Archives de mars 12th, 2021

Ralentissement de la vaccination: risques sur la reprise économique au Maroc

medias 24.com – 11/03/2021

La relance de l’économie marocaine en 2021 est intimement liée au bon déroulement de la campagne de vaccination. Son ralentissement, couplé à l’aggravation de la situation sanitaire dans le monde et au renforcement des mesures de restrictions risque de retarder la reprise espérée au départ pour le deuxième semestre. La bonne campagne agricole qui s’annonce pourrait atténuer partiellement cet impact.

Ralentissement de la vaccination : Risques sur la reprise économique au Maroc

La prévision de croissance économique de 4,6% en 2021 était basée essentiellement sur une vaccination anti-Covid massive de la population au premier semestre. Le ministre de la Santé avançait début janvier que les Marocains pourraient retrouver une vie normale à partir de mai, et qu’ils passeront un mois de Ramadan normal, sans mesures barrières.

Après des débuts encourageants qui ont permis au pays d’injecter la première dose du vaccin plus de 12% de sa population, et d’être parmi les pays qui ont fait un excellent départ, les choses commencent à se corser. Les stocks des premières doses sont presque épuisés, et le Maroc, comme tous les Etats du monde, a du mal à se réapprovisionner. Et l’objectif de départ de vacciner 80% de la population en 12 semaines semble compromis.

Une donnée qui change tout. Sur le plan sanitaire d’abord, puisque l’immunité collective ciblée ne sera pas atteinte dans les temps prévus. Puis sur le plan économique, la reprise étant intimement liée à un retour à la vie normale et à la levée de toutes les restrictions mises en place actuellement.

L’espoir d’une reprise au deuxième semestre, comme avancé par les autorités publiques, ainsi que le HCP, Bank Al-Maghrib, la Banque mondiale ou encore le FMI se retrouve aujourd’hui hypothéqué par cette guerre mondiale autour des vaccins et le grand déséquilibre entre l’offre mondiale et de la demande.

Lahlimi: « Les perspectives du départ ne sont plus à l’ordre du jour »

Contacté par Médias 24, Ahmed Lahlimi, Haut-commissaire au plan, pense que « si la vaccination n’avance pas comme prévu initialement, il va falloir qu’on réadapte notre plan de relance et notre manière de gérer cette crise ».

« Les perspectives qu’on avait en début d’année ne sont pas à l’ordre du jour pour le moment. Mais il est très tôt de calculer l’impact exact de ce retard dans la campagne de vaccination sur la croissance prévue en 2021 », ajoute le Haut-commissaire au Plan.

Cette difficulté à évaluer les choses ne vient pas du simple fait que la campagne soit en retard par rapport à ce qui était prévu, mais des évolutions nouvelles de la pandémie sur le plan international, selon M. Lahlimi.

« Dans cette pandémie, nous vivons en interdépendance avec le monde. Alors qu’on commençait à entrevoir une sortie de la crise en Europe fin 2020, avec un espoir de réouverture des frontières, on est retombé ces dernières semaines dans le scénario inverse. Les frontières se ferment partout et le Maroc a pris également des décisions en ce sens pour se protéger contre les nouveaux variants qui se multiplient et qui font des ravages chez notre premier partenaire commercial. Les choses deviennent donc très compliquées surtout pour les secteurs qui dépendent de l’international et de l’Europe et qui continueront à être à l’arrêt pour encore longtemps », explique Ahmed Lahlimi.

Le Haut-commissaire au Plan note toutefois que le Maroc a pris un pas d’avance par rapport à de nombreux pays, dont certaines économies avancées, en sécurisant les vaccins pour les personnes les plus vulnérables qui ont été toutes ou presque vaccinées et donc mises hors de danger.

« Ce que le Roi Mohammed VI a pu faire dans cette épidémie, je le compare, en valeur historique, à la gestion du dossier de l’’intégrité territoriale et à la dynamique économique qu’il a lancée au début des années 2000. Le Roi a sauvé des centaines de milliers de vies. Il a également sauvé une certaine fierté des Marocains, une certaine considération de leur pays et de leurs institutions qui fait actuellement défaut même dans des pays développés. On voit avec cette gestion de la crise la valeur d’un leadership fort et populaire, qui est respecté et aimé. C’est une œuvre qui doit être retenue historiquement. Maintenant, il ne faut pas minimiser les risques, ni trop se satisfaire dans ce qu’on a fait jusque-là. Cette crise que l’on croyait passagère semble être là pour durer encore longtemps », souligne-t-il.

Il faut désormais apprendre à vivre avec le virus

Le patron d’un grand groupe industriel consulté par Médias 24 semble, lui, optimiste, malgré le ralentissement de la campagne de vaccination et la guerre acharnée contre le peu de doses en production dans le monde.

« Le Maroc a réussi à vacciner les personnes vulnérables. C’est le plus important. Il faut désormais qu’on apprenne à vivre avec le virus et sortir de cette logique binaire qu’on nous impose et qui veut que la reprise soit liée à la vaccination. Cette année de crise nous a bien montré qu’on peut vivre avec le virus. Je ne sais pas d’ailleurs pourquoi on ne parle que de vaccins et pas de traitements. Si on arrive à développer un traitement efficace contre le virus, les choses seront réglées », signale notre source.

