau électrique, sachant qu’un véhicule électrique peut aussi être utilisé comme une batterie. Le troisième projet a trait aux interfaces entre le réseau et les véhicules électriques. Trois produits sont en cours de valorisation. Il s’agit de la borne de recharge «iSmart», celle de petite puissance sur candélabre et la borne de recharge très rapide, destinée aux stations-service. Le sujet de la deuxième vie et du recyclage des batteries est aussi adressé.

Lâayoune dotée de sa propre brigade d’artificiers

par Hajar Lebabi – lopinion.ma – 22/03/2021

Lâayoune dotée de sa propre brigade d’artificiers

La ville de Laâyoune peut désormais compter sur une  brigade d’artificiers de la DGSN.  Une nouvelle brigade dont la mise en place s’inscrit dans le cadre de la création et de l’équipement de nouvelles structures de sécurité, censées apporter une réponse opérationnelle aux enjeux des défis sécuritaires en général et les menaces terroristes en particulier.

La création de cette équipe s’inscrit dans le cadre du renforcement des services décentralisés de la Sûreté Nationale, afin de faire face aux menaces présentées par les matières explosives en général. Cela peut se faire de manière proactive à travers la mise en place d’enquêtes et de suivis dans des lieux qui accueillent de grands événements sportifs, artistiques ou sociaux, ou en traitent de manière proactive les objets et matériaux suspects, ou en suivant les recherches et les enquêtes judiciaires pour analyser et inspecter les explosifs et engins explosifs.

À cet effet, un soin a été apporté à la création et à la qualification de hautes compétences professionnelles de la part de la nouvelle génération de fonctionnaires de la DGSN afin de travailler avec ces nouvelles équipes. Ces compétences font l’objet de cours et de programmes de formation spécialisés et précis, que ce soit à au niveau national ou en exploitant les opportunités et les capacités offertes par les canaux de coopération internationale en matière de sécurité. Ainsi qu’à travers la mise à disposition en faveur de ses nouvelles équipes, de véhicules dotés de haute technologie, de robots et des moyens avancés pour surveiller et manipuler les explosifs à distance, et veiller à ce que tous les dangers et les menaces associés aux engins explosifs soient traités avec prudence.

La création de la brigade régionale d’artificiers à Lâayoune s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des programmes structurels et opérationnels annoncés dans le cadre du programme annuel de projets programmés pour l’année 2021, qui comprend la création de six «Brigades Régionales des Artificiers» dans les villes de Rabat, Marrakech, Casablanca, Tanger, Agadir et Laâyoune. Ces équipes seront bientôt déployées au niveau national, dans le cadre de plans pratiques précis, visant à assurer une sécurité intégrée et efficace des services qui répondent aux besoins de la population.

Covid-19/Maroc: 125 nouvelles contaminations au compteur. Plus de 2,5 millions de personnes ont reçu la 2e dose de vaccin

lematin.ma – 22/03/2021

Covid-19/Maroc: 125 nouvelles contaminations au compteur. Plus de 2,5 millions de personnes ont reçu la 2e dose de vaccin

Le ministère de la Santé a annoncé ce lundi 125 nouvelles contaminations au Covid-19 recensées au cours des dernières 24 heures. Ce bilan porte à 491.834 le nombre total des cas d’infection enregistrés dans le Royaume depuis l’apparition du premier cas en mars dernier, soit un taux d’incidence cumulée de 1352,7 pour 100.000 habitants (0,3 pour 100.000 habitants durant les dernières 24 heures).

Le département a également fait savoir que, depuis le lancement de la campagne nationale le 29 janvier dernier, la première dose du vaccin a été administrée à 4.264.761 personnes alors que 2.516.742 citoyens ont reçu la 2e dose.

