Un peu d’histoire : Les pharmaciens militaires français au Maroc


D’après un post de Jacques Gandini

L’intervention française au Maroc se situe au début de notre xx• siècle, en un temps où la France avait à cœur :
— de défendre ses intérêts économiques et
— de protéger ses ressortissants.
Ce sont, en effet, ces deux impératifs qui sont à l’origine de notre action militaire au Maroc, pays alors en pleine anarchie.

Pourquoi et comment le Maroc fut-il « protégé ? » (1907-1913).

Le 17 mars 1907, le docteur Mauchamp était sauvagement assassiné à Marrakech. Or, c’était un homme de bien, un médecin habile et désintéressé, qui se dévouait pour soigner les indigènes. Son assassinat révolta l’opinion publique en France qui réclama des sanctions. Le gouvernement, en manière de représailles, fit occuper Oujda, assez paradoxalement d’ailleurs, puisque Oujda et Marrakech sont situées à deux extrémités opposées du pays ! Cette première intervention, peu bruyante, eut peu d’efficacité.

Il en fut tout autrement à Casablanca ! Le 30 juillet 1907 en effet quelques ouvriers européens furent assassinés dans cette ville. L’émeute s’y propagea, et nos ressortissants se réfugièrent au consulat, où ils furent défendus par les marins de l’aviso « Galilée ».

1907 -- L AVISO GALILEE T256 | eBay
L’Aviso Gallilée

Un détachement de la flotte fit alors route vers le Maroc, ayant à bord le corps expéditionnaire du général Drude.

Le général Drude : [photographie de presse] / [Agence Rol] | Gallica
Le Général Drude

Celui-ci débarqua à Casablanca le 7 août 1907, date à laquelle le premier pharmacien militaire français foula le sol du Maroc : c’était le pharmacien aide-major Bernard, de l’Ambulance divisionnaire. Il fut bientôt rejoint par le pharmacien-major de 2ème classe Le Mithouard, pharmacien du premier hôpital de campagne débarqué, puis par le pharmacien-major de 1ère classe Gautier, gestionnaire de la pharmacie d’approvisionnement créée alors, et son adjoint, le pharmacien aide-major Moreau.

Au point de vue militaire, notre objectif était atteint : nos ressortissants étaient saufs ; Casablanca avait été investie facilement ; et nos troupes occupaient quelques kilomètres carrés de côtes. Cependant, elles eurent peine à la longue à s’y cramponner, étant harcelées par les tribus de la Chaouïa.

Aussi, au début de 1908, le général d’Amade, successeur du général Drude, entreprit-il la pacification de la Chaouïa, plaine atlantique environnant Casablanca.

D'Amade : Le pacificateur en chef oublié – Zamane
Le Général d’Amade

Les années 1908, 1909, 1910, furent utilisées pour cette pénétration. Il y eut alors, au Maroc, six pharmaciens militaires dans les trois établissements du Service de Santé existants : la pharmacie d’approvisionnement de Casablanca, l’hôpital de Casablanca, l’hôpital de Berrechid.

A nouveau, notre action semblait satisfaisante, et il était prévu pour 1911 un rapatriement quasi-général, à l’exception de forces de police. Le destin allait en décider autrement !

Le sultan Moulay-Hafid avait en 1909 succédé à son frère Abd-el-Aziz, en faisant profession d’un nationalisme islamique intransigeant.

le sultan Moulay Hafid (frère du sultan moulay abdellaziz) : 1907/1908  -1912 confirmé par oulémas à Fez, le 3 janvier 1908 c'est Moulay Hafid qui  signe le traité de protectorat, le 30
Le sultan Moulay-Hafid

Il eut alors la mauvaise inspiration, pour remplir les caisses du Bit-el-Mal (le trésor public marocain), de lever l’impôt chez les tribus « Guich » de la région de Fès. Or, les tribus « Guich » étaient des tribus guerrières, exonérées de l’impôt comme formant une partie de l’armée du sultan. Elles se soulevèrent et encerclèrent Fès, où résidait Moulay-Hafid.

Celui-ci n’eut d’autres ressources que de faire appel aux troupes françaises d’occupation de la côte. Le général Moinier. successeur du général d’Aillade, demanda des renforts en métropole, et le corps expéditionnaire passa de 4 000 à 35 000 hommes. La marche sur Fès, en mai 1911, fut rapide, mais la morbidité fut effrayante du fait de la chaleur et des endémies habituelles : dysenteries et fièvre typhoïde.

