Archives de juillet 11th, 2021

Dôme de chaleur attendu ce week-end avec plus de 50°C au Maroc et en Algérie et 46°C en Espagne et au Portugal

par Mohamed Jaouad EL KANABI – fr.hespress.com – 10/07/2021

Dôme de chaleur attendu ce week-end avec plus de 50°C au Maroc et en Algérie et 46°C en Espagne et au Portugal

Une chaleur, c’est le cas de le dire, suffocante, est attendue ce samedi et ce dimanche sur le Maroc, l’Algérie, l’Espagne, le Portugal et ce en raison de la remontée d’une masse d’air du Sahara. Un phénomène qui n’est pas sans rappeler les chaleurs extrêmes ayant sévi sur le Canada et les Etats-Unis il y a deux semaines. L’Oncle Sam, au demeurant, ne sera pas à l’abri d’un dôme de chaleur du même acabit en cette fin de semaine et même un peu plus.

Avec l’Espagne et le Portugal, le sud de l’Europe sera lui aussi touché par ce phénomène dit « dôme de chaleur ». Plus au sud, de ce côté-ci de la rive, au Maroc et en Algérie, la barre des 50°C pourrait être localement et parfois largement franchie ce week-end et des records de température tomberont comme dans les régions de Fès (record de 46,4°C probablement battu) voire de Marrakech (record de 49,6°C sans doute approché). Le record de chaleur national au Maroc établi le 13 juillet 1961 à Smara avec une valeur de 50,3°C pourrait donc être battu ce week-end. Les vagues de chaleur sont habituelles dans le Royaume, principalement durant les mois de juillet et août, mais celle-ci s’annonce exceptionnelle annoncent les services de la Météo au Maroc. Les températures vont encore monter d’un cran durant la journée de dimanche qui s’annonce comme la plus chaude de l’épisode au niveau national.

Pourtant d’aucuns prétendent qu’au-dessus de nos têtes, il s’agirait en réalité d’un mini-dôme de chaleur, moins important que celui au Canada et des Etats-Unis. Ce serait une extension de la traditionnelle « ceinture de chaleur » estivale, qui s’étend de l’Algérie à l’Inde », préviennent les chercheurs et météorologues. Pour sa part la Direction de la météorologie nationale (DMN), préférant s’exprimer en des termes locaux avance quant à elle, le mot «Chergui», habituel durant cette période et qui n’est autre que le déplacement de «masses d’air du Grand Sahara». Poussés par des vents «chauds», ils remonte du Grand Sahara vers le sud-est, le centre et jusqu’au nord du Maroc, précise la DMN. Cette dernière prévoit des hausses allant de 4 à 12 degrés selon les régions du Royaume et prévoit des records de chaleur par endroits. La hausse de température qui du reste est prévue sur, la majeure partie du Maroc (sous vigilance orange), touchera les plaines de Tadla, Al-Haouz, Rhamna, Chiadma, les plateaux de phosphates-Oulmes, le Saiss, le Gharb, le Loukkous, la région de Chaouia, Nouaceur, Settat, l’Oriental ainsi que le Sud-est, précise la DMN.

Les raisons de cette vague de chaleur exceptionnelle ? On l’a dit, une masse d’air chaud venue du Sahara qui s’est stabilisée sur le sud de l’Espagne. Un « anticyclone de blocage » qui fait pression vers le sol et comprime l’air, ce qui le réchauffe encore plus. Cette compression d’air chaud asséchant les sols, ceux-ci amplifient à leur tour les températures. Le dôme grandit alors au fur et à mesure et l’air y devient de plus en plus chaud et suffocant. Un phénomène accru par l’ensoleillement très important en cette période de l’année. Ce “même“ phénomène communément appelé dôme de chaleur – même s’il en diffère un peu – avait provoqué des températures folles il y a deux semaines dans l’ouest du Canada au Etats-Unis et en Russie, avec plus de 49° dans la ville de Lytton (Canada).

Ce coup-ci, l’annonce semble être sérieuse : chez nous, déjà plus de 34°C ce matin à 10 heures !

Espagne : L’ex ministre des Affaires étrangères a payé cher sa mauvaise gestion avec le Maroc

par maroc-diplomatique.net – 10/07/2021

Arancha González Laya, la ministra a la que la crisis de Marruecos le vino  grande
La désormais ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, débarquée samedi du gouvernement de Pedro Sanchez, a payé cher son attitude irresponsable de permettre l’accueil en catimini du chef des séparatistes du Polisario, le dénommé Brahim Ghali, ont souligné des analystes politiques espagnols.

Gonzalez Laya et le gouvernement espagnol ont opté pour l’opacité et agi derrière le dos du Maroc privilégiant l’entrée illégale en Espagne d’un criminel de guerre, a indiqué l’analyste politique Miguel Angel Puyol, assurant que l’ancienne ministre n’a pas bien mesuré les conséquences de son acte hostile l’égard du Maroc.

