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Covid-19 au Maroc : 363 nouveaux cas et 516 guérisons en 24 H

lavieeco.com – 30/04/2021

Covid-19 Maroc Coronavirus

UN TOTAL DE 363 NOUVEAUX CAS D’INFECTION AU CORONAVIRUS ET DE 516 GUÉRISONS A ÉTÉ ENREGISTRÉ AU MAROC AU COURS DES DERNIÈRES 24 HEURES, A ANNONCÉ VENDREDI LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ.

Le nombre des personnes vaccinées à ce jour (1ere dose) a atteint 5.054.642, indique le ministère dans son bulletin quotidien sur la situation de la Covid-19, relevant que les personnes qui ont été complètement vaccinées (1ère et 2ème doses) sont au nombre de 4.260.412. Ce nouveau bilan porte à 511.249 le nombre total des contaminations depuis le premier cas signalé en mars 2020, tandis que le nombre des personnes rétablies est passé à 497.621, soit un taux de guérison de 97,3%, précise le ministère.

Quant au nombre total des décès, il est passé à 9.023 avec 3 nouveaux cas recensés en 24 heures, soit un taux de létalité de 1,8%. Ces décès ont été enregistrés dans les régions de Casablanca-Settat (2) et Dakhla-Oued Eddahab (1).

Les nouvelles contaminations ont été enregistrées dans les régions de Casablanca-Settat (253), Marrakech-Safi (32), Rabat-Salé-Kénitra (25), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (13), Laâyoune-Sakia El Hamra (11), Dakhla-Oued Eddahab (9), Souss-Massa (8), l’Oriental (4), Guelmim-Oued Noun (3), Béni Mellal-Khénifra (2), Draâ-Tafilalet (2) et Fès-Meknès (1).

Le nombre des cas actifs s’élève à 4.605, tandis que les cas sévères ou critiques sont au nombre de 329, dont 16 placés sous intubation.

Pourquoi les criquets pourraient nourrir l’Afrique.

par Ahmed Hamdaoui – lopinion.ma – 30/04/2021

Ahmed Hamdaoui Biologiste, expert en élevage des criquets
Ahmed Hamdaoui Biologiste, expert en élevage des criquets

Les insectes comestibles attirent de plus en plus l’attention des chercheurs et des organismes de nutrition humaine dans le Monde.

En effet, beaucoup d’insectes élevés dans un milieu sain peuvent être des aliments nutritifs complets pour les humains.

Dans la nature et particulièrement dans les régions chaudes et humides, les insectes sont connus pour servir d’aliments à beaucoup d’animaux terrestres ou marins.
L’Organisation des Nations Unis (FAO) a lancé un appel pour encourager la recherche sur l’utilisation des insectes dans l’alimentation humaine.

Alors que l’Asie est déjà bien avancée dans ce domaine, on assiste en Europe ces dernières années à la création de plusieurs entreprises et startups spécialisées dans l’élevage des insectes pour la production d’aliments riches en protéines.

En Belgique, en France et dans d’autres pays européens des nouvelles lois sont adoptées en rapport avec la sécurité alimentaire autorisant l’utilisation des insectes dans l’alimentation humaine.

L’apport nutritif de certains insectes comestibles peut parfois dépasser celui des viandes.

L’élevage de masse des insectes est beaucoup moins polluant pour les nappes et cause beaucoup moins d’effets de serre que les élevages des bovins et des ovins.
La consommation d’eau est aussi très faible dans les élevages des insectes.

L’utilisation des élevages traditionnels de bovins et des volailles cause beaucoup de problèmes sanitaires et ne pourra plus garantir la sécurité alimentaire sur terre dans les 40 ou 50 années à venir. Des solutions alternatives doivent être recherchées.

L’utilisation des insectes comestibles en élevage est une bonne solution, cependant, beaucoup de problèmes existent afin de rendre ces élevages suffisants pour nourrir tous les humains.

Parmi les insectes qu’on cherche à utiliser figurent les criquets. Deux espèces sont utilisées, le criquet pèlerin (schistocerca gregaria) et le criquet migrateur (locusta migratoria). Ces deux espèces sont plus connues comme étant des ravageurs redoutables pour l’agriculture humaine. En effet quand ils sont dans des conditions favorables, ces criquets deviennent grégaires, se multiplient beaucoup et forment des essaims formés de milliers d’insectes qui peuvent migrer loin à la recherche de nourriture.