Le sultan fut délivré, ses agresseurs repoussés, et trois hôpitaux miliaires furent créés, en celte année 1911, sur la ligne d’étapes : dans les villes impériales de Rabat et de Fès et dans la capitale berbère : Meknès. Cette dernière ville fut prise le 8 juin 1911 et, à l’annonce de ce succès, le sultan Moulay-Hafid fit pavoiser Fès et adressa ses chaleureuses félicitations au général Moinier.

Je cite ce détail car nous sommes alors bien loin de la conception actuelle de nos conquêtes coloniales passées : le sultan félicitant nos troupes pour leur action !

Il se servit encore de celles-ci l’année suivante, après qu’il eût ratifié le traité de Protectorat du Maroc par la France. En effet, en septembre 1912, le prétendant El Hiba s’était fait proclamer sultan dans le sud du pays et avait pris Marrakech.

Ahmed al-Hiba — Wikipédia

Le sultan nous demanda de réduire l’imposteur, ce qui fut fait par la colonne du colonel Mangin. Un hôpital fut alors créé à Mechra-ben-Abbou. Sa pharmacie fut confiée au pharmacien major Savary. Mais le pharmacien aide-major Leulier (qui fut plus tard le Pr Leulier, de la faculté de pharmacie de Lyon), fut le premier pharmacien de l’hôpital de Marrakech.

L’œuvre civilisatrice (de 1913 à nos jours).

1913 fut au Maroc, suivant l’expression imagée d’André Maurois, «  une année de modestie militaire et de pénétration économique « . Mais Lyautey projetait d’unifier le Maroc, et la jonction entre le Maroc Occidental et le Maroc Oriental fut réalisée, en 1914, par la prise de Taza. Des hôpitaux militaires furent alors créés sur la ligne stratégique de l’Oum-er-Rébia : à l’Oued-Zem, à Khénifra et à Taza.

Hubert Lyautey — Wikipédia
Le Maréchal Hubert Lyautey

La Grande Guerre éclata ! Lyautey sut conserver alors le Maroc à la France, avec des moyens modestes, qui lui interdirent des opérations d’envergure.

Les Berbères, peuple fier et valeureux, allaient résister longtemps encore dans les montagnes (car il ne faut pas oublier qu’au moment de notre intervention armée, les Berbères refoulaient peu à peu vers la côte les conquérants arabes, et ils avaient confiance en leur force et en leur droit). Cependant, en 1924, le pharmacien-inspecteur Gautier put écrire : « A l’heure présente, la pacification définitive du Maroc est presque achevée et un certain nombre d’hôpitaux militaires, créés pendant les opérations, ont été supprimés; il reste seulement huit pharmaciens militaires au Maroc, répartis comme suit : un à la pharmacie de réserve de Casablanca et un dans chacun des hôpitaux de Casablanca, Marrakech, Rabat, Meknès, Fès, Taza, Oujda ».

Le nombre et la répartition des hôpitaux et des pharmaciens n’allaient dorénavant plus changer. Car la pacification était en fait presque achevée. Elle devait durer cependant encore dix ans, jusqu’en 1934, avec des alternatives d’espoirs et d’angoisse, comme lors de l’agression rifaine d’Abd-el-Krim vaincu en 1926, mais toujours caractérisée par cet héroïsme farouche et ce magnifique don de soi, si bien décrit par le médecin-capitaine Jean Vial dans son livre « Le Maroc héroïque » et illustré par la figure légendaire du capitaine Henry de Bournazel.

Abdelkrim el-Khattabi — Wikipédia
Abdelkrim El Khattabi

Au moment de l’arrivée, au Maroc, des troupes françaises, le pays, ai-je dit, était en pleine anarchie. De fait, en ce début du xx• siècle, le Maroc semblait être demeuré étrangement attardé en un Moyen Age sanguinaire, ignorant et barbare.

C’était un empire, du moins théoriquement ! car, pratiquement, l’autorité du sultan ne s’étendait qu’à une faible partie de la contrée, portion appelée : « Bled El-Maghzen » ou « pays soumis ». Ce « Bled El-Maghzen » ne comprenait plus guère. à cette époque, que les plaines du littoral et les régions de Fès au nord et de Marrakech au sud. L’intérieur du pays, le « Bled Es-Siba », pays refusant l’impôt, était occupé par des tribus berbères indépendantes. Le sultan résidait alternativement : à Fès, Marrakech et Rabat, villes ayant respectivement 70000. 50 000 et 25 000 habitants. (A l’époque, Casablanca était une cité de 10000 âmes, alors qu’à la fin du Protectorat elle aura une population de 700 000 habitants.)

