»MARDOCHÉE » , LA VIE DE CHARLES DE FOUCAULD AU MAROC, DE KEBIR-MUSTAPHA AMMI

quid.ma – 13/01/2022

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Kébir Mustapha Ammi donnant lecture de Ben Aîcha, l’ambassadeur du sultan Moulay Ismail à Louis XIV

Rabat – « Mardochée », un roman historique saisissant de l’écrivain Kebir-Mustapha Ammi, vient de connaître une nouvelle édition chez La Croisée des chemins.

Ce livre de 258 pages (format moyen), préfacé par l’écrivaine Alice-Catherine Carls, a choisi un épisode de la vie de Charles de Foucauld, futur saint de l’Église, qui s’est rendu au Maroc en 1883, déguisé en rabbin, sous le nom de Joseph Aleman pour entamer une minutieuse exploration de ce pays.

« Mardochée doit se lire comme une épopée de la naissance du Maroc moderne dont l’intrigue a valeur de mythe fondateur », lit-on dans la préface.

En tête de cet ouvrage, Catherine Carls donne une biographie de « Mardochée Aby Serour » (1826-1856), un rabbin qui naquit à Akka dans une famille de bijoutiers, grandit à Marrakech, étudia à Jérusalem, vécut en Europe (Constantinople, Salonique, la Provence), puis se fixa à Alger où il devint citoyen français.

Selon l’écrivaine, les documents sur la vie de Mardochée sont minces et certains sont éparpillés aux quatre coins de la Méditerranée, dans les lieux où il vécut, et certains sont conservés dans les sociétés de géographie de Mogador, d’Alger et de Paris aux travaux desquelles il participa.

Kebir Ammi a choisi d’abord de rester fidèle à la vérité humaine des personnages (Mardochée et Charles de Foucauld). Puis il a donné la parole à Mardochée qui n’avait jamais pu parler de ce voyage et apportait une perspective maghrébine. Enfin, il a conservé plusieurs éléments véridiques essentiels en suspense : les désaccords entre les deux hommes, les dangers qu’ils coururent, les rivalités coloniales et les buts de la mission du vicomte (de Foucauld), ajoute-t-on.

« Je me suis décidé, après de longues hésitations, à écrire ce livre. J’ai accepté de franchir le pas, même si de toutes parts une clameur soutenait que je ne devais en aucun cas me livrer à cette confession impudique, que j’étais un imposteur et que mes explications ne servaient à rien qu’a salir un peu plus notre nom. Je devais une explication franche et directe à ceux qui viendront après moi », peut-on lire dans un extrait du roman.

Né à Taza, Kebir Ammi vit à Paris depuis plus de trente ans. Romancier, essayiste et dramaturge, il est notamment l’auteur du « Ciel sans détours », des « vertus immorales », du « Partage du monde » et de « Feuille de vert », aux Editions Gallimard.

Son dernier roman « Ben Aicha » est paru en 2020 à Mémoire d’Encrier. En septembre 2021 paraît le « Vieil homme » poème en sept langues dont l’arabe et la Tamazight aux éditions Al Manar.

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