 

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Le criquet pèlerin que les anciens d’Agadir ont bien connu pour ses invasions dans le Souss au cours des années 50 :
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Les femelles adultes déposent leurs œufs dans un sol sableux et humide dans une chaleur de 30 °C à 40 °C. Une femelle dépose ses œufs dans un sac qui peut contenir 50 à 80 œufs.  

Dans sa vie (3 à 6 mois) une femelle peut pondre jusqu’à 3 fois selon les conditions climatiques. A 30 °C dans un sol humide les œufs peuvent éclore en 15 jours après la ponte. 
En un mois les larves peuvent passer de 2 ou 3 millimètres à 3 centimètres de long. Un insecte adulte pèse environ 2g et peut manger par jour plus que l’équivalent de son poids en végétaux. Certains pensent à tort, que ces insectes sont dangereux pour les humains et doivent être exterminés …

Par l’usage excessif de pesticides et par les changements climatiques, ces espèces de criquets qui vivent surtout dans le sahel africain sont menacées d’extinction. 

Avant de parler des possibles utilisations de ces criquets dans l’alimentation, je vais faire l’avocat de ces insectes malmenés et mal compris par les humains. En effet, ces criquets étaient présents sur terre certainement avant les humains. Ils sont même cités dans des livres saints. Ce qui est arrivé à ces criquets on peut le comparer à ce qui est arrivé aux indigènes qui vivaient en Amérique avant l’arrivée des actuels locataires de ces terres. 

Les criquets vivaient dans leurs biotopes naturels en harmonie avec la nature. En effet, ils permettent le renouvellement des feuillages des arbres et de beaucoup de végétaux. Ils servent d’aliment de choix pour beaucoup d’animaux rampants, volants ou marins. Quand ils meurent en masses, leur corps en dégradation se transforme en composte et fertilisant du sol. La carapace de ces insectes est riche en chitine qui en se dégradant libère des dérivés connus pour être des stimulants pour la défense et la croissance des végétaux.
En conclusion, ce n’est pas de la faute de ces insectes, si les humains sont venus planter des champs agricoles sur leurs biotopes ou sur leur passage.

Avant l’usage massif des pesticides, pendant les périodes d’invasions, les marocains les collectaient, les faisaient bouillir et les séchaient au soleil pour les stocker dans des sacs en toile pour les grignoter avec un peu de sel et de cumin. Excellente source de protéines et d’énergie pour ceux qui partaient travailler dans les champs.

Certaines populations africaines et dans le Golfe Arabique mangent parfois ces criquets crus et pensent qu’ils sont dotés de certaines vertus thérapeutiques.

Revenons maintenant aux recherches sur l’élevage de ces criquets pour l’alimentation.

Les insectes collectés dans la nature présentent des risques et même beaucoup de risques pour la santé. Par contre en élevage, on sait ce que ces insectes mangent et on les élève dans un environnement et des conditions propres, les insectes adultes utilisés pour la production d’aliments seront donc démunis de tout intron chimique ou produit toxique ou germe pathogène. 

Une expérience fructueuse de plus de 20 années dans l’élevage du criquet pèlerin à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech nous a permis de connaitre les avantages et les difficultés de l’élevage des criquets.

En Europe pour ceux qui font cet élevage, l’alimentation fournie aux criquets pose beaucoup de problèmes car ça leur coute très cher. Généralement sont utilisées des feuilles de choux ou de salade ou de blé ou d’orge après germination des graines. De plus pour les aliments achetés il est difficile de contrôler leur qualité.

Dans notre longue expérience d’élevage des criquets à Marrakech, nous avons opté pour l’utilisation de la luzerne pour nourrir nos insectes. Le climat de Marrakech s’y prête parfaitement bien, nous l’avions plantée sur un champ à proximité du laboratoire à la Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech. 

Nos premiers travaux nous ont permis d’avoir des résultats publiés dans des journaux de Biochimie de haut niveau (travaux réalisés en étroite collaboration avec le laboratoire du Pr Arnold De Loof à l’Institut de Zoologie de l’Université catholique de Louvain de Flandre en Belgique). 

Forts de l’expertise acquise dans l’élevage du criquet pèlerin, nous avons ensuite lancé un projet d’élevage de masse pour production de farines alimentaires.
Avec l’aide des experts de l’OMPIC à Casablanca on a pu avoir un brevet national et un brevet international de notre système d’élevage pour production de farines alimentaires.
Pour le lancement du travail, les insectes nous ont été généreusement fournis par le Centre de Lutte Antiacridienne d’Ait Melloul à Agadir.