Dans le classement par régions en nombre d’infections enregistrées au cours des dernières 24 heures, Casablanca-Settat occupe la tête du Top 5 avec 55 cas, suivie de Rabat-Salé-Kénitra et de L’Oriental qui affichent  respectivement 31 et 13nouveaux cas. Les régions Marrakech-Safi et Dakhla-Oued Eddahab ferment le Top 5 ex-aequo avec 10 nouvelles infections.

Dans le classement journalier par villes, le Top 5 est composé de Casablanca (49 cas), Salé (17 cas), Marrakech (10),  Oujda-Angad (8 cas) et Nouaceur (5 cas).

Le ministère a également dénombré 305 patients déclarés complètement rétablis au cours des dernières 24 heures, soit un taux de rémission de 97,5%. A ce titre, le nombre total des rémissions a atteint à ce jour 479.557 cas.

Dans le même intervalle, 2 personnes ont perdu la vie des suites du Covid-19, ce qui porte le bilan total des décès à 8.769 cas, alors que le taux de létalité s’établit à 1,8%.

Ces décès sont survenus dans les villes de Casablanca (1) et Laâyoune (1).

Par ailleurs, le nombre des tests réalisés durant les dernières 24 heures a atteint 4.429 portant ainsi à 5.379.920 le total des tests effectués à ce jour dans le Royaume.

Pour sa part, le nombre des cas actifs s’est établi à 3.508 personnes, dont 419 cas sévères ou critiques (soit 438 cas recensés durant les dernières 24 heures), parmi lesquels 25 sont placés sous intubation.

Voici dans le détail la répartition géographique des 125 nouveaux cas par régions et provinces

  • 55 cas à Casablanca-Settat : 49 à Casablanca, 5 à Nouaceur et 1 à Berrechid.
  • 31 cas à Rabat-Salé-Kénitra : 17 à Salé, 5 à Rabat, 5 à Kénitra, 2 à Skhirat-Témara et 2 à Sidi Kacem.
  • 13 cas dans L’Oriental : 8 à Oujda-Angad, 3 à Jerada, 1 à Berkane et 1 à Driouch.
  • 10 cas à Marrakech-Safi : La totalité à Marrakech.
  • 10 à Dakhla-Oued Eddahab : La totalité à Oued Eddahab.
  • 2 cas à Souss-Massa : La totalité à Agadir-Ida Outanane.
  • 2 cas à Fès-Meknès : La totalité à Fès.
  • 1 cas à Laâyoune-Sakia El Hamra : à Laâyoune.
  • 1 cas à Beni Mellal-Khénifra : à Beni Mellal.

Zineb El Adaoui, une femme forte pour remplacer Jettou à la Cour des comptes

leseco.ma – 22/03/2021

Zineb El Adaoui que le roi Mohammed VI a nommée au poste de Premier Président de la Cour des comptes, est née en 1960 dans la province d’El Jadida. Portrait.

Titulaire d’un Diplôme des Études Supérieures en Sciences Economiques, Zineb EL Adaoui a entamé sa carrière, en 1984, en qualité de juge à la Cour des comptes, avant d’occuper, en 2004, le poste de Présidente de la Cour Régionale des Comptes de Rabat.

Elle a été désignée membre de la commission consultative de la régionalisation en 2010, du Conseil National des Droits de l’Homme en 2011 et de la Haute instance du dialogue national sur la réforme de la Justice en 2012.

Le 20 janvier 2014, le roi Mohammed VI a nommé Zineb El Adaoui, Wali de la Région du Gharb Chrarda-Béni Hssen et gouverneur de la province de Kénitra.

Le 13 octobre 2015, le Souverain nomme Zineb El Adaoui, Wali de la Région de Souss-Massa et gouverneur de la préfecture d’Agadir-Ida-Ou-Tanane, puis Wali, Inspecteur Général de l’Administration territoriale à partir du 25 juin 2017.

Zineb EL Adaoui a été décorée, en 2013, du Ouissam Al Moukafaa Al Watania de Grand Officier. Elle est mariée et mère de deux enfants.