Le départ de Gonzalez Laya est la conséquence directe de ses décisions hasardeuses et de sa mauvaise gestion de la crise avec le Maroc, un pays qui honore amplement ses engagements en matière de coopération et de bon voisinage avec l’Espagne, a relevé M. Puyol dans une déclaration à la MAP après l’annonce d’un large remaniement gouvernemental en Espagne qui a touché sept départements.

L’accueil du criminel Brahim Ghali et les révélations dévoilées au grand jour sur cette affaire, notamment les rapports de l’armée, confirment une grave erreur diplomatique de la part du gouvernement espagnol qui a perdu la confiance d’un partenaire stratégique et fidèle comme le Maroc, a fait observer M. Puyol, précisant que les informations publiées par les différents organismes ont donné raison au Maroc.

Dans le même sillage, Rafael Esparza Machin, académicien et ancien leader du Parti socialiste ouvrier espagnol aux Canaries, a pointé du doigt l’amateurisme de Gonzalez Laya dans la gestion des relations avec le Maroc.

« Sans nul doute, la crise provoquée par l’ancienne ministre des Affaires étrangères avec le Maroc et sa gestion lamentable de cette affaire sont la principale cause de sa sortie forcée du gouvernement », a affirmé M. Esparza dans une déclaration similaire.

En permettant, en avril dernier, l’entrée illégale sur le territoire espagnol du dénommé Brahim Ghali sous une fausse identité pour qu’il échappe à la justice espagnole, Gonzalez Laya a commis une erreur impardonnable, qui a été confirmée par des rapports de l’armée et des départements concernés.

« L’attitude de Gonzalez Laya, apparemment victime d’une manœuvre algérienne, constitue un acte de trahison dont les conséquences sont fatales sur les relations bilatérales », a-t-il martelé.

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé, samedi, un profond remaniement ministériel, marqué particulièrement par le départ forcé de la controversée ministre des Affaires étrangères, de l’UE et de la coopération, Arancha Gonzalez Laya.

Critiquée par les milieux politiques espagnols pour sa mauvaise gestion de plusieurs dossiers sensibles, Gonzalez Laya a été remplacée par l’actuel ambassadeur d’Espagne en France, José Manuel Albares.

Aïd Al Adha célébrée au Maroc le 21 juillet

challenge.ma – 10/07/2021

Le 1er Dou Al Hijja de l’année 1442 de l’Hégire correspond au lundi 12 juillet 2021 et l’Aïd Al Adha sera célébré le mercredi 21 juillet, a annoncé le 10 juillet le ministère des Habous et des Affaires islamiques.

Dans un communiqué, le ministère indique que le croissant lunaire annonçant le mois de Dou Al Hijja de l’an 1442 de l’Hégire n’a pas été observé samedi soir (10 juillet) et par conséquent l’Aïd Al Adha sera célébré le 10 Dou Al Hijja 1442 correspondant au 21 juillet 2021.

Histoire : CHEVAUCHÉES SAHARIENNES

Par Mouna Hachim – le360.ma – 10/07/2021

Mouna Hachim
Mouna Hachim

Politiques, spirituels, économiques, culturels… Les liens entre le Maroc et le Sahara sont innombrables.

Mes périples livresques de plusieurs années dans les méandres de la généalogie et de la toponymie marocaines, m’ont permis d’entrevoir des aspects saisissants de relations humaines, d’interpénétrations ethniques et de cohésion de la trame sociale.

Des livres entiers seraient à peine suffisants pour décortiquer les mouvances des tribus sahariennes, leurs répartitions géographiques aux quatre coins du Royaume, assorties de la forte conviction d’une appartenance à un même corps.

Nul besoin de revenir ici sur l’établissement, dans les temps les plus reculés, des Sanhaja berbères sahariens, que ce soit dans le Rif, dans le bassin de l’Ouergha, dans la région d’Azemmour ou au Moyen Atlas et leur adoption d’un mode de vie sédentaire, différent de celui de leurs vieux frères nomades chameliers du désert.

Il est évident aussi que la fondation de l’empire almoravide issu du désert, avec Marrakech pour capitale, avait drainé dans son sillage, plusieurs tribus sahariennes.

Plus proche de nous, au XVIe siècle, un des faits marquants durant la prise du pouvoir par la dynastie saâdienne, victorieuse des Portugais sur les côtes du Souss, est la progression vers le Nord de tribus bédouines enrôlées dans la guerre sainte dans un contexte assumé de Croisade.

Dites Ma’qil, elles sont considérées par la tradition comme étant d’origine yéménite et seraient arrivées au Maroc au XIe siècle, dans le sillage de la taghriba (marche vers l’ouest) des Béni Hilal, pour être refoulées dans le désert par des tribus plus puissantes.

Au milieu du XIIIe siècle, à l’appel du seigneur almohade révolté, Ali ben Yedder, des tribus Ma’qil peuplèrent en nombre les plaines du Souss, tandis que d’autres fractions s’engagèrent davantage vers le grand Sud où elles furent plus tard prédominantes.

C’est de leur métissage avec les autres groupes ethniques amazighes et noirs que se forma la société maure au parler Hassaniya.

Selon la tradition généalogique, ce dernier vocable est rattaché à un ancêtre légendaire: le guerrier Hassan ben Mokhtar ben Mohamed ben ‘Aqil ben Ma’qil.