Nous avons réussi à garantir la pérennité d’un élevage de criquet pèlerin de haute qualité et peu couteux. Cependant, nous avons été confrontés à deux problèmes majeurs, le premier c’est la lourdeur du travail quasi quotidien avec un manque de personnel technique et le deuxième problème est le faible rendement quantitatif de production de farines.
Les moyens de laboratoire ne permettent pas de suivre l’extraordinaire potentiel de reproduction de l’insecte. 

Pour pouvoir utiliser les criquets dans l’alimentation humaine il faut beaucoup amplifier les volumes et les espaces de l’élevage dans des systèmes de doubles serres sécurisées sous éclairage solaire.

Malgré la chaleur dans les salles d’élevage, j’ai passé beaucoup de temps à observer avec admiration ces insectes. Ils vivent d’amour et de plantes fraiches. Ils créent la vie avec peu de choses. Ce sont de véritables machines de reproduction et des usines de fabrication des protéines qui ne coutent pas cher. Pour les criquets pèlerins en phase de maturité sexuelle les femelles sont verdâtres et plus grandes que les males qui deviennent jaunâtres. Vous ne trouverez pas un male seul ou une femelle seule s’ennuyant dans les cages et même dans la nature. Ils sont tous accouplés les males sont accrochés au-dessus des femelles avec les pattes arrière qui tremblent. Un spectacle de vie très beau à voir. 

Kenya, photo FAO
Kenya, photo FAO

Pour finir, je vous demande de me suivre dans un petit calcul, une fiction réalisable.

Supposons que nous n’avons que 100 femelles adultes de criquets pèlerins dans un système d’élevage et dans des conditions optimales de développement de l’insecte.

Si chaque femelle ne pond que 50 œufs par sac de ponte et ne pond que 2 fois. Au bout de 75 jours (2 mois et demi) de développement depuis leur naissance, elles vont donner naissance à 50 x 2 x 100 soit 10000 insectes. 

Si dans ces 10000 nouveaux nés il n’y a que 50% de femelles, on va donc avoir 5000 femelles.

Au bout de 75 jours de développement, ces 5000 femelles vont à leur tour donner 50 x 2 x 5000 soit 500000 insectes dont 250000 femelles. Ces 250000 femelles vont encore donner 25 Millions d’insectes au bout de 75 jours de développement.
Donc, partant de 100 femelles adultes, on obtient au bout de 225 jours soit 7 mois et demi, 25 Millions d’insectes ! … Au bout d’une année de développement 100 femelles de criquets pourraient donner naissance à l’équivalent de la population du Maroc ! …
Je sais que vous êtes effrayés par ces chiffres, mais soyons moins catastrophistes et voyons les choses autrement. Ces 25 Millions de criquets quand ils vont devenir adultes pèseront environ 2 grammes chacun, ce qui nous donne au total 50 Tonnes de matière comestible riche en protéines ! … 
Dans ce calcul nous ne sommes partis que de 100 femelles, en réalité dans un élevage moyen vous pouvez avoir plus de 1000 femelles, je vous laisse faire le calcul mais attention, ça donne le vertige.

Est-il possible de réaliser une telle production en élevage ?

C’est possible mais moyennant beaucoup de génie, beaucoup de travail et de sacrifices. Comme me l’a dit mon collègue le Professeur Arnold De Loof, l’élevage des criquets est un vrai travail de fermiers. Des fermes à criquets commencent à apparaitre, mais en Europe alors que les criquets sont africains … Est-ce normal ?

En Europe ça coute cher en alimentation et en énergie (chauffage et éclairage). En Afrique cet exploit peut être réalisé avec un cout plus faible et une grosse économie d’énergie grâce au soleil et à la chaleur africaine.

A travers ce papier j’adresse en réalité un business plan à tous les décideurs politiques et économiques africains. OUI, je suis convaincu que les criquets pourraient contribuer à la sécurité alimentaire du continent, il faut juste beaucoup de courage et d’audace. 

Les risques de fuites existeront toujours comme ils existent pour les centrales nucléaires.

Un budget de 4,66 milliards DH sera consacré aux projets : Le plan d’action de l’OFPPT en 2021

par Laïla Zerrour – aujourdhui.ma – 30/04/2021

Un budget de 4,66 milliards DH sera consacré aux projets  : Le plan d’action de l’OFPPT en 2021

L’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) a tenu lundi 5 avril son conseil d’administration consacré à l’approbation du plan d’action et du budget de l’exercice 2021.