« Je ne veux pas faire de la macro, car ça n’a plus de sens en ces temps d’incertitudes. Mais en homme de terrain, et en citoyen marocain, je vois aujourd’hui que les gens vivent normalement, produisent, travaillent, consomment, peut-être moins qu’avant, mais la vie ne s’est pas arrêtée. Il faut être optimiste. L’essentiel, c’était de mettre les gens vulnérables à l’abri. Le reste est gérable. Et ce virus ne doit pas nous empêcher de vivre. Si on rentre dans cette logique, en changeant de mindset, on peut assurer une belle relance en s’appuyant sur nos propres capacités internes puisque le monde se referme encore. Et les stratégies qui sont mises en place aujourd’hui par les pouvoirs publics vont dans le bon sens. Il faut accélérer la cadence et continuer à faire du lobbying, à batailler pour notre pays, pour que l’on soit les premiers servis en termes de vaccins, de traitements. Si on a pu le faire de janvier à aujourd’hui, on peut le refaire dans les jours et semaines qui viennent. Rien n’est impossible », assure-t-il.

Cet esprit d’entrepreneur, d’homme de terrain, est certes encourageant, mais il reste, au moins sur le plan théorique, que la croissance est dépendante du rythme de vaccination. Quand le Maroc a annoncé le lancement de sa campagne de vaccination fin 2020 avec cet objectif de couvrir 80% de la population en 12 semaines, la Banque mondiale a relevé systématiquement les prévisions de croissance du pays de 1 point. Ce point va-t-il désormais disparaître ?

L’agriculture et l’informel : les deux bouées de sauvetage

Ahmed Lahlimi pense que le ralentissement de la campagne de vaccination, l’apparition de nouveaux variants dans le monde et les décisions de fermeture des frontières qui se sont ensuivies vont affecter la prévision de la croissance pour 2021. Mais que le Maroc pourra retomber sur ses pieds en réalisant une croissance de plus de 4%, grâce notamment à la « très bonne campagne agricole » qui s’annonce.

« Ce que l’on va perdre d’un côté, on va le gagner de l’autre. Car dans nos prévisions initiales, on ne tablait pas sur une excellente année agricole, mais sur une année moyenne. Grâce à la pluviométrie qu’a connu le pays, il nous paraît que cette campagne sera plus que moyenne, ce qui va apporter jusqu’à deux points de croissance de plus. L’agriculture va sauver cette année 2021 », explique M. Lahlimi.

Le Haut-commissaire au Plan pense également que le Maroc dispose de secteurs qui peuvent tenir la barre en ces temps de crise, comme l’agro-alimentaire qui « peut nous assurer une autosuffisance », les services, mais aussi et surtout un secteur minier qui malgré la conjoncture peut être une locomotive de croissance. « Le secteur minier présente l’avantage de produire des choses non périssables. Même si les frontières du monde se ferment, ces produits peuvent être stockés et même gagner de la valeur avec le temps », explique-t-il.

Le Maroc selon lui peut également miser sur le développement de secteurs nouveaux où il a des atouts comme ceux de la technologie et de l’industrie de la santé pour gagner des points et se positionner dans de nouvelles chaînes mondiales de valeur.

Aux côtés de tout cela, Ahmed Lahlimi suggère également aux pouvoirs publics de s’appuyer sur le secteur informel pour gérer cette phase difficile.

« Je ne suis pas en train de défendre l’informel. Mais il faut être pragmatique. J’entends ici et là qu’il faut lutter contre l’informel. Ce sujet ne doit pas être à l’ordre du jour. Il faut bien sûr avoir une vision prospective pour résoudre les problèmes que pose ce secteur. Mais la lutte contre l’informel ne doit pas être dans l’agenda opérationnel des pouvoirs publics en ces moments difficiles. Ce secteur peut aider le Maroc à passer cette phase. Car il correspond à une certaine demande de production de biens et de services qui alimente une société qui, dans ces circonstances, aura encore plus tendance à s’auto-centrer. L’informel a une fonction économique, sociale et culturelle très importante dans notre pays », explique M. Lahlimi.

Ce secteur apporte selon le Haut-commissaire au Plan 30% du PIB et emploie plus de 40% de la population active. « Ces richesses et ces emplois correspondent bien à quelque chose. On parle d’un secteur qui produit, qui rend des services et qui répond à une demande qui existe et qui va s’accroître de plus en plus. Je ne suis pas en train de faire l’apologie de l’informel, je dis qu’il faut bien sûr réfléchir à des réformes pour l’avenir, mais gérer en même temps le présent au mieux de ce qu’il est possible de faire pour que l’on puisse limiter les dégâts sociaux et économiques de cette crise », poursuit M. Lahlimi.

Selon lui, cet informel ne sert pas qu’à faire vivre les populations et les familles qui y travaillent. Mais arrose également le secteur formel, dont plusieurs entreprises structurées sont dépendantes.

« Une bonne partie de l’informel approvisionne ou achète des produits de l’économie formelle. Et souvent, cette demande est la bienvenue pour la rentabilité de plusieurs entreprises, petites, moyennes et grandes. Il faut être pragmatique dans la gestion d’une crise, mais il faut être prospectif et réformateur dans notre vision de l’avenir », conclut-il. 