Les récits lui attribuent cinq fils dont les incalculables ramifications sont toutes réunies sous le dénominatif «Hassân»:
– Abd-Rahmane serait ainsi l’ancêtre des Rhamna (rattachés par d’autres versions à la lignée de Rahmoun, fils de Rizq, fils de Oudey);
– Hammou, père des Brabech;
– Ubayd-Allah donnerait entre autres groupes, les Oulad Damane;
– Dlim, ancêtre des Oulad Dlim, à la présence significative au Sahara, dans le Souss depuis le XIIIe siècle, le nord-ouest de Marrakech à partir du XVIe siècle, la plaine du Gharb au XIXe siècle suivant alors la destinée des Chrarda rebelles…
– Quant à Oudey, il aurait engendré trois fils: Rizg, A’rouk et Maghfir, regroupés tous sous le dénominatif «Oudaya». Employés avec sollicitude dans l’armée régulière du sultan alaouite Moulay Ismail, ils sont considérés comme ses oncles maternels, sa mère étant la Mghafriya Lalla Mbarka, alors que son épouse est également Mghafriya, la célèbre Khnata bent Bekkar, mère du sultan Moulay Abd-Allah, surnommée «la Sultane savante».

Quoi qu’il en soit de la véracité des croyances généalogiques, ces tribus sahariennes nomadisaient à travers le vaste espace à la recherche de pâturages et participaient de manière active au commerce transsaharien, avant de subir les conséquences de la perturbation de cet équilibre économique et le déplacement des voies traditionnelles des échanges en raison de l’occupation ibère.

Dans ce contexte furent proclamés, dans la vallée du Draâ, les sultans saâdiens comme fers de lance de la guerre sainte, rejoints par les tribus du sud-ouest qu’elles soient formellement enrôlées ou pas dans le registre de l’armée appelé «Guich Ahl Souss».

Parmi elles, concentrons-nous aujourd’hui sur les Rhamna, avec l’éventualité d’un retour sur d’autres tribus dans des chroniques ultérieures.

Proches de la dynastie saâdienne, une des leurs personnalités captivantes, est Sahaba Rahmaniya, épouse du sultan Mohamed Cheikh et mère du sultan Abd-el-Malik, auprès duquel elle joua un rôle politique attesté lors des équipées familiales et diplomatiques auprès des maîtres ottomans du palais du Bosphore.

Dans sa fameuse thèse de doctorat en sociologie, intitulée Le Haouz de Marrakech, Paul Pascon nous apprend en ce qui concerne les Rhamna, qu’ «en 1517, ils sont signalés bien au sud d’Agadir, probablement même au sud de Massa, accompagnés des Oulad Dlim, des Ahmar et des Oudaïa. En 1525, ils participent à l’attaque de la forteresse portugaise de Santa Cruz (Agadir) (…) C’est entre cette date et 1565, qu’on les trouve circulant dans la région de Marrakech… ».

On peut ainsi suivre les pérégrinations des Rhamna depuis les parties septentrionales du Sahara où ils étaient réputés pour leur puissance, entretenant des échanges commerciaux entre le bassin du Niger et le sud-ouest du Maroc; jusqu’à leur installation près de la capitale impériale, Marrakech, où ils formèrent une tribu naïba, s’acquittant de l’impôt et mettant à disposition du sultan, en cas d’expéditions, des contingents de fantassins et de cavaliers.
Occupant un vaste espace de transhumance et d’élevage étendu entre l’Atlas et l’oued Oum Rebii, les Rhamna virent ce territoire se rétrécir, particulièrement aux XVIIIet XIXe siècles pour se concentrer dans la zone située entre les deux oueds Oum-Rebiî et Tensift, avec pour chef-lieu la localité de Ben-Grir, tandis que leur nom est encore vivace avec Skhour Rhamna au milieu de ces étendues semi-arides surplombées de crêtes rocheuses.

Impossible à ce stade de ne pas évoquer cet autre trait retenu par l’histoire, relatif à leurs turbulences et à leurs actions hardies contre la capitale qui leur vaudront quelques déportations notables.

Citons à ce titre, celle consécutive à la révolte de 1860 au terme de laquelle quelques éléments furent transférés dans la région de Ksar-el-Kebir où ils laissent leur nom à Douar Rhamna.

Malgré ces déboires, ils continuèrent à rester proches des cercles du pouvoir et donnèrent des personnalités politiques de renom comme le vizir Mohamed Rahmani, représentant du sultan Sidi Mohamed ben Abd-Allah à Marrakech et dont l’un des hauts faits fut la participation à la libération de Brija (future El Jadida) ; ou encore, le puissant caïd, Abd-al-Hamid Rahmani, chargé d’une ambassade à Madrid en 1891, nommé Pacha de Marrakech huit ans plus tard… Sans oublier leurs hommes de plume et de savoir avec entre autres personnalités, le jurisconsulte de Marrakech du XIXe siècle, cheikh Bahloul ben Ali Bouselham.