Un budget de 4669,3 MDH sera consacré aux divers projets, soit une hausse de 11% par rapport à 2020. L’année 2021 sera marquée par le lancement des chantiers des 12 Cités des métiers et des compétences (CMC) et le démarrage des 3 premières Cités des métiers et des compétences à Agadir, Nador et Laâyoune. Ces futurs espaces privilégieront la formation en milieu professionnel par le biais de l’alternance et l’apprentissage, la maîtrise des langues, l’approche par compétences et les soft skills (compétences non techniques).
Ces nouvelles Cités vont ainsi privilégier des formations qui répondent aux spécificités et aux potentialités de chaque région, à la fois dans les métiers liés aux domaines d’activités porteurs de l’écosystème dans lequel elles s’implanteront, mais aussi dans les métiers du futur.
L’effort sera porté sur la mise en place d’une nouvelle offre de formation, ouverte sur 76 filières nouvelles et 44 restructurées, ainsi que l’instauration d’un nouveau standard pédagogique.
L’année 2021 connaîtra aussi le démarrage de 21 autres nouveaux établissements de formation professionnels (EFP), ce qui portera le réseau de formation de l’OFPPT à 490 EFP. Ces nouvelles structures offriront une capacité additionnelle de près de 7500 places pédagogiques en 1ère année. Concernant son offre de formation, l’Office maintient sa capacité à 400.000 places pédagogiques dont 229.100 en formation diplômante et 51 000 places pour les parcours professionnalisant.

L’OFPPT lancera des formations qualifiantes de haut niveau dans les métiers du tourisme avec une labélisation de l’Ecole hôtelière de Lausanne, en plus de l’expérimentation d’un nouveau mode de gouvernance des EFP en partenariat avec les fédérations et associations sectorielles.
Par ailleurs, une nouvelle approche de formation à l’entrepreneuriat sera adoptée, à travers le lancement du Programme d’innovation entrepreneuriale (P.I.E) en partenariat avec l’UM6P. L’action de l’OFPPT se focalisera aussi sur la restructuration et la mise à niveau du dispositif de formation, via l’instauration d’un programme de mise à niveau intégrée. Il repose sur 4 piliers, à savoir la carte de formation, les espaces pédagogiques, le capital humain et les processus et outils de gestion. Ce programme vise à inscrire les EFP dans une démarche itérative de progrès et d’ancrage de l’excellence opérationnelle dans la perspective de les convertir en centres d’excellence.

Mécanique : L’OFPPT et Afriquia SMDC lancent une formation qualifiante

L’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) et Afriquia SMDC ont procédé le 24 mars dernier au lancement de la première formation qualifiante en faveur des professionnels de la mécanique. Cette formation est le résultat d’une convention-cadre de partenariat portant sur la mise à niveau des capacités techniques et opérationnelles des mécaniciens et garagistes dans 11 villes du Royaume. Cette formation dédiée aux membres de la plate-forme à but non lucratif «Mécano Al Maghrib» bénéficiera à 3000 membres de ladite plate-forme, répartis sur 13 centres de l’OFPPT dans 11 villes. Ce cursus s’étalera sur 3 mois, en deux sessions. Pour cette année, 600 bénéficiaires seront formés grâce à 5 modules de formation. Le programme se poursuivra ensuite avec les mêmes modules de 2022 à 2025 et bénéficiera à au moins 2400 autres adhérents du programme Mécano Al Maghrib. Il s’agit d’un ambitieux programme certifiant visant à accompagner et dynamiser le tissu entrepreneurial marocain qui couvrira les volets techniques relatifs à la mécanique et l’électricité des automobiles ainsi que les soft skills nécessaires à l’exercice de ce métier

Ce qui s’est passé vendredi à Zagora (DGSN)

lesiteinfo.com – 01/05/2021

La brigade de la police judiciaire de Zagora a mis en échec, vendredi, une tentative de trafic d’une tonne et demie de chira et interpellé quatre individus soupçonnés de liens avec un réseau criminel de trafic international de drogues et de psychotropes.

Au cours de cette opération menée sur la base d’informations précises fournies par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), deux suspects ont été appréhendés dans la région de « Alnif (à quelque 70 km en direction de Rissani) à bord d’un camion de transport routier de marchandises dès son arrivée en provenance d’Agadir, indique la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) dans un communiqué.