Gestion de la ville d’Agadir : Le PJD et l’ancien maire Kabbage livrent leurs lectures

par Samir El Ouardighi – medias24.com – 23/03/2021

Pour son 5ème bilan de la gestion des communes du Maroc, Médias24 a invité le président sortant du conseil de la ville d’Agadir et son prédécesseur à livrer leurs analyses. Sans surprise, Salah El Melouki qui mène la majorité PJD depuis 2015 livre des résultats dithyrambiques alors que l’ancien maire USFP, Tarik Kabbage évoque un recul sur tous les dossiers.

Gestion de la ville d'Agadir : Le PJD et l'ancien maire Kabbage livrent leurs lectures

Après avoir publié 4 articles consacrés a la gestion communale de RabatMarrakechTanger et Fès, Médias24 donne la parole au président sortant du conseil de la ville de Agadir, élu en 2015 sous les couleurs du PJD, avant de solliciter la lecture de celui qui a été durant 12 années maire socialiste de cette commune.

Un bilan précis sera bientôt remis aux élus et aux habitants

D’emblée, Salah El Melouki nous annonce qu’un bilan chiffré de son mandat sera mis à la disposition des habitants juste après une session extraordinaire du conseil de la ville qui se tiendra très bientôt.

« Ce bilan reposera sur trois aspects, à savoir moral pour mettre en avant les valeurs qui ont été à la base de notre travail, méthodologique, soit la méthode utilisée pour travailler et enfin financier.

« Transparence et reddition des comptes ont marqué notre mandat »

« Pour l’aspect moral, notre équipe a initié des relations de transparence et de reddition des comptes qui n’existaient pas auparavant avec les habitants.

« Côté méthodologique, tout a été codifié en 2016 dans un plan d’action qui s’est distingué par un suivi et un respect minutieux des procédures légales. Cette nouvelle manière de travail a été à l’origine de résultats très positifs notamment en matière fiscale.

« A ce propos, nous avons multiplié des dizaines de conférences de presse avec les médias et les citoyens pour leur présenter nos projets et les progrès de chaque chantier. Comme la création d’un guichet unique pour traiter en direct et sans attente les demandes d’ordre urbanistique.

Un budget communal en croissance qui a permis de rembourser d’anciennes dettes

« Du côté financier, notre budget communal est passé à notre arrivée de 480 millions de dirhams à 580 MDH à la fin de 2019. Ce qui fait de la commune d’Agadir une des villes du Maroc où la fiscalité est la mieux gérée.

« Cela nous a permis de rembourser de nombreuses dettes héritées de l’ancien conseil notamment avec le FEC (Fonds d’équipement communal).

« Ainsi, lors de la signature du plan de développement d’Agadir en présence de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, la cotisation de la commune a été de 1/3 du total, soit 165 MDH.

Dix kilomètres de nouvelles voiries et des milliers d’éclairages rénovés

« Depuis 2015, plus de 10 kilomètres de routes ont été complètement rénovés puis goudronnés à l’intérieur de la ville qui est plus propre qu’avant après la réfection de ses chaussées et trottoirs.

« Idem pour les milliers de points d’éclairage public qui ont été refaits à neuf dans les quartiers et les boulevards de Wifak, Haj Lahbib, Ouazzani, 18 février, Bekkai, Oued Ziz, 2 mars, avenue royale …

Dix nouveaux équipements communaux et des centres sociaux rénovés

« La commune a également investi 18 milliards de centimes dans Souk El Had qui va devenir un haut-lieu de la ville avec de nombreuses retombées touristiques nationales et étrangères.

« Depuis six ans, ce sont plus d’une dizaine d’équipements communaux à vocation associative qui ont vu le jour grâce à notre équipe comme des centres de mécénat destinés aux femmes, aux enfants …

« La commune a rénové plusieurs centres culturels et aires de jeux mais a aussi créé un bureau médical avec un gros budget sans parler de la création d’un guichet unique pour des pièces administratives », ajoute El Malouki qui pense qu’Agadir a encore besoin de son équipe pour les années à venir.

