Les côtes marocaines pourraient être fortement impactées par le réchauffement climatique


par Chady Chaabi – libe.ma – 29/06/2021

Les résultats préliminaires du rapport du GIEC font froid dans le dos.

Certes, ce n’est qu’un brouillon, mais il fait tout de même froid dans le dos et suscite l’inquiétude à grande échelle. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) planche depuis quelques années sur un rapport fébrilement attendu aux quatre coins de la planète. En principe, il devrait être publié en février 2022. Mais entre-temps, au nom de l’accès à l’information, l’AFP a diffusé les extraits d’un brouillon contestés immédiatement par les experts en question. Une réaction somme toute normale tant les projections alarmantes relayées par la dépêche de l’AFP «impacts irréversibles», «le pire est à venir» ont fait frémir le monde entier. Quand on vous annonce que la planète va mal et que l’être humain court et concourt à sa perte, difficle de garder le sourire et la sérénité. Le prochain rapport est donc bien plus alarmiste que le précédent daté de 2014. Il évoque les impacts dévastateurs du réchauffement climatique sur la nature et l’humanité qui «vont s’accélérer et devenir douloureusement palpables bien avant 2050», d’après le document rédigé par des centaines de scientifiques. En effet, le GIEC estime que si le monde est marqué par une hausse des températures de l’ordre de 1,5 degré en comparaison avec l’ère préindustrielle, les conséquences seraient catastrophiques pendant des siècles, voire irréversibles. Ce scénario est loin d’être illusoire. Et pour cause, selon l’Organisation météorologique mondiale, la probabilité que ce seuil soit dépassé à partir de 2025 est déja de 40%. En détail, si la hausse des températures dépasse 1,5 degré, le GIEC prévoit que 350 millions de personnes seront à leur tour exposées aux pénuries d’eau. Une projection qui concerne particulièrement des pays comme le Maroc, où le stress hydrique commence à pointer le bout de son nez. Si l’on en croit le World Ressources Institute (WRI), le Royaume atteindra un niveau de stress hydrique extrêmement élevé d’ici 2040. En clair, dans une vingtaine d’années, la demande en eau dépassera les ressources disponibles en passant sous la barre symbolique des 1.000 mètres cubes d’eau douce par habitant sur une période d’un an. En réalité, c’est un peu déjà le cas. Selon l’ONU, le Maroc est considéré en stress hydrique avec seulement 500 mètres cubes d’eau douce par habitant et par an, contre 2.500 mètres cubes en 1960. Un assèchement des ressources hydriques conséquent et fulgurant. A la lumière de ces éléments, on vous laisse imaginer les dommages provoqués par une hausse des températures de 2 degrés. Dans ce scénario, outre les conséquences précitées, 420 millions de personnes en plus seront menacées par des chaleurs extrêmes à travers la planète. Sans parler de certains animaux et variétés de plantes, comme les récifs coralliens dont dépendent économiquement un demi-milliard de personnes, et pour qui il est peutêtre déja trop tard. Et ce n’est pas tout. En plus de la recrudescence des canicules, sécheresse, cyclones et autres maladies véhiculées par les moustiques, trois ou quatres catastrophes simultanées pourraient s’abattre sur les zones cotières du monde entier. Des catastrophes dont des vagues-submersion plus fréquentes, conditionnées par la hausse du niveau des mers qui entraînera des migrations importantes. Et cela, même en limitant la hausse des températures à plus de 2 degrés. Le Maroc n’en sera certainement pas exempt. Il n’y a pas si longtemps, un simulateur a estimé les dégâts que pourrait causer la fonte des glaciers. Cette carte évolutive que l’on doit à la fois à ‘’Climate Central’’ et ‘’National Geographic’’ permet de prendre conscience des dégâts potentiels en cas de montée des eaux. Selon les pires prévisions, à savoir +4°, Dakhla, Tarfaya, Martil, Fnideq, Mdiq seraient engloutis dans un remake de l’Atlantide. Moins chaotique mais gravissime, ce scénario prévoit que les plages de Laâyoune devraient être conjuguées au passé à l’instar des baies encerclant la ville de Boujdour, ainsi que les régions se trouvant à proximité de Tarfaya. Plus au Nord, la plage d’Agadir, sa marina et ses alentours ne résisteraient pas à la montée des eaux. Pis, les charmants villages côtiers de Tamri et Imsouane ne vivraient plus qu’à travers nos souvenirs et autres photographies. Bref, malgré les contestations de ses auteurs, il n’en demeure pas moins que le rapport du GIEC prévient sans détour que l’avenir de la terre et ses habitants ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices. Il est temps de réagir. Mais comme de coutume, on a beau en parler, on a toujours du mal à croire ce que nos yeux ne peuvent pas voir.

Les vagues de submersion, un danger imminent

Les submersions marines sont envisagées par le rapport du GIEC dont la publication est prévue en février prochain. Les auteurs de ce rapport nous expliquent que les vagues de submersion ne seront pas un cas isolé dans les prochaines années. Elles peuvent affecter l’ensemble des littoraux du monde entier et particulièrement en Méditerranée où la marée est de faible amplitude. En revanche, en comparaison avec d’autres phénomènes météorologiques dangereux, comme le vent fort, le phénomène de vagues-submersion est très localisé. Un moindre mal pourrait-on dire. Les submersions touchent principalement les zones basses proches du littoral. Avec pour conséquences des inondations pouvant atteindre une hauteur d’eau de plusieurs mètres et envahir par conséquent un littoral sur plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres. Ces inondations auront forcément un impact sur les voies de communication, les habitations et les zones d’activités. Sans oublier les jetées, digues et autres infrastructures côtières qui risquent d’être franchies, fragilisées ou endommagées. L’ensemble de ces dégâts pourraient être aggravés en cas de violentes rafales de vent, de fortes pluies, de crues concomitantes ou de ruptures de digues.

Catégories :Actualités

2 commentaires

    • Le rapport de Calandra date de 2016 (seulement!) soit 5 ans. Ses arguments sont tout à fait dépassés et il est plus facile de critiquer le GIEC et ne rien faire que d’analyser et réfléchir pour voir comment on pourrait agir…

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