Agadir 1960 : une vidéo d’actualité allemande de 1960 (UFA Wochenschau)

Merci beaucoup à M. Michael Schultz un lecteur du blog, qui a eu l’extrême gentillesse de m’envoyer cette vidéo et le texte du commentaire en français :

Cliquer ci-dessus pour lire la vidéo

Agadir, la vieille ville portuaire de la côte atlantique marocaine, avec une moyenne de 300 jours de soleil par an, est l’une des destinations touristiques les plus populaires d’Afrique du Nord. Une belle plage, des palais hôteliers blancs et une vie colorée dans les rues et les ruelles, c’était Agadir jusqu’au 29 février 1960.
Le 29 février, la terre s’est ouverte. Peu avant minuit, les horloges se sont arrêtées. Agadir a été détruite par un tremblement de terre.
En moins de 10 secondes, des pans entiers de la ville se sont effondrés. Même les bâtiments massifs en béton comme celui-ci n’ont pas pu résister à la catastrophe. Ce qui restait de cet hôtel n’était qu’un tas de décombres.
L’hôtel « Saada » avant et après le tremblement de terre. L’hôtel « Marhaba » – avant et après. L’hôtel « Gautier » – et ce qu’il en reste. Le quartier européen a été détruit à 70 %. La vieille ville d’Agadir n’existe plus.
Notre caméraman, Horst Grund, nous a envoyé le rapport suivant : « Un jour après le tremblement de terre, je me suis rendu dans la zone sinistrée à bord d’un avion Noratlas de l’armée de l’air allemande. Pendant ces heures, le désastre n’était pour nous rien de plus qu’un article de journal.
En dessous de nous, la flotte française de l’Atlantique se dirigeait vers Agadir. Nous n’avions aucune idée de ce qui nous attendait. Le premier vol au-dessus d’Agadir me fait penser à une ville bombardée.
Heureusement, l’aérodrome a été épargné. Les avions de la Luftwaffe allemande ont atterri ici presque sans interruption. Ils apportent des couvertures, du matériel hospitalier et des médecins.
Au même moment, les troupes de secours américaines arrivent. Puis les Français, les Anglais, les Hollandais et les Suédois arrivent. Des lazarets sont installés aux portes de la ville. Des montagnes de pioches et de pelles se tiennent prêtes pour le travail de nettoyage.
La langue de l’aide est internationale, Dieu merci. Tout est encore en désordre ici. Personne n’a d’instructions précises. Chaque équipe de secours est obligée d’agir par elle-même.
Le deuxième jour à Agadir : Aujourd’hui, on parle déjà de plus de 2 000 morts, mais on ne sait toujours pas combien des 35 000 habitants sont ensevelis sous les décombres. La piqûre est encore sur les survivants.
Le thermomètre indique 41 degrés à l’ombre. Il y a un risque d’épidémie. On parle de choléra, de typhoïde et même de peste.
L’espoir de trouver la vie dans les décombres est moins que mince. Néanmoins, le prince héritier marocain a ordonné que les recherches se poursuivent à tout prix. Ici, un blessé est récupéré. Mais la plupart d’entre eux sont morts.
Notre caméraman fait un reportage au troisième jour : l’odeur des cadavres au-dessus d’Agadir devient presque insupportable. La population est évacuée et logée dans des quartiers de fortune à la périphérie de la ville.
Les autorités font état de 12 000 morts aujourd’hui. Avant que la ville ne soit définitivement fermée, je traverse Agadir une fois de plus… Je conduis le long d’une route qui semble s’éterniser.
Des fosses communes sont creusées aux portes d’Agadir. Les équipes de secours sont au bout du rouleau. Il y a une heure, le prince héritier Moulay Hassan a ordonné des chants forts pendant le transport des corps.
Jour 5. La misère à Agadir dépasse mon entendement. Aujourd’hui, je me suis rendu dans les quartiers d’urgence, où la population indigène est approvisionnée en nourriture et en eau.
La ville elle-même est maintenant presque déserte. Il ne reste que quelques animaux, dont l’étrange agitation, disent-ils maintenant, avait annoncé la catastrophe.
Quelques heures plus tard, à l’aérodrome. Ici, je rencontre les derniers Européens qui sont transportés au loin. Parmi eux se trouvent de nombreux touristes. Ils voulaient passer leurs vacances à Agadir.
Le sixième jour. Pour la deuxième fois, le roi Mohammed se rend sur les lieux de la catastrophe…
Le prince héritier Moulay Hassan, qui a pris en charge les opérations de secours, refuse de napalmiser la ville frappée par la peste. Il est obsédé par l’idée qu’il y a encore des personnes vivantes sous ces décombres.
Le danger augmente d’heure en heure. La chaux chlorée est mise en route, les pistolets américains avec la poudre de DDT entrent en action.
Pendant une journée entière, les machines de désinfection tournent autour de la ville.
La tragédie d’Agadir est l’expérience la plus choquante de mes longues années en tant que reporter d’actualités. Le septième jour, j’ai dû quitter Agadir. J’ai quitté une ville morte.

La harira, la divine soupe des Marocains

Par Carole Saturno – geo.fr

La harira, la divine soupe des Marocains

Au Maroc et dans l’ouest de l’Algérie, les femmes élaborent un plat destiné à la rupture du jeûne : la harira.

