Stress Hydrique : Le Maroc a soif

par Aïssa Amourag – maroc-hebdo.press.ma – 01/02/2022

Certes, le Royaume fait face à une grande pression hydrique à cause du dérèglement climatique, mais le retard dans l’exécution de la Stratégie nationale de l’eau pèse énormément dans la balance.

L’hiver de cette année s’annonce visiblement sous de mauvais auspices. Avec la chute des températures et le retard des pluies, le Royaume se trouve désormais aux portes d’une année de sécheresse qui suscite beaucoup d’inquiétudes chez les agriculteurs. Le ministre de l’Agriculture et des Pêches maritimes, Mohamed Sadiki, lors d’une visite, mercredi 26 janvier 2022, dans la région de Taroudant pour y superviser des projets agroalimentaires, a laissé entendre que les conditions météorologiques actuelles ne favorisent pas une bonne saison agricole comme celle de l’année dernière, qui a connu, rappelons-le, une récolte céréalière record de plus de 100 millions de quintaux.

Bien que le ministre demeure optimiste quant à un retournement possible de situation avec des précipitations probablement attendues ce fin janvier et début février prochain dans plusieurs régions agricoles du pays, il n’en reste pas moins que les réserves d’eau dans les barrages ont atteint leur plus bas niveau par rapport à la saison précédente.

Célèbre pour ses primeurs et ses agrumes de haute qualité, la région du Souss connait actuellement un déficit hydrique extrêmement grave après l’arrêt des pluies pendant cinq années successives. Idem pour le bassin de la Moulouya, qui se trouve dans la région de l’Oriental, qui connait lui aussi l’un des taux de remplissage les plus faibles: seulement 11%. Cette situation est due sans aucun doute aux changements climatiques et à la baisse des précipitations, mais également au retard dans la mise en oeuvre de la Stratégie nationale de l’eau.

C’est pour cela que le ministère de l’Équipement et de l’Eau, dirigé par le secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, a élaboré un ambitieux plan d’urgence visant à faire face au déficit hydrique. Ainsi, pour sauver la Moulouya, un programme d’envergure a été mis en place. D’une enveloppe de 1,3 milliard de dirhams, ce programme vise à mobiliser l’ensemble des moyens hydriques possibles, à travers, notamment, la prospection de nouvelles eaux souterraines ou encore le lancement d’un programme de dessalement de l’eau à Nador. Il a également été procédé, dans ce cadre, à la mise en place de nouveaux barrages collinaires pour le bassin de la Moulouya.

Situation dramatique dans le Sud
Outre ces programmes à caractère urgent, le département de l’Eau a également annoncé le lancement cette année d’un programme composé de 120 barrages collinaires et qui devra prendre fin en 2024. Il faut noter que les barrages collinaires jouent un rôle important dans la lutte contre les inondations, outre la garantie de l’eau pour le bétail et l’alimentation de la nappe phréatique.

D’aucuns pensent qu’il est temps d’opter pour une gestion intégrée de l’eau aussi bien auprès des producteurs que les consommateurs de cette matière vitale. Autre constat alarmant: l’existence de grandes disparités entre les régions dans le domaine de l’eau. C’est ainsi que la régions du Loukkos dispose d’environ 600 à 700 m3/ an pour chaque citoyen, tandis que cette moyenne ne dépasse pas les 100 m3/an dans les régions du sud.

Quant à la répartition des précipitations, celles-ci se concentrent principalement sur 7% de la superficie globale du pays, ce qui nécessite incontestablement de fournir davantage d’efforts. Pour relever ces défis, des efforts de mobilisation des eaux depuis les barrages sont déployés, à l’instar du lancement d’un grand programme ayant permis la réalisation de 11 barrages, alors que l’objectif tracé est de réaliser 20 barrages à horizon 2027.

Le gouvernement oeuvre également pour le dessalement des eaux de mer et le recyclage des eaux usées en vue de mobiliser toutes les ressources hydriques possibles. Plusieurs stations de dessalement de l’eau de mer sont ainsi lancées dans plusieurs régions du pays, notamment à Agadir, à Casablanca, à Saïdia et à Nador.

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