Optimiste sur sa réélection malgré les freins électoraux mis en place

A la dernière question portant sur les chances de réélection de la majorité PJD, le président sortant juge anti-démocratique le changement de mode de calcul du quotient électoral qui va faire perdre de nombreux sièges à son parti aux élections législatives.

Optimiste sur une victoire de son parti au scrutin communal, il regrette la suppression du seuil électoral qui ne manquera pas de balkaniser les communes sans majorité claire pour les administrer.

« Tous les chantiers de l’ancienne équipe ont été abandonnés »

Interrogé à son tour sur le bilan de l’équipe qui lui a succédé, l’ancien maire Tarik Kabbage nous déclare, dans un grand éclat de rire, que rien n’a été fait depuis sa défaite au dernier scrutin communal.

« Nous avons laissé beaucoup de chantiers en cours de réalisation ou presque terminés qui n’ont toujours pas abouti.

« La circulation est encore plus saturée qu’en 2015 »

« Ainsi, nous avions réalisé un plan de gestion des déplacements urbains qui devait résoudre la saturation de la circulation avec plusieurs nouvelles voies intercommunales et le dédoublement d’un certain nombre d’axes routiers qui sont en surcharge totale.

« Rien de tout cela n’a été réalisé et même la nouvelle trémie qui devait désengorger la circulation plus que saturée n’a toujours pas été construite.

« Une avenue élargie alors qu’elle n’en a pas besoin »

« Au lieu de quoi, l’équipe communale a lancé des travaux dans des axes routiers qui n’en avaient pas besoin comme l’avenue Mohammed V qui dispose de deux voies fois deux.

« Pour en faire une six voies, le nouveau conseil a supprimé le terre-plein central ce qui ne manquera pas de mettre en danger les piétons qui veulent traverser.

Des lampadaires tout récents mis au rebut

« Non seulement, il a lancé des travaux dans des voies en bon état ce qui est une véritable aberration mais il est en train de remplacer tous les lampadaires de la ville alors que les anciens étaient récents avec une durée de vie de 30 années.

« C’est une véritable politique de gaspillage que de retirer ces poteaux qui ont à peine 8 années et qui peuvent encore servir au moins 20 années alors qu’ils faisaient partie de l’identité visuelle de la ville.

« Les superficies d’espaces verts ont baissé faute d’irrigation »

« Sur les questions de mobilité, la commune a préféré engager des bureaux d’études très chers, alors qu’elle aurait pu poursuivre la collaboration gratuite avec la ville de Nantes et avec les Iles Canaries.

« En termes d’espaces verts, rien n’a été réalisé et les superficies ont même diminué depuis 2015. Ainsi, les milliers d’arbres que nous avions plantés sont en train de mourir faute d’irrigation et d’entretien.

« C’est donc un énorme gâchis qui s’explique, selon moi, par une profonde incompétence d’une équipe qui préfère dépenser un argent fou sur des chantiers qui ne sont pas prioritaires », juge l’ancien maire en citant un recul sur certains dossiers comme la pollution de la plage d’Agadir qui n’existait pas avant.

« Le recul du taux de participation bénéficiera au PJD »

Sur les chances de réélection de l’équipe actuelle, Kabbage n’exclut pas son retour en arguant qu’il n’y a actuellement aucune alternative crédible au parti de la lampe.

« Sachant que le taux de participation va certainement encore baisser à cause de l’écœurement des habitants, le PJD a malheureusement de fortes chances de rempiler pour un nouveau mandat, conclut l’ancien 1er édile en excluant pour l’instant toute possibilité de retour à la vie politique …

Communiqué de presse de l’assemblée générale Ordinaire du Réseau de Développement Touristique Rural (RDTR), le 17 mars 2021

Le Réseau de Développement Touristique Rural (RDTR) a tenu, mercredi 17 mars 2021, en mode présentiel et visioconférence, son assemblée générale ordinaire des années 2019 et 2020, à l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion d’Agadir, et ce, dans le respect des mesures de sécurité sanitaire dictées par les autorités publiques.