Dans ce cadre, cette «confédération hétéroclite», selon les termes de Paul Pascon, est riche de divers éléments tribaux, connus sous des appellations liées à leurs fractions comme les Bouselham, les Garni, les Berbouchi, les Boubekri, les Guerraoui… Tous essentiellement sahariens, constituées en «fakhda», littéralement «cuisse», reliée viscéralement à un même corps.

Jusqu’en 1905, l’explorateur et sociologue Edmond Doutté les présente comme étant vêtus du khent, cotonnade teinte à l’indigo, caractéristique des Tekna et des Sahariens du sud de l’Oued Draâ.

On peut évidemment adhérer ou pas aux logiques des généalogies effectives ou fictionnelles, mais on ne peut faire table rase ni des données de l’histoire, ni des permanences culturelles défiant le poids des siècles.

Location de voitures : Toujours sinistré, le secteur «classé à risque»

par C. Jaidani – laquotidienne.ma – 10/07/2021

Location de voitures: Toujours sinistré, le secteur «classé à risque»
La plupart des entreprises sont encore en difficulté.
Les professionnels font face à un manque de visibilité.

L’activité de la location de voitures est parmi les secteurs les plus affectés par la crise sanitaire. Fortement dépendante du tourisme, cette branche était quasiment à l’arrêt, surtout dans les destinations phares du pays à l’image de Marrakech, Agadir, Tanger, Fès et Meknès.

Sous l’effet de l’endettement et de la perte de recettes, de nombreux opérateurs ont déclaré faillite. Ceux qui avaient une assise financière plus solide ont été contraints de réduire leur flotte pour pouvoir couvrir les charges, dans l’attente de jours meilleurs.

«Les informations véhiculant une indisponibilité de l’offre des véhicules sont infondées. Certes, il y a une baisse de la flotte, mais les véhicules disponibles peuvent répondre à toutes les demandes. Le niveau d’activité est inférieur de 25% si l’on compare avec 2019 ou 2018, et plusieurs confrères ont bradé les prix pour faire face à la concurrence et assurer des recettes pour maintenir le minimum vital», souligne Mohamed Alami, président de l’Association des loueurs de voitures sans chauffeur au Maroc (Alascam).

Avec la levée partielle des restrictions, la reprise des activités touristiques en cette période estivale marquée par le retour des MRE et des actions en faveur du tourisme interne, les professionnels du secteur espèrent une bouffée d’oxygène pour pouvoir entamer la relance tant escomptée. Mais le secteur est confronté à des contraintes de taille qui devraient être répercutées sur le marché.

«La reprise touristique n’est que partielle; le nombre de MRE et des voyageurs étrangers sera limité à cause des contraintes sur les déplacements et la hausse des coûts. A partir du 15 juillet et à l’approche de l’Aïd Al-Adha, il faut s’attendre à une certaine influence, mais qui sera insuffisante pour renverser la tendance», affirme Alami. En effet, les loueurs doivent faire face à des problématiques majeures. Ceux qui ont résisté à la crise sont actuellement dans la logique de survie pour assurer la continuité de leurs activités. Plus le secteur touristique tourne au ralenti, plus ils trouveront des difficultés pour réussir le redémarrage.

«Notre secteur est passé par des moments difficiles et il est toujours dans une situation inconfortable. Des centaines d’entreprises ont mis la clé sous le paillasson et plusieurs professionnels sont dans un état vulnérable. Le secteur est classé à risque par les organismes de financement, qui sont devenus très réticents pour accorder des crédits», témoigne Mostafa Saidi, responsable d’une agence de location de voitures à Casablanca. Regroupant plus de 10.000 entreprises déclarées en plus des loueurs informels, le secteur recense une flotte de près de 140.000 véhicules. Sous l’effet de la crise, des milliers de véhicules ont été écoulés sur le marché de l’occasion, soit suite à des saisies-arrêts par les banques ou par des ventes directes par les opérateurs pour réduire leur flotte et maîtriser les dépenses. La baisse de la flotte a eu un effet direct sur l’offre. Plusieurs voyageurs ont été surpris par l’inexistence de véhicules en quantité suffisante dans les points d’accès au Royaume, notamment les aéroports et les ports.

«Auparavant, je n’avais aucune difficulté pour louer une voiture à l’aéroport Mohammed V de Casablanca. Cette année, je n’avais pas cette possibilité. Pour la première fois, j’étais contraint de prendre un taxi pour retrouver mes proches. On m’a expliqué que face à l’indisponibilité des véhicules, les loueurs étaient dans l’incapacité de répondre à toutes les demandes», témoigne Hassan Azerghi, un MRE résidant en France. Il a aussi souligné qu’il a remarqué une prolifération des loueurs informels qui font une concurrence déloyale aux entreprises structurées. «Ces loueurs impactent sérieusement notre secteur qui est déjà au bord du gouffre. Il faut que les autorités interviennent pour mettre de l’ordre. Un risque de sécurité et même d’arnaque pour les usagers a été observé», commente Alami.