Les guerres étaient perpétuelles, entre tribus rivales, entre tribus et les armées du sultan, qui luttait périodiquement contre de nouveaux prétendants au trône. Le pays n’avait ni route, ni chemin de fer, ni aucune voie de communication autre que de mauvaises pistes. Les famines étaient effroyables, dues à la sécheresse et aux invasions de sauterelles. Elles étaient rendues encore plus meurtrières par le manque de coordination administrative, l’absence de liaison entre les provinces et surtout les épidémies : typhus, peste, choléra…

Il n’y avait, en effet, au Maroc, aucune hygiène collective. Les ordures s’amoncelaient aux portes des maisons et aux portes des villes. Les cadavres d’animaux domestiques se desséchaient là où ils étaient tombés. Certaines villes avaient des égouts, construits par les captifs chrétiens, mais ils étaient mal entretenus. Il en était de même des aqueducs et des conduites d’eau.

Il n’existait pas d’assistance publique et il n’y avait pas d’hôpitaux indigènes. Certains établissements se parant de ce titre, « Moristan » étaient., en effet, des asiles misérables où se rassemblaient (ainsi que dans les dépendances des mosquées) les infirmes, les malades ou les déments. Ils vivaient là d’aumônes et de mendicité, mais aucun soin médical ne leur était prodigué.

Moristan Sidi Frej à Fès

D’ailleurs, en ce Maroc où les noms d’Avenzoar et d’Averroes avaient contribué autrefois au rayonnement de la science médicale arabe, la médecine n’était plus enseignée.

AVENZOAR ABU MARWAN ZUHR (1091-1162)
Avenzoar
Ibn Rochd (Averroès), l'homme de tous les savoirs
Averroes

L’instruction donnée à la mosquée Karaoutine de Fès, seul Centre universitaire officiel du Maroc, se limitait à des exercices de mémoire et à la connaissance des traditions et du Coran.

File:Var 132.jpg - Wikimedia Commons
Mosquée Karaouine de Fès

Si le Service de Santé civil n’existait donc pas, il en était de même du Service de Santé militaire. L’armée du sultan, pourtant forte de 30 000 à 50 000 hommes, n’avait pas de médecin ni de pharmacien ; les malades et les blessés étaient ramenés du combat, suivant les possibilités, attachés sur des mulets !

Voilà, rapidement brossé, le triste tableau qu’offrait le Maroc en 1907. Les troupes françaises avaient là un rôle magnifique à jouer, et les pharmaciens militaires, tout particulièrement, eurent à cœur de lutter contre l’ignorance et la maladie, tout en découvrant les richesses de ce pays, demeuré si longtemps inconnu.

Comment les pharmaciens militaires s’acquittèrent de leurs fonctions essentielles.

En effet, au Maroc, les pharmaciens militaires français dépassèrent largement le cadre de leurs attributions. Ils étaient naturellement chargés de l’approvisionnement en médicaments des formations sanitaires et effectuaient les analyses nécessaires. Mais là leur rôle prit une singulière ampleur, l’initiative individuelle devant faire face parfois à des situations particulières. Je ne citerai que deux exemples, qui ont trait, tous deux, à la fabrication des ampoules médicamenteuses. Dès la création de la pharmacie d’approvisionnement de Casablanca, en 1908, le pharmacien-major Gautier réalisa, une fabrication locale d’ampoules médicamenteuses qui, à l’époque, étaient une forme pharmaceutique encore peu utilisée en métropole. Pour mener à bien sa tâche, il eut l’idée de se servir pour le remplissage de ces ampoules, comme machine à faire le vide, d’un appareil à glace, système « Carré ».

A une époque plus rapprochée de nous, toujours dans cette pharmacie de réserve de Casablanca, mais lors de la deuxième Guerre mondiale cette fois, le pharmacien-colonel Gélébart dut mettre au point une fabrication de verre neutre. En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la nomenclature américaine ne comportait pas d’ampoules médicamenteuses. Aussi, lorsque la coupure, du fait du débarquement des Alliés, fut effective entre le Maroc et la France, la pharmacie de réserve dut produire les ampoules en verre neutre nécessaires à leur fabrication. Après de nombreux essais et de longues recherches, le pharmacien-colonel Gélébart obtint un succès total et put ravitailler en ampoules et en flacons de verre neutre non seulement les forces françaises de toute l’Afrique du Nord, mais aussi le Service de Santé civil du Maroc. Il réalisa d’ailleurs, de même, une fabrication de catgut suivant la technique mise au point par le pharmacien-général Girard et le pharmacien-colonel Félicien Raynaud.