Les travaux de l’assemblée ont été tenus en présence du président du Conseil Régional Souss Massa, M. Brahim Hafidi, des adhérents du RDTR et des représentants des différents instances institutionnelles notamment le délégué régional de tourisme, le directeur général de la Société de Développement Régional (SDR), le directeur régional de l’ANAPEC, les présidents des Conseils Provinciaux de Tourisme, la directrice du CRT, la représentante de la Société Marocaine d’ingénierie touristique, le directeur de l’ENCG d’Agadir, et le représentant des Eaux et Forêts et de l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Souss-Massa.

L’ouverture de l’Assemblée Générale a été marquée par le mot de bienvenue du président du RDTR, Monsieur Abdelhakim SABRI, et le discours de M. Brahim HAFIDI, Président du Conseil Régional Souss Massa, qui a réitéré son ferme appui financier et moral pour le RDTR. Il a également souligné l’importance du développement du tourisme en monde rural, qui a toujours été au centre des priorités du conseil régional à travers les partenariats conclus entre les différentes instances du tourisme notamment la SDR, le RDTR et le CRT. Et par la même occasion, il a insisté également sur l’importance de la synergie et la complémentarité de ces organismes afin de réussir le challenge de la relance du secteur touristique post Covid-19.

Il a été procédé lors de cette Assemblée Générale, à la présentation des rapports moral, financier au titre des exercices 2019 et 2020 et qui ont été approuvés à l’unanimité, comme il a été procédé également à la présentation des principales réalisations du réseau durant les deux années 2019 et 2020.

Le RDTR s’est engagé, depuis sa création, dans divers programmes du développement durable visant à soutenir la conservation et la valorisation des ressources naturelles et socio-culturelles de la Région. Dans ce contexte, il a initié une étude sur la possibilité d’intégration de l’agritourisme dans sa stratégie de développement.

Initié en 2018, cette étude menée en 2019, a été déclinée en trois volets : le premier traitant d’un diagnostic de la situation de l’agritourisme à l’échelle nationale et internationale, le second aborde l’étude économique et financière et le troisième dresse les possibilités de partenariat et un plan d’action quinquennal pour la période 2020-2024.

L’étude a mis en exergue la demande grandissante des touristes pour un tourisme écologique qui garantit l’immersion et l’interaction avec les ressources biologiques, les traditions et la culture qui caractérisent le monde rural. Cette tendance a poussé de nombreux pays en Europe et en Amérique à se lancer dans des programmes de développement liant l’agriculture, l’alimentation et le tourisme.

En marge de cette présentation, nous tenons à vous informer également que le RDTR, œuvre pour un tourisme rural, durable et responsable, et cela, à travers sa politique de projets, notamment, la Promotion des énergies renouvelables et économie d’énergie au sein de ses structures adhérentes pour la mise en œuvre d’une politique zéro carbone. À cet effet, 33 structures rurales, ont pu bénéficier de l’installation des kits d’éclairages solaires et 27 structures ont également bénéficié de l’installation des Kits de chauffe-eaux solaires.

Une action consolidée par des formations techniques au profit des gestionnaires afin d’entretenir le matériel mis à disposition des bénéficiaires, projet cofinancé par le PNUD et le RDTR grâce au soutien de la Région Souss Massa.

Le RDTR affirme également son objectif de faire du digital un levier majeur de communication et de relation avec ses partenaires, ses adhérents et les amateurs du tourisme rural durable. Et ce, à travers la réalisation d’une stratégie de communication digitale couronnée par une formation en E- marketing et un travail de longue haleine sur les Réseaux sociaux afin de relancer le marché national vu le contexte actuel et le marché international après l’ouverture des frontières.