Pour tous les musulmans pratiquants, pendant le mois de ramadan, le Coran est formel : interdiction de s’alimenter, de l’aube au coucher du soleil. «Mangez et buvez jusqu’à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu’à la nuit», dicte le texte sacré. L’épreuve est rude… et encore plus quand, dès la mi-journée, les premiers effluves de coriandre s’échappent des cuisines, venant titiller les ventres creux. Lors de la rupture du jeûne, les femmes élaborent la harira, une soupe facile à préparer en grande quantité, et à partager – la générosité envers les plus pauvres est l’une des règles du mois de jeûne.

La harira s’inscrit dans une tradition ancienne, héritée d’un potage andalou, la bufertuna (de buena fortuna, «bonne chance»). Les exégètes trouvent mention dès le IXe siècle d’une soupe à sept ingrédients qui lui ressemble. A l’intérieur, des dés de viande de bœuf, de mouton ou de poulet, des légumineuses (lentilles et pois chiches), des tomates concassées, des épices, des herbes, un trait de jus de citron… Et, pour lier le tout, un ingrédient crucial : le levain. Il apporte au plat son goût un peu acide et sa texture légèrement épaisse.

Chaque jour, après des heures où les fidèles n’ont ni mangé ni bu, salves de canon et appels à la prière marquent la fin de l’effort. On avale alors des dattes, parfois farcies de beurre, symboles de douceur, et un verre de lait, signe de pureté. Puis, on plonge dans le bol de harira la traditionnelle cuillère en bois de citronnier. Instantanément, la soupe réconforte, désaltère, comble l’estomac, rétablit l’équilibre du corps. Et rappelle aux fidèles le sens du jeûne : la nourriture n’est pas un dû, mais un cadeau de Dieu.

Après la harira, on se gave de figues sèches, d’œufs durs au cumin, de bricks, de pâtisseries… Et, une fois sustenté, on se rend à la mosquée, pour la dernière prière. Au retour, un second festin débute, fait de salades, de viandes et de douceurs. Certains, déjà rassasiés, sautent cette étape. Ils préfèrent se lever avant l’aube pour avaler un bol de couscous sucré ou une soupe de blé. La harira est aussi servie à d’autres occasions, à l’accouchée ou à l’enfant circoncis, aux convalescents ou aux jeunes mariés. Toujours fortifiante, généreuse et parfumée.

La recette de la harira

Ce qui caractérise la harira, comparée par exemple à la chorba, une autre soupe du Maghreb ? Le levain, qui remplace les vermicelles, et le mode de cuisson, en deux temps.

Le bouillon
Faites revenir les viandes (collier de mouton, paleron de bœuf ou poulet coupé en dés ou effiloché après une heure de cuisson) avec des oignons, ajoutez l’eau, les légumineuses voire une poignée de riz, et des filaments de safran.

La mixture
A part, mélangez les tomates concassées, le levain, le jus de citron et beaucoup d’herbes (coriandre, persil). Ajoutez cette mixture au bouillon, lentement, pour éviter les grumeaux.

Au service
Complétez avec des épices – cannelle, paprika, ras el-hanout, cumin –, un œuf battu ou (pour ceux qui aiment) une noix de beurre rance.

Démocratie participative : Une initiative associative lancée dans le Souss

par Mohamed Laabid – aujourdhui.ma – 11/03/2021

Démocratie participative : Une initiative  associative lancée dans le Souss

Pour le suivi-évaluation des politiques publiques territoriales

«Dynamique civile régionale pour le suivi-évaluation des politiques publiques territoriales à Souss-Massa», tel est le nom de la nouvelle initiative qui sera lancée ce jeudi dans la région Souss-Massa par un collectif d’associations locales.
Le nom de cette initiative «Dynamique civile régionale pour le suivi-évaluation des politiques publiques territoriales à Souss Massa» a été choisi par la coalition d’associations sélectionnées suite à un appel à manifestation d’intérêt dans le cadre du projet «Société civile et démocratie participative» qui vise à garantir la participation effective des citoyens dans les affaires publiques.

La sélection des membres de la coalition a été faite sur la base de leur appartenance à la région et de leur implication dans la dynamique de la société civile, ou eu égard à leur compétence scientifique, académique, tels que les chercheurs intéressés par la question du développement local et régional à Souss-Massa.
Après une série de sessions de formation organisées lors de la période de confinement, des rencontres du concertation ont été organisées à Agadir avec la participation des membres de la coalition qui ont approuvé la charte et le plan d’action.

La formation et l’encadrement du processus ont été assurés par l’expert national Ahmed Dahmani et l’équipe opérationnelle de Migrations & Développement. Le principal objectif de la dynamique a été validé collectivement Il s’agit de contribuer à la déclinaison des dispositions constitutionnelles, des lois-cadres des collectivités locales, et des engagements internationaux du Maroc en matière d’opérationnalisation des outils et de suivi-évaluation des politiques publiques. Les associations composant la dynamique se sont mises d’accord de travailler, dans une première étape, sur quatre thématiques essentielles, en l’occurrence : la parité, la jeunesse, le handicap et l’environnement. Le projet «Société civile et démocratie participative» est soutenu par l’Union européenne et l’Agence française de développement, et mis en œuvre par Migrations & Développement, avec l’association Femmes du Sud et le Forum des initiatives des jeunes.