Les pharmaciens militaires avaient ainsi dans leurs différentes formations, des problèmes quotidiens à résoudre. Ils furent cependant, aussi, les aides et les conseillers des autres services de l’armée. Ils firent les analyses demandées par le Service du Génie, pour tous les ingrédients et matériaux de construction achetés.

Ils exécutèrent celles des diverses denrées alimentaires, réclamées par l’Intendance, pour une meilleure alimentation de la troupe. Ils collaborèrent aussi, longtemps, avec des services civils du Protectorat et apportèrent leur appui de techniciens analystes au Service de la Répression des fraudes et au service des Douanes. Pendant longtemps, l’infrastructure du Maroc en laboratoires civils étant insuffisante. ils firent également les analyses biochimiques pour la population civile. Dans tous ces domaines, ils travaillèrent avec cœur et avec foi.

L’œuvre scientifique accomplie par les pharmaciens militaires.

Cependant, dès le début de la pénétration française au Maroc, le goût de la recherche, si fort dans notre belle profession, se manifesta chez les pharmaciens militaires. Et, avec des moyens de fortune, qui feraient sourire aujourd’hui: une table, une lampe à alcool ou une lampe à vapeurs de pétrole, un peu de verrerie, quelques réactifs…, ils firent des travaux remarquables.

Ils étudièrent la flore, la faune, la minéralogie et la géologie, la climatologie, la bromatologie, la matière médicale, l’hygiène et l’épidémiologie, l’hydrologie et la toxicologie.

Leurs publications furent nombreuses et variées. Aussi, pour chacune de ces disciplines, je n’indiquerai que les auteurs des principaux travaux, en faisant abstraction de leurs grades, dont l’énoncé pourrait paraître fastidieux.

Les premières études faites concernèrent, en particulier, la FLORE.

MOREAU publia en 1913 une Contribution à l’étude de la flore de la Chaouïa. Il y condensait des observations faites durant les années 1908-1909 et dressait une liste de cinq cents espèces botaniques différentes, qu’il avait identifiées et classées dans un herbier.

Plus près de nous, BUROLLET, qui fut toute sa vie passionné de botanique, parcourut la région de Rabat, où il fut affecté de 1926 à 1928. Il publia ses conclusions dans le Bulletin de la Société des Sciences naturelles du Maroc.

La FAUNE eut moins d’adeptes que la flore. Néanmoins, CHARNOT étudia Les scorpions au Maroc. ouvrage qui fut couronné par l’Académie vétérinaire de France.

ROLLAND fut attiré par la GÉOLOGIE. Il publia diverses observations géologiques faites dans différentes régions du Maroc. Il fonda le Service de Géologie à l’Institut scientifique chérifien à Rabat et collabora au tracé de la première carte géologique du Maroc.

Avec la MINÉRALOGIE. la pharmacie militaire a conquis ses plus belles lettres de noblesse. En effet, c’est à l’un de nous, le regretté pharmacien-général MOREAU, qu’il appartint de découvrir les phosphates, principale richesse du Maroc. Effectuant des analyses de terrains, à des fins agricoles, celui-ci fut frappé par la teneur en phosphates de certains échantillons. Il attira l’attention du Commandement sur l’intérêt et l’importance de ce lait ; et, bien que sollicité par divers prospecteurs, il refusa toute compromission et poursuivit sa belle carrière militaire. L’auteur de cette découverte, reprise par d’autres, fut bientôt oublié !…

Autrefois, les pharmaciens militaires étaient chargés des observations météorologiques. Aussi, des études CLIMATIQUES et météorologiques furent faites. à Marrakech notamment, par PAR-ROCHE, Henri RAYNAUD et WEBER.

La BROMATOLOGIE était une discipline très en honneur dans la pharmacie militaire. Le règlement prévoyait que le lait devait être analysé chaque jour. Cette pratique, nécessaire en France, était indispensable au Maroc, où le lait servait à la fois de boisson pour la troupe et aussi de médicament dans le traitement d’affections graves, telles que la typhoïde qui sévissait dangereusement.

Dans le courant de l’année 1919 WEBER soutint une thèse de doctorat en pharmacie sur le sujet Les laits de vache de Marrakech. Il y mit en lumière la forte teneur en matières grasses de ces laits, qui peuvent, de ce fait. avoir subi un un « mouillage important », tout en conservant un taux de matières grasses qui serait normal en métropole.