Automobile : voici comment s’est comporté le marché dans la première moitié de 2021

Par H24Info.ma avec MAP -10/07/2021

L’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM) a présenté les performances du marché automobile marocain au titre du premier semestre de 2021. Voici les huit points clés de ces performances:

1. Marché en hausse de 105% et de 16,4% par rapport à 2020 et 2019 respectivement. Effet rattrapage 2020 ! Boosté par le retour du crédit gratuit.

2. Un segment VUL (véhicule utilitaire léger) qui confirme sa dynamique de croissance (+32% par rapport à 2019) poussé par le transport de marchandises.

3. Un marché perturbé par une offre constructeur inconsistante du fait de la pénurie semi-conducteurs.

4. Le SUV (Sport Utility Vehicle) renforce sa position de premier segment du marché avec 30% de la part de marché.

5. Le premium revient à un trend de croissance plus soutenu que le marché généraliste.

6. Casablanca connaît l’une des plus faibles croissances par rapport à 2019 comparativement aux autres villes du Royaume. Il s’agit de l’effet loueurs ! Et Agadir renforce sa position de 3e.

7. Le secteur touristique toujours à l’arrêt impactant de plus des 2/3 le segment loueur qui pèse 20 à 25% du marché.

8. Bien que toujours modéré (1,4% du marché), le marché des véhicules à énergie alternative croît fortement, poussé par une offre hybride de plus en plus importante.

Covid-19 : 1.566 nouveaux cas confirmés en 24H, 870 rémissions

par Mohamed Sellam – lematin.ma – 10/07/2021

Covid-19 : 1.566 nouveaux cas confirmés en 24H, 870 rémissions

Le ministère de la Santé a recensé durant les dernières 24 heures 1.566 nouveaux cas d’infection au Covid-19, ce qui porte à 541.405 le nombre total des cas de contamination. 22.939 nouveaux tests ont été effectués, portant le nombre total à 6.483.281 depuis le début de la pandémie. Le taux de positivité passe à 6,82%.

Quant au nombre de personnes déclarées guéries, celui-ci s’est élevé à 523.998 avec 870 nouvelles rémissions ce samedi, indique la même source, notant que le taux de rémission a atteint 96,8%. 9 nouveaux décès ont été enregistrés durant ces dernières 24 heures. Le nombre de morts du nouveau coronavirus s’établit ainsi à 9.360 et le taux de létalité à 1,7%. 

Concernant les cas actifs encore sous traitement ou suivi médical, le ministère fait savoir que leur nombre a atteint 8.047 personnes (+687), dont 288 (+9) cas graves. Il a souligné en outre que le taux d’occupation des lits de réanimation Covid est passé à 9,1%.

Le nombre de bénéficiaires de l’opération de vaccination a atteint 10.356.845 (+6.984) pour la première dose et 9.221.525 (+1.233) pour la deuxième.

Voici dans le détail la répartition géographique des nouveaux cas par régions et provinces :

  • 708 cas à Casablanca-Settat : 503 à Casablanca, 88 à Nouaceur, 46 à Mohammedia, 24 à El Jadida, 17 à Berrechid, 12 à Mediouna, 7 à Settat, 4 à Benslimane et 7 à Sidi Bennour.
  • 258 cas à Souss-Massa : 134 à Agadir Ida-ou-tanane, 86 à Inezgane-Aït Melloul, 25 à Taroudant, 3 à Tiznit et 10 à Chtouka Aït Baha.
  • 218 cas à Rabat-Salé-Kénitra : 67 à Rabat, 31 à Kénitra, 49 à Salé, 25 à Skhirat-Temara, 43 à Sidi Kacem et 3 à Khémisset.
  • 170 cas à Marrakech-Safi : 139 à Marrakech, 7 à Rhamna, 3 à Youssoufia, 8 à Kelaat Sraghna, 3 à Chichaoua et 10 à Safi.
  • 77 cas à Tanger-Tétouan-Al Hoceïma : 54 à Tanger-Assilah, 2 à Tétouan, 4 à Larache, 11 à Chefchaouen, 4 à Al Hoceïma et 2 à Mdiq-Fnideq.
  • 36 cas à Fès-Meknès : 9 à Fès, 10 à Taounate, 3 à Taza, 5 à Meknès, 1 à Moulay Yaacoub, 3 à El Hajeb et 5 à Sefrou.
  • 22 cas à Laâyoune-Sakia El Hamra : 17 à Laâyoune et 5 à Tarfaya.
  • 22 cas à Drâa-Tafilalet : 9 à Errachidia, 8 à Ouarzazate, 4 à Midelt et 1 à Zagora.
  • 15 cas à Béni Mellal-Khénifra : 4 à Khouribga, 5 à Azilal, 3 à Béni Mellal et 3 à Fqih Bensalah.
  • 14 cas dans la région de l’Oriental : 6 à Oujda-Angad, 6 à Nador, 1 à Driouch et 1 à Taourirt.
  • 14 cas à Dakhla-Oued Eddahab à Oued Eddahab.
  • 12 cas à Guelmim-Oued Noun : 9 à Sidi Ifni et 3 à Guelmim.