D’après ses initiateurs, cette initiative s’assigne pour objectif de contribuer dans le débat public au niveau de la région en renforçant le rôle des associations au niveau du suivi de la gestion de la chose publique et également appuyer les compétences des organismes actifs dans la région pour suivre la mise en œuvre des différents plans de développement. A cela s’ajoute la création d’un espace d’échange d’expérience entre les acteurs associatifs locaux et les gestionnaires de la chose publique. Et vient pour ancrer le leadership de la région Souss-Massa qui dispose d’un fort potentiel et abrite quelques unes des meilleures expériences en matière de participation citoyenne et de démocratie participative.

Air Arabia Maroc propose 5 nouvelles liaisons vers l’Espagne

bladi.net – 11/03/2021

Air Arabia Maroc propose 5 nouvelles liaisons vers l’Espagne

La compagnie aérienne low-cost Air Arabia Maroc lance cinq nouvelles liaisons au départ de Tanger, Fès et Marrakech vers l’Espagne à partir du dimanche 28 mars 2021. Il s’agit de son nouveau bouquet prévu pour la période estivale.

Dans le détail, la spécialiste de vol pas cher compte desservir Bilbao (mardi et mercredi), Valence (lundi et jeudi) ainsi que Malaga (à raison de 5 vols par semaine) au départ de l’aéroport Ibn Batouta de Tanger. Elle prévoit également de relier Malaga (mardi et vendredi) au départ de Fès-Saïs et Barcelone au départ de Marrakech-Menara (jeudi et dimanche). Avec ces nouvelles liaisons, Air Arabia porte à 14 le nombre de destinations proposées depuis l’aéroport du nord.

Dans un communiqué, la compagnie aérienne à bas coût informe sa clientèle qu’elle relie une trentaine de destinations depuis les aéroports de Casablanca, Fès, Tanger, Nador et Marrakech à destination d’Agadir, Amsterdam, Bruxelles, Barcelone, Bilbao, Madrid, Malaga, Palma de Majorque, Valence, Bordeaux, Lyon, Montpellier, Paris, Strasbourg, Toulouse, Rennes, Bologne, Milan Bergame, Turin Cuneo, Venise, Naples, Catane, Pise, Bâle – Mulhouse, Cologne, Londres, Rabat et Istanbul.

Intitulé «Wanni Ya Samra» : Un nouveau duo exalte le Sahara en amazigh et hassani

par Salima Guisser – aujourdhui.ma – 11/03/2021

Intitulé «Wanni Ya Samra» : Un nouveau duo exalte le Sahara  en amazigh et hassani

«Cette grande œuvre n’a pu voir le jour qu’en début 2021 à cause de problèmes financiers».

Deux arts dans le même tube. Signé par le jeune chanteur Assaoui, de son vrai nom Mohamed Boughda, et l’artiste Hicham Massin, ce morceau intitulé «Wanni Ya Samra» est dédié aux provinces du Sud. Le titre signifiant, selon Assaoui, «Oh Sahara tu m’es si cher». «Nous lançons cette œuvre artistique au service des questions nationales», avancent les deux artistes dont le tube est sorti concomitamment à la reconnaissance historique de la marocanité du Sahara par les Etats-Unis et l’ouverture de plusieurs consulats dans les provinces du sud du Royaume.

En détail, cette œuvre a été tournée le 19 mars 2019 à Assa Zag, et environs, dans une peau épique, jeune et moderne, dont le Conseil régional a produit et financé ce duo. A ce propos, Assaoui indique : «Cette grande œuvre n’a pu voir le jour qu’en début 2021 à cause de problèmes financiers». Le tout en se félicitant des évolutions dans l’affaire du Sahara. «A cette occasion, nous voulions que ce duo soit une contribution pour nous exprimer sur la marocanité du Sahara selon notre angle artistique puisque le clip est porteur de messages nationaux forts de coexistence et de tolérance», ajoute-t-il.
Quant au hassani, il est, pour cet artiste, un art tout comme les autres au Maroc. «Cependant, il a connu une récession en production et créativité. D’ailleurs, les jeunes sahraouis consomment trop la chanson mauritanienne moderne. Cela signifie que l’art hassani a grand besoin d’appuyer la créativité que ce soit en termes de poésie ou de tournages ou encore de promotion de cet art pour l’affranchir de son ancien style».

C’est pourquoi, ce jeune artiste, né dans la province d’Assa-Zag et étudiant chercheur en sociologie, à l’université Ibn Zohr, a un style artistique qui se caractérise par le mélange de l’amazigh et du hassani «en tant que deux facettes d’une même identité». Aussi, son nom artistique Assaoui tend à promouvoir sa province natale et représenter, avec son art, les provinces du Sud dans les manifestations nationales et internationales.

Déjà, il a participé à plusieurs rencontres régionales et nationales. En outre, il lancé un clip qui met en valeur les atouts de la culture, la civilisation et l’écologie des provinces du Sud. De son côté, Hicham Massine est un artiste amazigh issu du Souss. Il a grandi au sein de la grande famille artistique de feu Ammouri Mbark. Il a passé son enfance dans un quartier populaire à Anza, au nord de la ville d’Agadir où il est né et installé.

