Fruits et légumes : Offre abondante, flambée du prix des tomates à la veille du Ramadan


par Kenza Khatla – medias24.com – 01/04/2021

Fruits et légumes: Offre abondante, flambée du prix des tomates à la veille du Ramadan

« Le marché local restera bien approvisionné » à partir des cultures de primeurs durant le mois sacré, nous confie Lahcen Boulguid, président de l’Association des producteurs et exportateurs de maraîchage et primeurs du Maroc (Aspem), région du Souss et membre de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes (Fifel).

« L’offre en fruits et légumes de première nécessité, notamment l’oignon, la tomate et la pomme de terre, sera abondante. Les consommateurs n’ont donc aucun souci à se faire ».

Un constat confirmé par Lahoucine Adardour, président de l’Association marocaine des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (Apefel), qui nous a assuré qu »‘il n’y aura aucun manque au niveau du marché national durant le Ramadan ».

En effet, compte tenu de la bonne conduite du programme d’assolement des cultures légumières, la production issue des récoltes hivernales va couvrir les besoins de consommation pendant les mois d’avril et mai, qui coïncident avec le Ramadan.

« Malgré toutes les contraintes relatives à la crise sanitaire, le surendettement, le manque de main-d’œuvre et à la rareté de l’eau, la production sera bonne cette année, en raison des efforts supplémentaires fournis par les agriculteurs » pour honorer leurs engagements vis-à-vis du marché intérieur et à l’export, souligne M. Boulguid.

« Les précipitations enregistrées cette année ont également sauvé la saison, mais on n’est toujours pas à l’abri de la problématique du manque d’eau dans la région du Souss. Tous les espoirs reposent sur la station de dessalement de l’eau de mer » qui fournira jusqu’à 140.000 m3 d’eau annuellement aux agriculteurs de la région, « et principalement ceux de Chtouka, région spécialisée dans la production de tomates », a-t-il ajouté. Cette station devrait entrer en service le mois prochain. 

Hausse des prix de la tomate

La tomate et l’oignon sont les produits les plus utilisés dans la cuisine marocaine. Leur utilisation augmente davantage durant le mois sacré, pour la préparation des plats traditionnels.

Pour la tomate, la production va couvrir largement les besoins de consommation durant Ramadan, estimés à environ 90.000 tonnes. « Toutefois, son prix sera un peu élevé » par rapport aux mois précédents, et au Ramadan de l’année passée.

Cela s’explique par deux principaux facteurs, selon M. Adardour, dont le premier est relatif à la « surdemande à l’export durant ces trois dernières semaines. Les agriculteurs sont en crise. La demande n’a repris que depuis deux ou trois semaines, ce qui leur permettra de compenser les pertes réalisées jusque-là ». 

« La demande a beaucoup augmenté en Europe, notamment en France », précise le directeur de la Fifel, joint à son tour. Ce pays de l’UE « voulait favoriser la consommation de la tomate produite localement. Ses marchés n’ont donc pas été alimentés par la tomate marocaine, mais les consommateurs n’ont pas apprécié. Notre tomate a su asseoir sa notoriété dans la scène mondiale, ce qui fait que lorsqu’elle est présente sur le marché Européen, elle évince celle produite localement ».

Selon le président de l’Apefel, qui attend de voir comment le marché va évoluer durant Ramadan, « à mon avis, le prix de la tomate restera élevé. Ce mercredi 31 mars, son prix sortie ferme est de 3 DH/kg », contre un prix de revient de 1,5 DH/kg en temps normal. Au marché de gros des fruits et légumes de Casablanca, elle est vendue à 4,5 DH/kg.

Le second facteur qui impacte les prix de la tomate est la multiplication des « intermédiaires, qui n’ont aucune base pour la fixation de leurs prix », et qui ne peuvent être contrôlés. « Aujourd’hui, la tomate qui sort à 3 DH/kg de chez l’agriculteur, peut être vendue au double, voire au triple » dans les marchés de détail, déplore Lahoucine Adardour.

En effet, dans deux marchés visités par nos soins cette semaine, le prix de la tomate varie entre 7 et 8 DH/kg.

« On a saisi le ministère de l’Agriculture, qui a fait de grands efforts pour y faire face, mais plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour y mettre fin définitivement. Ce qui fait que le problème persiste », ajoute pour sa part M. Boulguid. Il faut dire que ce problème ne se pose pas seulement pour les fruits et légumes. Il touche également d’autres produits comme le poisson.

Qu’en est-il de l’oignon ?

Le prix de l’oignon reste pour sa part stable, vu que le début du mois de Ramadan coïncide avec le début de la commercialisation de l’oignon frais, ce qui permettra un approvisionnement régulier du marché et une couverture des besoins du mois sacré, estimés entre 80.000 et 90.000 tonnes. 

« La production de l’oignon sec sera relativement moins importante que l’année passée, en raison des maladies fongiques. Celles-ci atténueront la production qui n’est pas encore sortie du sol », nous explique le directeur de la Fifel, qui rassure toutefois sur l’approvisionnement en Ramadan, « puisqu’il y aura des produits de substitution, tels que l’oignon frais, largement consommé par les Marocains. Le marché ne sera donc pas très affecté, et il n’y a pas de soucis à se faire ».  

Selon M. Adardour, le prix sorti ferme « de l’oignon frais varie actuellement entre 0,50 et 0,60 DH/kg, contre 1 et 1,5 DH/kg pour l’oignon sec ».

Au marché de gros de Casablanca, le prix de l’oignon frais varie entre 0,70 et 1,5 DH/kg, et entre 2 et 4,20 DH/kg pour l’oignon sec, selon la qualité.

Plus d’un million de tonnes de tomates produites annuellement au Maroc

La filière des fruits et légumes occupe une superficie de plus de 1,3 million d’hectares au niveau national, dont plus de 6.000 hectares pour la tomate, produit phare du Maroc, qui se trouvent principalement dans la région de Souss-Massa. 

La production annuelle de ce fruit dépasse un million de tonnes. Elle s’élevait à plus de 1,4 MT durant la précédente campagne agricole, soit une amélioration de plus de 60% depuis le lancement du Plan Maroc Vert. Le rendement au m2 est lui estimé à plus de 8,8 kg.  

Environ 600.000 T de la production nationale sont destinées au marché intérieur, une moyenne de 450.000 T est exportée essentiellement en Europe, et le reste en Afrique. 

Pour ce qui est de l’oignon, les récoltes en 2019-2020 ont dépassé les 900.000 tonnes, dont la majorité est cultivée dans la région de Fès-Meknès. Quant aux exportations, elles sont principalement destinées aux pays de l’Afrique de l’Ouest, notamment le Sénégal et la Mauritanie, dont les quantités importées augmentent annuellement. 

Catégories :Actualités

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