Écosystèmes industriels : Souss-Massa se donne une année supplémentaire

par Yassine Saber – leseco.ma – 10/07/2021

Le déploiement du Plan d’accélération industrielle (PAI) 2014-2020 dans la Région Souss- Massa boucle ses trois ans et demi, depuis le lancement royal de ce chantier économique, le 28 janvier 2018, à Agadir. La démarche élaborée concernait huit écosystèmes industriels à travers la consolidation, d’une part, des trois secteurs historiques de la région, vecteurs de croissance pérenne, à savoir la construction navale, l’agro-industrie et la chimie, et d’autre part, le développement de cinq secteurs émergents, qui constituent autant de leviers d’accélération industrielle. Il s’agit, en l’occurrence, de l’industrie automobile, de l’industrie du cuir, des matériaux de construction, de la plasturgie et de l’offshoring. Aujourd’hui, un avenant, relatif à la déclinaison régionale des écosystèmes industriels de la région, a été apporté à la convention initiale. Cet avenant, qui porte sur trois modifications de forme, a déjà été approuvé par le Conseil régional Souss-Massa, lors de sa dernière session ordinaire, tenue récemment.

Prolongation d’une année de la durée de la convention
En vertu du premier article, objet de cet avenant, la durée de la convention initiale relative à la déclinaison des écosystèmes industriels de l’automobile, du cuir, de la chimie, la plasturgie, des matériaux de construction et de l’offshoring, a été rallongée d’une année, soit de 2020 à 2021. Le constat est le même pour les dispositions de la convention mentionnées à l’article n°6 qui ont été modifiées en vertu du deuxième article de cet avenant déjà validé. À cet égard, « la convention prend effet à la date de sa signature et s’étale jusqu’au 31 décembre 2021, au lieu du 31 décembre 2020 ». De même, l’article n°3 dudit avenant a apporté une modification à la durée de validité de la convention, notamment concernant ses dispositions mentionnées à l’article n°10, lesquelles sont modifiées comme suit : « La présente convention est valable, définitive et exécutoire dès sa signature par les parties signataires. Elle concerne les projets validés dans le cadre de la Commission régionale unifiée d’investissement (CRUI) entre 2018 et 2021 ainsi que les projets inscrits au mémorandum d’entente signé devant Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste » .

Soutenir les investisseurs
Par ailleurs, les autres articles de la convention initiale demeurent inchangés. L’objectif de cette prolongation est de permettre aux investisseurs de bénéficier de la subvention de soutien, en appui aux projets d’investissement, calculée sur la base de 250 DH/m2 de foncier, pour une superficie maximale d’1 hectare, dans l’appui des écosystèmes industriels mentionnés. Cette subvention de soutien s’ajoute à la prime à l’investissement ac cordée dans le cadre du Fonds de développement industriel et des investissements (FDII). En termes d’emplois, les engagements d’investissement, dans le cadre de cette déclinaison régionale, ont dépassé l’objectif initial, selon Brahim Hafidi, président du Conseil régional Souss-Massa, avec, à la clé, la création à terme, de 35.000 emplois directs. Ce chiffre dépasse de plus de 40% l’objectif initial de la déclinaison régionale du PAI, fixé à 24.000 emplois, dont 19.000 sur la période 2018-2020, portant sur les écosystèmes de l’industrie navale, l’automobile, le cuir, l’industrie chimique, la plasturgie, les matériaux de construction ainsi que l’offshoring. Le reliquat, à savoir 5.000 postes, a trait au secteur de l’agroalimentaire.

Agrotechnologies : le cluster à la double vocation

par M. Diao – fnh.ma – 10/07/2021

Agrotechnologies: le cluster à la double vocation
La raison d’être d’Agrotechnologies est d’accompagner les start-up et les PME innovantes dans le domaine agricole, tout en développant des projets innovants.
L’objectif étant de réduire les contraintes qui pèsent sur l’agriculture dans la région Souss Massa.

La région Souss Massa est réputée être le premier bastion des exportations des produits agricoles du Royaume. Cette hégémonie au niveau national constitue une prouesse si l’on sait que sur le plan agricole, cette partie du Royaume dispose d’un relief dominé par des montages. A cette contrainte de taille, s’ajoutent les problématiques liées au tarissement de la ressource hydrique, exacerbé au cours des dernières années à cause de la sécheresse. Tout cela conforte incontestablement la raison d’être du cluster Agrotechnologies Souss Massa, dont la vocation est double. Il s’agit d’accompagner les start-up et les PME innovantes dans le domaine agricole, tout en développant des projets innovants afin de réduire les contraintes qui pèsent sur l’agriculture régionale.

Paroles de pro: Thami Ben Halima, directeur d’Agrotechnologies

«L’ existence de la Cité de l’innovation d’Agadir, qui abrite également Agrotech, a facilité la vie des start-up qui ont fait le choix de s’y installer. Le coût du loyer pour les différentes start-up est bas. Cette Cité favorise également la mise en réseau des différents startupeurs. Avec la direction, nous nous attelons à mieux faire connaître les différentes start-up de la Cité de l’innovation. Il faut savoir que ces entreprises sont appelées à grandir et s’implanter ailleurs. Le développement d’une start-up nécessite l’accès au financement. La Cité de l’innovation est un terreau susceptible d’intéresser les entités spécialisées dans le financement des start-up. Au niveau d’Agrotechnologies, nous nous penchons sur la mise en place d’une solution à même de résorber la problématique du plastique agricole usager au niveau régional».