Il est considéré comme l’un des jeunes artistes qui œuvrent à développer la musique amazighe contemporaine, en modifiant les rythmes et les paroles afin de mieux accompagner l’évolution de la chanson marocaine et internationale. D’ailleurs, sa démarche artistique se veut contemporaine en passant de la musique classique à celle amazighe. Un bon alliage.

Guelmim-Oued Noun: Cinq établissements universitaires verront le jour pour un budget de plus de 160 MDH

fr.hespress.com – 11/03/2021

Guelmim-Oued Noun: Cinq établissements universitaires verront le jour pour un budget de plus de 160 MDH

Cinq établissements universitaires seront réalisés dans la région de Guelmim-Oued Noun pour un budget de plus de 160 millions de dhs (MDH), a annoncé le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Driss Ouaouicha.

Ces cinq établissements universitaires, qui seront réalisés dans le cadre de partenariats avec le conseil et la wilaya de la région et les conseils provinciaux, vont permettre une mise à niveau de l’élément humain et contribuer au développement de la région, a affirmé le ministre lors d’une réunion à l’Ecole supérieure de technologie de Guelmim, organisée en marge de sa participation à la réunion de coordination régionale sur la mise en œuvre de la loi-cadre 51.17 relative au système d’enseignement et de formation.

Il a précisé que deux établissements seront construits à Guelmim, à savoir l’Ecole nationale de commerce et de gestion et la faculté d’économie et de gestion, alors que les trois autres structures universitaires verront le jour à Sidi Ifni (Ecole nationale des sciences appliquées), Assa-Zag (faculté multidisciplinaire) et El Ouatia dans la province de Tan-Tan (Ecole supérieure de technologie), selon un communiqué de son département.

Après avoir souligné l’importance de l’amélioration de la gouvernance, il a mis l’accent sur la nécessité de réussir les partenariats pour l’exécution de ces chantiers durant les trois prochaines années.

Le ministre délégué a également insisté sur l’intégration dans le marché de l’emploi des lauréats de la région et de la formation continue des ressources humaines, outre la diversification et l’enrichissement de l’offre pédagogique par de nouvelles filières concernant en particulier les domaines des NTIC.

Cette réunion s’est déroulée en présence du secrétaire général du secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mohamed Khalfaoui, et du président de l’université Ibn Zohr d’Agadir, Abdelaziz Bendo.

BINTER AMÉLIORE LA CONNECTIVITÉ ENTRE AGADIR ET LES ÎLES CANARIES

Communication Binter – 11/03/2021

La compagnie aérienne va reprendre les vols pour relier Agadir et  Gran Canaria à partir du 19 avril avec une connexion bihebdomadaire.

Tous les passagers doivent présenter un formulaire de santé publique à leur arrivée en Espagne.

La compagnie aérienne recommande de consulter au préalable les exigences fixées par les gouvernements pour entrer dans chaque territoire.

Binter a annoncé qu’á partir du prochain 19 avril, la compagnie reprendra les vols entre Agadir et les îles Canaries. La compagnie aérienne souhaite ainsi donner réponse au bon accueil que ces vols reçoivent et contribuer activement au maintien de la connectivité et à la relance touristique et économique des deux territoires.

Pour tous ces vols à destination des îles Canaries, les passagers doivent dûment remplir un formulaire de santé publique avant d’arriver a l’archipel, via l’adresse www.spth.gob.es ou via l’application gratuite SpTH (Spain Travel Health). Sur les vols à destination du Maroc, les passagers doivent présenter un formulaire qui sera disponible sur le suivant link: http://www.onda.ma/form.php. Dans les deux cas, les passagers doivent présenter un test PCR négatif effectué, dans les 72 heures précédant le départ du vol.

Dans ce sens, il est recommandé à tous les passagers de vérifier les exigences fixées par les gouvernements de chaque pays pour les voyageurs avant l’âchat et le vol.

Ces mesures, ainsi que les protocoles et procédures mis en place par la compagnie aérienne depuis le début de la crise sanitaire générée par le COVID-19, sont ceux qui ont permis de faire en sorte que le transport aérien soit sûr, avec une incidence d’un cas sur les 27 millions de passagers transportés.

Une fréquence bihebdomadaire

Binter a programmé, pour le moment, une connexion bihebdomadaire  avec l’aéroport de Gran Canaria.

Les vols seront opérés les lundis toutes les deux semaines. Un avion décollera de l’aéroport de Gran Canaria à 12h00 pour atterrir à 13h35 à Agadir. À 14 h 20, le vol décollera de l’aéroport marocain vers les îles Canaries, où il atterrira à 16 h 00.

Les personnes intéressées par l’achat de billets doivent s’adresser aux canaux de vente habituels de la compagnie: http://www.bintercanarias.com/fre, l’application Binter, les téléphones (212) 522 47 19 45 / (212) 661396780 / +34 928327700 et toutes les agences de voyages du Maroc, où les conditions et les prix des différentes destinations peuvent être consultés.