MOREAU et LEULIER étudièrent l’huile comestible retirée du fruit de l’arganier, arbre de la région de Mogador. CHARNOT s’intéressa à l’huile d’olive de Meknès et étudia la valeur alimentaire des huiles d’olive, de soja et de lin.
MASSY publia un Essai d’enquête sur la vendange de 1922 dans la région de Rabat.

A son tour MEESEMAECKER qui dirigea le Laboratoire régional des Subsistances du Maroc pendant vingt ans, acquit une renommée mondiale pour ses travaux sur les CONSERVES DE POISSON.

La MATIÈRE MÉDICALE eut son maître en la personne de M. le pharmacien-général MASSY, qui fit de nombreux travaux et publications sur les goudrons végétaux du Maroc. Ce fut aussi le sujet de sa thèse pour le diplôme supérieur de pharmacie, soutenue à Bordeaux en 1920, sous le titre : Contribution à l’élude analytique des goudrons de conifère et plus spécialement des goudrons de conifère du Maroc. Les études de M. MASSY eurent pour conséquence l’inscription de l’essence de cèdre au Formulaire des hôpitaux militaires de 1930, comme succédanée de l’essence de santal, de prix de revient beaucoup plus élevé.

Moi-même, j’ai eu l’honneur de soutenir en cette salle (la salle des Actes de la Faculté de pharmacie de Paris) ma thèse de doctorat en pharmacie sur La pharmacopée marocaine traditionnelle. C’était l’étude des mélanges plus ou moins mystérieux (et combien poussiéreux vendus dans les souks pour lutter contre les maladies et la douleur. Mes recherches, qui durèrent plus de trois ans, s’achevèrent au laboratoire de M. le professeur PARIS, auquel je suis heureux de pouvoir rendre hommage aujourd’hui, ainsi qu’à M. le professeur BEDEL, qui fit partie de mon jury de thèse.

De nombreux travaux furent effectués concernant l’HYGIÈNE et l’ÉPIDÉMIOLOGIE. Je relèverai simplement ici la publication, faite en 1039. par HENAFF et par JULLIARD, sur les troubles du métabolisme hydrochloruré au cours des typhus endémique et murin, lors d’une épidémie de typhus à Marrakech.

L’HYDROLOGIE fut aussi une discipline très étudiée, par suite de la nécessité d’ approvisionner la troupe en eau de boisson.

GAUTIER et MOREAU sont à féliciter pour leurs analyses critiques des Eaux d’alimentation de Casablanca et de la Chaouïa. Ils furent à l’origine du premier captage fait pour alimenter Casablanca en eau courante. Envoyé en mission, MALMEJAC fit un rapport détaillé sur Les eaux d’alimentation des postes et des camps du Maroc Oriental. Et CHARNOT analysa celles des principaux centres urbains du Maroc. Cependant que je m’intéressais aux ressources thermominérales de ce pays, dont les stations auraient un avantage énorme sur celles de métropole : celui de jouir, presque en toute saison, du ciel bleu et du soleil

La toxicologie au Maroc, ouvrage très important, publié par le Dr CHARNOT, valut à son auteur un prix scientifique du Maroc.

Mémoires de la Société des sciences naturelles du Maroc. Nº 47. La  toxicologie au Maroc

Il en obtint un autre de l’Académie de médecine pour son étude sur les « fluoroses », intoxications chroniques dues au fluor , représentées au Maroc par le « darmous », sévissant dans les régions d’exploitation des phosphates.

Voici un bilan, très résumé, mais combien éloquent, de l’œuvre des pharmaciens militaires au Maroc. Il faut y ajouter encore la création, par eux, d’organismes scientifiques :

La « Société des Sciences naturelles du Maroc » fut fondée avec la collaboration de M. le pharmacien-général MASSY.

L’ « Institut d’hygiène » et 1′ « Institut scientifique chérifien », dont le laboratoire de toxicologie et le service de géologie furent créés respectivement par MM. CHARNOT et ROLLAND.

Pharmacien-commandant NAUR0Y.

Catégories :Actualités

2 commentaires

  1. Merci monsieur Terrier , j’ai aimé lire l’histoire qui pour moi était méconnue de ce beau pays .

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  2. Bonjour ,

    Remarquable mise au point parfaitement documentée . Félicitations à l’auteur et au blog !

    Dr Georges Bonneton à Essaouira

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