«La question de l’eau est essentielle au niveau régional. Agrotech est née au moment où la région Souss Massa a pris conscience des difficultés futures liées au manque d’eau», explique Thami Ben Halima, directeur de l’entité constituée sous la forme d’une association. Pour rappel, la porte des régions du Sud est confrontée au déficit des eaux conventionnelles souterraines et des eaux de surface. «Cette donne nous a poussé à innover dans le domaine de l’utilisation de l’eau dans le secteur agricole, avec à la clef des économies conséquentes en termes de consommation d’eau et d’électricité (jusqu’à 30%)», confie le docteur et ingénieur en acridologie (Science relative aux acridiens).

Au registre des réalisations tangibles dans la région Souss Massa, notons que le cluster et ses partenaires ont mis sur pied un réseau de 30 stations météorologiques automatiques. L’initiative permet à Agrotech de disposer quotidiennement des données très précises sur le climat ainsi que celles relatives aux évapotranspirations de référence, lesquelles facilitent la détermination de la quantité d’eau nécessaire aux différentes plantations.

Le cluster, qui compte parmi ses membres des organisations publiques et privées, a également à son actif plusieurs innovations dans le domaine des produits du terroir, une filière cruciale pour l’économie régionale.

Agadir Amassa : Un grenier collectif à sauvegarder !

par Mohamed Mahdi – medias24.com – 10/07/2021

Dans ce nouveau récit, le sociologue Mohamed Mahdi, spécialiste du monde rural, nous fait découvrir un grenier collectif qui fonctionne encore, dans le Douar d’Amassa, à 80 km de l’autoroute Agadir-Casablanca.

PHOTO AYOUB AIT BIHI

Sur les Igoudar (Agadir, au sing.) du Sud du Maroc tout a été dit, ou presque. Ces greniers collectifs où les paysans emmagasinaient et protégeaient leurs produits agricoles après les saisons des récoltes constituent une composante importante du patrimoine matériel et immatériel du Maroc (Voir le magistral beau livre de Salima Naji, « Greniers collectifs de l’Atlas – Patrimoines du Sud marocain » – Éditions Édisud).

Dans ce récit, je voudrais parler d’Agadir Amassa, un grenier parmi tant d’autres, que j’ai découvert alors que j’accompagnais une équipe de tournage d’un film sur la danse Taskiwin au cours de sa mission de repérage à Ida Ou Mahmoud. Notre hôte Brahim Baghach, président de la fédération des associations de danseurs de Taskiwin, nous a proposé de visiter le Douar d’Amassa et son Agadir. Nous ne sommes pas fait prier et nous en étions gratifiés.

Le visiteur néophyte du Douar Amassa pourrait ne pas remarquer l’existence de l’Agadir, car rien ne le distingue des habitations mitoyennes.

De l’extérieur, le grenier ne paie pas de mine, pourrait-on dire. Mais une fois la porte d’entrée franchie, le visiteur est subjugué par la beauté du lieu et tombe immanquablement sous le charme de son architecture antique. Un tableau jouissif, se décomposant en fresques à l’allure de peintures d’un monochrome jaune/ocre, capturées par les objectifs de nos appareils photos et de téléphones portables et sauvegardées dans des clichés.

Quand j’ai partagé certains de ces clichés avec mes proches, je n’ai eu comme réactions que des « Waaaw », « c’est incroyable ! », « Oh ! une merveille » ; réactions qui expriment la fascination devant l’une des multiples beautés cachées et ignorées du « Maroc inconnu » (Auguste Mouliéras, 1895. « Le Maroc inconnu ». Explorateur français qui a parcouru le Maroc entre 1872 et 1893.

Et pourtant, Agadir Amassa, n’est pas situé à l’autre bout du monde.

Il suffit de quitter l’autoroute Casablanca/Agadir par la sortie d’Imintanoute, continuer en direction de Khémis Timzgadiwin, puis Souk Imilmaiss et filer enfin tout droit vers le Douar Amassa.

Le voyageur aura parcouru 80 km, dont 6 km de piste carrossable, aménagée par la population du Douar. Le terminus de ce léger périple est une auberge, Dar Awlim, construite au fond de la vallée. De là, la piste traverse l’Assif Malal  et remonte, presque à la verticale, à travers une pente abrupte, que la population s’est efforcée de daller pour la rendre praticable la saison des pluies, et conduit le visiteur au centre d’Amassa.

Le Douar est haut perché, à plus de 1.700 m d’altitude, et comme posé au bord d’une falaise surplombant le torrent, Assif Malal, où se situent les terres de culture. De nombreux aires à battre, taillées dans le roc, tombent en cascade et où les paysans s’activent au dépiquage de l’orge. Notre passage a coïncidé avec la saison des récoltes. Cet ensemble offre un sublime paysage agraire classique de montagne où l’habitat est construit à même la roche pour gagner sur la moindre parcelle fertile et cultivable.

