Agadir 1960 : une vidéo d’actualité allemande de 1960 (UFA Wochenschau)


Merci beaucoup à M. Michael Schultz un lecteur du blog, qui a eu l’extrême gentillesse de m’envoyer cette vidéo et le texte du commentaire en français :

Cliquer ci-dessus pour lire la vidéo

Agadir, la vieille ville portuaire de la côte atlantique marocaine, avec une moyenne de 300 jours de soleil par an, est l’une des destinations touristiques les plus populaires d’Afrique du Nord. Une belle plage, des palais hôteliers blancs et une vie colorée dans les rues et les ruelles, c’était Agadir jusqu’au 29 février 1960.
Le 29 février, la terre s’est ouverte. Peu avant minuit, les horloges se sont arrêtées. Agadir a été détruite par un tremblement de terre.
En moins de 10 secondes, des pans entiers de la ville se sont effondrés. Même les bâtiments massifs en béton comme celui-ci n’ont pas pu résister à la catastrophe. Ce qui restait de cet hôtel n’était qu’un tas de décombres.
L’hôtel « Saada » avant et après le tremblement de terre. L’hôtel « Marhaba » – avant et après. L’hôtel « Gautier » – et ce qu’il en reste. Le quartier européen a été détruit à 70 %. La vieille ville d’Agadir n’existe plus.
Notre caméraman, Horst Grund, nous a envoyé le rapport suivant : « Un jour après le tremblement de terre, je me suis rendu dans la zone sinistrée à bord d’un avion Noratlas de l’armée de l’air allemande. Pendant ces heures, le désastre n’était pour nous rien de plus qu’un article de journal.
En dessous de nous, la flotte française de l’Atlantique se dirigeait vers Agadir. Nous n’avions aucune idée de ce qui nous attendait. Le premier vol au-dessus d’Agadir me fait penser à une ville bombardée.
Heureusement, l’aérodrome a été épargné. Les avions de la Luftwaffe allemande ont atterri ici presque sans interruption. Ils apportent des couvertures, du matériel hospitalier et des médecins.
Au même moment, les troupes de secours américaines arrivent. Puis les Français, les Anglais, les Hollandais et les Suédois arrivent. Des lazarets sont installés aux portes de la ville. Des montagnes de pioches et de pelles se tiennent prêtes pour le travail de nettoyage.
La langue de l’aide est internationale, Dieu merci. Tout est encore en désordre ici. Personne n’a d’instructions précises. Chaque équipe de secours est obligée d’agir par elle-même.
Le deuxième jour à Agadir : Aujourd’hui, on parle déjà de plus de 2 000 morts, mais on ne sait toujours pas combien des 35 000 habitants sont ensevelis sous les décombres. La piqûre est encore sur les survivants.
Le thermomètre indique 41 degrés à l’ombre. Il y a un risque d’épidémie. On parle de choléra, de typhoïde et même de peste.
L’espoir de trouver la vie dans les décombres est moins que mince. Néanmoins, le prince héritier marocain a ordonné que les recherches se poursuivent à tout prix. Ici, un blessé est récupéré. Mais la plupart d’entre eux sont morts.
Notre caméraman fait un reportage au troisième jour : l’odeur des cadavres au-dessus d’Agadir devient presque insupportable. La population est évacuée et logée dans des quartiers de fortune à la périphérie de la ville.
Les autorités font état de 12 000 morts aujourd’hui. Avant que la ville ne soit définitivement fermée, je traverse Agadir une fois de plus… Je conduis le long d’une route qui semble s’éterniser.
Des fosses communes sont creusées aux portes d’Agadir. Les équipes de secours sont au bout du rouleau. Il y a une heure, le prince héritier Moulay Hassan a ordonné des chants forts pendant le transport des corps.
Jour 5. La misère à Agadir dépasse mon entendement. Aujourd’hui, je me suis rendu dans les quartiers d’urgence, où la population indigène est approvisionnée en nourriture et en eau.
La ville elle-même est maintenant presque déserte. Il ne reste que quelques animaux, dont l’étrange agitation, disent-ils maintenant, avait annoncé la catastrophe.
Quelques heures plus tard, à l’aérodrome. Ici, je rencontre les derniers Européens qui sont transportés au loin. Parmi eux se trouvent de nombreux touristes. Ils voulaient passer leurs vacances à Agadir.
Le sixième jour. Pour la deuxième fois, le roi Mohammed se rend sur les lieux de la catastrophe…
Le prince héritier Moulay Hassan, qui a pris en charge les opérations de secours, refuse de napalmiser la ville frappée par la peste. Il est obsédé par l’idée qu’il y a encore des personnes vivantes sous ces décombres.
Le danger augmente d’heure en heure. La chaux chlorée est mise en route, les pistolets américains avec la poudre de DDT entrent en action.
Pendant une journée entière, les machines de désinfection tournent autour de la ville.
La tragédie d’Agadir est l’expérience la plus choquante de mes longues années en tant que reporter d’actualités. Le septième jour, j’ai dû quitter Agadir. J’ai quitté une ville morte.

Catégories :Actualités

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