La consolidation de la capacité institutionnelle constitue une force majeure également du réseau, vu la nature des partenariats stratégiques conclus au niveau régional, national et international.

À l’issue des travaux de l’Assemblée, le Président du RDTR, a salué la politique sage et responsable menée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’Assiste, pour défendre l’intégrité territoriale du Royaume et assurer sa sécurité et sa stabilité, louant également les efforts considérables déployés pour la lutte contre la propagation de la pandémie Covid-19.

En guise de conclusion, le Président du RDTR a tenu à exprimer ses vifs remerciements et sa gratitude pour l’autorité locale à leur tête Monsieur le Wali de la région Souss Massa, pour son soutien indéfectible au professionnel du tourisme rural durant cette conjoncture de crise.

Il est à rappeler que le RDTR est une association touristique professionnelle régionale qui a été créée en mai 2011. Elle regroupe des structures touristiques rurales et des associations locales à vocation touristique de la région Souss Massa.

Les objectifs du réseau sont multiples visant principalement la structuration de tourisme rural régional, la participation à la dynamisation de l’économie locale par un effet d’entraînement à l’échelle territoriale ainsi que la valorisation du patrimoine naturel et culturel de la région.

Séance dédicaces à la Bibliothèque pour tous.

Représentation d’AGADIR – Maroc
Permanences le: lundi de 16 à 18h / mercredi de 10 à 12h / samedi de 10 à 12h. Tél.: +212 (0)6 71 56 25 24.                                                                                                                      Agadir, le 20 Mars 2021
                                                                    
 
                                      COMMUNIQUE 21004                                                             
                 
      GEMMA SERA  A LA BPT, PLACE DES ORANGERS le 31 MARS !



Chers Adhérents, chers Amis,                                                                                                        
Nous le savions déjà, notre Association compte parmi ses Adhérents de nombreux artistes doués de divers talents.

Et nous venons d’en découvrir un nouveau …

En effet, notre adhérent et ami, Jean-Pierre MABILLE, connu jusque là pour ses qualités de « pétanqueur » et son cours de Darija vient de publier son premier roman, GEMMA .

Je suis certain que vous aurez à cœur d’aller voir Jean-Pierre et GEMMA
                Mercredi 31 Mars de 10h à 13h et de 15h à 18h
                   à la BIBLIOTHEQUE POUR TOUS de l’UFE,                       
                 située Place des Orangers, au centre d’Agadir


Jean-Pierre et Gemma vous y attendront pour faire connaissance, et pour votre plus grand plaisir.



                         Chaleureusement vôtre, Jean-Claude Rozier 
Président UFE AGADIR

Vaccin Astrazeneca : Les livraisons retardées au Maroc

par Mohamed Badrane – aujourdhui.ma – 22/03/2021

Vaccin Astrazeneca : Les livraisons retardées au Maroc

En raison de la forte demande locale sur le fournisseur indien, les commandes du Brésil et de l’Arabie Saoudite également perturbées

C’est un remake de la pénurie des masques et gel au début de la pandémie. Une forte demande sur les vaccins contre le Covid-19 risque de perturber les chaînes d’approvisionnement. Le Maroc ne déroge par à la règle. L’agence de presse britannique vient d’annoncer une perturbation dans le calendrier de livraison du vaccin du laboratoire britanico-suédois, Astrazeneca fabriqué en Inde par l’India Serum Institute.

Ce dernier aurait déjà informé trois pays en l’occurrence le Brésil, l’Arabie Saoudite et bien évidemment le Maroc d’un chamboulement dans son calendrier de livraison en raison d’une forte demande en interne. L’Inde qui fait partie des pays les plus touchés au niveau mondial mène également une large campagne de vaccination.