Déclinaison régionale du Plan d’accélération industrielle : Moulay Hafid Elalamy fait le point à Souss-Massa

aujourdhui.ma – 11/03/2021

Déclinaison régionale du Plan d’accélération industrielle : Moulay Hafid Elalamy fait le point à Souss-Massa

Les opérateurs du Maroc et de l’étranger ont renoué avec l’investissement dans la région et considèrent Souss-Massa comme une destination importante et fondamentale.

La déclinaison régionale du Plan d’accélération industrielle (PAI) pour la Région Souss-Massa, lancée par SM le Roi Mohammed VI, enregistre des résultats «très satisfaisants», s’est félicité, mercredi à Agadir, le ministre de l’industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy.
«Aujourd’hui, la majorité des projets programmés est en phase finale d’ouverture ou de réalisation», a déclaré à la MAP M. Elalamy à l’occasion d’une visite pour faire le point sur l’état d’avancement du PAI. Et d’ajouter que «les projets ont bien avancé et la banque de substitution Agadir a capté 30 chantiers», faisant part de sa satisfaction des réalisations accomplies.

«Grace à la dynamique lancée par SM le Roi et qui a donné des résultats très intéressants, les opérateurs du Maroc et de l’étranger ont renoué avec l’investissement dans la région et considèrent Souss-Massa comme une destination importante et fondamentale», a-t-il souligné.
«Les Hautes instructions du Souverain visent à faire d’Agadir un pôle central ce qui nécessite la contribution et la mobilisation de l’ensemble des départements ainsi que les responsables de la région», a insisté M. Elalamy.

Lors de cette visite, M. Elalamy était accompagné notamment du wali de la région de Souss-Massa, gouverneur de la préfecture d’Agadir-Ida Ou Tanane, Ahmed Hajji, du président du conseil de la région, Ibrahim Hafidi et du Président de la Chambre de commerce, d’industrie et des services d’Agadir, Karim Achengli.
Souss-Massa est la première région du Royaume à bénéficier de la déclinaison de la stratégie industrielle avec l’ambition de s’ériger en pôle économique capable de créer de l’emploi, de valoriser ses richesses et de soutenir ses secteurs productifs pour assurer une croissance inclusive.
Cette déclinaison porte l’ambition de créer, à terme, 24.000 nouveaux emplois, répartis sur 8 secteurs d’activité : trois secteurs historiques vecteurs de croissance (construction navale, agro-industrie et chimie) et cinq secteurs émergents, leviers d’accélération industrielle (automobile, cuir, matériaux de construction, plasturgie et offshoring).

La démarche industrielle conçue pour Souss-Massa entend ainsi conforter les secteurs industriels existants tout en développant de manière proactive et agissante de nouveaux créneaux, dans le respect total des normes environnementales et de la vocation touristique de la région.
Pour appuyer cette ambition régionale, une approche multidimensionnelle et intégrée a été adoptée et a consisté en le déploiement d’infrastructures d’accueil adaptées, au service des investisseurs et de l’entrepreneuriat, notamment une zone d’accélération industrielle, l’extension de Haliopolis/agropôle et le développement d’un Parc industriel intégré.

Il s’agit également de la réalisation de la Cité d’innovation, et qui permet de doter la Région d’une infrastructure d’accueil technologique facilitant l’accompagnement des jeunes porteurs de projets innovants, et d’un Technopark destiné aux PME et aux start-up du secteur des technologies de l’information et de la communication et qui met à leur disposition des locaux prêts à l’emploi et un accompagnement adapté.

Agadir: des marées de déchets sur la plage, à qui la faute ?

par Yassine Saber – leseco.ma – 11/03/2021

La plage d’Agadir connaît régulièrement des échouages importants de déchets, lors des épisodes pluviaux. Les crues de janvier ont entraîné le déversement de plus de 1.800 tonnes de déchets sur la baie, soit un volume de 3.392 m3.

Les déchets des uns font le malheur des autres. Une description qui résume parfaitement l’état de la baie d’Agadir lors de chaque fort épisode pluvial. Alors que le niveau d’exposition de celle-ci est élevé selon le Plan territorial de lutte contre le réchauffement climatique (PTRC) de la Région Souss-Massa à cause, entre autres, de l’érosion du littoral, de la migration des flux de sables vers la corniche et de la multitude de sources de pollution, cette zone est également vulnérable face aux cinq cours d’eau qui la traversent.

Le plus important d’entre eux est Oued Souss, dont le bassin versant frôle 16.100 km2 pour une longueur de 190 km. Cet oued se déverse directement dans l’océan Atlantique, au Sud de la plage d’Agadir, au niveau de l’embouchure Oued Souss. Parmi ses principaux affluents figurent aussi d’autres vallées situés au niveau de la province de Taroudant, notamment Oued Issen, Oued Ouziwa, Oued Immerguen et Oued Arghene. Les autres oueds qui débouchent directement sur la plage d’Agadir sont Oued Lahouar, qui est doté d’un bassin d’une superficie de 36,3 km2, et un thalweg d’une longueur de 17,3 km. À cela s’ajoutent Oued Tennaout, dont le bassin s’étend sur 16,11 km2 avec un drain principal d’une longueur de 6,65 km, Oued Tildi, qui débouche sur la plage d’Agadir par un ouvrage hydraulique de double dalot et Oued Lghazoua, dont l’estuaire est situé au niveau du port d’Agadir et traverse la marina par un dalot enterré avec un cours d’une longueur de 7,88 km et un bassin versant de 12,2 km2.