Ces deux mis en cause ont été interpellés en flagrant délit de transport de 64 ballots de chira d’une tonne et demie, destinés au trafic international, précise-t-on.

Les investigations ont aussi permis d’arrêter le principal suspect impliqué dans l’organisation de cette opération, ainsi qu’un quatrième complice. Des véhicules soupçonnés d’être utilisés dans le trafic de drogue ont également été saisis lors de cette intervention. Les prévenus ont été placés en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire menée sous la supervision du parquet compétent pour élucider cette affaire et en déterminer les ramifications, ajoute la même source.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts soutenus déployés par les services de la DGSN et de la DGST en matière de lutte contre le trafic international de drogues et de psychotropes, conclut le communiqué.

Contrats rédigés par les avocats : A Agadir, le ministère public et le barreau dos à dos

par Abdelali El Hourri – medias24.com – 01/05/2021

Le procureur général d’Agadir conteste une récente décision du barreau qui accentue le contrôle sur les contrats dressés par les avocats. Un recours déposé devant la Cour d’appel. L’objectif est de faire annuler la modification du règlement intérieur de l’Ordre.

A Agadir, un sujet sensible met dos à dos barreau et ministère public. Il concerne les contrats immobiliers rédigés par les avocats. Le bâtonnier voudrait imposer son visa à tous ces actes avant leur homologation au tribunal. Une décision a été actée début mai en ce sens. Un contrôle accru qu’explique l’apparition de plusieurs cas de faux.

Selon nos informations, le procureur général du Roi vient d’introduire un recours contre cette démarche, dont il EN conteste la légalité. La saisine, dont Médias24 détient copie, a été initiée auprès du Premier président près la Cour d’appel d’Agadir. L’objectif est de faire annuler la décision du barreau. Le dossier sera examiné en chambre du conseil.

Au Maroc, les actes relatifs au transfert de propriété ainsi que les procurations y afférentes, doivent -sous peine de nullité- être établis par acte officiel ou par acte à date certaine, établi par un avocat habilité à plaider devant la Cour de cassation. La loi soumet la signature de l’avocat à la validation du greffier en chef du TPI (article 4 du code des droits réels).

Ainsi, le visa du bâtonnier n’est pas requis. Pour imposer cette nouvelle règle, l’Ordre des avocats d’Agadir-Guelmim-Laâyoune a modifié son règlement intérieur. Et a même réussi à convaincre le premier président de la Cour d’appel de convertir les services du greffe à la nouvelle donne. Dans une note adressé à ces derniers, le responsable judiciaire les avait appelés à refuser la validation des signatures sur les contrats non visés.

L’idée, en filigrane, est de contrer le phénomène de la spoliation immobilière. Ce sujet est suivi au plus haut sommet de l’Etat. A Agadir, des cas en particulier ont conduit le barreau à réagir : des écrivains publics utilisent les en-têtes de certains avocats- avec l’aval de ces derniers – pour dresser des contrats immobiliers. L’avocat vient après coup signer le document. La porte à toutes les dérives, et surtout un comportement pénalement qualifiable.

Seulement voilà, les modifications introduites dans le règlement interne du barreau « contreviennent à l’article 4 du code des droits réels », rétorque le parquet général. Pour son représentant, « le barreau ne peut pas obliger le secrétariat du greffe à conditionner la validation des signatures des avocats par le visa préalable du bâtonnier ». La raison, simple, étant que l’article 4 du code des droits réels ne prévoit pas de dispositions en ce sens.

Le code des droits réels est une loi, ce qui la met hiérarchiquement « au dessus du règlement intérieur de l’ordre des avocats », estime le procureur général. En refusant la validation de la signature, le chef du greffe peut ainsi voir sa « responsabilité » engagée. En effet, l’avocat en question « pourra lui opposer la violation d’un texte légal ».

Une position qui rejoint celle d’avocats inscrits au barreau d’Agadir. Parmi les robes noires, ceux sollicités par Médias24 estime que leur instance n’a pas à « se substituer au législateur. Le problème est bien réel, des failles existent, mais c’est à l’institution législative de verrouiller ».

Bien qu’officiellement dirigée contre le barreau, le recours du parquer conteste aussi, indirectement, la décision du Premier président. Ce dernier avait astreint les greffiers à prendre en compte les modifications décidées par le Conseil de l’ordre. « Le tribunal s’est retrouvé en train d’exécuter une décision interne du barreau », déplore une source judiciaire.

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