Aussi, des travaux pour porter la capacité de production du fabriquant indien de 60 millions de doses par mois et 100 millions mensuellement est également pour beaucoup dans ce retard de livraison. Si l’India Serum Institute doit être capable dès les mois d’avril-mai d’augmenter ses capacités de production et donc de fournir ses clients comme le Maroc plus rapidement, le Royaume tente, en attendant, de diversifier ses sources d’approvisionnement. L’enjeu pour le Maroc est de maintenir des stocks suffisants pour continuer un rythme soutenu de vaccination. Dans ce sens, le ministre de la santé avait annoncé, il y a quelques jours, une commande d’un million de doses du vaccin russe Spoutnik V.

Espacer les doses

En attendant de recevoir les doses nécessaires, une autre piste est en train de faire son chemin dans les milieux scientifiques, à savoir l’espacement des deux doses. Dans ce sens, le médecin chercheur en politiques et systèmes de santé, Dr Tayeb Hamdi, estime qu’un espacement de 12 semaines des deux doses du vaccin anti-Covid-19 AstraZeneca-Oxford, au lieu de 4 semaines actuellement, s’avère opportun pour vacciner et protéger plus de personnes. Dans une analyse consacrée aux «Contraintes d’approvisionnement en vaccins: les défis et les solutions alternatives», ce scientifique a appelé à ne vacciner que d’une seule dose les personnes qui ont déjà été infectées, 3 à 6 mois après la survenue de la maladie. «Car cette première dose jouerait un rôle de rappel et permettra de booster une immunité déjà enclenchée par l’infection, ce qui permet de vacciner d’autres personnes prioritaires», a-t-il expliqué.

Cette approche aiderait à vacciner et protéger plus de populations dans des périodes plus courtes, tout en gagnant des doses qui serviraient à vacciner plus largement, a poursuivi Dr Hamdi, soulignant que face aux contraintes d’approvisionnement en vaccins, tous les pays sont amenés à chercher des solutions alternatives pour déjouer les risques liés à la pandémie, en attendant des immunités collectives.

Au Maroc les acquis d’une campagne vaccinale réussie et d’une population jeune facilitant la protection rapide des groupes vulnérables ne dispensent pas d’une telle réflexion face aux risques d’une reprise de l’épidémie, des défis des variants et de l’épuisement de la population, a prévenu ce chercheur en politiques et systèmes de santé.

Etude

La Grande-Bretagne a été la première à décider de vacciner massivement sans respecter la durée limitée entre les deux doses. Depuis, des études ont montré que le vaccin d’AstraZeneca-Oxford est hautement efficace dès la première dose avec un espacement de 3 mois. D’autres études ont conclu qu’une seule dose chez les personnes ayant déjà été infectées produit des anticorps de 10 à 45 fois plus, a-t-il argué, ajoutant que les recherches sont en cours vers l’espoir d’une seule dose des vaccins à base d’ARN messager et du vecteur viral.
Dans le même sillage et afin d’atteindre rapidement l’immunité collective et abaisser le taux de reproduction du virus, Dr Hamdi souligne également l’importance du respect des mesures barrières et les mesures territoriales. «Plus on freine l’épidémie, moins on aura besoin de vacciner plus de population pour atteindre l’immunité collective et retrouver une vie normale, tout en continuant par la suite à vacciner le reste de la population pour consolider notre immunité individuelle et collective», a-t-il soutenu.