1.800 tonnes de déchets déversées sur la baie d’Agadir
Bien que ces cinq oueds n’enregistrent pas d’écoulement tout au long de l’année, ils acheminent, en plus des crues et eaux pluviales, les déchets jetés dans ces cours d’eau. Une situation donnant souvent lieu à un désastre écologique sur la baie d’Agadir. Preuve en est avec les pluies qui s’étaient abattues en janvier dernier sur la capitale du Souss. Selon la commune urbaine, qui assure le nettoyage et la propreté de la plage, ces crues ont entraîné le déversement de plus de 1.800 tonnes de déchets sur la baie. Sur le terrain, force est de constater que le volume de ces déchets a atteint, selon la même source, l’équivalent de 3.392 m3.

Compte tenu de la présence de ces cinq cours d’eau qui débouchent directement sur la plage d’Agadir en majorité à ciel ouvert, des déchets en tous genres sont drainés par les crues et eaux pluviales. De ce fait, après chaque forte pluie, les ordures rejoignent tout d’abord l’Océan Atlantique à travers ces oueds avant qu’ils ne soient éparpillés par les courants marins sur les sept kilomètres de longueur de la côte d’Agadir. Résultat : en plus de la pollution de la baie, de la dégradation de son écosystème marin et de la détérioration de la qualité des eaux de baignade, l’évacuation des déchets vers la décharge de la ville induit un coût et une mobilisation périodique des équipes de la commune urbaine et ses engins.

Des montagnes de déchets collectées sur la plage
À l’instar du remodelage périodique de la plage d’Agadir après la migration des sables vers la corniche, les équipes de la commune urbaine se lancent dans une course contre la montre pour nettoyer la baie de cette énorme quantité de déchets. Durant plus de 15 jours d’affiliée, 100 à 120 agents de nettoyage ont été mobilisés et déployés du 8 au 23 janvier 2021 pour enlever les ordures, générées par les différentes activités anthropiques exercées à proximité de ces oueds. Tout le long de la plage, des déchets ont été entassés avant d’être enlevés par 5 à 7 camions mobilisés par jour. Au total, 424 trajets ont été effectués par ces véhicules, sans compter la mobilisation sur le terrain d’autres engins pour évacuer ces déchets. Les promeneurs, après ces périodes pluviales, s’interrogent une fois de plus sur l’origine des déchets qui échouent régulièrement sur la plage. Bien que la réponse à cette question paraisse évidente, elle dissimule une réalité plus complexe. Il s’agit de l’épineuse question des ordures jetées dans ces cours d’eau qui relèvent, sur le plan règlementaire, du domaine public hydraulique (DPH).

À qui la faute ?
En effet, ces cours d’eau relèvent du contrôle de l’Agence des bassins hydrauliques, notamment les agents de police des eaux, conformément à la loi 36-15 sur l’eau, alors que la gestion des déchets et leur collecte fait partie des compétences propres aux communes en vertu de la loi organique n°113-14 relative aux communes. Néanmoins, malgré cet arsenal juridique ainsi que la généralisation des plans directeurs de gestion des déchets ménagers et assimilés pour toutes les préfectures et provinces du royaume, conformément aux dispositions de la loi 28-00, de grandes quantités d’ordures échouent toujours sur la baie d’Agadir. La majorité des déchets perçus au niveau de la baie sont constitués de branches, de bouteilles et sacs en plastique, mais on y retrouve aussi du papier, du carton, des tissus et des emballages alimentaires. Outre la problématique des oueds, la baie continue d’être altérée par plusieurs sources de pollution qui dégradent la qualité de ses eaux de baignade, dont le réseau des eaux pluviales. Il s’agit essentiellement des émissaires pluviaux ou encore des émissaires de débordement des réseaux d’égouts.

Des écoulements en temps sec à la plage ?
À maintes reprises, les exutoires situés dans la zone Sud de la plage déversent des rejets en temps sec, c’est-à-dire en l’absence de pluie, dont l’origine et le débit sont inconnus, chose qui altère la qualité des eaux de baignade. Partant de ce constat, la destination Agadir n’a pas réussi, pour la troisième année consécutive, à labelliser sa plage «Pavillon bleu» à cause de la persistance des sources de pollution qui dégradent les eaux de baignade. Dans ce sens, plusieurs incidents de pollution ont été constatés ces trois dernières années. Il s’agit principalement du déversement d’eaux grises sur la plage d’Agadir, la détection d’une épaisse mousse blanche et des galettes solides de la même couleur au niveau du port de plaisance et de la plage, en plus de la découverte d’une nappe d’hydrocarbures au niveau de la partie centrale de la plage, outre le fait que la baie continue de subir les déversements industriels de la zone industrielle d’Anza. Bien que la zone de baignade d’Agadir soit située en milieu ouvert, ce qui favorise la circulation et le renouvellement des eaux, la vitesse et la direction du vent ont un effet direct sur le déplacement de ces polluants vers la plage en raison des effets de vents Nord-Ouest. Aussi, la plage d’Agadir peut pâtir des activités portuaires, notamment l’enceinte portuaire et le port de plaisance, en raison des bateaux que l’on y retrouve.

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