Au cours de notre visite du Grenier et des ruelles labyrinthiques du Douar Amassa, nous n’avions laissé passer aucune occasion pour bavarder avec les paysans et paysannes.

Nous avons alors appris que le grenier Amassa fonctionne encore. Les 106  chambrettes du grenier, Tihouna (Tahanout au sing.), sont encore utilisées par les 160 Takatine (Takat littéralement feu ou foyer, c’est une famille) du Douar pour entreposer les produits agricoles, fruits de leurs récoles. C’est un grenier de hauteur, selon la typologie des greniers collectifs établie par Salima Naji, construit en pierres et pisé.

L’Agadir Amassa, édifié sur un site imprenable, a résisté, tant bien que mal, aux vicissitudes du temps et continue à mener sa propre vie au prix de mille adaptations et pirouettes. Des portes sont changées dans le respect de la norme originelle, d’autres ont été enlevées, troquées et remplacées par des portes en acier. Les parties dégradées sont rafistolées, selon les moyens de bord. De nouvelles échelles sont posées à côté des anciennes échelles taillées dans des troncs d’arbre. La façade du grenier supporte un lampadaire pour l’éclairage public et porte désormais une marque de l’avancée de l’urbanisation.

Baghach évoque une archive datant de quelques siècles, qui atteste de l’ancienneté de l’Agadir et comporte un acte par lequel les habitants s’engageaient à la réhabilitation de l’Agadir en répartissant l’effort de sa reconstruction entre les quatre lignages du Douar (La répartition des travaux collectifs entre les membres de la Jmaa’a du Douar est une pratique courante aussi bien pour curer les séguia, réaménager les bassins d’accumulation d’eau ou construire une piste rurale …). Preuve que le grenier a une histoire de vie qui prolonge ses racines dans les profondeurs du temps, et que les pratiques conservatrices ont l’âge de tels édifices.

Le président de l’association du Douar expose les menaces qui pèsent sur la pérennité de l’Agadir : la déprédation dues aux antiquaires qui profitent de la pauvreté des paysans pour leur extorquer les portes anciennes, la détérioration des parties de l’édifice qui menacent ruine faute d’entretien, la lassitude des paysans, porteurs de cet élément patrimonial, impuissants devant des responsabilités qui les dépassent.

Les jeunes de l’association du Douar sont conscients de la valeur de ce patrimoine et de la responsabilité de sa sauvegarde qui leur incombe mais se disent désarmés faute de formation en la matière, de moyens financiers et d’accompagnement par les pouvoirs publics.

Avec les femmes, les échanges ont porté sur les pratiques culinaires, les recettes anciennes, sujets incontournables pour une entrée en la matière et une mise en confiance. Mais très vite, la discussion a viré vers leurs problèmes et les difficultés de leur vie quotidienne : l’absence de dispensaire, de cours d’alphabétisation, de centre féminin pour apprendre la couture, le tricot, etc., des femmes qui étonnent, surtout, par leur désir d’apprendre.

Ce patrimoine bâti réveille une inexplicable sensibilité enfouie au tréfonds de notre être. Pourquoi ce qui est antique, passé, fascine et rend même serein, quand le présent tourmente et le futur inquiète ?

Le grenier collectif Amassa fonctionne encore. Une aubaine pour l’architecte, l’anthropologue et le visiteur mais devrait l’être davantage pour ses détenteurs, la population du Douar.

Le grenier est une ressource territoriale à forte valeur d’authenticité et de spécificité qui l’habilite à servir comme l’un des vecteurs de développement du Douar. Ce patrimoine bâti est enchâssé dans un système économique et social et consolidé par un genre de vie qui a, certes, du mal à s’adapter aux poussées de la modernité et de la mondialisation rampante.

Paradoxalement, c’est ce qui fait son intérêt et son originalité, et appelle des actions appropriées pour sa sauvegarde. Si bien que la pertinence de toute  action de sauvegarde de ce grenier, et des greniers du Maroc de façon générale, sera tributaire de la sauvegarde du système d’ensemble dans lequel ils s’insèrent et qui leur donne vie.

Le département ministériel de la culture s’est mis, depuis un moment déjà, au chevet des greniers collectifs du Maroc, dressant leur inventaire, restaurant un certain nombre d’entre eux, procédant à leur classement et inscription comme patrimoine national et dernièrement en lançant le projet de leur classement comme patrimoine universel dans le cadre de la convention de 1972 pour la protection du patrimoine mondial, culture et naturel, de l’UNESCO.

Le concours et la convergence des actions des autres départements ministériels, celui de l’agriculture tout particulièrement, en charge du développement rural et du programme du lutte contre les inégalités territoriales, inscrira de tels projets dans une approche de développement territorial et leur évitera le risque de se cloisonner dans une approche muséologique, qui sauvegarderait sans doute le bâti mais sacrifierait, à la longue, des populations rurales, des genres de vie, des paysages agraires. La sauvegarde de ce patrimoine indépendamment d’un développement humain, agricole et rural, parallèle, serait bancale.

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