Bilan

Selon le dernier bilan fourni par le ministère de la santé, le nombre des personnes vaccinées (dose 1) a atteint (ndlr- jusqu’au samedi 20 mars) 4.264.168, alors que 2.423.380 ont reçu la deuxième dose du vaccin. La même source a annoncé dans le même bulletin quotidien sur la situation du Covid-19 qu’un total de 444 nouveaux cas d’infection au coronavirus et de 484 guérisons a été enregistré au cours des dernières 24 heures au Maroc. Ce nouveau bilan porte à 491.463 le nombre total des contaminations depuis le premier cas signalé en mars 2020. Le nombre des personnes rétablies est passé à 478.870, soit un taux de guérison de 97,4%, précise le ministère. Quant au nombre total des décès, il est passé à 8.763 avec 8 cas recensés en 24 heures, soit un taux de létalité de 1,8%. Ces décès ont été enregistrés dans les régions de Casablanca-Settat (6), Marrakech-Safi (1) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (1). Les nouvelles contaminations ont été recensées dans les régions de Casablanca-Settat (313), Rabat-Salé-Kénitra (32), l’Oriental (26), Marrakech-Safi (23), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (13), Souss-Massa (12), Dakhla-Oued Eddahab (11), Draâ-Tafilalet (6), Laâyoune-Sakia El Hamra (4), Béni Mellal-Khénifra (2) et Fès-Meknès (2). Le nombre des cas actifs s’élève à 3.830, alors que les cas sévères ou critiques sont au nombre de 406, dont 25 placés sous incubation.

Note personnelle : Nicole ne sera pas impactée par un risque de retard de livraison puisqu’elle a eu sa seconde injection de vaccin AstraZeneca ce matin, sans problème.

Développement urbain d’Agadir

Lancement des travaux du projet de Réhabilitation du Cinéma Sahara

lematin.ma – 21/03/2021

Lancement des travaux du projet de Réhabilitation du Cinéma Sahara

Les travaux du projet de Réhabilitation du Cinéma Sahara ont été lancés, vendredi dernier, par Ahmed Hajji, Wali de la Région Souss Massa, Gouverneur de la Préfecture d’Agadir-Ida Outanane. Ce projet, situé au cœur du quartier du Nouveau Talborjt, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Développement Urbain de la Ville d’Agadir 2020-2024.

«Bâtiment historique du quartier du Nouveau Talborjt, le Cinéma Sahara connaît aujourd’hui de belles perspectives d’avenir grâce à une rénovation à la hauteur de l’attachement que lui portent les citoyens d’Agadir », souligne-t-on dans un communiqué. «Considéré à la fois comme un lieu de culture charismatique et un pilier du patrimoine architectural de la ville, cet établissement s’inscrit parmi les projets du volet Promotion Culturelle et Mise en Valeur du Patrimoine de la ville d’Agadir ratifié dans le cadre du Programme de Développement Urbain d’Agadir 2020-2024 (PDU). C’est dans ce contexte qu’ont été lancés, ce vendredi 19 mars 2021, les travaux de réhabilitation qui opèreront une totale remise à niveau technique du Cinéma Sahara, assortie d’une valorisation architecturale du bâtiment».

Au niveau structurel, en plus d’une consolidation générale et de diverses réparations, le bâtiment du Cinéma Sahara bénéficiera de changements de revêtements des sols, murs et plafonds, de l’installation des équipements scéniques et du matériel de projection, et d’une mise en valeur de l’éclairage et de l’acoustique.

Au niveau patrimonial, le projet de réhabilitation respectera l’identité du cinéma par une mise en valeur de l’aspect structurel de la construction, qui fait sa qualité architecturale. La réalisation d’une véritable entrée de cinéma, d’une façade architecturale filtrant la lumière, d’une enseigne reprenant les caractères historiques, ainsi que la présence de bois dans la décoration, renforceront l’identité du Cinéma Sahara et son «Porté par sa vocation de lieu de culture et d’animation, le cinéma se dotera par ailleurs d’une salle unifiée, pensée dans un vocabulaire de théâtre et d’événements culturels, et d’un étage café constituant un point d’intérêt pour les usagers de l’établissement et de la place environnante qui sera également réaménagée dans le cadre du projet de réhabilitation des places publiques de la ville.

Voué à une véritable renaissance, le Cinéma Sahara, dont le projet de réhabilitation s’inscrit parmi les projets de réhabilitation d’anciens bâtiments de la Ville en lieux de culture dans le cadre du PDU, verra ses travaux s’achever au cours du troisième trimestre 2022».

%d blogueurs aiment cette page :